‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 102 sur 111 · HÉMORRHAGIE UTÉRINE · texte numérisé non relu

HÉMORRHAGIE UTÉRINE

aussi, par une sorte d’anomalie, se prolonger au-delà de la cinquante-deuxième, de la cinquante-quatrième, de la soixantième année: on trouve même dans les auteurs des exemples de flux utérins qui ont continué de couler passé cette époque de la vie jusqu’à la centieème ou même cent sixième année : mais alors une évacuation aussi tardive ne üent-elle pas à un vice de la matrice ?

47. La première éruption des menstrues est assez constamment précédée d’un écoulement séreux. Les signes de la rétention du sang dans les vaisseaux bypogastriques sont une douleur plus où moins vive dans les lombes et le bassin , un sentiment de lassitude dans les jambes. Le travail et les efforts laborieux de l’érupuon sont annoncés par des rougeurs, des douleurs de tête, des efflorescences cutanées, surtout à la face. Ces symptômes disparaissent d'abord, mais reviennent plus tôt ou plus tardavec une nouvelle intensité, quel- 2e avec des douleurs de colique, un pouls plus fortet plus fréquent , ou même dicrote (1) ; il s'écoule en même temps par la vulve une sérosiié teinte de sang pur avec un cours plus ou moins rapide ; la durée de cet écoulement est quelquefois de sept à huit jours ,

mais seulement de trois ou de quatre jours lorsqu'il est

plus rapide. Pendant que le sang coule la douleur se calme, ainsi que la tension spasmodique et la congestion de l'utérus; les vaisseaux se resserrent, le sang s'arrête, et 1l succède une sorte de sérosité, avec des signes manifestes de débilité, des yeux caves et envi-

(1) Recherches sur le Pouls par rapport aux crises, par Bordeu.

ronnés d’un cercle livide. Dans une jeune personne

délicate, la première menstruauon est souvent suivie d'un intervalle de quelques mois; et peu à peu s'établit la période menstruelle, composée de sept à huit jours d'écoulement sanguin , etde vingt-deux ou vingttrois jours d'intervalle : tel est le cours ordinaire de la nature pour les personnes saines, sobres, et qui évitent tout excés , soit dans l'exercice du corps, soit dans les

affecuons morales. Mais des écarts du régime et l'oubli

de ses devoirs peuvent hâter ou retarder le retour de :

l'évacuation périodique : les femmes livrées à la volupté et à la bonne chere éprouvent le renouvellement des menstrues à chaque quinzaine; des symptômes semblables aux précédens, des douleurs des lombes ,

des coliques quelquefois intolérables , annoncent la

nouvelle congesuion sanguine et se dissipent avec elle. j | Vi

48. MÉNORRHAGIE (1). Une idée exacte de la ménorrbagie devrait en parue résulter de la nn. son de la quantité de sang menstruel dans l’état de maladie et dans l’état de santé ; mais on est loin de pouvoir partir d’un terme fixe , à cause des variétés qu’on observe dans l'évacuation périodique. Dans l’ancienne Grèce, le sang évacué à chaque période était d’un poids équivalent à vingt onces, suivant Hippocrate ; Freind porte au même poids le sang de la menstruauon en Angleterre ; Fitz Gérald ne l’évalue qu'à quatorze où quinze onces pour l'Espagne. Gorther prétend

FRERE NE. DREAM TEE RETT

(x) Srnonrmie. Menorrhagia, Sauvaces, Linnæus , Vo- GEL; Metrorrhagia , Sacar ; Uteri Hæmorrhagia immoderata , Horrmann. |

HÉMORRHACIE UTÉRINE. 625 qu'il ne s'élève pas au-delà de six onces en Hollande. Halier fait une distinction bien fondée entre les femmes des campagnes et celles des villes en AN émsigner Je sang menstruel, à chaque pénigde, n'est guere porté au-delà d’une once pour les premières, et de six ou huit onces pour les dernieres. Astruc fait balancer cette quantité entre huit et seize onces pour la France. Hunter'se rapproche bien plus d’une juste évaluation , en faisant voir combien est variée la menstruation en: Angleterre suivant la constitution du corps : 1l à remarqué qu’elle était tantôt de six, tantôt de huit onces , d’autres fois d'une once ou de quatre onces ; 1l parle d’une femme qui, pendant tout le cours de sa vie , ne perdait que deux onces de sang en deux jours de temps, en éprouvant des douleursirès-violentes; tandis qu’une autre en perdait depuis vingt jusqu'à trente dans l’espace de six jours, sans éprouver aucune dou eur. En général, dans toutes les: régions de la terre , ne voit-on point des différences très-marquées à cet égard suivant la consutuuon du corps, une vie acüve ou sédentaire et une foule d’autres causes physiques où morales ? |

