TEIGNE
Cullen , qui a mis autant de soin à diminuer les maladies en nosologie que d’autres en ont pris à les multiplier, a séparé de la teigne ce qu’on appelle achores, ou petits ulcères humides qui versent une humeur plus ou moins fétide ; mais il ne distingue pas la teigne proprement dite du favus. Cette vacillation d’opinions ne pouvait être fixée que par un observateur attenuf, et exercé non-seulement à reconnaître les différentes formes de la ieigne, mais encoreà en diriger le traitement. C'est ce qu'a fait Murray , professeur de médecine à Gottingue , et l’un des plus célebres disciples de Linné. Il a reconnu d’abord que ce qu'on appelle porrigo ou desquamation furfuracée de la peau, achores ou peuts ulcères humides et qui rendent une matère sanieuse , et la £eigne sèche ou des ulcérations recouvertes d’une croûte sèche et grisâtre , ne sont que la même maladie dans ses trois époques différentes , ou plutôt des variétés qu’on remarque quelquefois dans différentes parties de la tête du même individu... Mais le même auteur fait une espèce séparée de ce qu'on appelle tinea favosa , qui consiste en pustules d'abord lenticulaires , qui s'étendent ensuite en prenant diverses formes, qui versent une matière jaunâtre comme du miel grumelé ou de la bouillie, et qui, par leur chute , laissent des creux semblables aux cellules des abeilles. .….
105. Murray examine d’abord la structure de la peau , qui est le siége de la maladie. L’épiderme est parsemé d’une infinité de pores qui laissent transsuder Ja sueur et une onctuosité grasse. Dans le derme, outre les vaisseaux absorbans et la graisse qui est dans son uüssu cellulaire ; on remarque des follicules membra-
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neux sans nombre qui contiennent une graisse molle avec un conduit excréteur. On y trouve les peuts bulbes de cheveux qui sont enveloppés comme un noyau dans une membrane extensible , pourvue de ses vaisseaux et de ses nerfs, et contenant dans sa cavité une : liqueur ténue, d'un blanc jaunâtre. Chacune de ces petites ampoules membraneuses pénètre le réseau correspondant du tissu cellulaire de Malpighi, et, elle en est comme environnée..… Plusieurs parties des tégumens sont sans doute affectées par la teigne ; et, à cause de leur finesse extréme , on ne peut dire avec précision où est le vrai siége de la maladie. Duncan, médecin d'Edimbourg , le fait résider dans les petits bulbes des cheveux ; mais Murray , en les examinant avec soin à la loupe, et en les comparant avec ce qu'als sont dans l'état de santé, n’y a souvent point remarqué de changemens dans la figure ni dans la couleur, et il ne pense pas que l'évulsion des cheveux soit nécessaire pour la guérison de la maladie... Le principal siége du mal paraît être, d’après lui, dans le üssu réticulaire de Malpighi.
106. M. Frank a cru devoir isoler le porrigo de la teigne, et en faire un genre à part. Il réunit sous le nom de teigne les achores, le favus, et le {'nea faciei, qu'il ne faut pas confondre avec la croûte laiteuse. Voici la description générale qu'il en donne. « Les achores et le favus sont ordinairement précédés par un prurit, de l'ardeur et de la tension dans le derme chevelu. Les glandes Iymphatiques du cou et de l’occiput se tuméfient et deviennent douloureuses au toucher ; il y a quelquefois céphalalgie. Le prurit et le besoin de se gratter augmentent. À cette époque