‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 51 sur 111 · Lorsque la maladie est trés-violente , l'inté · texte numérisé non relu

Lorsque la maladie est trés-violente , l'inté

ANGINE GUTTURALE CANCRENEUSE. 25%

rieur des narines paraît d’une couleur rouge et presque vide ; un ou deux jours aprés, il découle une sorte de sanie putride et corrosive , d’abord limpide, puis peu à peu plus consistante, qui excorie les parties avec lesquelles elle est en contact ; Suriout chez les enfans faibles et d’un âge tendre. Il est probable qu’une partie de cette matière âcre recne dans le conduit alimentaire produit des excoriations où même des ulcérauons qui durent plusieurs semaines , €t finissent par amener un état de consompuon. Il peut enfin survenir dans cétte maladie, comme dans les fièvres adynamiques, des hémorrhagies par le nez, la bouche ou l'utérus, qui deviennent dangereuses et même funestes. |

282. Différence d'avec les autres angines. Cette différence se remarque par celle des personnes qui en sont attaquées ordinairement, par la marche de cette maladie et le caractère particulier de ses symptômes , et enfin par sa terminaison.

283. Le mal de gorge gangreneux attaque les enfans , et plus particulièrement le sexe féminin. Si les adultes en sont attaqués , c’est ordinairement en com muniquant avec des enfans, ou bien par les suites d’une consuütution faible et infirme » Où bien après quelques excès ou une évacuation immodérée. Au contraire , l’angine commune ou inflammatoire tonsillaire est plus particulitre aux hommes robustes , sains et vigoureux. Les maux de gorge gangreneux commencent , comme Ja premiére, par un frisson ; mais 1l s’y joint, en peu d'heures , des nausées, ou les vomissemens , ou la diarrhée et une grande doueur de tête ; la maladié est évidente 4 survient avec

cela une rougeur vive de larrière-bouche, avec des ulcérations ou des escarres : la rougeur de la peau du visage, du cou, de la poitrine et des mains est un autre caractère distincuf de la maladie. Le mal de gorge ordinaire est une affecuon locale qui augmente. en avalant les liqudes ; celui qui porte le nom de. gangreneux attaque. toute habitude du corps, et l'affection de l’arriére- bouche ne constitue qu’une parte de la maladie , qui d’ailleurs est marquée par. une tendance ‘particulière au délire, ce qui n'a pas lieu dans l'ange ordinaire, dont la terminaison s'opère d’ailleurs par résolution, par suppuration , Où par une induration squirreuse. Dans le mal de gorge gangreneux, aucune de ces circonstances n’a lieu, puisqu'il se termine par une ulcération superficielle de quelques parues de l'arrière-bouche , si la maladie est très-bénigne , sans presqie aucune apparence d'escarre ; et , si elle est à un degré plus violent, avec des escarres étendues et profondes , d’une couleur cendrée, livide ou noire. Enfin, un des caractères distincufs de la même maladie est l'accroissement constant des symptômes par la saignée , les purgatifs ou les rafraichissans , méthode qui produit toujours des efleis favorables dans les cas d’une affection inflammatoire légiime , si on l’emploie de bonne heure et avec perséyérance.

SIL. Traitement del Angine gutturale gangreneuse.

284. Si on est appelé au commencement , pendant que les nausées ou le vomissement continuent , On secondera cette évacuation en donnant une infusion de thé, de fleurs de camomille, de chardon , ou quels.

