‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 33 sur 111 · J'avoue que j'étais autrefois dans le ravisse · texte numérisé non relu

J'avoue que j'étais autrefois dans le ravisse

158 PHLÉGMASIES CUTANÉ ES.

ment d’une si brillante perspective, que Bordeu avait embellie de tous les charmes de son imagination en l'appliquant au traitement des maladies chroniques en général ; mais une foule de cas où j'ai été chargé ,| depuis plus de vingt ans, de donner mon avis sur des | affecuons dartreuses; tantôt comme ReenEnE princiz k

plus circonspect dans mes prpRIeSSeSS quoique tous jours disposé à reconnaître les succès qu'a obten s M. Alibert. Je suis persuadé comme lui que « l’app = » reil de réaction que la nature déploie dans quelques » cas de darires est propre à rétablir les foncüons dt » système exhalant , et à restituer aux vaisseaux cutas » nés le degré d'énergie qui leur convient, et qu Ï » est à présumer que les mouvemens perturbateur$i » dela fièvre excitent l’action tonique du système der | » moïde , et changent ainsi le type habituel de l'affec#h » tion herpétuque. Un homme de lettres, ajoute-t-ill | » dont la vie était très-sédentaire , était couvert d’ésl » rupüuons furfuracées ; des circonstances extraordié » naires le jetèrent dans la carrière de lambiuon , € » changerent, totalement son régime de vie : au seit » des agitations extrêmes où 1l se trouva , les dartreël » disparurent. » On doit mettre au nombre des cas! très-rares les deux exemples suivans, pris de l’ouvragél du même auteur. Un homme était affecté d’une dartrek pustuleuse mentagre ( Lerpes pustulosus mentagra}} Il essuya des malheurs de commerce qui lui firent contracter des dettes , et entraînèrent sa réclusion. HI eut la fièvre, le délire , et la dartre se dissipa; maïs} il en fut pris de nouveau lorsque ses affaires eurent été | arrangécs. Un fait bien plus rare encore, est celui

DARTRES, 159 d'une femme qui, ayant été frappée de la foudre, fut entiérement guérie d’une dartre squameuse lichénoïde ( herpes squamosus lichenoïides ) dont elle était depuis long-temps attaquée.

176. L’habitude d'examiner et de comparer entre eux les divers genres de dartres, peut faire procéder avec plus où moins de sûreté à leur distribution mé— thodique ; mais je suis bien peu disposé à me servir du terme de certitude , relativement à leur traitement, dans le plus grand nombre de cas: et n'est-ce pas beaucoup encore que de lui substituer le terme de probabilité, en considérant combien peut y avoir de différences dans le même genre, suivant les climats, les saisons, la constitution individuelle , la manière de vivre, et plusieurs autres circonstances accessoires ? Les obstacles à vaincre dans leur traitement opposent d'autant plus de résistance, que les dartres occupent lun plus grand espace sur les tégumens , qu’elles sont plus anciennes, et devenues pour ainsi dire habituelles, ou bien qu'elles sont compliquées avec le scorbut , les écrouelles , la syphilis. Plusieurs faits isolés on rap— prochés semblent indiquer l'efficacité de la douceamére (solanum dulcamara), de la scabieuse ( sca-

biosa arvensis ), de la bardane (arctium lappa), de

da patience (rumezx patientia ), de la fumeterre ( famaria officinalis), du trèfle d'eau (trifolium Jibrinum ), etc. Mais il faut aussi avouer avec candeur que les heureux effets qu'on vient à obtenir, dans bien des cas, sont le produit de l'usage des bains, de l’action de certains topiques, de la marche naturelle de la maladie , où de toute autre cause qui a Concouru avec l'usage de ces médicamens internes. Dans quelques

cas, M. Alibert reconnaît avoir reuré des avantages | marqués du suc de quelqu’un de ces végétaux étendu dans du petit-lait clarifié.

177. Les dartres, quelles que soient leurs ressemblances de forme ou leurs aflinités apparentes, semblent être d’une nature imextricable, puisque les unes peuvent être guéries avec facilité , que d’autres ne. peuvent l'être sans danger, que certaines semblent” s'aigrir par les suites d’un traitement qui paraît sage et méthodique ; qu'enfin d’autres, en disparaissant, entraînent des affections organiques des viscères de l'abdomen ou de la poitrine enuèrement incurables :" c’est là le contraste perpétuel qu'offre le traitement par des compositions mercurielles quelconques, et c’est ce qui résulte du rapprochement d’une foule dew faits observés. Quelle sagesse , quelle retenue n’exigent donc point des cas semblables ! et de quel œil doit-on considérer l’intrépite confiance de l’homme qui pres-w crit aveuglément les mêmes formules de ces méclica-n { mens, et promet une guérison certaine ? Mais l Ex pé-# î rience est bien x favorable à l usage du soufre ; et lors même qu'il s’agit de dartres invétérées et devenues" habituelles, qui ne sont pas susceptibles d’être guéries qu'on l’admimistre à l’intérieur ou à l'extérieur, ons obtient les avantages les plus marqués, sans avoir à" craindre les inconvéniens graves qui sont des suites si fréquentes de l'emploi des autres remèdes. On connaît l'usage heureux qu'on fait contre les dartres , soit des eaux sulfureuses naturelles , soit des eaux factices de Tivoli à Paris, soit d’autres eaux analogues. Mais ausst | que de cas parüculiers, que de complications avec | d’autres maladies, forment des exceptions faciles à

DARTRES. 167 saisir, à l’aide de lexpérience et d’une observation attentive |! On n’a pas besoin de faire remarquer com bien les malades doivent être astreints à un régime doux et régulier. Quelquefois un changement dans la manière de vivre à suppléé à l'insuffisance des remèdes ; et des darires invétérées ont été guéries par l'usage long-témps continué du régime végétal. |

176. L'article des topiques pour les dartres abonde d'autant plus, que c’est un point de communication entre ce qu'on appelle médecine populaire et pur empirisme , et que tout se réduit à des remèdes simples ou à des formes banales, dont le résultat est presque toujours incertain, et le plus souvent nuisible, ou même funeste au malade. Des bains simples ou mucilagmeux peuvent, sans doute, être exempts de ces inconvéniens , ou même adoucir quelquefois un senument d’ardeur à la peau ou bien un prurit dévorant, et, en faisant cesser un symptôme très-incommode, «contribuer, même indirectement, à la guérison de

Vaffection cutanée. Il en est de même des lotions simples, et des fomentations ou des applications de vessies pleines de lait chaud sur des dartres enflamimées ; mais 1l est toujours vrai que l'ingrédient Je plus favorable de tous les topiques , sous quelques formes

qu'ils puissent s'offrir, c’est évidemment le soufre , qui pénètre facilement les vaisseaux.absorbans, et qui paraît le plus adapté au traitement de cette maladie

bizarre , sans faire craindre aucun inconvénient grave, aucune suite dangereuse : de là l'efficacité des bains de vapeurs sulfureuses si généralement préconisés. Ces moyens peuvent être secondés par l'usage de quelque autre remède : mais tous ces détails appartiennent pro-

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