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LE CERCLE 5I

\ Ous laitt's ('\])i('r ;i une iiiiiofcnU' \()lre ciTt'ur. L'oiiiiiic un ^rand n(nnl)i(' de vos semblables vous avez épousé un |)r()fll grec, de belles épaules ou un nez chiffonné. Maintenant vous constatez (ju'un piolil «(rec et (pi'un nez retroussé sont insuffisants à renij)lir uiu' vie. Vous en ressentez de rinipatieiu-e et l)ientôt du dédain ])(uir votre irresponsable victinu», tandis que c'est votre ])ersonna<i:e seul (|u'il faut nu''priser ])our avoir a^i en enfant volontaire réclamant à cor et à cris un jouet (pii le lasse aussitôt."

'' Si vous ne vous étiez ))as im|>osé à cette jeune fille, à votre défaut elle en aurait probablement trouvé un autre moins brillant, plus à son uiveau et (|ui l'eut rendue sim])lement heureuse."

" \^)us devez maintenant à votre conscience, comme à Ta femme <[ue vous avez sacrifiée à un égoïsme enfantin, (\o réparer votre faute en vous dévouant à son bonheur ou, tout au moins, en ne la rendant ])as sciemment malh(>ureus(\"

" Le délaissenuMit, (railleurs, n'est j)as un remède. \'oti"e ))etite sotte n'est souvent (|u*uiic plante inculte (jue la bonne compairnie, votre conversation, vos ensei- «^nuMuents amélioreront c^t riMidront r(^s))irable à votre lin odorat."

l':n-mi ]<'s assidus des cercles, il en est qui ))Ossèdent vraiment (\vi^ conjointes acariâtres et insup])ortables. Ceux-là sont à })laindre, mais non plus justifiables d'abandonner leur nuiison.

Il se peut bien pour commencer que leur indifférence soit la première ou runi(|ui» cause du caractère ai^ri sur le(piel ils s'excusent.

En outre, ces martyrs peu stoïques devraient se rappeler que la solitude n'adoucit pas les mœurs et que leur désertion laisse entre des mains, qu'eux-mêmes jutjent indi*,nient, le soin de la ditjnité du i'over, le bonheur et l'éducation des enfants.

Kien n'exempte un père de ses devoirs, pas même le

mal lien r de; posséder une coiripagne revêclie que d'ailleurs, un traitement doux mais ferme a des chances d'amener quelquefois A un armistice. Les lâches seuls fuient le champ de bataille.

D'autres enfin déclarent avec un air persécuté qu'ils ne fréciuentent les clubs que parce qu'ils n'ont pas de femme, bonne, sotte ou mauvaise.

Eh mais! qu'ils se marient!

Et qu'on ne nous enlève plus nos chers papas qu'il fait si bon voir à la veillée, en pantoufles, fumant la pipe patriarchale et lisant à l'ombre d'un vaste abatjour; nos pères chéris que la dure nécessité du gagnepain nous ravit déjà trop.

Qu'on nous laisse nos maris dont la voix sympathique et les conseils optimistes sont un si grand et si nécessaire allégement aux tracas domestiques, à la besogne exténuante de la conduite des enfants, aux devoirs multiples qui se partagent la journée d'une mère consciencieuse.

Car les délaissées pourrj.Aut bien un jour, exploitant elles aussi le prétexte : qu' " il faut qu'une femme se divertisse ", s'imaginer de louer de leur côté un local somptueux où des domestiques ro3^alement rétribués n'auraient pour elles que des prévenances et des sourires.

Ce serait une manière de paradis que cette maison où tout marcherait avec un ordre apparent sans leur intervention et où l'on souperait finement dans d'exquises porcelaines sans craindre qu'on les casse après et sans le souci de la propreté des linges qui serviront à les nettoyer. Quelle nouveauté charmante pour les maîtresses de maison qu'une atmosphère de luxe et de fête, au sein de laquelle on pourrait s'adonner à ses plaisirs favoris: la lecture des livres récents par exemple, ou des journaux du monde entier arrivant tous les jours à la bibliothèque, la satisfaction d'une gourmandise raffinée, ou encore — et pourquoi pas? — quand on prend

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du gallon n'est-ce pas!. . . ou encore cette périlleuse niaiiij)ulation de la dame de pique si âprement attrayante.

Comme les mangeurs d'o})ium cjui s'élèvent à volonté au-dessus des misères de la vie, comme messieurs leurs maris qui se soustraient avec désinvolture à leur devoir paternel, elles pourraient aussi secouer le joug, rejeter les liens ([ue leur t'ont leur conscience et l'amour materneU et se refuser à choisir, j)armi les ronces de cette vallée de larmes, autre chose que des fleurs. . .

Voilà (;e (jui serait au moins une situation écjuilihréc. mais elle aurait ses inconvénients, car enfin, il ne s'agit pas que de s'amuser; la vie n'est j)as un cotillon. Ces messieurs, s'ils allaient plus souvent à l'église se l'entendraient ré})éter souvent — en dVutres termes.

Non, ce qu'il faut c'est de se concerter dans le dévouement, c'est de chercher dans Tint imité cet anntsrmenl indispensable, c'est surtout de prendre bravement sa part de la corvée et ne ])as lâchement, l'abandonner toute à un seul.

(\^rtains ])ères se croient (juities (juand ils ont pourvu matériellement à la subsistance de la famille. Ce serait juste si celle-ci n'était (ju'une couvée de nioineau.x. Mais avec les enfants il y a la direction morale, affaire délicate et autrement im])()rtante, on en conviendra.

Quand chacun y mettra ainsi du sien, (ont rentrei-a dans l'ordre.

Les femmes redeviendront heureuses et partant charmantes, les hommes seront meilleurs et les enfants mieux élevés.

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