GALE
S I". Considérations générales.
179. La marche le plus souvent suivie en médecine comme ailleurs, est précisément celle qu'il fallait éviter de prendre : la gale en est un exemple. Galien la fait consister dans une humeur mélancolique ; Sylvius, dans un acide corrosif; Van-Helmont , dans un ferment particulier ; beaucoup de modernes, dans une acrimonie de la sérosité et de la lymphe. Après une
foule de siècles, l’objet a été repris où 1l fallait le com- ,
mencer, c'est-à-dire, qu'on a examiné avec soin ce qu'on trouve dans les pustules ; on s’est aidé du microscope , et on a remonté à la vraie cause du prurit : incommode qui fait le vrai caractère de.cetie maladie. Le fruit de cette recherche a été la découverte d’un insecte décrit par Moufflet ( T'heatrum Insectorum)), par Mead (philosophical Transact., année 1702), etc. Wichmann en a fait aussi mention dans un ouvrage allemand publié en 1786, sur V Etiologie de la gale ; eton en a donné une notice, avec figures, dans le Journal de Médecine de Londres, année 1788. Quel moyen plus sûr de fixer les’ vraies notions de la gale, sur laquelle les anciens ont répandu tant de confusion ,
Le
(1) SrNONFMIE. wScabres, SauvAGEs ? VOGEL, SaGar; Psora, laxwæus , Cuicen , Frank, etc.
.GALE, 163 soit pour la description, soit par la différence des dénominations ? L'’insecte qu'on a découvert dans les | pustules de la gale est une espèce de ciron (acarus
scabiei pr “
180. Cette opinion sur la gale à été admise par la plupart des médecins français et étrangers. Guldner, qui a eu occasion de voir cette maladie SOUS toutes ses formes , dans la maison de travail de Prague , a absolument la même manière de voir.
S IL. Zistoire générale de la Gale.
101. Prédispositions et causes OCCasionnelles. La gale peut survenir dans toutes les circonstances de la vie : néanmoins elle attaque plus particulicrement les individus qui sont réunis en grand nombre et qui né
gligent tous les moyens de propreté. Une peau déli-
cate rend le corps plus susceptible d’en être affecté , et quelquefois malgré tous les soins de propreté qu’on peut avoir. Cette maladie survient dans toutes les saisons, mais plus parüculiérement dans celles qui sont froides et humides. Elle est contagieuse , et les
-Vêtemens peuvent se charger de la matière de la con tagion.
192. Symptômes. La gale se manifeste d'abord sur la partie qui a recu l'impression immédiate de l’insecte. On l’a vue quelquefois paraître d’abord aux fesses chez des enfans qui avaient été portés par des gardes atteintes de cette même maladie. Cependant, comme les mains sont les parues les plus exposées aux attou-chemens des personnes galeuses, c’est aux mains et entre les doigis que, pour l'ordinaire , ellé commence
104 bHLEGMASIES CUTANÉES.
à se manifester ; de là elle s'étend plus ou moins sur le corps sans cependant affecter le visage. Apres la partie dont je viens de parler, on lapercçoit le plus ordinairement àd’arüculation du poignet , à celle du coude , au pli de l’aisselle, sur le dos , la poitrine, Vabdomen , vers les aînes, à la partie interne des cuisses, au pli du jarret et autour du talon. On éprouve
d'abord un prurit peu considérable , qui augmente le
soir et lorsqu'on approche du feu ; les pustules qui se développent sont dures à leur base ; leur sommet présente une vésicule très-petite , contenant d’abord une sérosité limpide, puis du véritable pus : elles sont ou solitaires où réunies en nombre plus ou moins grand. Le prurit a son siége dans la pustule même, et est dû 1 l'insecte dont j'ai parlé ci-dessus. Pour pouvoir
trouver et reconnaître cet insecte, 1l faut choisir la |
etite vésicule limpide et transparente.
185. Les lésions, gerçures ou excoriations de la peau , qu'on remarque quelquefois sur les galeux , ne sont que l'effet du frottement violent ou de l'action des ongles dont on s’est servi pour se gratter. La maladie “étend plus tôt ou plus tard sans s’astreindre à des périodes déterminées ; elle se soutient souvent à un degré modéré ; mais quelquefois, par la négligence des objets de propreté et par l'extension extrême du principe contagieux, les tégumens en peuvent être irès-infectés , ou bien l'invasion de la maladie peut se faire quelquefois avec une grande violence : alors veilles continuelles, prurit comme convulsif, maigreur, dégoût des alimens, fièvre lente, toux sèche et prompt dépérissement.