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férable à celle de la vaccine, ou ne méritait pas au moins d'être conservée conjointement avec elle.
MM. Berihollet, Percy et Hallé, commissaires , se sont occupés des recherches.nécessaires pour sausfairé aux intentions de la Compagnie , et ont présenté, par l'organe de M. Hallé, un rapport étendu dont la Classe a ordonné l'impression. [ls ÿ ramènent les divers points de la discussion à six questions principales. Sous leufs différens titres , 1ls réunissent , d’une part, autant qu'il leur a été possible , tout ce qui a été authentiquement et exactement recueilli sur les effets de la vaccine en Europe et dans les contrées où les Européens ont pu faire adopter la vaécmation.
Îls rapprochent ainsi un grand nombre de faits observés surtout en France, en Angleterre, en Italie, dans les Indes orientales et dans les Amériques, et vus sur des individus de classes , de consutution , de genre de vie, d'habitudes et de mœurs très-différens. D'une autre part, is cherchent à évaluer les faits prinçipaux sur lesquels ont été fondées les objections les plus raisonnables , qu'ils ne cherchent point à éluder ni à dissimuler. Comparant ainsi la somme appréciable et calculable des observations, ils sont conduits nécessairement et par des conséquences aussi exactes qu’on les peut obtenir dans une mauëére semblable , aux conclusions par lesquelles ils terminent leur rapport ; SAVOIT :
« Que l’inseruon du virus vaccm n'introduit point dans le corps une matière qui puisse y porter un trouble remarquable, et qui ait besoin d’être expulsée par un mouvement comparable à celui qui résulte de l'inoculatuon ; que les éruptions qui se sont jointes
| VARIOLE. Br quelquefois, lors des premières vaccinations, aux ef fets ordinaires de la vaccine, étaient dues non pas au VIrUS lui-même, mais à des circonstances le plus sou vent connues et déterminables au milieu desquelles ces vaccinations s'étaient faites ; |
» Que les événemens malheureux. observés dans quelques cas ont tenu évidemment à des causes étrangères , qui se sont développées pendant le cours de la vacCine , OU qui, déjà existantes , ont acquis une in— . tensité due, non pas, comme on l’a dut, à l'accession du virus vaccin , mais à l’état particulier des sujets ;
» Que les désordres consécuufs quand als ne se rapportaient pas à des maladies préexistantes , on EVidemment été des cas trés-particuliers , tenant à des circonstances individuelles ; et que leurnombre n'ayant aucune proportion avec la somme immense des observations exempites, de suites ficheuses > ils ne peuvent donner liéu à aucune conséquence générale ;
» Que ces observations malheureuses » en les supposant incontestables , sont plus que compensées par les nombreux exemples de maladies chroniques et rebelles qui ont complètement et inopinément cessé à la suite des vaccinations : exemples qui, comparés à ceux d'effets semblables de l’inoculation ordinaire, et surtout si l'on met en ligne de compte la différence d’intensuté et de danger des deux maladies, donnent toute supériorité au virus vaccin.
» Enfin, que la vertu préservative de la vaccine ; quand le virus a été pris dans les circonstances aujourd'hui bien déterminées qui en assurent la pureté, et que son développement à été complet , est pour le moins aussi assurée que celle de Ja peute-vérole elle-même ,
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et que la vaccine jouit de plus de l'avantage , immense pour la société , de circonscrire les épidémies varioliques, et peut fare raisonnablement espérer , Si Sa pratique continue d’être encouragée , que l’on verra enfin disparaître l’un des plus déplorables fléaux dont
l'humanité ait eu à gémir. »
49. Il est une inflammauon pustuleuse de la peau que l’on a souvent confondue avec la variole , et cette erreur a contribué à retarder les progrès de linoculation : cette affection est la väricelle. Elle a été connué dans le sixième siècle , et peut-être long-temps avant. On en avait donné des descriptions propres à la distinguer de la variole , avant que l’inoculation füt connue en Europe. Zinguer , médecin à Bâle, l’a décrite d’après l'épidémie qu'il a observée durant le printemps de 1712: Maret de Dijon , Cullen et d'autres , ont aussi distingué la varicelle de la petite-vérole. Dézoteux et M. Valentin en ont surtout donné une descripüon étendue dans leur Traité de l'Inoculation.