ANGINE CUTTURALE GANGRENTUSE. »bj ues grains d’ipécacuanha, Si les syniptômes ne cé dent point à ces moyens, on ajoute à une infusion aromatique la sixièmé parüe de vin de Portugal , qu'on donne à doses répétées, en ÿ ajoutant , de six en six heures, une potion tonique agréable. Dans cette maladie, il faut surveiller avec soin la diarrhée, car ordinairement elle cesse, ainsi que le vomissement, dans moins de douze heures à compter de l'invasion : si elle continue plus long-temps , 1l faut chercher à l'arrêter Le l'usage dés cordiaux et des ar oMaliques , pour prévenir la perte des forces. Quelquefois l'usage inconsidéré d’un lazatif ou léger cathartique, en fui sant disparaître la coulèur rouge de la peau , a amené un grand danger. Un autre symptôme qui est très à craindre et qui en est le suite , est une exiréme pro- stration des forces, avec une chaleur vive et un pouls tres-déprimé , ce qui exige aussi l’usage des cordiaux comme dans le traitement des fièvres adynamiques. C’est d’après ces principes que le docteur Fothergill a prescrit un libre usage du vin mélé avec le thé, l'eau d'orge, le gruau, la panade, Le sagou, l’eau de poulet et autres substances semblables. Il a fait aussi appliquer avec avantage les vésicatoires sur di verses parues, comme 1l est facile de le présumer. 285. Le traitement local des parues affectées demande aussi un soin particulier. Si la maladie est très-bénigne , on n’observe qu’une ulcération superficielle peu Enportante. Un autre degré de la maladie est marqué par une pel Iicule mince, pâle et blanchêtre; elle devient épaisse, opaque et d’une couleur cendrée , dans nn degré encore plus avancé. Le cas est encore bien plus grave si les parties affec- H: Gt 17

258 PHLECGMASIES DES MEMPRANES MUQUEUSES.

iées ont un aspect livide ou noirâtre : c’est alors une escarre gangreneuse réelle qui, en tombant, laisse à découvert une ulcération plus où moins pénétrante et profonde. Quand la tendance à une dégénération | gangreneuse est arrêtée, ces escarres se détachent d’elles-mêmes, ou on doit seconder leur chute par. des moyens convenables, mais sans employer les instrumens, car elles se reproduisent aussitôt, et la maladie n’en devient que plus grave. Il est évident qu’on doit attendre un grand avantage de l’usage constant des gargarismes sümulans ( Matière médicale de. Schwilgué ) , pour entraîner au dehors la matière des sécrétions dela bouche, ainsi que le fluide infect que donne l’ulcération. On doit faire succéder des gargarismes excitans et anti-septiques pour prévenir les progrès de la gangrène et pour déterger l’ulcéraüon putride qui a lieu. Il est important aussi, dans le même but, et afin d'empêcher les liquides infects d’être transmis à l’estomac et aux intestins , de faire avec une peute seringue des injections dans la bouche. Îl est d’ailleurs superflu d’insister plus long-temps sur le traitement interne , qui se rapporte entièrement à celui des fièvres adynamiques ou ataxiques.

ANGINE TRACHÉALE (1).

$ ET. Considerations générales et Histoires particulières.

286. Un esprit exact est loin d’être satisfait des notions ee sur cette maladie dans les auteurs.

(1) SrxoNrmIE. Cynanchetrachealis , SAuvaces , CULLEN ; Cynanche laryngea , Ever, etc.; Angina interna , Tocrius. À

ANGINE TRACHÉALE, 259 Les descriptions générales fourmillent : mais à peine trouve-t-on quelques observations parüculières ; et celles que les auteurs ont rapportées sont la plupart si incomplètes, qu’elles ne peuvent donner une idée précise de cette maladie. Parmi les observations mulüpliées tracées par Van-Swiéten ( Constitutiones epidemicæ), il y en a deux qui paraissent relatives À J'angine trachéale , et je vais les rapporter. Une personne âgée de cinquante-six ans éprouve, sans cause connue, une douleur subite d’abord au côté droit : ‘puis au milieu de la gorge. Le lendemain , élévation du larynx douloureuse, voix rauque ; le fond de la gorge paraît à peine enflammé, la langue est blanche ; le soir , déglutition difficile, parole génée et presque insonore ; deux déjections alvines provoquées par la manne. Le troisième jour, difficulté extrême de respirer dans une position horizontale » Orthopnée, déglutition impossible, mouvement de fièvre ( vapeurs de sureau , etc., dirigées vers la gorge, pédiluves, davemens avec du lait ). Le quatrième jour, nuit meilleure , respiration plus facile, déglutition moins génée , pouls fréquent, peu dur, égal ( saignée ; roob de sureau et nitrate de potasse ); le soir, même état du pouls, déglutition facile, continuation du mouvement fébrile. Le cinquième, pouls plus faible, respiration facile, langue humide , urine trouble ; le soir , respiration trés-gênée , fièvre assez forte , pouls plein etdur , urine rouge. Le sixième, nuit médiocre; le matin, déglutition assez facile, respiration encore un peu génée ( eau d'orge nitrée, etc. ); le soir, respiration laborieuse, pouls moins vite et un peu faible, douleur aux hypochondres et à l'estomac ; Surtout

