‹ Nos voyageursChapitre 19 sur 28 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

Œuvres de l'Association

Sommaire

I . — Le Comité général. — Ses débuts sous le nom de Comité central provisoire. — Ses travaux. — Son influence.

II. — Le Conseil fédéral des 1 5 ef i6 mars 19 19. — Les rapports des cercles. — Les modifications apportées aux statuts. — Les élections des dignitaires du premier Comité général : toutes au premier tour de scrutin. — Admirable charité des membres de l'Assemblée.

III. — Le Conseil fédéral des S et g mai 1920. — Motions nombreuses. Débats pleins de courtoisie. Un petit nuage. Le ciel redevenu serein. — Vœux du Conseil.

IV. — Le Congrès de 191 8. — A la Villa Saint-Martin, berceau de l'Association. — Samedi 28 septembre. Clergé et Voyageurs en grand nombre. Jeux. Quatre conférences et une causerie. Salut du T. S. Sacrement. Banquet. Concert. — Dimanche, 29 septembre. Messe solennelle et sermon. Le bon Samaritain. Dîner des Cercles. Trois conférences. Diverses allocutions. Bénédiction du T. S. Sacrement.

V. — Le Congrès de 1919. — A Québec. — L'hospitalité québécoise. Séminaire et Université; autorités religieuses et civiles. — Samedi, 26 juillet. Ralliement. Visite du Musée. « Fricot à la bonne franquette ». Jeux. Quatre conférences. Salut du T. S. Sacrement. Banquet : deux messages. Toasts. — Dimanche, 27 juillet. Messe de Communion Grand'messe : présence de S. Ém. le cardinal Bégin, de Sir Charles et de Lady Fitzpatrick; sermon de S. G. Mgr P.-E. Roy. Dîner des Cercles. Seconde séance de travail : quatre conférences. Voeux et résolutions du Congrès. Bénédiction du T. S. Sacrement.

VI. — Le Congrès de 1920. — A Sainte-Marie de Beaucc. — Samedi, 31 juillet. La Beauce en liesse. Messe à la chapelle Sainte-Anne : sermon de S. G. Mgr P.-E. Roy. « Fricot ». Première séance d'étude : quatre conférences. Banquet : télégrammes et toasts. La nuit au collège. — Dimanche, ler août. Communion générale. Grand 'messe : messe grégorienne exécutée par les Voyageurs; sermon du R. P. L. Lalande, S.]., Dîner des Cercles. Deuxième séance d'étude : trois conférences. Vœux et résolutions. Procession en l'honneur de la Sainte Vierge. Bénédiction du T. S. Sacrement.

Conclusion :

Ce qu'a été le Voyageur de Commerce, ce qu'il est, ce qu'il veut être. Face aux ennemis de Dieu, de l'Eglise et de la Patrie : « Ils ne passeront pas ! »

Le Comité général

Le Comité général est le représentant et le pouvoir exécutif de l'Association. Nous avons déjà dit les éléments qui le constituent.

Élu, tous les deux ans, par le Conseil fédéral auquel il doit rendre compte de son administration, chaque année, le Comité général agit d'après les directions de ce Conseil et maintient dans tout le corps l'union, l'esprit propre, l'âme même qui le fait vivre.

Sa première apparition coïncide avec la fondation du Cercle de Beauce (25 août 19 17), alors que ce Cercle et celui de Montréal se rangent sous une même autorité et fondent (( l'Association Catholique des Voyageurs de Commerce )). Par la force des choses, l'autorité se trouva personnifiée provisoirement dans le Cercle de Montréal ou plutôt dans le Conseil du

Cercle, qui prit, en tant que comité exécutif général, le nom de Comité centrai II approuva les statuts généraux déjà élaborés et rédigés par le Cercle de Montréal, les proposa au Cercle de Beauce qui les accepta, et, le 27 octobre 191 7, délivra à ce Cercle son diplôme d'affiliation. Les autres cercles suivirent. Saint-Hyacinthe fut affilié le 23 novembre 1918; Québec le 21 décembre de la même année; Hull, le 15 février 1919, et, peu de temps après, le ler mars, Ottawa; Trois-Rivières, le 4 avril 1920; Sherbrooke, le 30 du même mois.

Le Comité central se réunissant tous les quinze jours, avec une présence moyenne de sept ou huit membres sur neuf, s'appliquait, dans des séances qui ne duraient pas moins de trois heures d'horloge, à prévoir les besoins de l'Association, à y pourvoir, à encourager les Cercles, à donner le mot d'ordre voulu, à suggérer telle ou telle œuvre, à appuyer les revendications ou les interventions locales. Il sollicita et obtint les précieuses lettres d'approbation qu'on a pu admirer au commencement du volume. Il visita à plusieurs reprises, par ses délégués, les divers Cercles pour y entretenir et fortifier les liens de la charité. Lors du Congrès de 19 18 à la Villa Saint-Martin, il prêta son concours le plus actif au Cercle de Montréal. Puis il se mit à préparer le premier Conseil fédéral, qui devait avoir lieu les i 5 et 16 mars 19 19.

