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tant progressivement jusqu’à un scrupule ; 1l fit porter un bonnet rempli de ciguë cuite à l’eau, jour et nuit; il répéta des lotions à chaque renouvellement du cataplasme. Les croûtes d’abord se desséchérent , et, à la base des cheveux, il se forma de petites ulcérations pleines de pus, et qui s'évacuaient quand on les pressait avec les doigts. À près environ deux mois de l'usage externe et interne de la ciguë, de purgatifs répétés , et d’une grande propreté, Murray fit cesser les pilules, en insistant sur l'application topique. Il ne restait plus, quelque temps aprés, qu’une sorte de desquamation à la peau, et quelques verrues à la face et aux mains : mais ces excroissances tombérent par là higature , et c'est ainsi que, par un moyen simple, il parvint à guérir une teigne des plus invétérées et des plus rebelles.
119. Un autre auteur, eité par Desault dans son journal ( vol. IIT) , s'élève aussi avec: force contre le traitement de la teigne par l’arrachement des cheveux ; et persuadé que, pour guérir cette dégoütante ma— ladie, il suflit de dissoudre et d'évacuer les fluides stagnans dans les bulbes des cheveux et les réservoirs de la graisse , il propose , d'apres sa propre expérience, le procédé suivant : couper les cheveux , amollir les croûtes en appliquant une substance grasse , comme le sain-doux ; les enlever, couvrir ensuite la tête de ban delettes de peau enduites, jusqu'à l'épaisseur d’une ligne , d’une dissolution de gomme ammoniaque dans le vinaigre, réduite, par l'évaporation de la chaleur, jusqu'à consistance d’emplâtre ; soutenir le tout avec un bonnet. Au bout de six semaines , on enlève l’'emplâtre, et la guérison se trouve opérée. On cite six
TEIGNE. 115 observations en faveur de ce procédé, Mais comme on n’a rien déterminé ni sur l'espèce parüculière de la teigne , nisur l’état des enfans qui én étaient attaqués , ces observations vont se perdre avec tant d'autres qui sont enfantées par une sorte d'empirisme y CL r'egardées comme nulles pour les pr'ogrés de, la science médicale. ns |
120. La teigne est une maladie si hideuse et si rebelle aux remèdes ordinaires, le moyen local et routinier employé jusqu'ici, qui est (1) la dépilation produite par ce qu’on appelle {a caloite, cause des douleurs si atroces et si souvent renouvelées , qu'on doit se faire un devoir de rappeler d’autres moyens de guérir plus doux, et qui promettent déjà , d'après certains essais, les avantages les plus marqués : on doit mettre de ce nombre la poudre de charbon mi néral, dont les effets ont été rapportés dans la Bibliothèque germanique, médico-chirurgicale ,tom. VIE, an 1802. Dans la première des cinq observations consignées à ce sujet dans ce journal , la considération des causes et des circonstances qui avaient précédé cette maladie, engagea à la traiter simplement comme locale ; on commença par couper tous les cheveux : et vers le soir, on couvrit toute la parte de la tête qui était ulcérée avec du charbon en poudre que l’on mantint sur la peau au moyen d’un bandage convea
(1) J’avais annoncé, dans la première édition de ma Nosographie, que je me livrais à de nouveaux essais sur le vrai caractère et le traitement de la teigne ; mais les enfans de l’hospice de la Salpétrière ayant été transportés ailleurs, et cet hospice étant devenu l'asile de la vieillesse infirme
; je n'ai plus été dans une position favorable à ces recherches.
