‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 25 sur 111 · Que faut-il faire quand la plique étend ses · texte numérisé non relu

Que faut-il faire quand la plique étend ses

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ravages, et quand les ressources de la nature sont impuissantes pour les arrêter ? Le premier devoir est, sans contredit, d'examiner alors quelle est l’époque de sa marche à laquelle cette affection est parvenue, et d'étudier ensuite les différentes complications dont elle est susceptible. On adapte le plan de guérison à ces divers cas. En second lieu , les médecins qui sont appelés à procéder au traitement de la plique doivent l’envisager comme le résultat d’une crise nécessaire qui doit s'effectuer par les cheveux, les poils et les ongles. C'est une maladie errante dans l’économie animale , qui peut prendre mille formes variées. Malheur à ceux qui voudraient imtercepter son abord vers ses couloirs ordinaires! Ils doivent, au contraire, le favoriser et l’entretenir.

138. » Traitement interne. La méthode qu'il convient de suivre dans le traitement interne de la plique doit étre absolument analogue à celle qui convient dans plusieurs autres maladies du corps humain : 1] faut observer avec attention la marche régulière de la nature. Puisque cette aflection produit , d’après l'observation, un mouvement salutaire , il est manifeste que la première indication doit tendre à porter son dépôt critique vers la tête. On doit par conséquent , après avoir éliminé, par des émétiques appropriés au tempérament physique des individus , les saburres qui surchargent les voies digestives, exciter doucement la transpiration par des boissons où l’on fait entrer la bardane , la fumeterre , le sassafras ; le gaïac , et autres substances végétales qui paraissent agir d’une mänière spéciale sur les propriétés vitales des exhalans. On a très-anciennement recommandé le lycopodium ;

mais les essais ne prouvent pas que cette plante jouisse d'une grande vertu. Le soufre doré d’antimoine pos— sède, parmi les minéraux , une réputation plus méritée ; et tous les observateurs attestent que, dans le traitement de la plique, il est presque aussi uüle que - le mercure dans la maladie vénérienne. Dés qu'une fois la matière trichomatique a pris la route des cheveux , Ce qui se reconnaît aisément à l'aspect onctueux que prennent ceux-c1, à l'humeur visqueuse qui vient inonder la tête du malade, on continue l'usage des légers sudorifiques , et on y joint l’emploi de quelques infusions ou décoctions délayantes et rafraîchissantes. On met alors en usage des plantes potageres , l’osaille, la poirée, la chicorée sauvage, la laitue, le pissenht, etc. Il faut prescrire des limonades , des boissons d'orge et de miel. Le médecin éclairé sait , au reste , ce qu'il doit employer en pareil cas. Il faut suivre avec une attention éclairée les mouvemens de la fièvre dont le malade est tourmenté ,; la modérer si elle est trop énergique, l’accrottre si elle est trop faible. Quelquefois le dépôt critique s'opère avec violence , et de manière à épuiser entièrement le système des forces. Chez les personnes accablées par l’âge, par le chagrin , Où par d’autres causes énervantes, la crise ne peut s'effectuer par les seuls efforts de la nature. Alors, Sans doute, les médicamens ioniques sont d’une nécessité urgente. De ce nombre doivent être le quinquina, la gentiane, les eaux ferrugineuses, toutes les substances amères , etc. Les bouillons de viandes, les gelées et autres mets resiaurans, ne sont pas moins avantageux. Souvent la plique est compliquée avec la maladie syphilitique. I] importe d’obéir à ces indiça=

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tions nouvelles. Dans ce dérnier cas, les mMeErcurIaux doivent être habilement combinés avec les médicamens vulgairémént usités contre le trichoma.

159. » Traitement externe. Les remèdes externes paraissent Jouer un grand rôle dans le traitement de Ja plique. C'est ainsi que , pour faciliter son éruption ; les médecins ont fréquémunent recours à des fomentations douces'ét émolhentes qui'apaisent l'irritauon du cuir chevelu: D’autres fois." 1l est important de produire un cffét contraire , et'on met en usage des topiques süumulans , tels que dés vésicatoires, des sinapisnies, des emplâtresattractifé dont l’action appelle, en quelque sorte, vers les tévimens de la tête , Le dépôt de là matière trichomatique ; qui né tarde pas à $e déposer dans les cheveux où dans les ongles. M. le docteur Delafontaine fait frotter le bout des doigts avec l'essérice de térébenthine , ou, miéux encore ; Avec une plique frätchéementcoupée ;et qui consérve encore soh éaractère contagieux. Cette opération est très-sou-

PE. | ; : . \ ñ vent suivie d’un plein succes.