Le premier acte du nouveau Comité, élu le 16 mars, fut, sur l'initiative de son président, de faire chanter une grand'messe pour attirer les lumières du Saint- Esprit sur ses délibérations. Il approuva à sa première séance le rapport officiel du Conseil fédéral, dont il envoya une copie à chaque Cercle. Ses tra-

vaux devinrent ensuite de plus en plus serrés, à cause des questions importantes qui surgissaient partout et dans lesquelles l'Association ou bien était invitée à paraître ou d'elle-même prenait sa large part. Telles furent l'intervention du Comité contre l'instruction obligatoire, sa campagne de souscription en faveur du Droit, une autre pour le Devoir, son appui au Cercle de Montréal dans l'affaire des cinémas, sans parler de la forme définitive donnée au diplôme de l'Association, du projet, exécuté depuis, d'un (( Chant des Voyageurs )), de la papeterie du Comité et des Cercles ramenée à l'uniformité, et enfin des relations incessantes avec les Cercles, et les visites qu'il leur fait par ses délégués.

Il est toutefois une démarche récente que nous voulons rappeler d'une manière plus spéciale à l'attention du lecteur.

Le 17 avril 1920, le Comité général votait les résolutions suivantes sur le respect des droits de la langue française au Canada, et, le 21, les envoyait «aux Honorables Messieurs de la Chambre des Communes et du Sénat du Canada )) .

Après avoir rappelé, dans ses (( considérants )), l'Acte de l'Amérique britannique du Nord, le mot si connu de Sir John A. McDonald sur l'égalité des races au Canada, le bon fonctionnement du système bilingue et même trilingue en certains pays d'Europe, la protection de la langue des minorités ennemies par nos alliés, garantie par les représentants du Canada aux différents traités de paix, et enfin le besoin de justice, de bonne entente et de respect mutuel, pour que règne l'harmonie entre les deux grandes races du Canada, le Comité poursuit en ces termes très nets :

« L'Association Catholique des Voyageurs de Commerce du Canada demande aux honorables ministres et membres du Sénat et de la Chambre d'Ottawa, de vouloir bien reconnaître franchement le principe de l'égalité des races en ce pays, de faire passer dans la pratique cette règle essentielle de bon gouvernement, et donc de donner à la langue française la même place qu'à la langue anglaise, dans la correspondance, dans les publications officielles, dans l'impression des timbres-poste et des billets de banque, dans la frappe des monnaies, dans les circulaires de tous les départements, services et ministères; en un mot, de fournir toujours et immédiatement un double français à toute édition anglaise qui émane du gouvernement de ce pays anglo- français. ))

Le Conseil fédéral de 19 19

Le Conseil fédéral, avons-nous dit, est la suprême autorité de l'Association des Voyageurs de Commerce. Sa réunion du mois de mars 19 19 revêtait une importance particulière, par le fait qu'elle était la première On sait de plus que les premières délibérations d'une société sont toujours grosses de conséquences par l'esprit, l'élan, la direction qu'elles lui donnent. Le lecteur ne sera pas surpris d'apprendre que les délibérations du Conseil de 19 19 furent des plus paisibles, des plus sages, et même qu'elles jouirent de ce privilège peu banal, à savoir que toutes les motions visant certaines modifications des statuts furent adoptées à l'unanimité et que les membres du nouveau Comité

exécutif furent tous élus au premier tour de scrutin.

Le Conseil eut sa première séance le samedi, 15 mars 19 19, à 8 heures du soir, dans une des salles de r Immaculée-Conception. Étaient présents les membres du Comité central provisoire, avec l'aumônierdirecteur, l'aumônier du Cercle de Saint-Hyacinthe et celui de Hull, un R. P. Oblat d'Ottawa, les délégués des Cercles d'après le nombre de leur effectif : trois de Montréal, deux de Québec, deux de la Beauce, deux de Saint-Hyacinthe, un d'Ottawa, un de Hull, et quelques autres membres des Cercles affiliés avec voix consultative seulement.

Après la prière et la mise de l'assemblée sous la protection du Sacré Cœur, le président souhaite la bienvenue aux délégués, le secrétaire vérifie les lettres de créance de ces messieurs. Alors commence la lecture des rapports officiels : en premier lieu, celui du secrétaire du Comité central provisoire relatant les faits et gestes du dit Comité; puis celui du trésorier, lequel ayant comm^encé le ler septembre 19 18 avec un (( en caisse )) de ï 38.3 3, se trouve, comme un bon trésorier de la province, à boucler son bilan avec un surplus, surplus raisonnable de 236 dollars et 68 sous, dûment placés en banque. Ce sont ensuite les rapports des différents Cercles par ordre d'affiliation. Chaque rapport contenait l'historique très bref du cercle et le relevé succinct de ses œuvres.