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nable. Le lendemain man , le malade ayant bien dormi, on lui laya Ja tête avec de l'eau üède et du savon , ensuite on réitéra l'application c de la poudre de charbon , et l’on continua le même traitement jusqu'à l'entière guérison de ne teigne. L effet du. charbon fut si manifeste que, dès »3 troisième Jour, la féudité ayant été dissipée les ulcères ne donnaient plus qu'un pus de bonne qualité. Le cinquième jour, tous les ulcères étaient cicatrisés et les tégumens dans l’état de santé, ce qui conünua pour Ja suite. Mais 1l faut convenir que, dans ce cas, l'espèce de téigne n ’étant pas bien déterminée , amsi qué dans les autres. Cas. rap= portés dans le même ouvrage, 1l était impor tant de tenter de nouveau, où même S perfectionner ce procédé : c’est ce qui a eu lieu à l'hôpital Saint-Louis, sous les yeux de M. Alibert ( Dissert. sur la Teigne, ‘etc., par L. S. Gallot. Paris, an 1805), et par M. Albert lui-même. Parmi les neuf histoires parti ulières de teigne faveuse qui sont rapportées dans la dissertation que je cite, je rappellerai certaines Cir— ‘constances de la première , pour donner une idée des principes de traitement qu ont ÉLé SuLvIS. L'enfant atteint de cette maladie était à sa onzième année, et cette affecuon cutanée avait été contractée depuis quatre ans; les glandes inguinales, mésentériques, axillaires, sous-maxillaires et cervicales, étaient engorgées et très-volumineuses ; divers endroits de la tête étaient recouverts de croûtes teigneuses ; d’autres tubercules isolés présentaient À leur sommet un enfoncement dans le milieu, et leurs bords étaient relevés de mamiére qu ils formaient un godet dont le centre était d’un jaune sale. Les croûtes étaient formées par l'aggré-
TELC'NE, | oi
gatuon de plüsieurs tubercules ; elles présentaient quelques godets bien distincts etde même forme que les précédens ; dans d’autres endroits de la tête on observait une grande quantité d’écailles furfuracées. On commença par appliquer, des cataplasmes épais de farine de graine de lin sur toute la tête, qui était tondue, et la démangeaison se dissipa : cette première application enleva une partie des croûtes , et Le reste disparut par une setonde. La tête exhalait une odeur insupportable, fade, nauséeuse , et toute sa surface offrait une rougeur analogue à celle qui environne les ulcères dartreux; on voyait suinter par certaines ulcérations ou enfoncemens une sérosité transparente, de consistance presque sirupeuse , qui, én se coagulant à Var, formait une croûte dont le milieu était promptement desséché, et finissait par donner lieu à une dépression avec des bords relevés. Le sixième jour, à compter du premier topique émollient, toute la tête fut frottée avec la pommade suivante : charbon de bois pulvérisé, une once (30 grammes ); fleurs de soufre , deux onces ( 60 grammes )5 cérat, Cinq onces (un hectogramme et demi}, mélés intimement pour en faire une pommade. Dès les premiers jours, suintement d’un fluide blanc très-abondant qui continue pendant sept à huit, en même iemps qu'on pratiquait des frictions. A cette époque , diminution de la rougeur de la tête, point d’excoriation ni de démangeaison ; on voyait seulement parsemés des boutons blanes de la grosseur d’un petit pois, renfermant du pus de. la même couleur, ainsi qué de peuts points blancs à pee de la grosseur d’un grain de millét, placés sous l'épiderme ; et en soulevant ce dernier, on retrait de
118 PHLEGMASIES CUTANFES,
ces petits points blancs une très-peute quantité de matere blanche, de consistance de suif et de nature albumineuse. Deux mois de traitement suflirent pour la guérison, quoique lPengorgement des glandes, qui avait beaucoup diminué , ne füt pas entièrement dissipé. L'auteur de la même dissertation rapporte aussi des exemples de la teigne rugueuse et de la teigne furfuracée, auxquels je dois renvoyer, en provoquant en même temps l'attention des vrais observateurs sur un objet aussi important et si digne de leurs recherches. Le soufre, seul, a paru opérer le même effet que lorsqu'il est mêlé avec le charbon. Il paraît que les essais qu'on a faits, à l'hôpital Saint-Louis, de la ciguë (con um maculatum , L.), ne sont point favorables à ce médicament, et que les espérances qu'avait données Murray sur l'emploi de ce narcotique ne sesont point soutenues.
