INTRODUCTION XVII
cause. Cette heure suprême est caractérisée par un cri que je trouve sublime :. « Va où tu peux! meurs où tu doibs 1 »
Je viens d'employer le mot de chauvin, et je le maintiens. Les ruines laissées sur notre sol par les reitres allemands serraient alors le cœur : « Où les reitres ont passée disait-on, on n'y paye point de dîmes ». Tout avait été rasé, pillé, démoli. Mais la France dévastée n'avait pas oublié les anciennes limites gauloises, et disait proverbialement (i) :
Le Rhin est plus nécessaire à la France que le Pau (Pô), et si (ainsi) est à elle.
On était loin du Rhin cependant, mais on n'en affirmait pas moins le principe d'une frontière naturelle.
Le vieux proverbe n'est pas un matérialiste ; il s'incline devant l'idée de Dieu, tout en niant le droit divin au point de vue monarchique : « Majesté n'est que de Dieu ». N'oublions pas que ceci est de 1578.
Il est sobre de pratiques religieuses. Il croit que
(i) J'ai trouvé cette affirmation dans les Adages et proverbes de Solon de Voge. (Paris, i582. Chez Nicolas Bonfons, demeurant ea la rue Neuve-Nostre-Dame, à l'enseigne Sainct-Nicolas) Les feuillets du livre n'étant point numérotés, je ne saurais indiquer le numéro de la page, mais c'est en haut de celle qui précède i'avant-dernier feuillet du cahier signé H.