PSEUDO-CHORÉES DU LARYNX ET DU DIAPHRAGME
Des convulsions cloniques peuvent se montrer d’une manière plus ou moins limitée du côté de l’appareil respiratoiœ dent elles troublent le fonctionnement, soit a l expiration, soit à l’inspiration. On les a fréquemment ésignées sous le nom de chorée expiratoire ou chorée du larynx et de chorée inspiratoire, chorée du diaphragme ou hoquet.
1° Chorée du larynx.
Ce nom a été proposé en 1879 par SchrOtter pour
nom^**'/ P“Wiés sous le
nom de toux nerveuse.
Le mot fit rapidement fortune et les larYn..olo»istes (toux et aborements hystériques), à des lésions ner-
yeuses centrales, âux tics convulsifs, à la chorée de Sydenham, etc.
Morell-Mackenzie (1), par exemple, décrit dans la chorée du larynx Tasynergie vocale de Rrishaber et les trémulations des cordes qu’il aurait observées chez certaines personnes nerveuses et faibles de constitution. Schech (2) y comprend l’insuffisance des muscles tenseurs des cordes vocales et Voltolini l’occlusion indépendante et inopportune de la glotte dans le besoin de tousser ! D’autres y font rentrer des cas d’aphonie spasmodique, de crampe fonctionnelle, analogue à celle des écrivains ou des pianistes, survenant à l’occasion de la parole, du chaut, de la toux, du rire, comme on en trouve des exemples dans Fritsche, Osaun (3), etc.
On a aussi donné le nom de chorée du larynx (Blachez) aux troubles qui peuvent se montrer dans la phonation au cours de la chorée de Sydenham (4).
On voit par là à quelle confusion on en est arrivé. Aussi a-t-on critiqué vivement cette expression et si Knight (5) et Holden (6) la conservent encore, ce n’est que pour se conformer à l’usage. Nous préférons, pour notre part, nous ranger à l’opinion de Gottstein qui n’admet ni le nom ni la chose.
Ce nom est en effet des plus malheureux ; dans la plupart des cas auxquels on l’a appliqué, le larynx n’était pris que d’une manière accessoire et c’étaient surtout
(1) Morelle-Mackenzie, Man. of Dis. of the Throat and Nose, vol. I.
(2) Schech, Monatsch. f. Ohrenh., 1883.
(3) Osann, Zur aphonîa spastica, Th. de Würzbourg, 1882.
(4) Blachez, Chorée du larynx, Ac. de Méd., oct. 1883.
(5) Knight, Chorea laryngis (Arch. of laryng., 1883).
(6) E. Holden, N.-Y. Med. Journ., janv. 1885.
les muscles expiratoires qui étaient en jeu, ou bien il s’agissait de phénomènes hystériques ayant déjà des noms(toux, aboiement) qu’il est bien inutile de changer. Lorsque dans les chorées rythmiques, dans la maladie des tics convulsifs ou dans la chorée vulgaire on trouvera des manifestations du côté des muscles de l’abdomen ou des muscles thoraciques, ou lorsque celles-ci se montreront isolément, il sera facile, croyons-nous, de les désigner d’une manière précise sans recourir à un terme dont la signification est douteuse pour tout le monde.
2® Hoquet ou chorée diaphragmatique.
Nous ne croyons pas non plus qu’on doive conserver le hoquet dans le cadre des chorées, et nous entendons ici non pas l’accident passager, mais le trouble persistant pendant des semaines, des mois et même des années. Le hoquet est quelque chose de bien défini, comme la toux, par exemple, et, dans les cas où il persiste longtemps, sa limitation au diaphragme le distingue nettement des chorées qui occupent surtout la face, le cou, les membres et fort peu le tronc. La désignation de chorée diaphragmatique, d’autre part, est mauvaise, puisque Achaintre (1) a montré que les muscles inspirateurs prenaient part au phénomène du hoquet et que Délié (2) a vu qu’il en était de même de la glotte (spasme laryngé). Tout ce qu’on peut dire, c est que parfois le hoquet se montre chez les enfants
(1) Achaintre, Thèse de Paris, 1876.
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dans le cours de la chorée vulgaire, comme différents auteurs, entre autres récemment Délié et Garel (1), en ont rapporté des exemples.