‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 27 sur 111 · DARTRES · texte numérisé non relu

DARTRES

« I. Considérations générales sur les Dartres.

146. » Quelle confusion n’offre point cette maladie cutanée , soit par les descriptions inexactes qu'on en avait données, soit par le peu d’accord qui règne à cet égard dans les opinions que s’en sont formées les anciens et les modernes! Lorry, livré à la pratique dans la capitale, avait eu les occasions les plus fréquentes et les plus multipliées de voir cette affection sous les

formes les plus variées, d'étudier ses connexions avec diverses autres maladies , et de la suivre dans ses dif: férens degrés et ses dégénérations ; 1l a consigné le résultat de ses observations dans son savant ouvrage de Morbis cutaneis. Bell a considéré les dartres sous les rapporis qu'elles peuvent offrir à titre de maladie externe : mais il importe maintenant d'exposer le résultat des recherches postérieures faites par M. Albert.

147. Les dartres, dit cet auteur, produisent aujourd’hui des Symptômes et des phénomènes si variés , qu'on les distingue aisément les unes des autres , et qu'elles réclament nécesssirement une méthode de classification ; car si » dans quelques circonstances , elles se montrent à peine sur le système dermoïde, dans d'autres cas elles le recouvrent d'écailles dures , de croûtes épaisses, de pustules tuberculeuses | de phlyctènes horribles | d’ulcères sordides , de gerçures énormes, etc. On en voit qui versent sur des organes voisins une sanie ichoreuse et fétide , qui établissent dans le tissu muqueux des sécrétions vicieuses, des végétations meurtrières » Qui creusent, rongent et con- Sument les tégumens, comme ces insectes avides qui dévorent l'écorce des arbres.

148; Cest surtout au milieu de-cette:-réunion im mense de malades de l'hôpital Saint-Louis, qu'on apprend'à saisir les caractères communs qui lent entre elles les différentes espéces de dartrés. Ces exanthèmes sont, en général, formés par des boutons pustuleux où vésiculeux , environnés d’une aréole rouge , réunis EI corymbe où par groupes, qui enflamment la peau , et provoquent un sentiment de prurit, de tension ou d'usuon. Bientôt ces boutons se rom pent naturellement

DARTRES. | 159 ou artificiellement , et laissent échapper une matière ichoreuse ou purulente, laquelle se convertit en écailles ou en croûtes. Souvent ce sont des cicatrices indélébiles qui succédent à l'altérauion pr -ofonde du üssu dermoïde : enfin la peau est àpre, et présente presque toujours une certaine tuméfactuon au toucher. Les dartres ne sont point, du reste ; accompagnées de fièvre éomme les autres Sr EE dépurateurs : et, dans les parties voisines de leur: ai rt Ja peau conserve s'couleur naturelles: st ea eo

149: Beaucoup de personnes regardent les dartres eomme des affections lécères et de peu: d'importance : $ elles vont même jusqu’à dire que , dans tous les cas, il faut redouter de les enéris parce que leur développement est salutaire à l’économie animale. Mais ne voit-on pas des individus qui en sont atteints languir

éttomber dans le marasme ? Ne voit-on pas les fonctions du corps se pervertir successivement , et préparer de loin la ruine entière des forces vitales ? Parmi les suites funestes de ces affections, la plus à craindre est, sans contredit , l’infiltrauon universelle du ussu Hulaire. M. Albert a observé certains sujets qui, à une époque avancée de l'infection dartreuse, étaient pris d'une toux importune , qui expectoraient un mucus épais et féude , qui étaient tourmentés par un sentiment de suffocation., etc. Souvent, dans ces tristes eonjonctures , les malades se félicitent de ce que leur épiderme s’exfolie en petites lames ; mais ce dépouillement continuel n'indique alors autre chose qu'une ahération profonde et radicale du systéme dermoïde , ét la conversion totale des humeurs en virus herné= tique,

140 PHLEGMASIES CUTANÉES.

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