__ PHLEGMASIES CUTANÉES
Elles règnent souvent d’une manière sporadique ; mais plusieurs d’entre elles sont fréquemment épidémiques. Certaines sont aussi évidemment contagieuses, et se propagent par contact médiat ou immédiat. Elles peuvent occuper toute l'étendue de la peau, ou se borner à une de ses régions ; ilen est qui sont pour ainsi dire limitées à certaines parues , et d’autres qui les occupent successivement.
29. Symptômes. Certaines phlegmasies cutanées sont constamment précédées d’un état fébrile ; quelques autres ne le sont que dans quelques circonstances, et d’autres dans aucun cas. Ce mouvement fébrile dure ordinairement deux à trois jours; 1l cesse ou non à l'époque de l’invasion dessymptômes del’inflammation, qui se fait souvent dans un ordre régulier. Ceux-ci consistentquelquefois dans la rubéfaction d’une étendue assez considérable de la peau , et d’autres fois 1ls ont
la forme de taches, de boutons ou de Re La
tuméfaction est plus ou moins grande ; ugeur est d'une nuance variée et la pression la fait ordinairement disparaître ; la douleur est prurigineuse, et la chaleur acre et brülante.
50. Des organes intérieurs participent assez fréquemment à l’état inflammatoire de la peau ; certain phlegmasies cutanées se prolongent même plus ou moins sur les membranes muqueuses les plus extérieures , et leur communiquent des caractères inflammatoires particuliers. La durée des phlegmasies cutanées est fixe dans les unes et indéterminée dans les autres ; elle est tantôt aiguë et tantôt chronique. ULg marche est ordinairement conunue# elles peuvent néanmoins s'arrêter pendant un temps plus ou moins
L VARIOLE. ee | 29 long. Elles se terminent en général par desquamation ; . quelques-unes passent à l’état de y lp à elles se terminent alors par dessiccation , passent à l’état d’ulcération, ou se prolongent d’une manitre indéfinie. La gangrène peut aussi leur succéder , surtout lorsqu'elles sont compliquées avec des fièvres adÿnamiques où ataxiques. C’est dans des cas analogues qu'on observe quelquefois leur métastase ou leur délitescence.
31. On remarque certaines phlegmasies de la peau qui n'ont lieu qu'une seule fois dans la vie ; d’autres ont une tendance extrême aux récidives.
52. Ces maladies peuvent être simples, ou compli- : quées avec des fièvres inflammatoires , bilieuses, muqueuses ; adynamiques et ataxiques. On voit aussi quelquefois plusieurs phlegmasies de la peau se manifester en même temps et poursuivre leur marche s’en s’entraver mutuellement ; d’autres fois cependant l’une suspènd son cours jusqu’à ce que l’autre soit terminée, et ne le reprend qu'après cetie époque. é
FARIOLE (1).
$ 1°. Considérations généi ales.
33. Il est sans doute facile, à l’aide de ia inter prétation oblique, ou de quelque terme équivoque : de faire remonter n connaissance de la variole jusqu aux Den temps de la médecine antique ; mais si l’on veut être sévère dans ses jugemens, on finit par convenir que cette maladie n’était point connue avant
(1) SYNONrmIE. Variola, Sauvaces, Bognnaave; Febris variolosa ; Horrmann, VoceL ; Petite-Vérole.
+ 30 PHLECMASIES CUTANÉES.
Rhazés et Avicenne , et que la descripuon que ces médecins arabes en ont donnée approche , pour lexactitude , de celle de l’illustre Sydenham, qui a eu d’ailleurs avantage de décrire , avec un grand talent, la marche de certaines épidémies de la variole soit régulières, soit anomales. Que de traités particuliers ont paru sur cette maladie depuis cette époque ! que de descriptions d’épidémnes de cette nature, soit dans les recueils d'observations , soit dans les ouvrages pério-
diques !
S IL. Description générale de la F'ariole.