Le Conseil fit ensuite le choix de cinq membres qui, avec le président de l'assemblée, l' aumônier-général, les aumôniers de Saint-Hyacinthe et de Hull, suggéreraient les noms de quinze candidats, pour les diverses charges du Comité. Ils se retirèrent dans une chambre voisine. Ils revinrent au bout de vingt

minutes. La liste ne contenait que des noms de candidats demeurant à Montréal ou aux environs, à cause, expliqua l'aumônier-directeur, de la fréquence des réunions du Comité, au moins tous les quinze jours. Il fit aussi remartquer que parmi les candidats, aucun n'appartenait au Conseil du Cercle de Mont réal, ces conseillers l'ayant demandé afin de mieux vaquer aux intérêts de leur Cercle. Il pria enfin les membres de l'assemblée de réfléchir à l'importante élection du lendemain et de prendre entre temps les informations convenables sur les aptitudes des candidats.

Le lendemain, dimanche, i6 mars, il y eut messe à

9 heures avec allocution de l'aumônier-général. A

10 heures 30, le Conseil se réunit pour la discussion des dix motions présentées par le Comité central provisoire et les Cercles. Comme il a été dit plus haut, tout se passa dans la plus cordiale entente. Entre autres arrêtés on changea le nom de Comité central en celui de Comité général, mais on maintint le siège social de l'Association à Montréal.

Le dîner offert aux délégués par l'exécutif, fut servi à l'hôtel Viger. Un grand dîner sans discours : cela constitue une jouissance très pure.

La séance de l'après-midi fut consacrée à l'élection des membres du Comité général.

Au dépouillement de chaque scrutin (il y avait 17 votants), je lis cette formule du secrétaire : (( Au premier tour de scrutin, M. X. obtient 17 voix moins une et est déclaré élu )). L'admirable élection ! Aussi les petites allocutions qui suivirent — président élu et les autres, ainsi que les trois aumôniers — furent-elles remplies de cette cordialité, de cette charité vraiment

fraternelle qui dès le début avaient animé les membres du Conseil. Ils se séparèrent ensuite, emportant dans leur cœur une force de plus pour activer puissamment l'œuvre multiple de l'Association.

Le Conseil fédéral de 1920

C'était le deuxième. Il se tint les 8 et 9 mai, samedi et dimanche, dans la salle du Cercle de Montréal.

Étaient présents : le Comité général avec son aumônier, les aumôniers des Cercles de Québec, d'Ottawa, de Hull, des Trois-Rivières, et les délégués des huit Cercles.

Le premier acte, samedi, fut la célébration d'une grand'messe de requiem pour le repos de l'âme des membres défunts de l'Association. A 10 h. 10, le président annonça l'ouverture du Conseil fédéral. La procédure nous est connue; nous n'y reviendrons pas.

Comme il n'y avait point, cette année, d'élection du Comité général (élu tous les deux ans), le travail des délégués se porta sur l'étude des diverses motions du Comité et des Cercles. Il y en avait soixantedeux; il fallut, pour en venir à bout, quatre séances de trois heures chacune et une cinquième, la dernière, de six heures, séance entrecoupée du (( Chant des Voyageurs )) et, un peu plus tard, de la bénédiction du T.-S. Sacrement.

Les délibérations gardèrent ce cachet de sérieux, de clarté, de précision et, même dans certaines passes d'armes plus vives, de parfaite courtoisie et de charité

qui distinguent les rapports mutuels des membres de l'Association. — Les motions furent presque toutes adoptées, avec ou sans amendement. Nous en avons déjà signalé quelques-unes au cours de ces pages. Elles ont pris corps dans la seconde édition des statuts généraux.

Un projet de charte fédérale pour l'A-CV. avait été préparé par le Comité général. Le Conseil fédéral voulut se donner plus de temps pour l'étudier : il en confia la revision au Comité général, assisté d'un délégué de chaque Cercle. Le résultat de ce travail sera soumis au prochain Conseil fédéral qui statuera définitivement.

Disons, en terminant, que l'une des motions présentées au Conseil donna, un moment, l'impression d'un petit nuage flottant, indécis, dans un ciel pur. Le nuage passa. Mais sa présence, quoique très brève, ne fut pas inutile : elle servit d'avertissement, à savoir, que le Voyageur de l'A. C.V. participe encore à l'humaine fragilité, Homo sum. . . — ce qu'il soupçonnait déjà bien un peu ! — ; elle servit de plus à resserrer les liens qui unissent les Cercles entre eux et avec le Comité général, mais plus encore à mettre en pleine lumière le principe essentiel de la soumission à la suprême autorité du Conseil fédéral. Le battements des cœurs, un instant ralenti, reprit avec plus de force et de gaîté dans cet apport nouveau de chaleur et de vie. Les dernières allocutions des aumôniers et du président soulignèrent délicatement ce point.

L'aumônier-général résuma finalement les travaux du Conseil, ses pensées, ses aspirations, ses résolutions, en une série de (( Vœux )) que l'assemblée, vibrant de

toutes ses cordes, sanctionna de vifs et longs applaudissements.

