‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 37 sur 111 · GALE UE · texte numérisé non relu

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la guérison de la gale. H est facile de voir que, lors-

qu’elle est récente , on peut néghger les moyens in-

ternes , et se borner à des frictions propres à faire périr > P Ë

les insectes qui propagent cette maladie. Les différens

onguens où entre le soufre ou le mercure , des ablu-

tons ou des bains avec des eaux alcalimes , de simples : # :

ablutions avec la décocüon de tabac , etc. , peuvent

alors produire la guérison la plus complète. Parmi les

traitemens les mieux constatés de la gale, on ne peut que rappeler celui dont les essais ont été faits à Sant- Denis , et dont le résultat est consigné dans les Hémoires de la Société royale de Médecine , année 1786. La méthode en avait été proposée par Quiret, et elle consiste à faire des frictions avec une pommade où entre le soufre sublimé, combiné par la coction avec un jaune d'œuf. Le rapport des Comnussaires nommés par la Société fut rédigé par M. Hallé. Ia marche expérimentale qu’on a suivie dans ces essais est digne de servir de modele.

191. Lorsque la gale était simple, Guldner ne prescrivait que des remèdes extérieurs , et il ne faisart faire que des fricuons avec la pommade de soufre :

par ce seul moyen, cette affection cutanée état gué—

rie dans l’espace de sept à vingt-un jours. Ceux qui

avaient la langue chargée ; la bouche amère , un défaut d’appéut, et d’autres signes d’embarras gastri-

que, prenaient d’abord un vomitif, et immédiatement

après on recourait à l'usage des frictions avec l’onguent de soufre. ( 192. Toutes les préparations qu'on recommande ordinairement pour disposer à la cure radicale de a gale sont, comme lobserve Guldner , imutules et per-

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nicieuses ; elles ne sont communément autre chose que des a qui fatiguent plus ou moins. En général , tant que le PE sr » à l'éruption près, reste dans le même état où 1l était. avant la contagion , on ne doit considérer la gale que comme une affection lo cale , et alors on peut, sans inconvémient , ne faire usage que des remèdes extérieurs. Mais si , apres que l'éruption s'est manifestée , on aperçoit des signes de lésions internes , il est alors nécessaire de joindre à ces remédes l’usage des moyens internes appropriés à l’état général de l'individu. Ce n’est aussi qu'avec prudence que l'on cherche à guérir la gale lorsqu'elle est ancienne , quoiqu elle soit alors locale.

193. M. Galés, après avoir fait les réflexions les plus judicieuses sur les anti-psoriques les plus connus, comme les lotions de tabac , les onguens mercuriels , le liniment ammoniacal , l’eau de Goulard , la quintescence anti-psorique de M. Metiemberg , la décocüon anüu-psorique de M. Ranque, etc. , passe à l’exposiion de la méthode de iraitement qu'il a cru devoir adopter , et qui est confirmée par les expériences les plus répétées à l'hôpital Saint-Louis. Le soufre , qui, depuis un temps immémorial , a été employé contre cette affection, et qui réunit au degré le plus éminent efficacité et l’innocuité , est la base de ce traitement.

194. « Les formes différentes sous lesquelles le soufre s'admunistre sont, dit-1l, peu nombreuses. Sa grande expansibilité fait qu'il peut produire l'effet desiré , lors même qu'on ne l’applique que sur quelques partes de la peau. M. le professeur Chaussier se borne à faire frotter la paume des mains avec une pincée

GALE. 173 de poudre très-fine , où, sur quatre parties de fleurs de soufre, 1l entre pareille quantité d’acétate de plomb sec (litharge) porphyrisé , et moitié de sulfate de zinc { vitriol blanc). Le plus souvent le soufre fait la base des onguens dans lesquels on lui associe quelque autre substance propre à en rendre les effets plus certains et plus prompts. C’est ainsi que, dans la pommade de Quiret, on le combine par la coction avec le jaune d'œuf, et que, dans d’autres, on Jui adjoint le muriate de soude décrépité , ou , comme le prescrit M. le professeur Richerand, le muriate suroxygéné de mercure. * 195. » Aux frictions sulfureuses on joint quelquefois l’usage interne du soufre, « non pas, dit Pringle, » dans la vue de purifier le sang, mais pour en ré- » pandre plus sûrement les vapeurs à travers la peau , puisqu'on doit être porté à croire que-les animal- » cules sont quelquefois si profondément enraci- » nés, qu'on ne peut les détruire totalement par des » frottemens externes. » [odeur que le soufre , pris intérieurement , donne à la sueur prouve qu'il agit à Ja manière indiquée par Pringle. Quand on l’administre ainsi à lgérieur , on doit se es de lui donner pour véhicule les alcooliques : c’est une pratique dangereuse , dont Morgagni cite de tristes effeis (Ep. 55).