54. Prédispositions et causes occasionnelles. La variole n’épargne aucun sexe et aucun âge, sans même en excepter le fœtus. Elle survient dans toutes les saisons et dans tous les climats; mais elle n'affecte qu'une fois le même individu. On la voit quelquefois régner sporadiquement ; le plus souvent cependant elle est épidémique. Cest au printemps qu’elle commence ordinairement à exercer ses ravages ; elle règne ainsi pendant l'été et l'automne, et disparaît pendant l'hiver. | 1! s'écoule quelquefois beaucoup d'années avant que les épidémies varioleuses reparaissent dans le même lieu ; tandis que, d’autres fois, elles sévissent pendant plusieurs années de suite. Cette maladie est contagieuse; elle se communique par contact immédiat et médiat ; sa contagion s'étend à quelque distance dans latmosphère et suit la direction des vents. Le caractère contagieux se développe surtout à l’époque de la suppurauon , etil se conserve jusqu'apres la dessiccation. Il ne paraît éprouver aucune modification de la part de l’in-
dividu; car le pus d'une variole confluente peut en communiquer une qui soit discrète , et vice vers. 35. Sympiômes de la variole discrète. L’invasion de la variole discrète et bénigne est marquée, en général , par des horripilations vagues, suivies de la fréquence du pouls, d’une chaleur vive, de lassitudes spontanées, de céphalalgie , de nausées , de douleurs à l'épigastre , au dos et aux lombes, d’une disposition singulière à la sueur , surtout dans l'âge adulte, et d’un état d’assoupissement dans l'enfance, quelquefois même de convulsions dans ce dernier cas. L’érupüon a heu ordinairement vers la fin du troisième ou du quatrième jour : il paraît d’abord de petits poinis rouges autour des lèvres, qui s'étendent, en suivant une progression rapide , au menton, à la face , aux bras et au reste du «corps. Cette ÉcRRUON se fait Etape dans vingtquatre heures : c’est alors que disparaissent les autres symptômes fébriles, pour reparaître à l’époque de la suppuration, c’est-à-dire vers le septième jour , à dater de celui de l’érupüon. Les intervalles des pustules rougissent alors et s'élèvent , en produisant une. dou-
° ds Cane leur aiguë. Les pustules de la face , qui étaient rouges,
commencent à blanchir, en même temps qu'un cercle de couleur rose ou une aréole les environne. La sérosité qu’elles contiennent s’épaissit et prend une sie jaunâtre, ou plutôt se convertit en une sorte de matièr ë purulente. Il survient un gonflement général de la peau , qui est surtout sensible successivement à la face et aux mains ; quelquefois ce gonflement est si considérable aux paupières, que les malades ne peuvent voir la lumière, sans qu’il en résulte néanmoins aucun accident. La suppuration se termine dans trois jours ,
# ® 52 PHLEGMASIES CUTANÉES.
et fait plice au dessèéchement des pustules. À cette époqué cessent les symptômes en ainsi que la tuméfaction’ de la face. Les pus es qui avaient Y cn « ‘les premières , ‘étant parvénues à leur maturité , tombent en croûtes , et toute là maladié finit vers le qua-
torzieme jour. Îl succède aux püstules de la en ec cailles furfuracées qui exhalent une odeur paruculiere, et qui laissent dans la peau dés’ i ihpressions plus” ou moins profondes. | 36. Symptômes de la variole Confluente. Quelques ressemblances générales qu'ôffrent la var iolé discré ète ‘qui vient d'être déérire et la vatiole confluent, que de différences semblent les séparer! Au lieu de la marche régulière et‘de la succession ExACtE et progréssive qu ’on obéufte dans les divers stades dela premiére. , quel lle “confusion désordonnée ne règne point dans ceux de la seconde ; et que de symptômes accéssoires ne vien nent point encore troubler cet ordré ! ! Dans celle-ci , l'éruption prématurée des boutons né semble-t-elle pas empiéter sur l’époque dé l'invasion , et celle de. la suppurationd des pustules né se confond-elle pas avec leur desséchement, pendant que l'une et l’autre se prolongent bien je As du ‘terme de là variole discrête? Mas il importe d'indiquer plus parüculièrent la marche de la variole qui doit proprement porter le nom de confluente. Les symptômes de linvasion , comme la céphalalste , la douleur des lombes, la fièvre , les vomissemens , les AnxIÉLÉS" , ete. , sont pertes au plus haut point, quoique 1] Y ait, en général, moins de disposition à la sueur. Lesboutons , lors de l'éruptuon, sont beaucoup plus nombreux et plus rapprochés ; où sil survient des érupuons parüicu-
1 VAR LO LE © | 33 lières ; les sytapÜémes « de-Pinvasion durent encore ; et sont portés au plus haut degré de violence. Les pustules ne s'élèvent pas beaucoup au-dessus du niveau de la peau, sont d’un petit volume, et semblent se confondre toutes , par leur rapprochement , en une vésicule rouge qui couvre tout le visage ; ou plutôt elles forment une sorte de pellicule commune agglutinée à la face. Vers le huitième jour , cette:ag be rauon de pustules finit par n'être plus qu'une pellicule blanche, qui devient de jour en jour plus äpre au toucher ,-avec une teinte-brunâtre , et un sentiment de distension et de douleur ; cet état augmente de Jour en jour, jusqu'à ce qu'enfin cette péllicule se détache en lambeaux plus ou moins étendus ; ce qui peut arriver à une époque plus ou moins retardée , comme au quinzième ») Vingüème, vingt-cinquième jour par l'adhésion intime de cette sorte d'incrustation plus ou moins épaisse, surtout à la face. Après $a chute, il se forme encore des écailles furfuracées., laissant au-dessous d'elles des empreintes ou des creux plus ou moins marqués, et quelquefois même des cicatrices qui défigurent les traits: Ceci prouve que , dans la variole confluenté , le corps de la peau peut être autant, et que le mal ne se borne point au üssu réüculaire comme dans Ja variole discrete. Deux autres symptômes trés-ordinaires à la variole confluente sont la diarrhée pour les enfans , et la salivation pour les adultes. Le ptyalisme arrive quelquefois à l'époque de l’érupüon , ou bien un ou deux jours aprés. La mauêre de.,cet écoulement devient beaucoup plus visqueuse vers le onzième jour ; on la rend alors avec une grande difficulté , et le malade se sent même
