‹ Nos vieux proverbesChapitre 5 sur 26 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

du pouff qui arrondit sa croupe, comme il lui suffisait jadis de la crinoline et du vertugadin : « Femme sotte se connaît à la cotte. »

Cest un puritain qui ne croit pas au porte-bonheur et qui repousse les séductions de la bijouterie : «Femme n'aime que le rubis — Anneaux en mains, honneur vain. — Ce qui reluist n'est pas or. »

Qu'elles soient filles, épouses ou mères de famille, qu'elles soient honnêtes ou non, les femmes tiennent dans les vieux proverbes une place proportionnée à leur importance dans la vie réelle. Les appréciations sont tour à tour louangeuses ou dures^ caressantes ou bestiales; il y a même un cruel coup de patte à la bellemère.

Malgré ses airs de matamore, on sent que le proverbe est fort embarrassé de son rôle, car après avoir pris tour à tour le pour et le contre, après avoir constaté que, même s'il s'agit d'une épouse médiocre, on est aussi ennuyé de la posséder que de la perdre, il finit par le plus humble des aveux : « On ne sauroit dire de la femme ce qui en est. »

Par le fait, cette déclaration d'incertitude est très logique, car la f^mme, c'est l'amour. Or l'amour ne se juge pas; il se subit. Le vieux proverbe «n'est pas de bois», comme on dit aujourd'hui; il sent qu'il n'y a pas moyen de raisonner en cette délirante matière : « Il faut estre fol en amour. »

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