La gale peut présenter des différences dans sa
GALE. 165 forme et dans sa marche : de là ce qu'on appelle communément la gale miliaire et la gale boutonnée. La gale miliaire se distingue en ce que les pustules sont peütes , souvent rapprochées les unes des autres > Sans néanmoins être confluentes : la vésicule, une fois rompue , se dessèche et noircit. Le prurit est insupportable dans la gale boutonnée ; les pustules sont plus grosses , Souvent rouges , confluentes; la vésicule, après s'être rompue, ne se dessèche pas, mais conunue à laisser suinter une sérosité qui se dessèche , et forme une croûte sous laquelle s’accumule le même fluide.
185. La gale ne prend aucune part dans les maladies fébriles ; elle n’a d'autre rapport avec elles qu’une simple coexistence. Cette affection est souvent à crain— dre lorsqu'elle est compliquée de maladies qui proviennent de la suppression de la transpiration ; sa com— plication avec les scrophules cause fréquemment, à quelques enfans et aux jeunes-gens , la gêne de la respiration , une toux sèche , surtout pendant le som meil, On a vu quelquefois la gale occasionner des al. térations diverses de la peau, surtout quand elle est produite par la métastase de la teigne. Les objections qu'on à faites à l'éiologie de la gale , sur les dangers de sa ‘rétropulsion et de la production des affections asthmatiques , des inflammations, des fièvres d’un mauvais caractère, peuvent être résolues par la seule considération que les. cirons sont quelquefois trésmultipliés à la surface du corps , au point que leur irritaton détermine alors un tel afilux d’humeurs x qu'en se bornant à de simples répercussifs , la suppression subite de cet état occasionne des lésions des
LA
16G PHLEGMASIES CUTANÉES.
viscères, de même que lorsqu'on supprime un exutoire.
186. Une dissertation particulière qui a été l'objet d’un acte public aux écoles de la Faculté de Médecime (Essai sur le diagnostic de la Gale, sur ses causes, etc., par M. Galés. Paris, 1812) renferme des détails curieux , non-seulement sur les divers auieurs qui ont traité, de cette maladie cutanée, mais encore sur son diagnostic, sur ses causes , et sur les inducüons médicales pratiques qu'il est naturel d’en urer.
187. « La forme et le siége des pustules de la gale, le prurit vif et ardent qu l'annonce et l'accompagne ; sont, dit M. Galés, des signes auxquels un médecin exercé ne peut manquer de la reconnaître. Mais ce qui distingue essentiellement cette maladie de toutes celles qui ont avec elle quelque ressemblance, c'est ce caractère de persévérance en vertu duquel elle s'étend plus tôt où plus tard , sans s'assujetiir à des périodes déterminées ; c’est cette succession sans bornes d'érupions semblables sur une surface toujours plus grande, que présente la même affection si elle n’est combattue, et qui dénote Paction répétée ou la reproductiornt d'une même cause ; c’est ce caractère local qui la circonscrit si manifestement au système de la peau , que les autres organes n’en sont que consécutivement et sympathiquement aflectés, et qui indique la nécessité d'un traitement local et de l'emploi des topiques; c’est enfin ce principe contagieux dont le transport, linvasion et le développement, plus où mois prompis, Jui
Ôtent tout rang dans les maladies fébriles, et ne per- | mettent pas de la regarder comme le résultat d’une dé-
pravalion humorale sourdement et lentement pré parée.