‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 36 sur 111 · GALE · texte numérisé non relu

GALE

Sous ces rapports, les considérations sur le diagnostic de la gale tiennent particulièrement à l'exploration des causes de cette affection. »

188. M. Galés, après avoir rapporté les notions plus ou moins exactes que divers auteurs avaient données du ciron de la gale , ajoute : « Enfin Linné parut, et, le premuer , 1l indiqua les caractères d’après lesquels on pourrait, en tout temps et en tous lieux È reconnaître les insectes d’une manière certaine. 1 /insecte de la gale fut rangé par le célèbre Suédois dans la classe des aptères (aptera ), et dans le genre des mities ou cirons ( acarus ). Il lui donna le nom d’acarus humanus subcutaneus , puis celui d’acarus scabiei ; mais postérieurement , ayant cru trouver une ressemblance complète entre celui-ci et la mitte ou ciron du fromage et de la farine , il les réunit comme variétés l’un de l’autre. Cette erreur, sur laquelle ce grand naturaliste ne revint pas , fut corrigée par Geof-

froy , par De Geer, et par tous les entomologistes qui

leur ont succédé. Voici la description que Linné a donnée d’abord de ce ciron : « Ilest, dit-il, trés-petit , » à peine de la grosseur d’une lente , de forme un peu » arrondie : sa tête n’est presque pas visible ; la bouche » etles pattes sont rousses ou jaunâtres ; le ventre est » ovale ; de couleur aqueuse , garni sur le dos d’une » double ligne en croissant, ou de deux lignes cour- » bes brunes. — Il fait sa demeure sous la peau hu-

» maine, où il cause la gale. Dés qu'il a produit une

» vésicule , il s'éloigne un peu en suivant les rides » de, la peau ; il s'arrête de nouveau , et fait . » démangeaison. Un observateur exercé peut le dé- » couvrir à l'œil nu sous l'épiderme, et il est facile de

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» l'ôter avec une épingle. Quand on le place sur l’on- » gle, il ne se remue presque pas d'abord; mais si on » le réchauffe avec l’haleine, 1l se met à courir avec » une extrême vitesse. »

M. Galés, après avoir fait connaître par quels progrès successifs les divers naturalistes sont parvenus à la détermination de cet insecte , expose ensuite le résuliat de ses propres recherches. Je rapporteral 1C1 Ce passage curieux de sa dissertation.

189. « Muni d’un bon microscope, je CONIMENCaI, dit-il, mes observations le 26 mai (an 1812), et je les ai continuées journellement depuis cette époque , profitant de la facilité que me donne pour cela mon séjour à l'hôpital Saint-Louis, où il entre tous les deux jours de nouveaux galeux. Dès le premier jour, j eus occasion de vérifier l'observation de Linne et de De Geer , qui disent que le ciron de la gale , Ôôté de dessous l’'épiderme , reste d’abord sans mouvement. Je

placai sous le microscope , dans un verre de montre, |

une petite goutte d'eau distillée, et dans laquelle je m’assurai préalablement qu'il n'y avait aucun animalcule visible ; je délayai dans cette eau , avec la pointe d’une lancette , le fluide exprimé d’un bouion de gale que je venais d'ouvrir : mais ce fut en vain que Je scrutai de l’œil le plus attenuf toute l'étendue de la liqueur ; pendant plus de dix minutes je n’y pus découvrir que des ombres informes , et dont aucune ne

ressemblait à quelque chose d'animé. Le même petit.

appareil, préparé dans deux autres verres , ne m'offrit

La de plus. J’allais terminer la séance, presque reuté de mon peu de succès, quand l'idée me vint de

remettre sous le microscope et d'examiner de nouveau |

GALE. 169 le fluide contenu dans le premier verre, qui, depuis le moment que je l'avais retiré, était resté exposé à la chaleur du soleil. Je.fus alors agréablement surpris de voir un insecte vivant, qui remuait vivement les pattes , cherchait à se dégager de l’espèce de vase où il était embourbé , et qu bientôt, parvenu dans Îa parüe limpide de la liqueur, montra si distinctement toutes ses formes , qu’un des témoins de l'observation en dessina sur-le-champ la figure d’une maniere trésressemblante. Je présumai que, paralysé par la fraîcheur de l’eau , le petit animal n'avait pu d’abord faire aucun mouvement pour sortir de la matière purulente où il se trouvait plongé, et qu'il avait eu pour cela besoin d’être ranimé par la chaleur. Dès ce moment, j'aieu

soin de faire tüédir de vingt à vingt-quatre degrés l'eau

dont je me sers dans mes expériences. [usage de l’eau ainsi tiédie est presque toujours nécessaire, sans considérer si le fluide exprimé du bouton qu'on explore est tout-à-fait limpide ou plus ou moins purulent; car la température de l'air atmosphérique est presque toujours de beaucoup moins élevée que celle dans laquelle J'insecte vit habituellement sous l’épiderme. » Une autre précaution à prendre pour trouver plus sûrement l’insecteest d'explorer préférablement les plus peuis boutons , ceux dont la sérosité est la plus Him pide , et qui sont le siége de la démangeaison la plus vive. L’insecte s'éloigne de la vésicule peu de temps après lavoir produite : 1l faut le surprendre avant sa retraite. Ce moment du premier développement des boutons est difficile à saisir ; 1l a le plus souvent lieu pendant la nuit : l’irritation extrême du derme, et l'acion des ongles avec lesquels les galeux s'écorchent en

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cédant au besoin irrésistible de se gratter , font passer » rapidement les pustules de l’état séreux à l’état puru- | lent ou croûteux. J'ai pourtant rencontré nombre de fois de ces insectes vivans dans des pustules tout-à-fait purulentes, et même dans des croûtes galeuses , quand le dessous était encore humide ; pulvérisées, elles ne présentent le plus souvent que l’image d’une ago lomération de cadavres d'insectes, dont la forme quelquefois est encore aisée à reconnaître.

» Lenombre des individus cirons vivans que j'ai observés Jusqu'à ce Jour monte à beaucoup plus de trois cents. Tous m'ont constamment offert la même forme, à la grosseur prés, et à l'exception du nombre des pattes, qui est tantôt de six , et tantôt dehuit : j'aurais été tenté de prendre cette derniére différence pour un indice de la différence de sexe, s1 les observations de Leuwenoek sur d’autres espèces , confirmées depuis par De Geer et d'autres sur cette derniére, ne m’eussent ap pris que cette augmentation du nombre des pattes dépendait du plus grand développement de individu. Ce n’est qu'après en avoir observé cent quatre-vingt trois que j'ai commencé à en rencontrer dans cet état de parfait accroissement. La différence de grosseur entre le petit ciron et l'adulte est frappante. J'en ai vu un, mas nn seul, à neuf pattes bien distinctes, ce que je regarde comme une monstruosité. »

$ ITT. Yraitement de la Gale.

190. On trouve dans l'ouvrage de Lorry sur les maladies cutanées , tous les remèdes compliqués employés par les anciens et par quelques modernes pour

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