‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 2 sur 111 · LE · texte numérisé non relu

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2 DES PHLEGMASIES

obstruction des vaisseaux ; Van-Swiéten, un accroissement de vitesse du sang : Sauvages (1) enchérit encore sur les opinions de ce dernier par un appareil scientifique de calcul qu'on ne lit point quand on ignore les mathématiques, et qu'on lit encore-moins quand on les cultive avec un goût épuré. Hoffmann et Cullen, en s’éloignant des principes de l’écolede Leyde, ne font que changer d'opinions hypothétiques , et leur substituer leur doctrine poinulleuse des causes prochaines, c’est-à-dire, le spasme des extrémités artérielles. Que reste-t-il à faire àune époque où un goût universel pour toutes les parties de l’histoire naturelle indique la méthode la plus sûre à suivre dans l’histoire des maladies, considérées d’abord sans avoir attention à leurs variétés, pour fixer leurs vrais caractères?

Avec quelque arüfice que la théorie de Pobstructon, comme cause de l’inflammation , ait été développée par Boerhaave, n’a-t-on point à lui opposer des faits constamment observés qui déposent le contraire ? Il y a rougeur, mais y a-t-il inflammation dans une foule de cas où le sang s'échappe des vaisseaux, ou bien reste en stagnation dans le système capillaire , et puis se saspe spontanément sans exciter aucun trouble ? Il n'est que trop ordinaire, en médecine, de prendre l'effet pour la cause ; par la liaison étroite et constante qu'on observeentre certains phénomènes de l’économie animale# C’est ainsi.que le cours plus rapide du sang est transformé en mobile primitif de l'augmentation de la chaleur animale , de la rougeur , dela tension, de la douleur , qui font le caractère de l’inflammation. On

(r Dissertation académique sur l’inflammation. / #

EN GÉNÉRAL. 5 voit cependant que, dans les exercices viclens et prolongés pendant quelques heures , l’impétuosité du sang est très-augmentée et la chaleur très-intense; mais 1l n’y a point d’inflammation. Cetteaugmentauon dela chaleur animale ne se dissipe-t-elle point par degrés, soit par la transpiration cutanée, soit par les émanations des poumons ? Les expériences faites par Fordyce , dans des chambres trés-échauffées ( Med. Comment. vol. IV ), ont appris aussi jusqu'à quel point la chaleur animale et le nombre des battemens de artère peuvent être augmentés sans produire l’inflammation. Home , médecin anglais , a aussi démontré , pardes observations comparatives faites avec un thermomètre et une montre à secondes, que, dans certaines maladies, l’accroissement du nombre des battemens de l’artère par minute ne correspond point avec l’augmentation de la chaleur animale. La douleur, qui est si souvent la suité d’une inflammation locale, peut-elle en être la cause ? Que d'exemples à citer de douleurs sans mflammation ! migraines , colique des peintres, odontalgie, passage des calculs biliaires à travers le conduit cholédoque , descente du calcul des reins à travers les uretères, etc. Une regie assez générale et soumise à très-peu d’exsepfions, est que toute douleur sans da ses fébriles üent à une simple lésion de la sensibilité, ou à une inflammauon légère qui ne doit être nullement comptée parmi les maladies MORE

D Quelque variées que soient la structure, les propriétés vitales et les fonctions des parties, l’inflammation se manifeste, en général , par la chaïeur, la rougeur, la tension et la douleur ; maisseulement à différens degrés, eten diverses proportions dépendantes du siège Jui-

4 DÉS PHLEGMASIES méme, Sa cause paraît tenir à un principe irritant , in terne ou externe; c’est Ce qui se manifeste aux yeux mémes dans toute inflammation visible. Mais toute irritauon ne produit point une inflammation , car si la première est prompte et courte, elle est souvent sans effet, ou n’occasionne que de la douleur ; siau contraire elle est prolongée, comme lorsqu'un corpuscule est entré sous la paupière, ou lorsqu'un corrosif est resté appliqué sur cet organe, alors il survient, suivant les lois générales de l’économie animale , de la douleur , un afflux de sang, de la tension et de la rougeur. Quelques personnes sont si sensibles, qu’elles sont sujettes à des inflammations d’une grande violence par l'effet de causes légeres ; tandis que dans d’autres individus linflammation est légère , quoique la cause occasionnelle soit trés-intense. Que de modifications d’ailleurs mtroduites dans les phlegmasies par l’âge, le sexe, la constitution , une mamière de vivre régulière ou irrégulière ! À 4 Hn'a jamais peut-être paru plus nécessaire , pour s'entendre etsaisir les conformités générales ou les différences des phlegmasies comparées les unesaux autres, que de leur appliquer directementles principes de l’analyse, et d'isoler la considération des symptômes fon— damentaux decelle des autres affectionsaccessoires. Une phlegmasie quelconque ne peut se présenter à l’examen d'un observateur qu'avec tous les caractères que lui impriment la structure propre de la partie affectée, son tissu , ses fonctions, ses liaisons respectives avec les parties voisines , les variétés relatives à la constitution individuelle, où bien quelque complication avec toute autre maladie. Quel tableau de confusion et de désor—

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