121. La teigne n'étant pas toujours une affection locale, on conçoit facilement avec quelle réserve et quelle sagacité 11 faut, dans plusieurs cas, en diriger le traitement : aussi voit-on quelquefois ET de maladies chroniques graves après une prétendue guérison de cet exanthème. C’est dans ces cas qu'il est nécessaire de combiner le traitement interne avec l’application des topiques. Le traitement local doit d’ailleurs être relauf à l'état des propriétés vitales. Tant qu'il existe beaucoup d'irritation dans l'organe affecté, c'est aux Corps gras, aux mucilagineux qu'il convient de recourir ; les excitans variés ne sont convenables que lorsque la douleur, Ja rougeur et la chaleur sont considérablement dimimuées ; le soufre , les solutions de carbonate de potasse, de muriate de soude ox
TEICGNE. 119 d’ammoniaque, sont alors plus ou moins utiles : c’est dans ces cas surtout que les huiles volatiles, convenablement étendues, telles que la poix, sont indiquées. Il en est de même d’un grand nombre d’autres substances dont l’action se rapproche beaucoup de celle de ces dernières. ( F’oyez la Matière médical de Schwilgué. ) |
122. M. Albert rapporte dans son ouvrage des exemples de teignes qui n’exigent que des moyens de propreté lorsqu'elles ne sont point parvenues à un grand degré d'intensité , ou du moins qui cédent aux apphcations les plus simples ; dans d’autres, dans celles surtout qui sont compliquées d’un vice scrophuleux ou d'un vice syphilitique héréditaire , tous les efforts qu'on peut faire paraissent absolument infructueux. Le même auteur ajoute que les maladies cutanées , et par conséquent les teignes, ont, comme les autres maladies , leurs périodes de début, d’accroissement et dedéclin : souvent l'application des remèdes nedevient utile que dans cette dernière période. On sait que Bordeu a insisté particuhérement sur l’'analogie frappante qui existe souvent entre les maladies aiguës et les maladies chroniques.
125. Ondoit eu conclure, comme le dit M. Albert, que les meilleures méthodes curatives sont celles qui n’emploient que les moyens les plus doux. Tout se réduit à apaiser l’irritation du cuir chevelu , et à rame her cet organe à ses conditions naturelles. Il à essayé COMparativement un grand nombre de remèdes à l’h6pital Saint-Louis. Pendant que plusieurs teisneux subissaient l'opération de la calotte, ou étaient frottés avec des onguens plus ou moins acUfS , avec l’oxyde de
120 PHLEGMASIES CUTANÉES.
manganèse, l’oxyde de mercure, etc. , des enfans en égal nombre et atteints de diverses teignes étaient simplement traités par le sain-doux , dans lequel on avait incorporé des fleurs de soufre. Ces dermers, en général, guérissaient aussi promptement que lesautres, en portant surtout du soi dans les pansemens ; et lors même que la guérison traînait en longueur, elle était au moins exempte de danger. C’est perfecuonner le traitement de la teigne que de le simplifier.
S I. Considérations générales et Histoire particuliere.
124. Le nom de cette maladie vient de ce que Îles cheveux s’agolutinent et s’entorullent d’une maniere inextricable , en formant des mèches, des queues, des iouffes ou des masses qu’il est impossible de déméler. C’est une affection endémique qu’on rencontre surtout en Pologne, en Lithuanie, en Russie, etc. : on ne la trouve que trés-rarement en France, et ce n’est même alors que parmi quelques quadrupedes.
Je ne m’engagerai point dans des détails d’érudiuion relaufs à cette maladie, exposés avec soin et discutés dans l’ouvrage de M. Alibert sur les maladies de la peau ; en joignant ses propres observations à celles des médecins étrangers les plus dignes de confiance. Je me bornerai à quelques simples extraits de ce qu'il a écrit sur, cette! affecuon aussi singulière que rare. Au milicu de tant d'opinions contradictoires qu'on a émises dans ces derniers temps, dit cet auteur ,sne devancons pas l'expérience , et attendons de nouveaux
PLIQUE. 127 faits, avant detransiger sur les différens points de cette doctrine.
125. Entre autres observations rapportées par M. Alibert, je n’en citerai qu'une, tirée d’une Dissertation inaugurale sur fa plique par le docteur Jean- Mathias Cordaly. « Un ouvrier de la partie de la Pologne qu est voisine de la Silésie, âgé de quarante-deux ans , était atteint d’un gonflement nendus des pieds et lle douleurs vagues de tout le corps, paruculièrement dans les membres. Il éprouvait des céphalalgies continuelles , ei six mois s'étaient à peine écoulés, que ses cheveux étaient déjà agglutinés en petites cordes tournées en spirale, de figure et de forme différentes. Cetie maladie était héréditaire en lui, puisque son père et sa mère en avaient été affectés pendant toute leur vie. L’individu même dont il s’agit avait ressenti quelques accidens de la plique dans son enfance. Dans cette seconde invasion, comme le pouls était dur et fébrile le soir, et que les ur ances étaient plus vives, on administrait quelques remèdes tempérans. Le matin, au contraire, comme le pouls était naturel, on faisait prendre jusqu’à trente gouttes alcalines marüales , mélées avec du savon de térébenthine , et cette dose était réitérée quatre fois. On y joignait une décoction de bois de gaïac, de racines d’oseille, de réglisse , de salseparéille et de sommités de houblon; on avait aussi recours à la saponaire, aux feuilles du cochléaria et du ményanthe. Tous les cinq jours, on donnait de la . manne ou de la rhubarbe. Après deux:mois de traitement, le malade entra en convalescence : ses cheveux étaient encore plus contournés qu'auparavant. On lui prodigua les médicamens balsamiques et toniques. On
