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La défense des causes nationales sur tous les terrains

6. — Vive et profonde reconnaissance des Voyageurs aux autorités religieuses de Québec pour leurs encouragements si paternels; à l'Université et au Séminaire pour leur généreuse hospitalité ; et nouvelle et indomptable détermination de tous « de marcher en communion d'idée avec le clergé et sous sa tutélaire direction ».

La bénédiction du Saint-Sacrement dans la chapelle du Séminaire vint mettre le sceau au deuxième Congrès annuel de l'Association Catholique des Voyageurs de Commerce.

Vî

A Sainte-Marie de Beauce

Le samedi 31 juillet et le dimanche ler août 1920, furent deux jours de fête non seulement pour les congressistes de l'Association des Voyageurs de Commerce, mais aussi, semble-t-il, pour tous les habitants du joli village de Sainte-Marie de Beauce. Les drapeaux flottaient partout, les maisons étaient pavoisées; des festons, des guirlandes, des banderoles couraient dans toutes les directions, deux de ces der-

nières, immenses, traversaient le chemin près de l'église, Tune portant la devise du Cercle de Beauce : (( Que tous soient un ! )) l'autre ces mots : (( Pour Dieu et la Patrie — Nous luttons ! )) ; toutes deux avaient, au centre, largement déployées, les armes de l'Association.

Cet enthousiasme général se conçoit : les Beauce rons sont fiers de leurs Voyageurs et ils tenaient à le manifester aux délégués des Cercles qui. au nombre de près de deux cents, affluaient, le samedi matin, 31 juillet, ayant tous à leur tête leurs aumôniers respectifs.

Le congrès s'ouvrit par une messe célébrée à la chapelle Sainte- Anne par le R. P. Georges Lebel, aumônier-général de l'Association. Les délégués s'y rendirent en corps. Les Voyageurs tiennent toujours leurs cordes vocales (comme leur langue. . .) en bon ordre : aussi les cantiques qu'ils exécutèrent dans la chapelle faillirent-ils en soulever la voûte. Le sermon fut donné par S. G. Mgr Roy, coadjuteur de Québec : deux pensées maîtresses s'en dégageaient : l'une fournie par la grande thaumaturge du Canada, Sainte-Anne, protectrice de nos aspirations religieuses et nationales; l'autre par saint Ignace de Loyola, dont on faisait la fête ce jour-là même, saint Ignace soldat de Dieu, nous enseignant les qualités du soldat, plus nécessaires aujourd'hui que jamais : vigilance, action, discipline.

Le « fricot » se prit au beau collège de l'endroit, gracieusement mis à la disposition des Voyageurs par les Frères des Ecoles Chrétiennes. C'est aussi dans la grande salle du collège que devaient se tenir les séances de travail.

La première eut lieu dans l'après-midi. L'étude portait sur le Voyageur de Commerce et ses relations. Ce thème se développa dans les quatre conférences suivantes :

i.— Historique de la profession. M. Giard, de Montréal, au cours de son exposé, donna quelques chiffres intéressants. Ainsi le Canada possède 36,000 Voyageurs de Commerce; dans la province de Québec, 5,000 sont Canadiens français. Le conférencier divise ceux-ci en trois classes, que nous pourrions

résumer de la sorte : 1ère, affaires et plaisirs (vieux système !) ; lème, affaires seules (questions religieuses et nationales mises de côté); 3ème, affaires et apostolat (religieux et patriotique) où sont enrôlés les 600 braves de l'Association. Il reste beaucoup à faire évidemment.

2. — Relations avec le patron. M. Latulippe, de Québec., les condensa dans ces quatre mots : Confiance,

respect, ponctualité, fidélité à exécuter les ordres reçus.

3. — Relations avec les clients. D'un seul mot, M. Brais, de Saint-Hyacinthe, les comprend toutes : Loyauté.

4. — Relations avec les camarades. Soyons unis comme des frères, s'écria M. Caron, délégué des Trois-Rivières, qui se félicita avec son Cercle d'avoir été affilié à temps pour pouvoir assister à cette splendide fête de l'Association.

La séance fut suivie de la bénédiction du T.-S. Sacrement à l'église, qui, vrai bijou d'architecture gothique, prêtait à la fois un cadre magnifique à cette assemblée et un local idoine à ses hymnes et à ses cantiques.

