‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 43 sur 111 · ORDRE SECOND · texte numérisé non relu

ORDRE SECOND

PHLEGMASIES DES MEMBRANES MUQUEUSES, $ 1%. Considérations générales.

226. OO ne peut assez rappeler (Ord. III, CI. Free, ) le dégoût et l’aversion naturelle qu'inspirent à un esprit exact certains mots pris d’une médecine humorale , qu'on répète sans fin depuis des siècles sans leur attachèr aucun sens précis! et qu'on retrouve sans cesse dans les livres, non moins que dans les explications scientifiques des gardes-malades : tel est le terme de pituite sur lequel Galien et ses serviles disciples ont tant fait jouer leur imaginauon brillante. Borellus £ Bellini, Lower, etc. , assimilent la pituite à la lymphe. Lyster, dans un long Trané ( de Humoribus) , cherche à établir leurs différences , bien moins d'aprés Vobservation et l'expérience , que d'après des divagaons scolastiques. Mais jamais on ne vit une profusion plus vaine et plus pédantesque d’érudition sur les maladies pituiteuses Ou catarrhales , que dans l’ouvrage de Schneider, qui, versle milieu du dix-septüième siècle, a consacré cinq vol. in-4° (1) à développer sa doctrine sur les catarrhes en général et en particu= lier. On peut juger de la marche embarrassée de cet auteur et de la frivolité de ses recherchés , par les ob-

a D 5 3 Dr © DE (1) Conradi Victoris Schneideri , ete. > de Catarrhis. Wittembergæ , anno 1672.

jets qui sont traités dans le premier volume , savoir l'origine du catarrhe, qu'il fait toujours dériver du cerveau , la considération des ventricules du cerveau , de la glande pituitaire , de la selle turcique , des trous de los ethmoïde , etc. , comme n'étant point propres à frayer un passage au catarrhe. Il discute même gravement si la tête doit être comparée à un chapiteau d’alambic propreäaturer les humeursdu reste du corps.

Mais sans perdre le temps à parcourir cette longue vacillation d'opinions ou d'erreurs, cherchons à déterminer , par des faits observés, ce qu’on entend par inflammations pituiteuses ou plutôt muqueuses , en nousélevant toujours aux fonctions organiques des parües, et en faisant considérer en sous-ordre , et comme un objet passif , la maüère de la sécrétion : c’est un ordre naturel de maladiesles plus diversifiées, et pour lesquelles la méthode que j'ai introduite dans la distribution des phlegmasies offre le plus grand avanlage. | 227. Lesmembranes muqueuses prennent leur nom du fluide dont elles forment la sécrétion, et qui les lubrifie habituellement ; elles tapissent d’une part les voies aériennes et alimentaires , et de l’autre les voies génitales et urinaires. La première portion , appelée gastro-pulmonaire , recouvre l’intérieur de la bouche et des fosses nasales, la face interne des paupiéres et antérieure de l'œil, l’intérieur des voies lacrymales , les conduits excréteurs des parotides , des glandes sousmaxillaires du pharynx, de Ja trompe, du tympan et de l’oreille externe, la surface interne des voies aériennes, celle de l'œsophage , de l'estomac, du

duodénum , des intestins grêles et des gros intestins !

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l'intérieur des canaux pancréatique , cholédoque , hépatique, cystique et de la vésicule bihaire. L'autre portion, appelée génito-urinaïre, revêt la surface interne de lurètre, de la vessie , des uretéres , de l’in-

térieur des reins, ainsi que des tubes excréteurs de la

prostate, des vésicules spermatiques, des canaux dé-

#érens; chez la femme, elle tapisse l’intérieur de la]

vulve, de l'utérus et des trompes utérmes. Ces deux portions sont tellement indépendantes l’une de autre, que la ‘première est souvent affectée dans toute son étendue sans que l'autre parucipe à cette altération , comme je l'indique moi-même ci-après , par l'exemple de certains catarrhes.