122 PHLEGMASIES CUTANÉES.
eutsoin de couper avec des ciseaux les cheveux pliqués,
à l'endroit où l’on avait apercu une quantité considérable de squamosités. Tous les symptômes diminuaient de plus en plus; mais bientôt il se inanifesta une tumeur inguinale , accompagnée d’une certaine douleur et de quelques mouvemens fébriles. On la fitmürir par des cataplasmes émolliens ; on l’ouvrit ensuite avecune lancette , et 1l en sortit une matière jaunâtre , ichoreuse et d'une grande féudné. Ce qui est véritablement digne de remarque, c’est qu'à l’aide de cet ulcére, les cheveux se purgérent de la matière visqueuse qui les tenait agglutinés , et qu'ils se déroulèrent. La nouvelle plaie fut pansée d’après les procédés ordinaires , et cet homme recouvra entièrement sa santé. Les poils du pubis restèrent seuls pliqués : on n’osa point en opérer la secuon. »
S IL. Description générale de la Plique.
120. Voici à-peu-prés l’état de nos connaissances sur cette affection cutanée. « L’invasion des différentes espèces de plique commence ordinairement par un abattement universel, un engourdissement dans tous les membres ; des doom vagues se font d’abord ressenur dans mn articulations des pieds et des mains, ga— gnent ensuite les omoplates , l’'épine du dos , et s’étendent bientôt à la région postérieur e du cou et % la tête. Le soir , 11 se manifeste un accés fébrile qui se prolonge ires- avant dans Ja nu , et se termine par une sueur visqueuse , gluante et excessivement féüde. Le matin , le pouls est naturel : 1l y a une sorte de rémission dans, tes symptômes que je viens d'indiquer.
127. » Aux douleurs arthritiques, qui constituent presque toujours le début de cette affection, viennent se joindre des mouvemens convulsifs dans les muscles, des soubresauts dansles tendons, un tintement d'oreille pénible, une céphalalgie atroce que le malade cherche vainement à Calmer par des médicamens sédaufs ow narcotiques , des vertiges, une pesanteur autour des orbites , des picotemens, et une sensation très-incommode de resserrement dans la parue postérieure du cuir chevelu.
128. » Bientôt un phénomène externe, surprenant pour le physiologiste observateur , se déclare. Les cher, veux se mélent, s'entortllent, s sautent, se séparent en SÉRÉE ; on les voit s'arranger en petites cordes tournées en spirale , en sorte que la tête paraît environnée d’un amas de couleuvres effrayantes qui rappellent l’image affreux d’une Gorgone. On les voit aussi s’allonger comme des queues traînantes qui atteignent les jarrets , et quelquefois pendent jusqu’à terre ; on les voit enfin se hérisser comme les poils d’une bête fauve, ou comme les soies qui se dressent le long du cou des pourceaux ; enfin il'arrive quelquefois que les
heveux s’entassent en globes ou en masses informes , qui deviennent de lourds fardeaux pour ceux qui les portent. Les pouls fourmillent au milieu de ces touffes villeuses , etse multiplientavecune prompütude qu ’on ne peut exprimer. À. la base de ces touffes, on voit une grande quantité d’écailles furfuracées.
129. » La plique n attaque pas seulement le cuir chevelu; elle se manifeste aussi dans les autres parties du corps humain qu sont pourvues de poils. Le virus trichomatique s'introduit souvent jusque dans les on-
gles des mains /et des pieds, particulièrement chez les AiditE dE qui sont chauves. P° analogie de structure de ces organes avec les cheveux explique facilement | cette dégénération bideuse. Tantôt ils prennent un accroissement prodigieux ; + tantôt 1ls s'épaississent en offrent beaucoup d aspérités au toucher ; ils deviennent jaunâtres , hivides, noirs comme la corne d’un boue , ou quelquefois même ils sont crochus comme Ja eriffe des quadrupèdes carnassiers. On observe, du reste, que l'altération des ongles n'arrive que longtemps aprés l’altération des PTT ou des poils.