ii. | 3
34 PHLEGMASIES CÜTANÉES.
comme suffoqué si, à cette époque , elle n'est remplacée par l’intumescence dela face et des mains, ou par des déjeeuons , des sucurs, ou une urine copieuse. Dans certains cas extrêmes , on voit alors survenir une grande difficulté de respirér ; un ton de voix ratique , un état de stüpeur, le coma , dés convulsions , ou d'autres affections du plus funeste présage. On doit enfin placer au rang dés'symptômes aécidentels de Ja varioke éonfluenté ; là péripneumome, la pléurésie, l’ophthalmie , le délire, lhématurie ; et, suivant Ja complication de éet ékanthème avec la fièvre
adynarique , la prostration dés forces, dés hémorrha-
ses, l’angine suflocante , des points gangreneux , soit à la face , soit dans d’autres parties du corps, etc.
57. Accidens de la variole. Ge n’est point sans rai= son que, ver$ le milieu du siècle dernier, on'a surtout imsisté sur dés avañitages de l’imoculation. de la petitevérole, én mméttant en opposition le tableau effrayant . des acéideris nombreux et des symptômes graves qui accompagnent top souvent la variole naturelle dans ses diverses périodes. Durant l'incubation ou l'invasion , un sommeil agité , ‘des efforts répétés de vomissement , une céphalalgie violente, le délire ,| des douleurs intenses dans les lombes, des simulacrés vagues de goutte, de coliqne néphréuique, de pleurésie , des mouvemens convulsifs des membres , la prostration des forces. Durant l'éruption , une urine mélée de sang ; l'hémoptysie, l'épistaxis , des pétéchies , la gangrene , dés inflammiations internes ,. des catarrhes suffocans, des soubresauts des tendons, un état apoplectique. Durant la suspuration , une fièvre trèsvive, des pustules séreusés , livides ou noirâtres
Fe.
VARIOLE, 85 avec écoulement d’une matière sanieuse ; des mou yemens convulsifs, la péripneumonie , le croup , des aphthes, des syncopes, la prostration des forces ; une odeur des plus fétides, quelquefois la tension et une sorte de météorisme de l'abdomen , une dysurie , une érupüon de taches noirâtres, diverses hémorrhagies, un ptyalisme des, plus copieux , une affection comateuse. Durant la desquamation » quelquefois. une céphalalgie viye, des veilles opinitres , le délire ; ce. qui se termine quelquefois, par. une attaque , d’'apoplexie, d’autres fois un érysipèle à la jambe ou au pied, avec tendance à la gangrène. Il succède aussi quelquefois, à cette période, une sorte de fièvre lente avec la formation successive de diverses tumeurs phlesmoneuses aux bras , aux aruculations, aux mains , aux pieds , ce qui entraîne des ulceres rongeans, fistuleux, quelquefois avec carie des: os, un état de dépérissement et de consomption. Une expérience multipliée a appris aussi que des enfans ou adultes , dont la variole avait été traitée par des médicamens ou un régume échauffant , tombent , a rés le cours ordinaire de la variole , dans l'amaigrissement , la phthisie , éprouvent des vices de l’organe de la vue, la cécité , des ophthalmies incurables , ou des cicatrices du visage propres à défigurer les traits les plus réguliers. J'elles sont les affecuons incidentes qui, dans les diverses périodes de la variole naturelle , peuvent troubler sa marche , ou produire un autre ordre de symptômes les plus graves.