Premier Congrès des Voyageurs de Commerce,

ORGANISÉ PAR LE CeRCLE DE MoNTRÉAL

A LA Villa Saint-Martin

Qui dit Congrès dit une assemblée qui tranche de l'ordinaire, où les membres délibèrent sur des intérêts communs, étudient certaines questions plus importantes, formulent des vœux, prennent des résolutions destinées à retremper les liens des associés entre eux et à promouvoir l'œuvre à laquelle ils se sont voués.

Les Voyageurs de Commerce ne pouvaient vivre longtemps sans avoir leur Congrès. En 19 18, déjà quatre Cercles étaient fondés, d'autres se dessinaient à l'horizon, l'œuvre marchait, montait, la vie bouillonnait dans toutes les veines, menaçant de tout rompre si on n'y mettait une soupape de sûreté. La soupape serait le Congres. Là, en famille, côte à côte, cœur à cœur, les Voyageurs pourraient donner libre cours à leurs pensées, à leurs sentiments, à leurs visées d'apostolat, commue aussi au déploiement de leurs muscles dans les jeux, et de leurs cordes vocales dans les récits et les chants.

L'organisation du premier Congrès revenait naturellement au Cercle de Montréal, l'aîné des Cercles, plus que cela, l'Abraham des Cercles, le Père des Croyants ! — Il choisit la Villa Saint-Martin pour le

lieu du rendez-vous. Le choix était heureux. C'est à la Villa, on s'en souvient que l'idée première de l'Association avait germé et pris corps. Elle y reviendrait donc comme l'enfant aimé et aimant au foyer qui l'a vu naître.

Seulement les enfants voulurent orner leur berceau et lui donner une tournure de gaîté et de solennité inconnues jusque-là. La Villa, en bonne personne avisée et serviable, se prêta aimablement à cette ornementation de grand style. Ses lignes sévères disparurent sous les drapeaux, les guirlandes et les banderoles. A l'intérieur, même déploiement de décorations, trophées, inscriptions, festons, girandoles. Sans compter un piano luxueux et un phonographe de très grand prix. Pour couvrir ces dépenses, la maison Dupuis, qui tient en si haute estime ses Voyageurs, avait mis à leur disposition une somme de deux mille dollars.

Deux jours furent assignés pour la tenue de ce qu'on appela les (( Journées sociales )) de l'Association, le samedi 28 et le dimanche 29 septembre 19 18.

La matinée du samedi vit arriver les Voyageurs de Commerce de tous les points de l'horizon. Comme Jérusalem au temps de sa gloire (Is. IX, 4 et 5), l'Association pouvait déjà sentir son cœur tressaillir et se dilater, mirabitur et dilatabiiur cor tuum, en contemplant ce magnifique rassemblement, omnes isti congregati sunt, venerunt tibi, en voyant ses fîls venir de loin, filii tui de longe ventent : ils venaient de Montréal, de Québec, de la Beauce, de Saint-Hyacinthe et même d'Ottawa et de Hull, bien que ces deux Cercles ne fussent pas encore fondés. Cent cinquante

délégués se trouvèrent bientôt réunis. II y avait de plus un bon nombre d'invités spéciaux : outre plusieurs Pères de la Compagnie de Jésus de Québec et de Montréal, nous relevons les noms du R. P. Lelièvre, O.M.I., de M. l'abbé Fortin, aumônier des Syndicats ouvriers catholiques de Québec, de M. le chanoine Senécal, aumônier du Cercle de Saint-Hyacinthe, de M. le chanoine Decelles, supérieur du séminaire de Saint-Hyacinthe, et de M. l'abbé Morin, professeur de philosophie au même séminaire. Les trois grands journaux catholiques, le Devoir, V Action Catholique et le Droit, avaient leurs représentants officiels.

Les Voyageurs arrivaient donc par groupes, et tout de suite se mettaient chez eux, fraternisaient les uns avec les autres, et se lançaient dans tous les jeux inscrits au programme : sauts, palets, souque-à-la-corde, courses poids légers, poids lourds. C'était vraiment un spectacle ravissant que de voir, dans les allées du parc et sur les pelouses, ces hommes redevenus enfants et s'amuser ensemble comme de vieux amis qui se retrouvent. Cette bonne et franche camaraderie sera la note intime du Congrès, elle dilatera les cœurs, elle les attachera plus fortement les uns aux autres, et du même coup leur fera estimer davantage une Association qui leur donne de tels frères. A plusieurs reprises on entendit cette exclamation : (( Comme c'est beau ! ))

Après les jeux, le dîner. Puis, à 3 heures, l'ouverture du Congrès. A la suite du discours de bienvenue par le président du Cercle de Montréal, M. B. Charbonneau, venaient quatre conférences de vingt minutes chacune, entremêlées de chants et de musique orchestrale et d'uxie causerie du R. P. Louis Lalande, S.J.,

inspirateur de l'Association. Le R. P. Georges Lebel S.J., aumônier-directeur de l'A. C.V. et du Cercle de Montréal avait, avec ses conseillers, tracé le plan des travaux du Congrès et assigné aux divers Cercles leur part respective. Pour emprunter un mot de ï Action Catholique résumant le tout : « Programme idéal, parfaitement rempli )).