150. » Toutes ces déformations physiqueset extérieures que nous venons de sigrialer sont, causées et entretenues par la séérétion extraordinairement abondante qui suinte des parties couvertes de villosités , et qui constitue la pique proprement dite. Cette excréuon , qui afflue surtout vers la tête , ne da VER pas uniquement des pores de la peau du crane , MAIS ENn+ core des cheveux eux-mêmes, ainsi que l GAt constaté des observations microscopiques. On à vu , en effet , + que les extrémités des canaux capillaires exhalaient une espèce de vapeur qui se déposait et se condensait ensuite dans leursinterstices. Quelques auteurs assurent} que cette matière est d’une nature ichoreuse et sanguinolente : mais on a beaucoup exagéré les idées sur cet objet. Si le dépôt qui s’en fait dans les cheveux est si côpieux que ceux-ci ne puissent le contenir , alors ils se rompent dans leur milieu , et la matière s'écoule au dehors en très-grande quantité ; elle exhalè une odeur : sui generis, qui est trés-repoussante. Cette odeur a beaucoup de | rapport avec celle de la graisse rancie : 1l est vrai qu elle varie dans quelques circon=
stances. M. le docteur Nisgkouski a vu, chez une jeune demoiselle, une plique des aisselles qui était très- . US et qui répandait le parfum de l’ambre.
31. » Jusqu'ici je n'ai retracé , dit M. Albert, que les accidens ordinaires de la plique ; mais cette maladie acquiert souvent le plus is degré d’imtensité ; elle revêt une mulutude de phyMopons à et des-lors le caractère de ses symptômes paraît enuérement subordonné à la direction que prend la maücre trichomatique « dans l'économie animale. Fait-elle son i ir ruptuon vers l'organe cérébral , des accès épalepr tiques se déclarent. Soient les malades sont foudroyés par l’apoplexie ; quelquefois ils sont en proie à des transports HAMAANE-. Stabel cite l’exemple d'une femme qui avait éprouvé une violente phrénésie : avec fièvre aiguë, une aliénation marquée de l'esprit et un délire furieux. Ces désordres ne cessérent que lorsque les cheveux commencérént à à se pliquer. |
. 132. », Si la métastase s opère, vers le système respiratoire ; elle détermine l'asthme, lhydro-thorax , les crachemens de sang , la phthisie, pulmonaire , le catarrhe suffocant : les palpitations suivent les. atteintes ‘du système circulatoire. Enfin , quand le virus de la plique affecte l'estomac , les intestins ou les autres viscères contenus dans la cavité abdominale, on voit arriver le flux dysentérique, la diar rhée , les coliques, Yhypochondrie , Ja mélancolie, etc. ; la Loue digestive est pervertie. On: a vu survenir, Chez certains ren vidus , non-seulement un penchant irrésisuble pour les boissons spiritueuses , mais aussi des goûts bizarres, dépravés , en un mot, de vrais pica. On a vu naître l'inflammation ou l’ulcération du foie, ete. Quant aux
120 PHLEGMASIES CUTANÉES.
femmes, la menstruation est troublée ou interrompue, et communément elle ne reprend son cours régulier
et périodique que lorsque la plique vient se manifés=
ter à la tête.