56 pPHLEGMASIES CUTANÉES.
ment'de ces accidens , qui semblent imprimer un c&ractère étranger à la variole naturelle. La sensibilité extrême de l’âge , sa disposition aux contractions Spas—odiques pour les causes les plus lécères , l'embarras dés premières voies , la difficulté de s'assurer de leur état de santé, et de les soumettre aux règles du régime , leur tendance naturéllé à contracter d’autres affections de la peau, des glandes , unie sorte d'irritation ‘détermmée plus: particulièrement vers la iête par l& dentiion , une éruption prochame de pustules et de crotites à la face où à la partie chevelue : que de causés propres à exaspérer les symptômes de la variole ! Dans l’iâge adulté , que de circonstances peuvent: contribuer à amener des dangers d'un autre géñre! Ja peau peu souple et peu perméable , des excès dans le boire ‘et le manger, lépuisement qui naît d’un usage immodéré des plaisirs de l'amour, un état valétudinairé, une débilité naturelle de certains organes , des maladies aiguës ou chroniques qui ont précédé. La crainte du danger que fait naître l'idée seule de la variole, surtout dans un âge plus où moms avancé , forme toujours des chances très-peu favorables , pour ne pas dire très-contraires , en amenant des complications dont l’homme le plus expérimenté ne peut prévoir les suites. Le danger s'accroît encore pour, les personnes d’un autre sexe , très-faciles à s’affecter et à éprouver les émotions les plus vives et les plus profondes , soit par la crainte de perdre des grâces naturelles et une beauté fragile , soit par le noir présage d’un danger imminent pour la vie. Comment , d’ailleurs, se dissimuler les funestes accidens d’une variole survenue durant la grossesse ou à l’époque
VARIOLE. Bu 57 d’une fausse-couche, soit à cause d’une hémorrhagie copieuse et d’une syncope mortelle qui peut succéder, soit par des inflammations internes que peut alors provoquer la variole , dont la marche est intervertie ou troublée? Dans l’'énumération des causes contraires au développement et au libre cours de la variole naturelle , dois-je omettre les vicissitudes des saisons et leur variabilité du froid au chaud , de la sécheresse à humidité; ce qui peut contribuer si puissamment à troubler. les sécrétions et la transpiration, à mettre un obstacle à l’éruption cutanée , ou à donner un nouveau degré d'intensité aux symptômes ? L'histoire simple des épidémies varioleuses qui ont tour-à-tour dévasté des villes ou des contrées entières , dans presque toutes les parties du monde , atteste assez tout ce qu'on peut attendre de funeste d’une complication de cette maladie avec quelques-unes des fiévres ou des phlegmasies les plus dangereuses , et suffit pour autoriser l’empressement de tous les hommes éclairés à adopter des méthodes que l’expérience seule a montrées comme propres à préserver de ces événemens malheureux. |
$ III. Traitement de la l’ariole.
59. Tous les bons observateurs se sont toujours accordés pour donner de justes éloges à Sydenham , qui, en marchant sur les traces des anciens dans la descripton des maladies , s’est surtout appliqué à bien connaître Ja. marche de la variole , et s’est opposé avec force à l'usage généralement adopté, dans cette maladie , duségime et des remèdes échauffans ; exem-
38 PHLEGMASIFS CUTANÉES.
ple qui a été ensuite suivi avec succès par tous les médecins éclairés. Maïs Boerhaave remarque avec raison ( Van-Swiéten, Comm.in Aph., tom. V) que ce précepte général est loin de ne point admettre nc: « sal et il cherche même à conciher , sur ee point, l'opposition qui paraît exister entre hui es et Morton , en fappétant que .le premier avait traité la variole accompagnéee de symptômes inflammatoires plus ou moins intenses , et que Morton , au contraire , dirigeait des varioleux qui éprouvaient un grând abatiement , ét qui, par conséquent , avaient besoin d’être traités par les toniques. Le médecm prudent doit donc faire atténtion aux symptômes accessoires ou aux diverses complications de la variole qui se manifestent , soit ati. commencement , soit durant son cours. Il restera quelquefois simple spectateur , en dirigeant le régime , lorsque la variole ést bénigne , et qu'elle parcourt avec régularité ses périodes ; mais 1] cherchera, dans d’autres circonstances, à calmer lintensité des symptômes ‘par des boissons délayantes, aciduléés où nitrées, où par le renouvellement de l'air ; il aura même recours, dans eértains cas , à la saignée et à tous les moyens les plus propres à calmer l'effervescence fébrile. [l'est facile de voir que la variole confluente, par sa corñplication la peus ordinare avec la fievre synaniqe ; ne" un régime et des remeédés d’une autre nature ; qu il faut avoir re cours 4ux Stimulans et aux toniques ; + TARPEUATON des vésicatoïres , soït aux jambes, Soit x k nuque , à la prescription di. vin de Ps Leger ; ét'aux toniques les -plus décidés , ‘et tels qu'on les Ppreserit flans Îles ficvrés adynamniques et ataxiqties. On'ne doit pot, d ailleurs,
YARIODE. L 59 se dissimuler tous les dangers qu'entraînent certaines épidémies: de variole décrites par les divers auteurs, et la difficulté de remédier à certains symptômes accessoires et donunans qui la rendent si funeste. On voit des exemples d’une conduite sage et éclairée tenue dans de pareilles circonstances, dans les Commentaires des Aphorismes de PBoerhaave , par Van-Swiéten ; dans le Recueil de la Société de Medecine de Copenhague , tom. IT ( Eichel , Epistola de Variolis); dans la Bibliothèque Germanique , 1799 ( Remarques sur la Petite-Vérole naturelle et inoculée , etc. , par G. Hufeland); enfin dans une foule d’autres écrits périodiques. Pourquoi a-t-on encore à déplorer la mortalité d’une semblable maladie , ‘après que l’expérience la plus répétée et la plus authentique a indiqué successivement son inoculation et la vaccine ?