Nous ne donnerons ici que les titres des conférences et les noms des conférenciers : car les pages qui précèdent nous ont suffisamment familiarisés avec la substance de ces fortes harangues.

Première conférence : Le Voyageur de Commerce : ce qu'il est, son rôle, son influence; par M. Girouard, président du Cercle de Saint-Hyacinthe.

Deuxième : Comment se préparer à exercer cette influence : a) Par les retraites fermées; M. Vincent, premier président du cercle de Montréal.

Troisième ; b) Par les Cercles Catholiques des Voyageurs de Commerce; M. Trépanier, troisième président du Cercle de Montréal.

Quatrième : c) Par la Bonne camaderie entre les membres de CA.C.V.; M. Pelletier, un vétéran, qui redit sur un ton quelquefois badin, d'autres fois émouvant, la prodigieuse métamorphose des Voyageurs de Commerce.

Après ces conférences, une détente était bien permise. Elle se fit au grand air par la répétition désopilante des jeux de la matinée.

A 6 heures, la bénédiction du Très Saint Sacrement réunissait les Voyageurs aux pieds de l'autel. C'était un avant-goût de la sainte communion du lendemain et de la messe solennelle. De là, ils passèrent à la salle du banquet : agapes ultra-fraternelles,

comme bien Ton pense, où rien ne manquait de ce qui peut charmer l'œil, le palais, l'oreille et le cœur.

Les santés apportèrent un surcroît de lumière pour l'esprit en même temps qu'une puissante impulsion pour les volontés. Le Pape et le Clergé fournirent à M. Henri Bourassa le thème aimé de son discours. Après la santé du Roi, la Race française échut à M. l'abbé M. Fortin, l'Œuvre des retraites fermées au R. P. J.-P. Archambault. S.J., la Presse catholique à M. O. Héroux. — On ne pouvait mieux choisir. Les pensées très hautes et très nobles se traduisaient en exposés lumineux et parfois en de splendides envolées que ponctuaient, à des intervalles rapprochés, les bravos et les applaudissements de l'auditoire. — L'enchantement d'un concert, exécuté par la chorale S.- Louis-de-France, termina harmonieusement la première journée du Congrès.

La seconde était le dimanche 29 septembre. Le premier grand exercice fut la messe solennelle, à 9 h., où le R. P. Archambault s'appliqua, dans son sermon, à tracer le parallèle saisissant entre le bon Samaritain de l'Évangile et le Voyageur de Commerce. Le Voyageur a trouvé sur sa route le corps et l'âme du Canadien rongés par les trois grandes plaies qu'on peut appeler nationales : le blasphème, l'alcool, l'apathie religieuse. Il les a soignées toutes trois par le plus excellent des remèdes, qui est le bon exemple.

M. Martin, maire de Montréal, présent à la sainte messe et devant retourner immédiatement à la ville, voulut, avant de partir, adresser dans la grande salle quelques bonnes paroles aux congressistes. Il les loua

de chercher dans la religion le principe de leur action ; il se félicita lui-même d'avoir fait tout récemment sous ce toit béni une retraite fermée. Ce qui donna au Directeur des retraites l'occasion d'ajouter que M. le Maire avait déjà commencé son apostolat, en déterminant un échevin à venir aussi faire une bonne retraite.

Après quelques amusements, tout le monde se réunit sur la véranda pour entendre la première conférence du jour. Il y en aurait trois. Reprenant la pensée de la veille, à savoir, Y Influence des Voyageurs, et la poussant plus haut et plus loin, le programme indiquait les Manières d'exercer cette influence :

a) Pour la cause religieuse : le bon exemple, les conversations, la sobriété, etc. — par M. l'abbé H. Morin, du Cercle de Saint-Hyacinthe, dont la conférence très belle, très littéraire, mais aussi très pratique, se termina par une péroraison empoignante où se dégageait lumineuse, ardente, cette maîtresse pensée que (( la volonté constante de vaincre est le gage de la victoire )).

b) Pour la cause patriotique : la langue française dans les hôtels, les chemins de fer, au téléphone, etc. — par M. Grégoire, président du Cercle de Sainte-Marie de Beauce.

c) Pour la cause religieuse et patriotique : la propagande des bons livres, etc. — par M. J.-A. Bernier, deuxième président du Cercle de Montréal.

La conférence de M. l'abbé Morin terminée, la salle du banquet s'ouvrit toute grande aux congressistes. Ils saluèrent dans les santés les quatre Cercles qui formaient le premier noyau de l'A. C.V.

M. B. Charbonneau, président du Cercle de Montréal, proposa le toast de l'Association puis celui des Cercles de Saint-Hyacinthe, de Québec et de Beauce, auxquels répondirent respectivement MM. A. Beaulieu, V. Sylvestre et M. Gagné. M. Poupart, premier secrétaire du Cercle de Montréal, répondit à la santé du Cercle, que M. Trempe, de Québec, venait de proposer avec des accents magnifiques qui avaient déchaîné une véritable tempête d'applaudissements.