155. » Stabel a parüculiérement observé que les effets du virus trichomatique diffèrent suivant les systèmes organiques dans lesquels il pénètre en premier lieu. C'est ainsi que , lorsqu'il s'introduit dans le système lymphatique , il donne naissance à des engorgemens glanduleux très-rebelles aux moyens curatifs. Îl se forme des nodosités et des tubercules dans les articulations , des squirrhes , etc. ; la peau se décolore et acquiert une couléur terreuse. Il n’est pas trés-rare de yoir cette maladie produire la carie des os, péné= trer même jusqu'à la moelle de ces parües, qu’elle rend friables. | |;
154. » Quelquefois la plique se déclare sans aucun accident précurseur, et sans la moindre sensation dou- Joureuse. Tantôt elle se forme lentement et successivement ; tantôt elle se. manifeste avec une rapidité inconcevable ; l'événement le plus léger suffit quel quefois pour provoquer son développement. I1 n'est pas rare aussi qu'elle survienne sans cause apparente et d'une manière subite. On péut également assurer, d'aprés des observations très-exactes, que le virus trichomatique peut se communiquer par la génération , et qu'après la naissance, il peut restér caché un grand nombre d'années dans l'économie animale, sans pro— duire aucun effet nuisible, principalement lorsqu'on mene une vie régulière et sobre, et qu’on évite tout ce qui porte atteinte à la santé. Maïs si quelques personnes n'en ressentent aucune incommodité notable,
| PLIQUE. | 127 d’autres deviennent la proie des accidens les plus funestes. »
- 155. Tous les caractères extérieurs des pliques, du moins ceux qui sont les plus fondamentaux , semblent se rapporter à trois formes principales. Dans la premuiere, les cheveux s’'agglutinent en se réunissant par méches séparées ; dans la deuxième , ils s’allongent en queues et prennent un accroissement excessif ; dans la troisième enfin, ils s’agglutinent par touffes , par “masses où par pelotons. Ces trois formes primitives ont déterminé M. Albert à n’admettre que trois Espèces de plique, qui se modifient néanmoins , et comprennent chacte quelques Variétés.
Espèce 1°, Plique multiforme, plica caput Meduse.
Plique dans laquelle les cheveux ou les poils se mélent et s’agelutinent par mèches séparées plus ou moins grosses, plus où moins longues , plus ou moins flexueuses , ce qui les fait ressembler à des cordes ; et les a fait comparer à des serpens.
Cette espèce comprend plusieurs variétés , parmi lequelles on distingue surtout : |
1°. La plique multiforme en lanières, plica caput Medusæ laciniata. — Dans cette variété, les cheveux sont divisés par mèches ; mais leurs touffes paraissent comme déchirées.
2°. La plique multüforme en vrilles, plica caput Medusæ cirrhata. Cette plique prend son nom de l'extrémité des mèches , qui se roulent et s’entortillent à la maniere des vrilles qu'on observe dans certains Végétaux. | |
Les cheveux sont séparés et agoluinés en mé-
428 , PHLECMASIES CUTANÉES.
ches distinctes les unes des autres , qui conser<
vent, en s’allongeant, la roideur et la consistance
des cables les plus forts, ou forment des inflexions , | des ondulations analogues à celles des serpens; où
enfin présentent de distance en distance des renflemens ou nodosités. considérables. Dans quelques cas, les mèches vont en diminuarit de calibre; dans d’autres elles augmentent de volume; tantôt elles sont cylin-
driques , tantôt celles sont aplaues. On a cité dans |
quelques ouvrages l'exemple d'un individu qui portait plus de soixante pliques immenses : ces queues descendaient jusqu'au coccyx ; Skummovius prétend les avoir coupées. ë
Si la maladie est grave , les chéveux sont pliqués
jusqu’à leurs racines; si elle est peu intense,‘ils ne,
sont collés que par leur extrémité. Souvent aussi ils
sont divisés vers le milieu de leur trajet, et sont for-
tement agglutinés vers leur base ou vers leur pointe. Il
n’est pas rare de voir, lorsque les symptômes de la
plique mulüforme diminuent , des cheveux sains rem
‘placer des cheveux malades, lesquels. sisolent. et se
séparent de la tête; quelquefois enfin on aperçoit les
cheveux sains-au:travers des cheveux malades, et
l'œil exercé les disungue aisément;
Les pliques peuvent tomber et se remplacer suc |
cessivement ; mais les secondes ne se forment que
lorsque les premieres commencent à se séparer, et lorsque des cheveux nouveaux ont paru. Le journal de
médecine publié jadis par Vandermonde fait mention
de l'épouse d’un bourgeois de Briche qui, parvenue À sa soixante-deuxième année, était affectée dela quatrieme plique depuis l’âge de seize ans. Cette plique
’était tellement amincie à la partie. supérieure de oécniul: lieu de son insertion, qu'il n'était pas difficile de prévoir sa chute prochaine. Une cinquième plique, d'environ trois pouces de longueur, croissait à côté pour lui succéder. On assure que celle qui était sur le point de tomber était longue de quatre pieds, et que sa circonférence , qui était de deux pouces, présentait trois ou quatre nœuds fort larges.