228. Ces membranes , d’un côté sont adhérentes à un tissu cellulaire très-dense dont elles empruntent leur force , et qui les unit le plus souvent à des plans musculeux ; de l’autre côté, elles sont lisses, vileuses, et.présentent des rides dont les unes sont inhérentes

au tissu soujacent, et se rencontrent dans l’état de! relâchement comme dans celui de contraction ; les

autres, uniquement formées par la membrane mu-

queuse , se rencontrent également dans ces deux états |

différens, et paraissent dépendre de lPétendue plus srande de cette surface , relativement aux üussus sou

jacens : les troisièmes enfin ne se remarquent que |

dans l'état de contraction de cés membranes. Cetie face est par-tout en contact avec des corps étrangers, soit qu'ils n'aient pas encore été assimilés, soit qu'ils soient le produit de différentes excrétions; elle souffré

impunément l'application des substances qui, intro= |

duites dans d’autres sy steémes » pr oduiraient inévitable= | ment l’inflammation et la suppuration ; elle est aussi |

suscepuble d’être exposée au contactde l'air sans en être ahérée , comme on le voit dans les chutes de l'utérus , | du rectum , etc.

Ces membranes sont composées d’une couche plus OU moins épaisse qui forme leur üssu, d’une grande quantité de petits prolongemens qu'on nomme vi/losités ou papilles, d’un épiderme , de glandes et de

Vaisseaux de différentes sortes. Le üssu muqueux à ‘un aspect mollasse et spongieux ; c'est à Jui que les membranes muqueuses doivent leur épaisseur, leur | forme et même leur nature : son épaisseur varie dans différentes régions; elle augmente dans les maladies, dans l’état de contraction, et diminue dans celui de relâchement ; sa mollesse est tres-marquée dans les poruons situées profondément ; aux différentes origines, elle est remplacée par un üsst serré et plus voisin du corion É | portion que s'élèvent les boutons varioleux. Les papilles muqueuses s'apercoivent très-facilement à lorigine de ces membranes, sous les lèvres » le gland : plus profondément on ne voit que des villosités ; elles paraissent essentiellement nerveuses ; elles différent entre elles par leur longueur, leur rapprochement ou leur isolement : leur forme paraît être pyramidale, L’eépiderme muqueux est très-distinet à l'origine de ces membranes, sur les lèvres, l'intérieur de la bouche , le pharynx, les fosses nasales , l'anus, le gland , à l'entrée de luretére ; SON existence est démontrée par la desquamation » la dissection, l’ébullition, la macération et l'application des épispastiques ; sa finesse est telle, que les phénomènes galvaniques ont lieu sur les parties qu'il recouvre j Sa nature est la même que

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celle de l’'épiderme cutané; il est sujet aux mêmes affections que ce dernier; il s'amincit à mesure que les membranes muqueuses sont situées plus profondément , et finit par ne plus être percepuble : c'est ainsi qu'on n’observe point de desquamation dans lintérieur de l'estomac , des intestins; que la dissection , l’ébulliion, la macération et l'application des épispastiques ne peuvent le soulever sur ces parties. Les membranes rejetées dans les empoisonnemens par l'acide nitrique ne paraissent être que des escarres du tissu , détachées par la suppuration qui s'établit audessous.

20. Les glandes muqueuses sont situées dans l'épaisseur où au-dessous de la membrane ; elles sont très-apparentes dans les bronches, trés-peu dans la vessie et l'utérus ; elles sont ordinairement arrondies , mollasses , vasculaires, laire dense, plus où moins volumineuses et rapprochées ; elles sécrètent une humeur mucilagineuse

: nveloppées par un ussu cellu-

qu’elles versent par des trous imperceptibles. Ce mucus est tantôt limpide et ténu , et d’autres fois plus visqueux et plus consistant ; il varie dans les différentes parues ; 1l est peu abondant là où existe l’épiderme

muqueux, en très-grande quantité dans les points qui

paraissent en être privés : sa quantité est augmentée par la présence des corps étrangers ; dans l’état de phlegmasie , sa sécrétion est d’abord supprimée, puis

augmentée et modifiée : son accumulation détermme

e ? e a un sentiment pénible, la toux, les nausées , etc.

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