5o. On distingue deux varicelles, que les médecins anglais nomment chicken pox (pustules de poulet), et swine pox (pustules de cochon ). Dans la premiere , les boutons sont plus petits, moins élevés, et contiennent une humeur absolument limpide et incolore. Dans la seconde, les boutons sont plus gros, plus remplis ; ils contiennent une liqueur plus épaisse, qui
(x) Srnonrmre. Petite - Vérole volante , fausse Variole, * Vérolette ; Varicella, Cuire, etc. “
blanchit et se rapproche davantage du pus. C’est cette - dernière que Fon peut confondre plus aisément avec la variole, parce que, dans un peut nombre de cas . On aperçoit une aréole à la base des pustules ; mais elles n’ont pas la forme conique ; elles sont pluôt* sphériques que lenticulaires , plus larges à leur corps qu'à leur base, et plus molles. On n'aperçoit pas dans le centre du sommet ce point brunâtre et cet aplatissement qui sont propres à la variole légitime. La desgiccation à lieu plus tard ; les pustules, en se desséchant, forment une pellicule dont la chute laisse apercevoir une tache d’une couleur moins vive que dans la variole : mais aussi elle y laisse quelquefois une marque.
51. On a vu des personnes avoir les deux espèces de varicelles en différens temps , sans être à l’abni pour cela de la variole. De méme » 1 n'est pas rare de voir régner en ménie temps la variole et la varicelle (Huxham en a donné plusieurs exemples dans ses Observations de Aere et Morbis epidemicis ). C'est dans cette double épidémie qu'on confond quelquefois les deux maladies. Afin de mettre à Vabri d’une pareille confusion , je vais, avee M. Valentin > faire le parallèle de ces deux affections.
52. L'une et l'autre éruption ne s’'annoncent pas de la même manière. La variole spontanée Où inoculée est précédée de lassitudes, de malaise > d'abattement s. d’assoupissement , de frisson , suivis de fièvre et de chaleur qui augmentent rapidement, Les douleurs dans les lombes , dans les membres > €t surtout dans les cuisses ; la cephalalgie , les nausées , les vomisseimens , qui sont ici plus rapprochés , plus soutenus et
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plus opiniätres que dans les autres fièvres ; sont les symptômes essentiels qui ne manquent jamais de paraître dans cétie maladie , à moins qu'on ne soit disposé à n'avoir qu'un peut nombre de pustules. Rien de semblable dans la varicelle , où la fièvre commence ordinairement sans frisson ; et sil arrive , 1l est très - léger , à peine sensible , et la chaleur qui suit est peu considérable. — Dans la variole inoculée , la fièvre dure trois jours ; il n’est pas rare de la voir se prolonger jusqu'au. quatrième jour. Si lafvariole est survenüe spontanément ; elle s'accompagne souvent de l’assoupissement, d’un léger délire, de la rougeur et de la tuméfacuion des paupières , du larmoiement , etc. On n'aperçoit aucun de ces sym-— ptômes dans la varicelle ; la fièvre dure douze , vingtquatre , ou tout au plus trente-huit à quarante heures ; le plus souvent elle est à peine sensible , accompagnée de légères douleurs dans les membres et de céphalalgie.— Dans la variole naturelleou imoculée, Férupuon commence , aprés trois jours de fièvre , sur différentes parues du corps, surtout à la face, au cou ét x" là poitrine , par de peutes taches semblables à des morsures de puces, qui s'élèvent peu à peu , augmentent insensiblement , et n’acquièrent toute leur grosseur qu'au bout de quatre à cmq jours. La fièvre, qui s'était presque éteinte lors de l’érupuon , se réveille avec plus où moins de force lorsqu'il y a une grande quantité de pustules. Elle s'accompagne alors de frissons irréguliers, de céphalalgie, de douleurs des lombes , des membres ; suivent une augmentation de chaleur, de la soif, de l'agitation , etc. La face se tuméfie ; il y a salivation ; les pieds et les mains de-
viennent comme œdémateux à mesure que la face se désenfle, etc. Dans la varicelle , l’éruption paraît toutà-coup à la fin du premier jour, quelquefois le second, et rarement le troisième. Dans certains cas, elle a lieu sans phénoménes précurseurs. Les te :
d'abord rouges , deviennent pâles , terne$ , s'ar—