Après le dîner, les amusements extérieurs reprirent, vifs mais brefs. On voulait entendre les deux autres conférences mentionnées plus haut : l'une, (( pour la cause patriotique )), que M. Grégoire traita en faisant comme de juste vibrer superbement la corde patriotique; l'autre (( pour la cause religieuse et patriotique, avait deux cordes que M. Bernier sut toucher avec infiniment de tact et de justesse.

Il appartenait au R. P. Georges Lebel, aumônierdirecteur de l'Association et du Cercle de Montréal et, on peut le dire, l'âme de toute l'Association, de tirer les conclusions de ces deux splendides journées sociales. Il le fit en insistant tout particulièrement sur les retraites fermées, où l'Association puise son plus intense principe de vie. Après lui se levèrent à tour de rôle M. R. Carignan, le R. P. Lelièvre, M. C. Gauthier du Droit et le R. P. Bellavance, recteur de r Immaculée-Conception. Leurs brèves allocutions, faites de pensées tour à tour sérieuses, enjouées, émouvantes, entraînantes, ne pouvaient clore plus heureusement ce deuxième et dernier jour du Congrès.

Il n'y avait plus qu'à remercier Dieu, auteur de « tout don parfait et de toute grâce excellente )). Et

— ISé —

cela se fit dans la bénédiction solennelle du très Saint- Sacrement.

Au sortir de l'oratoire, l'heure du départ sonnait. Il n'y eut qu'une exclamation sur toutes les lèvres : (( Comment ! déjà fini ! Trop court !. . . Eh bien, à l'an prochain ! ))

Tout aussitôt, M. Gagné, président du Cercle de Québec, saisissant au vol les derniers mots, s'écria : (( Oui, Messieurs, à l'an prochain ! Et ce sera chez nous, à Québec, le voulez-vous ? )) Une longue acclamation accueillit le cordial appel du président, et les cris répétés de (( A Québec ! A Québec ! )) ne cessèrent qu'avec les premières notes du chant national, (( O Canada )) .

A Québec

Québec a, de tout temps, été remarquable pour son hospitalité, antique vertu chrétienne soigneusement conservée, et, dans l'hospitalité, un double cachet de bonhomie et de distinction qui est la meilleure marque de la vraie noblesse et qu'on pourrait peut-être appeler proprerpent française. Si à cela vous ajoutez le précieux don de l'organisation parfaite du moindre détail comme des plus grandes lignes, ainsi qu'on a pu l'observer en maintes circonstances, notamment aux inoubliables fêtes du Tricentenaire de la ville et du premier Concile plénier de Québec; si, en plus, vous évoquez le souvenir de son décor unique, du

panorama grandiose que présentent son cap, sa citadelle, son fleuve, sa vallée et ses montagnes, et que parmi ces beautés et ces grandeurs vous placez de nobles personnages, un cardinal, un lieutenantgouverneur, un archevêque, un recteur d'université, vous décuplez le prix de l'accueil que font les bras tout grands ouverts et des cœurs profondément affectueux.

Les Voyageurs de Montréal, d'Ottawa, de Hull, de Saint-Hyacinthe et de la Beauce allaient éprouver la flamme et les délicatesses de cette charité.

Les deux journées sociales du Congrès avaient été fixées aux samedi et dimanche, 26 et 27 juillet 19 19.

Une aimable surprise attendait les invités. Le séminaire de Québec, orné, pavoisé comme aux plus grandes fêtes, désireux de prouver sa très grande estime pour le Cercle local des Voyageurs et l'Association tout entière, ouvrait aux congressistes ses portes, sa chapelle, ses chambres, ses salles, ses cours de récréation : hospitalité vraiment princière, que devaient rehausser encore les attentions les plus empressées.

Le ralliement se fit dans la matinée du 26. Les groupes se répandirent un peu de tous côtés dans le Séminaire et l'Université. Le Musée surtout attirait

les visiteurs par ses collections d'un si grand intérêt. A midi, le vaste réfectoire du Séminaire recevait les Voyageurs de Commerce, pour leur servir, annonçait le programme, un (( Fricot à la bonne franquette )). Les convives s'en donnèrent, c'est le cas de le dire, à bouche que veux-tu. Le classique altum silentium (profond silence) ne tint pas longtemps. Le stridor dentium lui-même (grincement des mâchoires) fut vite suivi de la confusio linguarum (confusion des langues). Au milieu de ces épanchements, le président du Cercle de Québec, M. A.-J. Gagné, salua en termes heureux les deux cent cinquante invités qui étaient accourus au rendez-vous. Après le dîner, amusements et jeux de toutes sortes, qui rappelaient les ébattements de l'année précédente à la Villa Saint- Martin.