lorsque le malade veut se coucher sur lun ou suf

l'autre côté (émulsion avec le sirop diacode). Le $ sepuième jour, même douleur aux hypochondres, à la- 4 quelle le malade est d’ailleurs un peu sujet en santé ; # urine rouge ; état du pouls, de la respiration et de la langue comme le jour précédent ; constipation , respiration plus facile dans une posiuion verücale (décoction : des cinq racines avec du miel et du sulfate de potasse); le soir, sueur ( lavement et potion avec le sirop dia- » code), urine rouge. Le huitième , déjections alvines, sommeil médiocre , sueur générale et très-abôhdante, | urine rouge avec énéorême ; pouls égal, moins fré- | quent ; respiration meilleure; le malade se sent faible: le soir, la langue se dépouille de sa couche muqueuse, la gorge est assez hamide, la tension des hypochondres moindre , l'urine toujours rouge avec. une nubécule, la sueur abondante ; le malade rend béaucoup de flatuosités. La nuit du huiieme au neuvième est agitée. Le neuvième, après midi, sommeil troublé ; frisson , sueur, chaleur égale ; pouls fort, encore fréquent; respiration encore un peu labo ricuse, langue sèche, urine rouge ; le soir, respira-t tion plus facile , fièvre légère , langue plus humectée , urine moins rouge. Le dixième, sommeil, fièvre presque nulle, respiration plus facile , etc. Je sup— prime les détails ultérieurs de cette observation, qu'on doitêtre loin de regarder comme un modele, quel-. que juste célébrité qu'ait acquise son auteur. Jamais | on ne s’est plus écarté de la méthode hippocratique | dans l’art de tracer l’histoire des maladies. Les sy piômes y sont rapportés sans choix , sans méthode , | souvent sans aucun rapport avec la marche de la}

ANGINE TRACHÉALE. 261 maladie principale. On a lieu de soupconner que Tangine a été compliquée avec une autre fièvre pri- Mmitive ? mais on ne peut rien déméler sur le caractère noce de ‘cette fièvre , et tout offre l'image de la confusion. On doit téänd cette histoire comme . une simple esquisse qui avait peut-être été tracée par un élève de Van-Swiéten, et qui est restée sans rédaction et dans un état très-incomplet , comme la plupart de celles qui se trouvent dans le même recueil. Les médicamens mis en usage dans la même observation n’ont aussi aucune Éhsués avec la na ture de la maladie, et semblent donnés au hasard ou d’après des vues très-vagues. Ces remarques critiques s'étendent à l'observation suivante, 287. Une femme à âgée de cinquante-un ans éprouva tout-à-coup de la fièvre avec une douleur aiguë à la gorge. Le troisième jour (saignée, boisson ra= fraichissante, cataplasime appliqué au dort) , la gorge est rouge , mais non tuméfiée; le sang présente une couenne ; la voix est rauque, la respiration ne peut avoir heu que dans une position verticale; Furine, peu colorée, dépose une nubécule; la matière de l’expectoration est verdätre (purgatif avec le séné, boisson nitrée , pédiluve). Le quatrième jour, plusieurs déjecuons alvines, nuit mauvaise, léger délire; urine épaisse, trouble, jaunâtre ; gorge humide, non douloureuse ; douleur et chaleur dans le côté droit de Ja tête (pédiluve, boisson nitrée). Le cinquième, déglution facile, pouls à peine fébrile, gorge humide, toute la tête douloureuse, et ne supportant ni la moindre pression ni le moindre mouvement; eonstipation, soif modérée (eau de tamarin nitrée ) ;