Le soir, avait lieu le banquet. C'est toujours une grosse pièce dans l'organisme d'un congrès. Le fait est que le menu donnait à réfléchir. Et il ne fallut rien moins que la proclamation du Général en chef des (( Jarrets noirs )) pour l'attaquer et l'emporter d'assaut. Elle se terminait par le mot historique de Joffre qui provoqua la première victoire de la Marne : (( Chacun devra mourir au poste plutôt que de reculer ! ))

Abordé sur ce ton héroïque, le repas se poursuivit dans les épanchements de la plus aimable camaraderie. A l'heure des santés, M. Beaulieu, président du banquet et du Cercle de Beauce, lut un grand nombre de télégrammes apportant les souhaits de bonheur et de succès des sommités religieuses et civiles du pays.

Puis les toasts commencèrent : ils devaient donner au banquet une durée de quatre heures. — Rép>ondant à la santé du Pape, M. l'abbé Feuiltault, curé de

Sainte-Marie, salua dans les Voyageurs des apôtres, des soldats, des fils aimants de l'Église. — La santé du Clergé fournit à Mgr Arsenault l'occasion de rappeler le mot de S. Ém. le cardinal archevêque de Québec, appelant les Voyageurs de Commerce les (( Chevaliers de l'Église », chevaliers, continua l'orateur, suscités au moment vraiment opportun. — La cause des Canadiens français ne pouvait tomber en de meilleures mains qu'en celles de M. Guy Vanier, président-général de l'A.C.J.C. Son discours fut l'un des plus beaux, des plus pratiques, des plus appréciés en ces mémorables assises. Nous ne voulons en retenir que ce mot d'ordre applicable aux deux Associations sœurs, l'A.C.V. et l'A.C.J.C. : (( Faisons de l'apostolat chrétien, comme la France en a fait et continue d'en faire )). — Ici s'intercala tout naturellement une santé à part, celle de la France, en l'honneur du R. P. Dassonville, S.J., de V Action populaire de Reims et en mission spéciale au Canada; elle permit au sympathique conférencier de faire une très délicate application des Gesta Dei per Francos aux Français de la Nouvelle-France, avec l'espoir exprimé de rapports plus intimes renoués entre les deux Frances. — M. l'abbé Morissette, curé de Saint-Joseph de Beauce, répondit à la santé de la Presse catholique : son discours constitua un puissant réquisitoire contre la presse à sensation, et un vibrant appel en faveur des trois grands journaux catholiques, le Devoir, Y Action catholique et le Droit. — M. Bernier, dans sa réponse au toast de l'A.C.V., fit un relevé substantiel et sans fard des activités de l'Association, dont il est le président.

La nuit était fort avancée quand les convives se retirèrent pour prendre un légitime repos. Mais le sommeil ne vint pas tout de suite dans les dortoirs du collège : on fit faire à certains Voyageurs, à travers les salles, un tour d'automobile qui restera légendaire.

Le sérieux reprit avec le premier grand acte du lendemain, dimanche, à la messe de 7 h., au cours de laquelle tous les délégués s'approchèrent de la sainte Table.

A la messe solennelle de 9 h. et demie, l'électricité, venant à manquer subitement, empêcha d'utiliser l'orgue pour la messe en parties qui avait été préparée; elle procura par contre aux fidèles de la paroisse le spectacle inattendu de deux cents hommes, placés les uns dans le sanctuaire les autres en dehors près de la balustrade, chantant avec un superbe ensemble la messe grégorienne du sixième ton. Au Credo, on vit cinq ou six paroissiens rester debout et s'allonger le cou pour mieux voir ces hommes nouveaux qui proclamaient ainsi leur foi.

Le sermon du R. P. Louis Lalande sur l'éducation des enfants amena d'autres émotions : le passage notamment où, après avoir exposé les deux premiers devoirs des parents, l'amour et la correction, l'orateur en vint aux sacrifices, sacrifices mutuels des parents, du père, de la mère. . . l'émotion étreignit l'assistance, les larmes coulèrent de bien des yeux.

Le dîner, à midi réunissait les Cercles : c'était la (( fête de famille )), avec ses chants et ses discours.

A 4 h., s'ouvrit la deuxième séance de travail. Elle développa l'idée de ï Action sociale sous les trois formes suivantes :

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