A deux heures et demie de relevée, s'ouvrit la première séance de travail. Elle devait durer trois bonnes heures d'horloge. Et ce n'était pas trop pour le sujet qu'on avait mis à l'étude. Le Congrès de 191 8, on s'en souvient, avait consacré ses deux séances au Voyageur de Commerce, sa personnalité, son rôle, son influence. Celui de 19 19 porta plus haut ses regards dans la séance du 26. Il voulut envisager la question du (( Commerce au point de vue canadienfrançais ». Le sujet était beau, intéressant et suggestif. Il se subdivisait en quatre parties et les quatre conférenciers les traitèrent successivement avec un soin et une compétence très remarqués.

I . — Débuts et progrès des Canadiens français dans le Commerce, telle était la part qui revenait à M. J.-E. Renaud, secrétaire-correspondant du Cercle de CJuébec. Il rappela les embarras de toutes sortes qui

suivirent la Cession du Canada à l'Angleterre, puis les progrès ininterrompus bien que lents, qui permirent aux Canadiens français de s'établir peu à peu solidement dans diverses industries, telles la construction des navires, les fonderies, la quincaillerie, le commerce des cuirs et de la chaussure, des épiceries. L'orateur ne craignit pas de mettre le doigt sur quelques points faibles : il signala en particulier le peu d'encouragement que les Canadiens se donnent entre eux.

2 — Coup dtœil sur la situation actuelle. — M. J.-A. Brais, du Cercle de Saint-Hyacinthe, la déclare bonne et en progrès. Et voici comment il le prouve : trois banques, très prospères, sont exclusivement canadiennes-françaises, La Banque Nationale, La Banque d'Hochelaga, La Banque Provinciale; les nôtres sont à la tête d'importantes compagnies d'assurances et autres; la situation agricole de la province est supérieure à celle des autres provinces du Dominion : elle produit autant de beurre et de fromage à elle seule que toutes les autres réunies; 90% de nos fermiers sont propriétaires. La moitié de la production du papier au Canada se fait par la province de Québec, et dans l'industrie de la chaussure, 60 à 70% du capital et de la machinerie reviennent aux Canadiens français.

A ce point, M. Brais se demande quelle a été la part du Voyageur de Commerce dans ce progrès. Elle a été belle, de tout temps, dit-il, mais aujourd'hui plus que jamais. Ses dispositions actuelles unies à son bilinguisme n'ont fait que grandir ses aptitudes professionnelles.

3. — Des meilleurs moyens à prendre pour accentuer la marche en avant. — M. Valin, du Cercle de Hull, débuta par une vibrante allusion au geste

sauveur du généralissime Foch qui, avant de lancer la grande offensive victorieuse, consacra ses armées au Sacré Cœur. Pareillement, les Voyageurs de Commerce, dès le début de leur Association, se sont voués au Cœur de Jésus et c'est là qu'ils trouvent leur plus sûr gage de succès. En outre, pour eux comme pour tous ceux qui veulent s'adonner au commerce, il est besoin de trois qualités essentielles : la compétence, le sens des affaires et le tact. La première s'acquerra par la diffusion des hautes études commerciales, la seconde par l'expérience, la troisième par l'observation; et au service de ces trois dispositions, les ennoblissant et les fécondant, une convScience droite et parfaitement honnête.

4. — De l'usage du français dans le commerce. — C'était un champ magnifique ouvert au quatrième conférencier. M. J. Petitclerc, du Cercle de Québec, sut l'exploiter d'intéressante façon. Notre bilinguisme, dit-il en substance, est digne d'éloge et doit être maintenu. Mais la langue française d'abord, et notre langue dans toute sa pureté. Suivit une longue liste d'expressions anglaises employées couramment dans le commerce par les Canadiens français. C'est une trahison ! Et qui dira les funestes conséquences de ces défections quotidiennes ! Donc parler le français en tout, partout, toujours (sauf certains cas évidents) et le bien parler.

Après cette séance eut lieu à la chapelle du Séminaire le salut du Saint-Sacrement, et, dans la soirée, le grand banquet.

Avant les discours qui le couronnèrent, S. G. Mgr Roy, archevêque de Séleucie, auxiliaire de Québec,

communiqua aux congressistes les deux messages suivants : le premier était le cablogramme adressé par Son Éminence le cardinal Bégin à Sa Sainteté Benoît XV :

(( Sa Sainteté

le Pape Benoît XV,

(( Les membres de tous les Cercles catholiques des Voyageurs de Commerce de la province de Québec, réunis en Congrès dans la ville de Québec, offrent au très Saint Père l'hommage de leur profond respect, de leur entière adhésion à ses enseignements, de leur filial attachement à sa personne, et sollicitent la bénédiction apostolique sur les travaux du Congrès qui aura lieu les 26 et 27 juillet.

Cardinal Bégin. ))

Monseigneur lut ensuite la réponse du Saint-Père, qui fut longuement acclamée par les convives :

(( Cardinal Bégin, archevêque,

Québec, Canada.

(( Saint-Père très sensible hommage filial, attachement et soumission enseignements au Saint-Siège de la part des membres de tous les Cercles catholiques des Voyageurs de Commerce réunis en Congrès, remercie et envoie de cœur bénédiction apostolique implorée.