140. » Il peutencore arrivér que ces moyens soient imfructueux. H faut examiner alors quels avantages résulteraient dé lappheation du moxa : on l’d'vué réus- Sir dans uné circonstance qui mérite d’être rappélée. Une demoiselle de Moulins était depuis Iong-temps affligée de li plique; elle éprouvait des céphalalgies Ÿ cruelles , qu'on se déterrnina à lui couper les cheveux. Cette opération fut à péine terminée ; qu'il s'écoula de leurs racinés une humeur visqueuse et roussätre, D'une autre part, les cheveux dévinrent tellement sensibles à leur base, qu'au moindre attouchement la malade tombait en défaillance ; elle éprouvait de telles fa=

PLIQUE. 155 tigues dans les jambes, qu'il lui était impossible de marcher. On avait inutilement essayé l’emploi des bains , des lavemens, etc. Dans cet état extraordinaire, on se détermina à appliquer sur les tégumens de la tête plusieurs cylindres de coton. On assure que, le même jour, la jeune demoiselle se trouva infiniment mieux. Îl s'établit une suppuraton abondante qu dura plusieurs mois et-mit fin à tous Îles symptômes. Peu à peu le boursoufflement extraordinaire du cuir chevelu se dissipa ; en un mot, tous les accidens disparurent , et ce fut ainsi que lon parvint à une entière guérison.

141. » Au surplus , si ces moyens, malgré l’éner ge de leur action, ne parviennent point à diriger vers la tête le dépôt de la matière trichomatique , 1l faut pratiquer l’inoculation , d'après l’exemple de M. Delafontaine, Cette Opération s'exécute d’une manière trés-simple. On choisit un malade chez lequel cette affection s’est nouvellement déclarée ; on lui fait mettre, pour quelques heures, un bonnet, dont on couvre ensuite la tête de l’autre , comme moyen de com- Municauon du virus. On répète ce procédé autant de fois, qu’il le faut pour atteindre le but qu'on se propose. Il est avantageux de faire coucher les deux malades dans la même chambre : la matière du trichoma, transportée trop loin et exposée à l’air libre > perdrait son activité.

142. » Peut-on procéder sans péril à la section des pliques ? Cette question à occupé différens pathologistes , et tous ne sont point enüérement d'accord sur cet objet. M. Delafontaine assure qu'il est dangereux de couper une plique à moins qu'elle ne soit déjà

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en parue détachée , et qu’elle ne communique avec les tégumens de # tête que par des cheveux parfaitement sains et nouvellement repoussés. Il veut, en outre , qu'elle ait perdu son odeur fétide et son aspect onctueux. M. Roussille-Chamseru est d’une opinion contraire.

143. » Lorsque la plique n’est point compliquée avec la maladie syphilitique ou le scorbut , ce que l'on reconnaît à la cessation des symptômes graves aprés la crise, Hirschel prescrit les minoraufs , tels que les sels neutres, les diaphorétiques , et spécialement les préparations antimomiales , etc. Le même auteur emploie également ces moyens avant l’éruption du virus trichomatique. Il fait souvent raser et laver la tête SE Veau froide ; il considère ce dermier moyen comme trés-utile , parce qu il imprime de l'énergie aux propriétés vitales du cuir chevelu. Quand les symptômes sont trop graves , .1l recommande l’établissement de cautères , de sétons, afin de diminuer, par une irritation éloignée , le très-grand afflux de la matière trichomatique vers la tête ; il insiste aussi sur les pédiluves , pour remplir la même indication : enfin, lorsque la plique n’est point de mauvais caractère, il la coupe peu à peu , en continuant les remèdes ci-dessus indiqués.

144. » La méthode de Hirschel renferme des vues très-saines ; celle de M. Delafontaine nous paraît toutefois mériter la préférence. On n’entrevoit point en effet quel fruit on peut retirer d’une section prématurée de la plique , puisqu'elle ne contribue ni à dissiper le mal ni à l’apaiser. Il serait tout au plus avantageux de recourir à cette opération, ainsi qu'aux louons

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