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CHAPITRE SIXIEME

Le Cercle des Trots-Rivières

Sommaire

Fondé le 13 avril 191 9. — Première élection. — Cas spécial et délicat. — Les membres non-voyageurs de commerce. — Reconstruction du Cercle en 1920. — Retraite fermée au Cap>-de-la- Madeleine.

L'antique cité de La Violette, si féconde en œuvres religieuses et sociales de toutes sortes, prenant même depuis quelques années le plus vif essort vers le progrès matériel que sa splendide situation au confluent du Saint-Maurice et du Saint-Laurent lui permet de réaliser, ne pouvait tarder à s'intéresser au vaste mouvement qui emportait les Voyageurs sur les cimes radieuses de l'apostolat.

Les premières démarches furent faites au printemps de 19 19. Elles aboutirent, le 13 avril, à la constitution d'un cercle qui, par la suite, marquant le pas seulement, exigea un remaniement total afin de prendre la vie propre de l'Association. Le cas est spécial et délicat. De l'avis du Comité général, il peut être utile, ad cautelam, d'exposer en quelques mots et sans offense de qui que ce soit, le nœud de la difficulté.

Les Voyageurs de Commerce des Trois-Rivières ne se croyant pas suffisamment nombreux pour former un Cercle, invitèrent à leur première réunion les agents d'assurance et, dans l'élection qui suivit, admirent ceux-ci aux charges indistinctement avec les Voyageurs. Ce procédé, très fraternel, manquait néanmoins de conformité aux statuts généraux de l'Association comme aux règlements particuliers des Cercles.

Le Saint-Maurice près de Trois-Rivières

L'article 5 des statuts généraux (1ère édition) stipule que (( L'A. C.V. se compose de Cercles de Voyageurs de Commerce catholiques et canadiens-français recrutés dans tout le Canada)). D'autre part, l'article des constitutions des Cercles qui regarde le recrutement, après avoir parlé des Voyageurs, ajoute : (( Le Conseil pourra aussi, par exception, admettre d'autres Voyageurs de profession analogue, tel que les solliciteurs d'assurances et d'annonces, que leurs

qualités exceptionnelles rendent aptes à promouvoir les intérêts du Cercle )). Il résulte de ces textes que le mode adopté est celui-ci : Un Cercle se fonde, le Conseil est élu, puis le recrutement régulier commence; et c'est alors que le Conseil peut, par exception, admettre certains membres qui ne sont pas des Voyageurs de Commerce. Mais ce sera toujours une infime minorité, voire quelques unités éparses qui se perdent dans le tout voyageur, comme deux ou trois gouttes de vin dans un verre d'hydromel. Et cela se conçoit parfaitement. Toutes les sociétés civiles ou religieuses en sont là : elles tiennent à garder dans sa pureté primitive l'esprit, la mentalité particulière de leur association; l'accession en nombre d'unités étrangères la leur enlèverait. Deux parfums exquis dans leur essence, perdraient, en s'unissant, de leur arôme et de leur prix.

Après quelques essais de rajustement, le Cercle des Trois-Rivières parvint à se réorganiser selon l'esprit des statuts et, comme les autres Cercles, voulant mettre à la base de sa vie intime et publique le principe surnaturel, il se rendit au Cap-de-la-Madeleine pour y faire une retraite fermée. C'était aux premiers jours d'avril de cette année, durant la semaine sainte; puis, le 4 du même mois, il obtint du Comité général son affiliation, si longtemps convoitée mais nécessairement retardée. Dès lors, il pouvait recevoir la pleine approbation de l'Ordinaire. Nous avons vu en quels termes magnifiques l'évêque des Trois-Rivières la donna.

Ajoutons que le Conseil fédéral, tenu cette année même, 1920, afin d'enlever toute équivoque, à l'avenir, sur le point délicat que nous venons d'effleurer,

complète comme ci-dessous l'article 5 de ses statuts généraux. Dans la seconde édition des statuts, parue peu après la clôture du Conseil fédéral, il est devenu l'article 6 et se lit comme suit :

(( L'A. C.V. se compose de cercles de Voyageurs de Commerce catholiques et canadiens-français, recrutés dans tout le Canada. Cependant, une fois fondé, tout cercle pourra admettre, par exception, d'autres voyageurs de profession analogue, tels que les solliciteurs d'assurances et d'annonces, que leurs qualités exceptionnelles rendent aptes à promouvoir les intérêts de l'Association. ))

Le huitième et dernier Cercle de l'A.C.V. réclame en ce moment notre attention. Pour parvenir jusqu'à lui, il nous faut remonter le fleuve, le traverser et, par la rivière Saint-François, pénétrer au cœur même des Cantons de l'Est.

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