TEIGNE. Y&I
Îeur odeur se rapproche beaucoup de celle du beurre rance ; le prurit qu’elles occasionnent est trés-consi-dérable. Lorsqu'on enlève la croûte, on voit la peau rouge , lisse, polie, et souvent tuméfiée ; on aperçoit de petits abcès blanchâtres, non proéminens, qui fournissent le pus d’où proviennent ces croûtes.
113. La teigne furfuracée (teigne porrisineuse, porrigo) n’attaque pas seulement le euir chevelu ; on l'observe quelquefois sur le front , etc. Elle commence par une desquamation légère de l’épiderme de la tête, accompagnée de prurit. Il suinte en même temps du ussu réticulaire enflammé une matière ichoreuse qui s'attache aux cheveux et se dessèche sous la forme d’écailles , dont les couches s’épaississent par superposition ; leur couleur est blanche ou roussâtre à l’extérieur, et leur donne quelque analogie avec un amas de son ou de farine grossière ; elles tombent avec la plus grande facilité lorsqu'elles sont sèches ; la peau paraît dénuée de l’épiderme ; elle est lisse, luisante , polie, comme vernissée et de couleur rosée. à
114. La teigne amiantacée occupe la partie antérieure de la tête ; elle est caractérisée par de petites écailles très-fines , d’une couleur argentine et nacrée , lesquelles , entourant les cheveux et les suivant , res semblent à l'amiante. La peau paraît sillonnée et rouge ; la démangeaison est peu considérable ; il ne s’en dégage aucune odeur.
119. La éeigne muqueuse se manifeste souvent dans les deux premières années de la naissance et chez les scrophuleux ; elle affecte le cuir chevelu , le front , les iempes, les oreilles » et quelquefois le tronc, les bras et les cuisses ; elle est caractérisée par des ulcérations
112 PHLEGCMASIÉS ÉUTANÉES,
superficielles , desquelles s'écoule une humeur tenace qui ressemble à du nüel corrompu. Lorsque cette humeur s'épanche par le contact ou par Finfluence de la chaleur, elle forme des croëtes de couleur cendrée, jaune-pâle et souvent verdâtre. Ces ulcérätions com mencent d’une manière variée : ce sont tantôt des pustules très-larges , tantôt des vésicules aiguës , renfermant un liquide transparent, lequel est coloré d’un blanc jaunâtre ; quelquefois de peuts abcés qui occasionnent la fièvre, et déterminent une distension extrême dans le derme chevelu. Ces pustules , ainsi que ces vésicules, s’ouvrentspontanément où par lirritation qu’occasionne l'enfant en se grattant; on aperçoit , dans différens endroits de la tête, des mégalités ou des bosses plus ou moins considérables, Le tissu cutané est rouge et amaranthe , luisant ; son inflammation est
moins profonde que dans les cas précédens. Le prurit
est extrême ; l'odeur qui se dégage a quelque analogie avec celle du lait qui commence à s'aigrir ou à se putréfier. Cet écoulement modéré paraît quelquefois nécessaire pour la santé des enfans ; car on les. voit tristes et languissans dés qu’il tarit ; d’autres fois, at
contraire, par son abondance et par l'intensité de ses |
symptômes , 1l occasionne la fièvre lente et la con-
somption. La maladie peut se compliquer d’aphthes 1
et d’ulcérations plus ou moins dangereuses.
S IL. Zraitement de la Teigne.
116. On a vanté beaucoup de médicamens sans | fondement, tels que de prétendus mondificaufs et e e e L] e. 3 7) - . ’ , à | incisifs qui n'ont qu’une action idéale. Murray sest
TEIGNE. 115 proposé pour but principal de faire éviter, dans le traitement de la teigne, la méthode routiniére et cruelle de l'application dela calotte.
. 117. La teigne porrigineuse peut être guérie avec de simples oncüons mercurielles, On mêle exactement une partie de: muriate mercuriel doux avec huit parues d’onguent rosat. On prend une parüe de ce mélange de la grosseur: d’un gros pois pour en frotter les endroits de la tête les plus’aflectés ; et on se borne à répéter une fois le jour cette. opération pendant une ou deux semaines, et ensuite deux fois le jour dans les cas les A LA, en portant successivement le OPA dans diverses parues. On imsiste sur le même pyonédé pendant deux ou trois semaines même aprés la guérison de la teigne', et on le. oil aussitôt qu'elle vient à reparaître. Le régime doitétre, en général, pris des végétaux, et toute viande, surtout celle de cochon., doit être proscrite.!:
118. Mais pour la teigñe faveuse , ce traitement est insuffisant, comme le prouve l'auteur en donnant les détails d’une observation qui lui.est propre; ‘Une foule d’autres remèdes avaïent.été employés sans succés; on,avait même eu recours à celui. que propose Duncan, et qui consiste dans l'application d’une dissolution de muriate mercuriel corrosif et d’acétate de cuivre. Le traitement avait été varié avec sagacité, et soutenu avec constance, sans, obtenir aucun effet favorable. Murray eut des recours à la ciguëé , d'aprés Îes observauons de Stork.et de Lauther. Deux fois le jour il fit des lotions sur la tête avee.une décocüon de ciguë mélée avec du lait ; il admimistra l'extrait de cigué: à l'intérieur, à la dose de deux grains, et en l’augmen-