PHLEGMASIES CUTANÉES
paraît néanmoins occuper un siége d'élection aussitôt qu'elle se développe. La dartre furfuracée altaque de préférence le voisinage des articulations , la face externe des bras et des cuisses , enfin les endroits conüugus aux grandes aponévroses. La dartre squameuse s'établit, au contraire , sur la face interne des extré— mités supérieures et inférieures, dans le pli des coudes et des genoux , dans les oreilles, auprés du vagin ; en un mot, sur les parties près desquelles il s’opére naturellement quelque suintement ou quelque sécrétion. On trouve communément la dartre crustacce sur le üssu graisseux des joues; la rongeante dévore les lèvres, les ailes et la cloison moyenne du nez; la pustuleuse attaque ordinairement le menton , le front, le derrière des épaules ; enfin , l'érythémoïde attaque le dos des mains, le visage , la région sternale , etc.
IT. Traitement des Dartres.
173. Galien est celui des Anciens qui s’est le plus étendu sur le traitement des dartres ; il parle d’un pique compliqué où entrent divers oxydes de cuivre : les cantharides , l’ellébore , etc. Que n’a-t-on point à craindre d’un reméde aussi actif, surtout si on n’a point égard au caractère particulier de la dartre! Fièvre violente , avec un délire furieux , excitée par Papplication d'un vésicatoire au visage d’une personne défigurée par une dartre. Les empiriques, enhardis par les principes des Anciens, ont cherché, par des caustiques, à détruire le siége du mal, en procurant une suppuration d’une bonne qualité ; et ensuite la cicatrice ; mais souvent ils ont produit les maladies internes
PARTRES. 157 les plus funestes..…. Que de degrés intermédiaires depuis la plus simple dartre jusqu’au plus haut degré des lésions internes produit par le vice darireux ! Quelle circonspection extrême ne faut-il pas avoir pour ne pas promettre, dans tous les cas, une guérison certaine !.…. Quelquefois les dartres sont faciles à guérir; d’autres fois elles sont promptes à se renouveler, comme si l'intérieur en était un fonds inépuisable. Avec quelle attention ne faut-il point remonter aux maladies primutives qui les font naître! On trouve des remédes sans nombre contre les affections herpétiques, proposés par beaucoup d'auteurs. Quelques-uns d’entre eux ont été préconisés avec beaucoup de raison, et sont enfin tombés dans l’oubli.
174. Je conviens avec M. Albert « qu'il importe » beaucoup d'indiquer rigoureusement les caractères » spécifiques des dartres , de décrire d’une manière » exacte les phénomènes qui les constituent, d'étudier » séparément leurs attributs , et de recourir à la mé- » thode analytique pour démêler des objets aussi com- » plexes. » Mais ces connaissances peuvent-elles conduire à des règles positives pour leur traitement ? Est-il possible de ramener ces éruptions Cutanées aux vrais principes qui dirigent la gucrison des autres maladies ? Observe-t-on constamment trois temps dans le cours des darires, le temps de la naissance, le temps de leur accroissement et celui de leur déclin ? Des opinions semblables sont sans doute ingénmieuses ; mais si elles sont applicables à certains cas » peuventelles être appuyées sur une majorité 1m posante de faits bien constatés ?