rondissent en vingt-quatre heures. Le nr elles s’affaissent , se flétrissent et se dessèchent , puis disparaissent le jour suivant. Quelquefois on voit des boutons blancs pendant qu'il y en a encore de rouges. 11 n'y a point de fièvre de suppuration , ni aucun des symptômes que nous venons de rapporter , excepté dans un très-petit nombre de cas. D'ailleurs , la varicelle est déjà terminée à l’époque à laquelle se déve loppe la fièvre de suppuration das la variole.— Dans celle-ci , les pustules s’élévent, sélargissent, blanchissent et se remplissent d’un véritable pus , quil y ait une fièvre setondaire ou non. Elles ; lost NE
brunissent , et, en se séchant , forment une croûte qui tombe de quinzième au vai jour de la maladie , lorsqu'elle est très-diserète. Elles laissent des taches violettes ou pourprées dont les bords sont plus ou moins relevés , et dont le milieu offre un enfoncement. Ces taches , de la même largeur que l’étaient les pustules , subsistent tres-long-temps avant de s’effacer ; et, lorsque la variole n’est pas abondante , elles sont quelquefois élevées , et ne s’affaissent qu'au bout de plusieurs jours. Dans la varicelle, les boutons ,
qui se sont élevés promptément et en même tete sur tout le Corps, acquièrent toute leur grosseur en deux ou trois jours ; ils deviennent clairs, transparens, se remplissent d’une liqueur rousstre où jau-
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nâtre, puis ils s'affaissent, se sèchent et tombent le cinquie me ou le sixième jour , quequetois le septième , sans avoir subr aucune espèce de suppuration. Il ne reste point de taches , ou elles sont petites (excepté dans le sivine pox), et reprennent bientôt la couleur dé la peau, à moins que les malades ne les irritent en les grattant. Il faut cependant avouer qu'il y a des cas de variole où les pustules, très-rares , ne suppurent presque point, se terminent par résolution et se sèchent promptement. Cette courte espèce ne peui,néanmoins être confondue avec la varicelle, à cause de la durée de la fièvre, de celle de TE : du caractère des pustules, etc.
53. Il y a cependant des cas extraordinaires où Vi Invasion et les symptômes paraissent tellement ressemblans dans la variole et la varicelle, qu'on pourrait croire aisément à leur idenüuté: en voici un exemple. Un homme est attaqué, pendant trois jours consécuufs, d’une fièvre très-intense, accompagnée de douleurs, de lassitudes , de rougeur aux paupières , de larmoiement et de tous les symptômes de la variole, mais particulièrement d’une douleur vive à lépigastre , avec un vomissement continuel. Le quatrième jour , il sort une grande quantité de peutes pustules au tronc en même temps qu'à la face ; elles sont rouges , élevées , confluentes à la face , et couvrent bientôt toute la périphérie du corps et des extrémités : la fièvre et le vomissement se calment , et cessent complètement. Le cinquième au maun, les pustules sont remplies d’une sérosité claire ; elles sont tresélevées en pointe. Le même jour au soir , elles deviennent ternes et pâles ; le malade recouvre son
ROUGEOLE. 57 sommeil , sa gaîté et son appéut. Le sixième , les pustules sont presque toutes desséchées. Le septième, elles tombent en pellicules ou écailles minces , blanchâtres , qui laissent des taches rouges , suriout à la face , pendant quelque temps. L’irrégularité de l’érupüon, la forme plus pointue des pustules , et la rapidité de la marche, le défaut de suppuration, etc., sont autant de phénomènes qui distinguent le cas de cette observation d'avec la variole. Le président d'Héricourt avait été inoculé avec succès par T'ronchin : vingt-deux ans après , 1l fut atteint d’une érupuon qu'on regardagénéralement comme la variole. D’Arcet inocula de cette matière à deux enfans ; l’inseruon n'eut aucun effet ; mais ces mêmes enfans ayant été rémoculés avec de la matière variolique , cmq semaines apres cette époque , ils eurent la petite-vérole bien caractérisée , et aussi régulière qu'elle l’est ordinairement par l’inoculation. Cette observation fait voir combien certaines dispositions individuelles peuvent apporter de modifications dans la marche de la varicelle , et jusqu’à quel point l’inoculation est un mojen certain d'éviter l'erreur.