Cardinal Gasparri. ))

Le premier toast fut celui du Pape.. — Mgr Pelletier, supérieur du séminaire et recteur de l'Université Laval, y répondit. Il félicita les Voyageurs d'avoir si bien compris ce qu'est le Pape, le représentant de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il les loua de leur esprit de foi dans la vie publique non moins que dans la vie privée. L'Eglise se réjouit de pouvoir compter sur de tels hommes.

Après la santé du Roi, ce fut celle du Clergé. — Les très hautes pensées que Mgr Roy développa sur la nature et les œuvres du sacerdoce étaient drapées dans un langage vraiment magnifique. Sacerdos aller Christus. Le prêtre, c'est Jésus-Christ. Depuis Notre-Seigneur, l'humanité reste soudée par le prêtre à la divinité. Dans toute l'histoire du monde de l'ère chrétienne, il n'est pas de grand mouvement pour la vérité et le bien des peuples sans que l'apport du clergé ne soit à la base. Pour nous, Canadiens français, la chose est si manifeste, dès le berceau de notre race et toujours depuis, à travers toutes les complications et toutes les luttes. Les Voyageurs ont admirablement compris cette vérité historique, en mettant au premier rang de leurs préoccupations les retraites fermées. Car c'est dans ces retraites que le prêtre et par lui Jésus-Christ accueille, retourne, façonne, complète le chrétien et dans le chrétien l'apôtre. Voyez donc toujours le prêtre dans cette lumière; aimez-le, défendez-le quand il est attaqué en mettant Jésus-Christ entre lui et son assaillant; enfin aidez-le, comme au reste vous le faites déjà, et c'est bien ce qui nous remplit de joie et nous permet les plus belles espérances.

M. L.-A. Trempe, du Cercle de Québec, répondit au toast de la Race canadienne-française. Après un brillant rappel de nos origines, l'orateur énonce et développe cette pensée que le Canadien français a pour le défendre une citadelle et un rempart qui font le désespoir de ses ennemis, à savoir, sa Foi et sa Langue.

La santé de la Presse catholique avait été confiée au R. P. H. Lefebvre, S.J., premier aumônier du Cercle de Québec. La Presse catholique, dit-il, c'est la Presse catholique tout court, professant non point (( la religion du parti », mais (( le parti de la religion )). Voilà les journaux qu'il faut encourager, soutenir, propager.

Le dernier toast était celui de V Association Catholique des Voyageurs de Commerce. M. J.-A. Bernier, président de l'A. C.V.. montra la solidité de l'Association, bâtie sur le roc des retraites fermées. L'A. C.V. a trente-cinq ans de moins et est vingt-cinq fois moins nombreuse que l'Association des Voyageurs du Dominion. Et pourtant elle a cent fois plus d'œuvres à son crédit et possède une bien plus grande influence. Soyons fiers de lui appartenir et continuons inlassablement ses œuvres religieuses et patriotiques.

Le lendemain matin, dimanche, les congressistes communièrent à la messe de sept heures. A dix heures avait lieu la messe solennelle dans la chapelle du Séminaire. S. Ém. le cardinal Bégin assistait au trône. Sir Charles Fitzpatrick, lieutenant-gouverneur, et Lady Fitzpatrick avaient des fauteuils dans la nef. Le sermon, donné par Mgr Roy, développa le thème du précepte divin de la charité : l'amour opposé à la

haine; l'apostolat luttant partout contre cette fureur de scandales que la haine dresse en tous lieux par le blasphème, la mauvaise presse, l'intempérance, la danse, le cinéma. Vaste champ de bataille ouvert à nos bons lutteurs et où ils comptent déjà tant de victoires.

A midi, un dîner intime réunissait les représentants des Cercles invités : Montréal, Beauce, Saint-Hyacinthe, Ottawa, Hull. On leur faisait fête; en retour chaque Cercle avait son mot charmant de réponse.

L'après-midi fut consacré à la seconde séance de travail. Le programme l'intitulait : (( Notre œuvre )). On revenait ainsi à l'Association. Nous ne donnerons que les titres, en faisant remarquer seulement le souci de l'Association de joindre toujours aux spéculations parfois les plus élevées les notions pratiques, poussant à l'action immédiate, précise.

1. — Retraites fermées et retraites pascales :R. P. G. Lebel, S.J., aumônier-directeur de l'Association et du Cercle de Montréal.

2. — Pour préparer l'avenir de nos jeunes Voyageurs de Commerce : M. l'abbé H. Morin, directeur du Cercle de Saint-Hyacinthe.

3. — La pratique de l'économie : M. J.-E. Rochette, vice-président du Cercle de Québec.

4. — La vie de famille : M. J.-T. Jacques, trésorier du Cercle de Sainte-Marie de Beauce.

A la fin de la séance, le R. P. T. Hudon, S.J., aumônier du Cercle de Québec, donna lecture d'une série de vœux qui résumaient les travaux et les aspirations du Congrès et qui furent acclamés avec le plus grand enthousiasme. Ils portaient sur les points suivants :

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