IL paraît que la plique multiforme est plus fréquente chez les hommes que chez les femmes. On l’a observée quelquefois chez les nouveau-nés : ce cas, du reste, est excessivement rare , puisque M. Delafontaine n’a pu re qu'un seul fait de ce genre. L'enfant était né avec trente petites pliques; sa mère et sa grand mère avaient été atteintes de la même affecuon ; il avait eu cinq frères qui tous étaient sétellemnene venus au monde avec les cheveux pliqués.
» Espèce n°. Plique à queue ou solitaire > plca longicauda.
tré dans laquelle les cheveux ou les poils ne se divisent point, comme dans la précédente, en mèches distinctes et nombreuses, mais se réunissent pour acquérir un allongement excessif qui la fait ressembler à une queue de cheval.
Parmi les variétés de la plique à queue ou solitaire, on peut noter celles qui suivent :
1°. La plique à queue ou solitaire latérale, plica longicauda lateralis. — Souvent il en paraît une de chaque côté des tempes; d’autres fois il n’en paraît qu'une d’un seul côté.
2°. La plique à queue ou solitaire fusiforme, plica longicauda fusiformis. ,
130 PHLEGMASIES CUTANÉES.
3°. La plique à queue ou solitaire falciforme , plica longicauda falciformis.
4°. La-phque à queue ou solitaire en massue , plica longicauda clavæformis:
» Espèce mi. Plique en masse , plica cespitosa.
Plique dans laquelle les cheveux ou les poils se mélent, se collent et s’agolomeérent ensemble sans jamais se séparer , au point de n’offrir aux regards de l'observateur qu'une masse informe plus où moins volumineuse , qui surcharge la tête d’un poids énorme.
On peut indiquer comme variétés de la plique en masse :
1°. La plique en masse mitriforme , plica cespitosa calyptræformis. — Gette plique forme sur la tête une espèce de coiffe ou de calotte.
2°. La plique en masse globuleuse , plica cespitosa globiformis.— Cette variété acquiert quelquefois un volume très-considérable, Souvent on ne voit qu'un seul globe, d’autres fois on en remarque plusieurs : ce qui donne à la tête du malade un aspect monstrueux. »
Les justes limites où je dois me restreindre dans un tableau général des maladies internes ne permettent point d’insister 1e1 sur plusieurs objets curieux rapportés dans l'ouvrage de M. A libert, ses discussions relatives à la nature de la plique, à ses causes organiques , ses considérations physiologiques sur les fônctions des cheveux et des poils dans Péconomie animale, ses autopsies cadavériques , ainsi que f’analyse chimique des cheveux et de la matière de la plique ; et je passe de suite à quelques réflexions sur les méthodes employées pour la guérison de cetie maladie,
$ HT. Considérationssur les principes de la méthode é dutraitement des Pliques.
136. « La plique disparaît souvent d’ elle-même, et par la seule puissance des forces vitales. M: A libert cite un cas où des touffes villeuses se détachérent spontanément du cuir chevelu , entraînant dans-leur chute des fragmens d'épiderme. Un:semblable phénoméne se remarque journellement en Pologne , et lorsqu'une plique s’est ainsi isolée > l’homme supersuteux qui la portait va l’enterrer Soigneusementdans le cimeticre, Dans ane pareille circonstance , les secours de lart deviennent superflus : aussi. est-il certain que, depuis fort long-temps, les habitans de la Pologne éprouvent une répugnance extrême à fre guérir la plique. Ils sont accoutumés à l'envisager comme un bienfait du ciel. La plupart ne voient d’autres causes de ce fléau que des influences sydérales qu'il est nécessaire de respecter. Mais une croyance populaire repose quelquefois sur des vérités importantes, L’opinion vulgaire dontil s'agit a dù résulter primitivement des symptômes graves et pernicieux qui ont succédé ; dans quelques circonstances > à la suppression soudaine de la plique. Les hommes n’ont pu voir l’apoplexie, le catarrhe aigu , les spasmes, les convulsions " les douleurs articulaires , les maladies organiques de lout genre, etc., devenir la suite funeste de la rérocession du trichoma > Sans frémir d'avance des MOYENS Curatifs qu’on voulait Opposer à cette SINguhère maladie. |