49. DÉviaTion DES MENSTRUES. On peut lire dans la Physiologie de Haller (tom. VIL) la longue énumération des différentes voies que peut prendre l'écoulement menstruel par une sorte daberration sin gulière et plus ou moins dangereuse : c’est quelquefois par la suture sagittale, par le grand'angle de l'œil , par les narines, les oreilles, les mâchoires , les gencives , les alvéoles des denis, le palais, le conduit de Ja salive ; les poumons deviennent le plus souvent le

siége de cette déviation, certaines fois les mamelles. IT, | 40

Une autre direction est affectée par la nature vers l'abdomien , et marquée par les vomissemens du sang ou par le flux hémorrhoïdal. Les voies urinaires ou l’ombilic ont donné quelquefois lieu à un écoulement sangun en remplacement de celui des menstrues. Différentes parties des tégumens ont été aussi le siége de ces écarts de la nature par une sorte d’exsudation au sommet de la tête, aux lèvres, aux genoux; aux pores des mains, aux carpes , aux doigts, ou bien par des tumeurs au dos ou à l’aîne. Des blessures antérieures dans différentes parties, des scarifications , des ulcères , sont devenus une sorte de routé supplémentaire à l’évacuauion menstruelle ; il en a été de même de certaines veines qui se sont ouvertes d’elles-mêmes, ou qui se sont distendues en formant des tumeurs Va riqueuses, Enfin le sang menstruel dévié a affecté dans certains cas plusieurs routes à-la-fois, la bouclie , les oreilles , les narines ; par exemple, les oreilles , l’ombic, le pouce , ou bien les narines et les voies urinaires. On a vu le sang sorur à-la-fois par les oreilles , les extrémités des doigts de la main et du pied , l’ombiic , l'angle de l'œil, etc. ; et les écoulemens ont offert quelquefois une sorte d’alternative (1 ).

50. Si on demande , dit Haller , pourquoi l’évacuation sexuelle, dans son cours ordinaire , .corrés-

(1) La considération des hémorrhagies utérines n’embrasse pas seulement les anomalies du flux menstruel indépendantes de l'acte de reproduction , elle doit encore s'étendre aux hémorrhagies que peuvent entrainer l’état de grossesse et les couches ; mais comme ce sont des accidens secondaires dont la connaissance est liée à l’histoire de l'accouchement ; et qu’elles ne:sont nullement précédées de cet appareil de mouvemens fébriles qui

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poid plus particulièrement à la révolution du mois solaire, et pourquoi son siége est dans la matrice, on est pas plus obligé de ré pondre à cette question qu'à celle qui serait relative à la durée de la grossesse pendant neuf mois , tandis que cette durée est différente pour d’autres animaux, par exemple, pour la jument, la brebis, etc. Doit-on demander en histoire naturelle la raison pour laquelle quelques plantes fleurissent en avril , d’autres au mois de mai et de juin ? Sait-on pourquoi les cerises mür issent environ quarante jours aprés leur floraison , les PORN an quatrième mois , et les châtaignes au cinquiéme : ? Ne doit-on He suivre la même cle en médecine, et se borner à l’histoire rigoureuse des faits observés , sans perdre le temps dans des explications frivoles ét versatiles ? C’est en voulant tout expliquer qu'on a encombré la médecine de théories vaines et d'hypothéses , ét qu'on s’est écarté sans cesse de la vraie route de l’observaton et de l’expérience.

51. Aménorrnée (1). On ne peut, sans étonnement , voir dans les recueils d'observations la diversité excessive de maladies qui peuvent accompagner les dérangemens de la menstruation. L'auteur d'une Dissertation qui a été soumise à une discussion Don que aux Ecoles de Médecine (2) » à formé six séries

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annoncent les hémorrhagies actives, elles sont entièrement du ressort de lachirurgie.On peut consulter sur cetobjet divers traités sur l'accouchement, et l'ouvrage de Pasta, trad. par M. Alibert, (1) SrNonrure. Amenorrhæa , Voczr ; Dysmenorrhæa , Linnwæus , Sacar ; Menorrhagia difficilis, Sxuvaers. (2) Essai sur l'Aménorrhée ow la suppression du flux menstruel, par Royer-Collard, Paris, 1800.

parüculières de ces maladies, ce qui comprend le COrps enter de la pathologie interne. La première série renferme les affections utérines qui peuvent suivre la suppression des menstrues ; la deuxième comprend les fievres primitives de chaque ordre qui peuvent se combiner avec cette suppression ; les diverses phlegmasies qui se développent par cette même cause forment une troisième série desmaladies ; les déviauons de la menstruation , dont j'ai déjà parlé, donnent lieu à une quatrième série fondée sur les faits les plus répétés et les plus authentiques ; une cinquième série de maladies qui viennent de la même source, et qui sont cependant d'une nature bien différente , sont les névroses ; enfin les maladies cutanées et lymphatiques qui peuvent provenir de la suppression de la menstruation forment la sixième série. Il semble dés-lors qu'il soit unpossible de faire entrer dans un système régulier de connaissances médicales la suppression des menstrues, puisqu'il faudrait faire entrer comme caractères distimctifs de cette espèce les symptômes de toutes les autres maladies, ce qui semble renverser toute idée d’un ordre méthodique ; mais on doit remarquer que si la matrice, par ses rapports syhipay thiques diversifiés avec les autres systèmes de l’économue animale , peut exciter telle ou telle série de SyInptômes, suivant les dispositions de l'individu , ces symptômes appartiennent seulement aux variétés de la consutution , et il suffit , pour caractériser la suppression des menstrues, d'y faire entrer la possibilité de sa combinaison avec telle ou telle maladie particulière et tres-souvent d’une nature différente , qui est un caractère particulier et disincüf de cette sorte de dé-

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