le soir, anesthésie, bouche sèche, respiration génée, crachats épais et verdâtres ( décoction de jujubes nitrée et miellée , vésicatoire ). Le sixième , face trèsrouge , respiration courte , pouls petit, vite; extrémités chaudes. Mort vers midi.

S IL. Description générale de l'Angine trachéale.

288. Prédispositions et causes occasionnelles. L'an- | gine trachéale peut être produite par Îles mêmes causes | que celle du pharynx ou des tonsilles dont j'ai parlé | ci-dessus. Tout âge est disposé à la contracter; le | refroidissement subit et la suppression d’évacuations | habituelles l’occasionnent souvent ; elle est aussi le | résultat de l'inspiration de vapeurs irritantes. |

280. Symptômes. L’angine trachéale peut avoir son siége sur les bords de la glotie, dans le larynx , dans la trachée, et dans les prémières divisions des bronches. Cette inflammation ne peut être aperçue à la vue, puisqu'en ouvrant la bouche autant quil est

possible , en déprimant la langue , on ne peut aper- | cevoir la glotte. [ly à douleur et ardeur dans le trajet | du conduit aérien ; la respiration est petite, fréquente | et laborieuse ; la voix aiguë, sonore (clangosa) et | sifflante ; l'inspiration produit une douleur trés-aigué ; ! | la toux est rauque ; l'expectoration est d’abord nulle, | puis augmentée; le pouls est petit et faible ; l'agitation | et l'anxiété sont extrêmes. Cet état se continue pendant | trois à sept jours; 1lse termine par suffocation ou par | résolution ; l’expectoration devient alors opaque et consistante , en même temps qu'il survient une sueur | générale et une urine sédimenteuse. L’angine peut

Re ANGINE TRACHÉALE. 265 | passer à l’état Chronique et à celui d'ulcération. Je . dois remarquer, avec Van-Swiéten, qu'aucune maladie

n'est peut-être aussi mobile que l’angine , et plus sujette à produire une métastase dangereuse , soit à la iête , soit à la poitrine , soit à l'abdomen ; et c'est surtout en notant les suites de changemens semblables que les anciens médecins, comme Hippocrate, A réiée, Celse, etc. , ont fait briller leur Sagacilé profonde, et leur exactitude à décrire les phénomènes P et les anomalies des maladies.

200. La phthisie laryngée peut être regardée comme un état chronique qui succède quelquefois à l’angine inflammatoire dont je viens de parler’ quoiqu’elle puisse avoir lieu par d’autres causes. Dans le premier stade de cette affection , fièvre légère où nulle, peu de gêne dans la déglutition , aridité de l’arrière-bouche, sorté de douleur fixe vers la parue supérieure du sternum, difficulté de respirer en marchant, changement du son de la voix, ete. Cette maladie fait peu à peu des progrès sion ne l’arrête , et passe au second stade marqué par la fièvre lente > une augmentation de douleur dans la trachée , une excrétio

articuliers

n de mucosités sous forme purulente, la toux > une plus grande difficulté d’avaler, des anxiétés , la maigreur, une voix très-grêle. Le troisième stade offre des sympiômes communs à toutes les espèces de phthisies au dernier degré, comme Ja diarrhée, des sueurs colliquatives,

lenflure œdémateuse des pieds, et un dépérissement lent et porté à un point extrême. Le professeur Thoman (1), qui a rapporté deux-histoires très-détaillées

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