REFRAIN
Amis, d'un cœur joyeux.
Pour Dieu, pour la Patrie, Toujours (bis) que notre vie ) bis Soit disne des aïeux ! '
« Afin d'assurer l'exactitude des comptes rendus, les membres qui auront présenté des travaux ou fait des discours, devront, séance tenante, en remettre le manuscrit au secrétaire du Cercle qui tient ces journées sociales. S'ils manquent à ce devoir, le titre seul de leur travail ou discours sera mentionné dans le compte rendu. ))
Le dernier article des statuts généraux décrète sagement que (( les présents statuts ne peuvent être modifiés qu'avec l'assentiment des deux tiers des délégués des Cercles au Conseil fédéral et des membres du Comité général )).
L'Association a son chant. Le Chant des Voyageurs. Le sceau de l'Association indique bien sa préoccupation principale.
Au centre d'une croix de Malte est inscrit un cercle, où se détachent deux souvenirs des catacombes, symbolisant tous deux la personne de Notre Seigneur Jésus- Christ : le premier est un poisson, le second un mot grec, ^X^^V (poisson), dont les cinq lettres, comme on sait, sont autant d'initiales des mots : îêsous Christos, Théou Uios, Sôter, Jésus- Christ, Fils de Dieu, Sauveur. En composant leur cachet, les Voyageurs n'avaient eu garde d'oublier la patrie canadienne : aussi voyons-nous la feuille d'érable s'épanouir aux quatre angles de la croix de Malte. L'exergue du cercle extérieur porte le titre de l'Association : (( Association Catholique des Voyageurs de Commerce du Canada )).
Le bouton de l'Association reproduit en couleurs la partie centrale du cachet.
Le diplôme de grand format que l'Association confère à ses membres est une œuvre d'art. Le texte, dont les caractères ont été choisis avec un goût parfait, se lit sur un fond vert pâle; l'encadrement est fait d'une double guirlande de feuilles d'érable légèrement striées, sur fond blanc avec bordure verdâtre; au sommet, la guirlande embrasse, au milieu, le cachet de l'Association en couleurs, avec lettres et feuilles d'érable d'or; au bas, elle entoure le blason des provinces canadiennes surmonté de la couronne royale, puis, de chaque côté, à mi-hauteur, deux glorieux symboles chers aux Voyageurs, l'un de l'amour de Jésus, son Cœur sanglant transpercé d'une lance, l'autre de l'Église, la tiare pontificale et les clefs d'or de saint Pierre. Ici encore les couleurs font un très bel effet et contribuent à donner au tout un grand air de distinction.
Les pages qui précèdent ont dit brièvement ce qu'est l'Association des Voyageurs de Commerce. Déjà on peut conclure qu'elle est une force bien organisée, sérieuse, clairvoyante, résolue. La suite nous le fera mieux voir encore. Il ne faut donc pas s'étonner si, par la charité puisée au Cœur de Jésus qui les unit de façon peu ordinaire, l'Association devient pour les Voyageurs un de leurs premiers amours, une très douce consolation : amour et consolation qui ne les quittent point, qui les soutiennent et les raniment dans leurs incessantes pérégrinations.
^if-I^E ST. PlfiPRr
Avant 19 14, — année de la fondation du premier Cercle, — le Voyageur de Commerce était un isolé. Presque toujours sur la route, en quête de clients pour sa maison, dans les villes, dans les campagnes, plus attentif à sa valise (à son grip, comme il disait alors !) qu'à son bon ange, il se sentait seul, laissé à lui-même, sans appui surtout pour le bien. La rencontre fortuite d'autres Voyageurs pouvait jeter un éclair dans sa vie, j'allais dire dans sa nuit, une lampée de plus, un éclat de rire, une gaudriole, un chant de sapeur, mais son âme restait plus vide qu'avant, plus désemparée.
L'Association a donné à ce Voyageur la lumière d'en haut, la force du cœur, l'impression d'une escorte autour de lui, même dans les solitudes de nos campagnes : il porte partout la pensée de son Association, son atmosphère, il en vit, et, aidé, consolé, fortifié par ce souvenir, il fait plus et mieux que jamais. Car, dit le Catholique d'Action, (( Travailler à plusieurs, c'est centupler la valeur de chacun )).
Au fond, c'est la simple mise en pratique de l'éternel axiome de la force dans l'union.
Un soir de février, nous racontait un Voyageur, j'étais dans un hôtel d'une petite ville collée au flanc des Laurentides. Seul avec le propriétaire, nous causions de choses et autres, lorsque, de fil en aiguille, la conversation tomba sur la retraite pascale qui devait se prêcher pour les Voyageurs à Montréal pendant la Semaine Sainte. Je déposai sur la table une circulaire qui l'annonçait, et je dis à mon homme que le matin même, sur le train venant de Québec, j'en avais distribué une centaine parmi les Voyageurs de Commerce qui s'y trouvaient.
Mais c'est donc vrai ! ,
L'hôtelier me regarda, surpris:
(( Mais c'est donc vrai, s'écria-t-il, qu'il y a du bon monde parmi les Voyageurs de Commerce ? )) (( Certainement, r é p o n d i s-j e, et beaucoup )). Et là-dessus je lui racontai les débuts de l'Association, ses progrès, ses œuvres, le nombre croissant de ses membres, le bonheur de les savoir animés du même zèle, etc. (( Qu'estce qui vous a donc changés comme ça vous autres ? )) — « Les retraites fermées, Monsieur )).— « Les retraites fermées ?)) — (( Oui. C'est le grand secret. C'est une force à laquelle on ne résiste pas facilement. Les conversions abondent. Voici, par exemple, celle d'un homme de Waterloo )). Et alors, mû par je ne sais quelle impulsion intérieure, je lui raconte avec détails l'histoire de ce joueur effréné, qui s'en allait peu à peu à l'abîme, en y entraînant sa famille; comment, un beau jour, entrepris par un Voyageur tenace, il fut emmené, traîné pour ainsi dire à une retraite fermée de la Villa Saint-Martin. Ce fut le coup de la grâce, il ouvrit les yeux, il comprit, il brisa avec sa passion du jeu : le bonheur revint en même temps à son foyer. Mon brave homme m'avait écouté sans m' interrompre, très ému, les larmes coulaient de ses yeux. (( Monsieur, me dit-il, c'est mon histoire que vous venez de raconter, au moins la première partie : je suis
moi-même un enragé au jeu, et Dieu sait les misères que ça me cause et la peine que j'ai faite autour de moi . . . Mais il faut que ça change ! . . . Prenez mon nom pour la prochaine retraite des Voyageurs. Vous me recevrez bien avec vous autres, pas ? ))
Et le Voyageur de conclure : (( Comme on dort bien, après une soirée comme celle-là ! ))