‹ Nos vieux proverbesChapitre 11 sur 26 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

Le vieux proverbe n'est point pour la politique coloniale : <« Nul royaume en autre contrée n'est sûr et de longue durée >>.

Tenant surtout à conserver ce qu'il a, ce- n'est pas lui qui aurait perdu Strasbourg et Metz : « Mieux vaut bon gardeur que bon gagneur ».

Il sait aussi ce que coûte au pays un grand nom mili" taire : « Le sang des soldats fait grand le capitaine ».

Il connaît les maux de la guerre : « Bonne ne peut estre la guerre. » Elle n'est pas toujours à l'avantage de celui qui a raison. « Force passe droit ». A son avis, « mieux vaut paix que victoire », car il n'ignore pas les vilains dessous de ce qu'on appelle la politique européenne. Le seizième siècle avait déjà des questions qui valaient notre question d'Orient. II répugne donc au vieux proverbe de voir tuer tant de pauvres gens pour le plaisir de quelques-uns : « Les vilains s'entretuent, et les seigneurs s'embrassent. »

Mais le sentiment national dont j'ai parlé au début ne perd rien de sa force pour cela. Le vieux proverbe a le culte de la patrie. Pour lui, patrie et vertu c'est tout un : « Fiancer la vertu, espouser sa patrie ».

On ne peut aimer celle-ci, sans pratiquer celle-là.

Dès qu'il est placé sur ce terrain, le vieux chauvin reparaît, bien résolu à risquer sa vie pour la plus noble

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