40. Inoculation de la variole. Jene w’étendrai point ici sur l’origine , les progrès de l’inoculation de la variole , ainsi que sur les obstacles qu'on lui a opposés , puisque ces objets ont été décrits dans une foule de traités , et qu'on peut en prendre une connaissance précise dans le dernier ouvrage qui a été publié par Dezoteux et M. Valenün ( Traité hist. et prat. de l'Inocul. , etc. Paris, an 1800. } Je ne puis que renvoyer au même traité pour l'histoire des périodes successives de la variole inoculée ; d'autant plus que, si on en excepte la première ; qui tient à l’érupuon locale ; les autres se rapportent entièrement à celles de la variole discrète. Les:symptômes de cette éruption , qu’on a appelée aussi période de l'infection primitive, sont relatifs à la partie moculée ; qui re manifeste aueun changement le premier jour de l'opération. Le
40 PHLEGMASIES CUTANÉES.
deuxième jour , si on examine cette partie avec une forte loupe , on y remarque ordinairement une petite tache d’un rouge orangé , semblable à une piqüre de puce. Le troisième jour , la tache augmente de largeur, et acquiert quelquefois celle d’une lentille. Cette tache devient dans la suite un bouton varioleux qui s'élève , s’enflamme et suppure. Le quatrième jour , la personne éprouve un picotement incommode sur la parue , qui paraît légèrement enflammée. On sent une très-petite dureté lenticulaire qui, examimée à la loupe, paraît être une espèce de vessie remphe d’une petite quantité de liqueur claire et séreuse. Ces changemenñs $ont encore plus sensibles le cinquième jour. La personne inoculée éprouve, le sixième jour , une roideur sous l’aisselle,, avec une douleur obtuse, qui devient plus forte en rémuant le bras. En exannnant la piqüre ce jour même , on découvre que la tache rouge blanchit à son cenire, qui paraît enfoncé ; sa circonférence s’enflamme et s'étend davantage, et le tout forme un noyau phlegmoncux. Le septième jour ; ces différens signes sont encore plus sensibles , et c'est ordinairement à la fin de ce jour que se manifestent les symptômes de la fièvre d’invasion , ou la deuxième période , sur laquelle il est inutile de revemir, puisqu'elle est analogue à la première période de la variole discrète, On peut voir d’ailleurs, dans le traité déjà cité , les variétés owirrégularités qui se manifestént dans le cours de la petite-vérole inoculée. Les auteurs ont inséré, à'la suite de cet ouvrage, l’histoire del’inoculation qui fut pratiquée dans Fhospice de Ja Salpétrière, Van 1 799; pour servir d'instruction aux élèves de l'Ecole de Médecine , «et 'que je dirigeai de
VARIOLE. | 4x concert avec le professeur Leroux, nommé par la même école commissaire pour cet objet.
41. Que de savantes puérilités dans toutes ces mé= thodes préparatoires ou ces formules mystérieuses qu’on croit propres à assurer le succès de l’inoculation dans la petite-vérole ! Pilules, poudres diverses , lqueurs éthérées , quel heureux “ahglides pour obtenir de la réputauon et de la vogue ! Camper, inoculateur hollandais, a eu le courage d’opposer à ce charlatanisme un Mémoire (1) où brillent la .candeur et les principes sains et lumineux que l'opmion publique ose à peine accorder à la médecine. « Je » n'ai, ajoute-t-il, jamais fatigué mes malades par »-ce traitement préliminaire , et tous ont éprouvé » la petite-vérole sans aucun accident sinistre : les » médecins qui ont suivi mes avis ont eu les mêmes » succes. » J'avais pratiqué l’inoculation à la Salpètrière , suivant différentes méthodes , l’année qui précéda mes lecons cliniques. Les enfans attaqués de la petite-vérole naturelle étaient réunis dans la même salle pour servir de terme de comparaison. Je vais Joindre ici quelques résultats généraux de cette inoculation dirigée d’après les mêmes principes que celles dont l’histoire a été publiée. On choisissait des enfans à inoculer depuis trois jusqu'à six ans , avec tous les signes extérieurs de la santé. Les inoculations furent pratiquées au nombre de soixante-trois; quinze sont été sans succés , c'est-à-dire sans éruption n1 mouvement fébrile sensible , peut-être parce qu'ils avaient
(r) P. Camper, Dissertatio de emolumentis et optimä methodo insitionis variolarum... Gronimgæ,