106. » Tous les onguens dre ont l’inconvémient de tacher le linge, et de rebuter par la mauvaise odeur et la malpropreté qui en accompagnent inévitablement l'usage.

197. » Puisque le soufre en vapeurs ne guérit la gale qu en détruisant linsecte qui la produit, la manière a plus eflicace de l'administrer ne serait-

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ce pas en. fumigations ? J'en ai fut l'épreuve avec succés. Le 2 juin, deux malades furent pour cela confiés à mes soins à l'hôpital Saint-Louis. Le premier était horriblement infecté de gale, continuellement tourmenté d’une démangeaison ardente qui luôtait le sommeil , et par conséquent tombé dans un état effrayant de magreur : 1l avait, depuis dix-huit mois, épuisé sans succés toutes les recettes qu'on lui avait

indiquées. Chez le second , la maladie était beaucoup

moins ancienne , Sélloure trés-intense , et de plus compliquée de jaunisse. Sûr de l’innocuité du procédé , je l'appliquai avec confiance à ces deux sujets. Je fis chauffer le lit avec une bassinoire , sur le feu de laquelle j'avais jeté une demi-once de soufre mélé avec deux gros de nitrate de potasse. Le malade se coucha nu; et fut calfeutré avec ses couvertures au= tour du cou et au-dessus des épaules, de manière que la tête seule resta libre ;. le Hit fut tout autour exactement borde : le corps se trouvait ainsi tout entier

exposé à l’action de l'acide sulfureux , dont les poumons étaient en même temps garanus. [’effet de la première fumigation , sur les dagilides , fut de leur rendre le sommeil , dont le premier était depuis long-tems privé : endormis à huit heures du soir , ils n'étaient pas encore réveillés le lendemain matin à pareille heure : le moment de leur plus grand tourment avait été pour eux celui d’un parfait repos , ce que j'attribuai à l’asphyxie dont le plus grand nombre des insectes durent être simultanément frappés. Je fus bien plus amplement confirmé dans cette idée par la diminution notable qu offrirent dès le lendemain l'éruption et le prurit, dininogon qu dès ce moment

GALE. | 175 fat si rapide, qu'après sept fumigations, ces deux symptômes étaient devenus tout-à-fait nuls. Les malades alors se regardaient comme parfaitement guéris ; néanmoins , dans la crainte que l’action du soufre n'eût fait périr que les cirons vivans, et que les germes déposés dans les cavités du derme, venant à éclore, ne renouvelassent le mal ; j'ai poussé le traitement jusqu'à douze fumigations pour l’un, et à quinze pour l'autre. A la fin du traitement , il ne restait d’autres traces de la maladie qu'un peu de rougeur sur les parues de la peau qui avaient été le plus profondément ulcérées. Le malade affecté de jaunisse fit usage de ti sane de patience émétisée pendant tout le temps que durèrent les fumigations : quand je les fis cesser, l’ictére avait presque entièrement disparu.

198. » Encouragé par ce premier essai , j'ai appliqué le même traitement à quinze autres galeux d'âge, de sexe, et de tempérament différens : ious ont été radicalement guéris dans l’espace de sept à quatorze jours : dans tous, comme dans les premiers , le rétablissement de la santé s’est manifesté par l’amélioration du teint et le retour du sommeil , de l'appétit et de la gaîté. |

199. » Les sueurs produites par les fumigations diminuaient graduellement d’elles-mêmes dans la même proportion que la maladie : je m'en suis assuré par l'observation la plus assidue et par le témoignage des malades. Ce procédé paraît donc porter avec lui méme le moyen de prévenir les accidens qui peuvent résulter des phlegmasies de la peau trop brusquement

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