42 PHLICMASIES CUTANÉES.
eu la petite-vérole en nourrice, ce qu’on n'a pu vérifier. La petite-vérolé , dans bé autres quarante-huit enfans , a été trés-bénigne , et n’a été suivie d’aucun accident. Dix-sopi avaient été inoculés par vésicatoire, dustéree par piqüre » quatre par l'insertion d’un fil imprégné de virus entre l'index et le peut doigt; treize ont contracté la petite-vérole par contagion dans la salle ; et comme ces enfans y étaient entrés bien portans , la petite-vérole a été aussi réguhère que si elle avait été contractée par piqûre. Tous ont été nourris avec des substances saines , prises en grande partie du régne végétal. Leur instinct naturel pour garder le Hit et faire diéte durant la fièvre d'éruption a servi seul de guide : on ne les assujettissait à aucun régime exclu sif ; 1ls avaient liberté entière de se promener à l'air libre ; mais on ne leur défendait pas de s'approcher du poële si c'était leur plaisir. A prés la chute des pustules , je prescrivis quelquefois un léger laxatif, d’autres fois point du tout ; mais, en général, un ou deux bains pour déterger la peau et la rendre perméable, En un mot, 1l ne faut rien ouirer et suivre en tout la nature , dont la marche est si souvent réguliére et simple.
42. Traitement préservatif. Vacaxe. Il est difficile de citer nne découverte en médecine dans laquelle on aït procédé avec autant d’ordre , de méthode et d'impartialrté qu'à l'égard de la vaccine.* Je renvoie , pour son origine , son histoire et ses progres, aux ouvrages de Jenner , de Simons, Péarson , Woodwiile , Odier , Aubert, Husson, etc.; mais je ne pus omettre Îles traits caractéristiques de sa marche , pris du apport du Comité central de vaccine, et du
VARIOLE. 45 Traité sur le même objet, par H. M. Husson. La piqüre faite par la lancette, pour imoculer la vaccine, n'offre guëre de changement remarquable qu’à la fin du troisième jour , ou dans le cours du quatrième ; à cette époque , on sent distinctement , au toucher, une légère dureté dans le tissu de la peau qui forme le bord de la petite cicatrice; on peut apercevoir, à l'œil nu, une teinte d’un rouge clair, et de l’élévauon. Le cmquième jour , la cieatricule paraît se coller sur le corps de la peau ; l'élévation, sensible la veille, prend une apparence ciréulare ; une couleur plus rouge enveloppe la cicatricule , et le vacciné commence à senür quelques démangeaisons. Le sixième jour, la teinte rouge s'éclaireit, le bourrelet, ou l'élévation circulaire, s'élargit et augmente, cé qui fait paraître la cicatricule plus déprimée : un cercle rouge, d’une demiligne de diamètre, circonscerit alors le bouton. Le sepüëème jour, le bourrelet circulaire prend un aspect argenté , la teinte rouge claire qui le colorait s'enfonce dans la dépression centrale. Le huitième jour, le bourrelet s’'élargit , la matière sécrétée en plus grande quantité soulève ses bords, qui deviennent tendus , gonflés et d’un blanc grisâtre. Le cercle rouge très-étroit qui, jusqu'a celte époque, a circonscrit le bouton , paraît prendre une couleur moins vive ; il semble s’étendre comme par irradiation dans le üssu cellulaire voisin. Le neuvième jour, tout cet appareil prend un plus grand degré d’intensné ; le bourrelet vésiculaire est plus large , plus élevé et plus rempli de matière. Le dixième jour , l’aréole dévient plus large , et acquiert quelquefois le diamètre d’un à deux pouces. La peau qui couvre laréole s’'épaissit ; on dirait qu'un
44 PHLEGMASIES CUTANÉES.
érysipele phlegmoneux occupe toute la poruon de la peau qui en est le siége. À cette époque , le vacciné éprouve quelquefois une douleur dans les glandes axillures, et le plus ordinairement un mouvement fébrile marqué par des bäüllemens , la pâleur et la rougeur alternatives de la face , et l'accélération du pouls. C'est vers le onzième que semble se terminer la période inflammatoire. Sion pique le bouton , on voit sorur une gouttelette très-limpide , bientôt remplacée par une autre ; jamais 1l ne se vide d’une mamière complète, ce qui indique que le vaccin est bon à prendre pour vacciner. Le douzième jour , la dépression centrale commence à se dessécher et prend l'apparence d'une croûte ; la liqueur contenue dans le bourrelet vésiculaire , jusqu'alors limpide et donnant à ce bourrelet une teinte argentée, se trouble. Le treizième jour , la dessiccation fait des progrès , en marchant du centre à la circonférence ; le bourrelet vésiculaire jaunit, se rétrécit à mesure que la dessiccation s'opère au centre. Enfin, du quatorzième au vingt - troisième jour, la croûte solide, dure, prend une couleur plus foncée , et conserve presque toujours , au centre, la dépression que lon a remarquée lors de la formauon du bouton. Telle est la marche la plus ordinaire de la vaccine vraie , soumise quelquefois à de légères variétés, mais sans différences fondamentales.
43. M. Husson a vacciné un trés-grand nombre d'enfans dans la première quinzaine de leur existence , etil aobservé que la vaccine prend sur eux avec beaucoup de difficulté : leur peau , alors spongieuse , mollasse, pulpeuse , ne permet pas encore l'absorption, ou la permet trés-peu. L'âge favorable pour vacciner
VARIOLE. ie est de deux à trois mois. Jamais il n’a vu la vacciné influer d’une manière désavantageuse sur la dentition ; souvent , au contraire ; les dents ont paru pén= dant le cours de la vaecine. [l'a inoculé sur des tumeurs scrophuleuses , dont le volume a sensiblement diminué à la suite de Tinflammation topique qui en était résultée. Il à vu , dans plusieurs maladies de langueur’, imprimer à l'économie animale un-mouz vement salutaire. Il paraît certain "d’après son expérience , et d’après l’aveu de plusieurs de nos corres— pondans du Comité, que la coqueluche a pris souvent; pendant le cours de la vaccination, un caractère de bénignité qu'on n’a pu attribuer aux remèdes , qui alors avaient été suspendus. La: méthode des piqüres superficielles ou des mouchetures , est préférable pour vacciner : elle réussit presque toujours ; ét n’expose à aucun inconvémient. On a vu des ulcères gangreneux survenir à la vaccination faite par le vésicatoire. Le vaccin est bon à imoculer depuis l’instant où le bouton s'argente jusqu’à celui où l’aréole commence à s'élargir : alors il est visqueux, filant. Lorsque laréole est trés-vive , il commence à devenir agueux , et cesse d'être reproductif. Il est préférable d’inoculer de bras à bras. Pour conserver le vaccin et l'envoyer à des distances éloignées , on le dépose entre deux plaques de vérre , où mieux :0n l’aspire dans un tube capillaire dont on bouche les deux extrémités avec de la cire ; on le maintient à l'abri du contact de la lumière , ainsi qu'à l'abri de l'humidité et des changemens subits de la température. Pour se servir du vaccin desséché , on le délaye sur une plaque de verre, et on l’inocule ensuite. Le développement de la vaccine et sa marche
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sont plus rapides pendant les chaleurs qu’en hiver. Le Comité et d’autres médecins ont tenté les deux genres d'expériences que l'art pouvait sitreprendre:: : limoculation de la peute-vérole sur les vaccinés , et leur cobabitation avec des varioleux : ils ont toujours été inaccessibles à la contagion. La nature. a fait un troisième genre d'épreuye ; car les épidémies varioleuses ont épargné tous les vaccinés. On a vu, dans ces épidémies, quelques enfans précédemment, vaccinés avoir la fièvre , des nausées , et ne point présenter d’érupüon : c'est là variokæ sine variolis de Sydenban ; $ avantage immense que Boerhaave semble avoir pressenti.
44. Mongenot a fait un tableau conapatatif de la marche de la petite-vérole inoculée et de la vaccine (1) ; il donne aussi*les exemples les plus multiphés de vaccines simples avec un travail réguler ; de vaccines trés-prononcées avec une fièvre vive , d’autres dont l'effet a été nul , de fausses vaccines, et de boutons surnuméraires étrangers aux piqüres. [ fait connaître , en outre , les cas particuliers où 1l est survenu des ulcérations assez profondes , des boutons, des phlyctéènes aux bourrelets et autres anomalies singulières. On lit dans le même ouvrage d’autres exemples d’une marche simultanée de fausse et de vraie vaccine , de vaccinations douteuses , et enfin d'éruptions qui ont lieu pendant le cours de la vacemation.
45. Fausse vaccine. Mas linoculation du vaccin ne donne pas toujours heu à la vraie vaccine ; 1l en ré-
(1) De la Vaccine considérée comme antidote de la Petite - Vérole , avec un tableau de vaccingtion ; etc, Paris, 1802,
VARIO LE: 47 sulie quelquefois une éruption dont la marche est parucuhère, et qui n’est pas susceptible de préserver de la variole ::on la désigne sous le nom de fausse vac- R cine. M. Husson en établit deux variétés : l’une est celle qui se développe fréquemment sur un individu qui a déjà eu la variole; l’autre est le produit d’un irritant physique sur un individu non variolé qu'on a vaccimé. Ces deux variétés sont distinctes dans leur marche, dans leur aspect. H est t'ès-important de les connaître, parce que la premiére se reproduit sans pré= server de la variole, et qu'on est exposé souvent à eccäsionner la seconde Jorsque le- vaccin: est envoyé à dés médecins qui veulent naturaliser la vaccine dans les pays qu'ils babitent.
.-46. 1° Variété de la fause vaocine. Dès le premier, quelquefois le.deuxième , au plus tard le troisième jour, la piqüre s’enflamme. Il se forme tout. de suite une vésicule ordinairement irrégulière , quelquefois pointue ; mais le plus souvent ronde,, <omme dans là vraie vaccine; ses bords sont aplaüs jinégaux:; ils ne sont pas gonflés par la mauère qui 1omjours est peu abondante, d’un jaune limpide, etdonnant cette teinte à Ja vésicule. L’aréole n'existe pas constaniment ; elle estquelquefois aussi vive , rarement aussi étendue que celle de la vraie vaccine ; ‘elle dure tout aussi longtefnps, mais paraîtde meilleure heure. Pendant tout ce travail onéprouve une démangeaison insupportable: les aisselles sont douloureuses, ‘les glandes :axillaires peuvent s'engorger; il n’est pas rare que le malade ait mal à la tête ou quelques accés irréguliers de fièvte, La croûte , toute formée le septième ou Je huitiéme jour , ne-tombe pas plus tôt que cellé de ja vraie vaez
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cine ; elle présente quelquefois le même aspect, avec cette seule différence qu’elle est moins large; moins épaisse , qu’elle ne laisse pas de cicatrice , mais seulement une tache à la peau. La période TENTE est très-rapide , et la dessiccation l’est encore davan- tage. On ne peut pas donner à ce bouton le nom de tumeur , carala y a point de gonflement dans les chars qui l’environnent.; ‘il n’y a point cette induration circonscrite qui fait la-base de la tumeur de la vaccine. S'il ya de la tension autour de la é elle est D RS étisuperficællez: le2 50 HE 39 494 ; £ para Variétide la fausse vaccine. Dès le jour même ou dès le lendemain: de la vaccination; on aperçoit une élévation de la portion d’ épidérme qui recouvre Je filet et le vaccin , une rougeur vive sur cette partie, et un suintement anlisot aux lèvres de la plaie. Le deuxième jour , la rougeuf est beaucoup dimmuée ; la portion d’épiderme est blanche, plus saillante que la vaille , et on voit constamment une légère rougeur dans le -üssu cellulaire qui circonscrit la petite plaie. Du deuxième au troisième jour; sa: portion d'épiderme convertie en bouton par la suppuration: est élevée en pointe, et laisse suinter un pus opaque, jaunâtre auquel succède une croûte jaune , mollasse , plate, qui tomibe le cinquième où sixième jour, 8 renouvelle fréquemment , et ‘est: suivie quelqup#o d'un ulcére profond diflicile à guérir. Mais il reste à cette époque une rougeur irrégulière , assez intense , accompagnée de dureté dans le tissu cellulare voisin ; un léger gonflement de la peau, et le cercle. rougé qui s’accroit d’abord sensiblement, puis finit par dis= paraître ; sans laisser sur la peau les petites écailles
VARIOLE. 49 que l’on. rencontre dans la: vraie vaccine Varéole:;, quand elle est dissipée.
:. 48. Cetie seconde variéié , bien distincte de la pré cédente par sa marche, ses apparences extérieures et ses causes , est aussi plus facile à reconnaître. Les ob-
servations qui'en constatent l’existence sont aujour- d'hur: très-nombreuses ; on est méme
à la place de
, à cet égard , parvenu à un tel degré de connaissance > qu'on peut à volonté la produire, si on met en action ue des six causes suivantes : 1°. l'usage de lancettes oxydées par le vaccin ; 2°. l’inoculation par les fils; 3°. l'emploi du fluide vaccin trop avancé et parvenu à l’état purulent; 4°. celui de la matière confiée aux verres sans avoir été suffisamment délayée ; 5, l'usage. d’un instument mal eflilé, peu pointu ; 6°. enfin les incisions profondes. : |
: Après douze ans d'expériences faites dans tous les pays civilisés, depuis la découverte de la vaccine , la Classe des Sciences physiques et mathématiques de l'institut (1) a pensé qu'il était utile de rassembler les résultats de l’obseryation sur un objet si impor- - tant pour l'humanité, Un autre motif rendait ce traval nécessaire : des objecuôns et des doutes avaient été élevés par des hommes instruits, dont le témoignage était fait pour avoir de l'influence sur l'opinion publique. On à même été jusqu'à mettre en quesüon si l'inoculation de la’ petite-vérole , considérée. comme préservatif, et, dans quelques cas , comme remède de diverses maladies , n’était pas encore préon ji
(1) Analyse des travaux de La Crassedes Sciences physiques et mathématiques , pendant l'année 1812.