Prédispositions et eEauses occasionneëles
L'entérite peut être le résultat de l'intussuseeption d'une portion d'intestin dans un autre ; elle peut étre !
ENTÉRITE. S15 -wecasionnée par l’endurcissement de matières sèches, un état spasmodique , une compression étrangère, une
hernie, des poisons, et, en général, par des substances äâcres prises à l’intérieur, par des purgaufs violens , par des laxatifs même légers donnés à contre-temps, par la métastase de différens exanthèmes cutanés, de la goutte, du rhumatisme. Elle se manifeste souvent durant une température froide et hunude, ou chaude et humide, et lors des variations brusques de l'atmosphère : une nourriture malsaine et la malpropreté peuvent aussi concourir à la produire.
526. Symplômes. L’entérite se reconnaît à des douleurs fixes dans une partie de l'abdomen, avec le senument d’une chaleur brülante; l'intestin enflammé forme , vers le siége de la douleur, une tumeur oblongue et rémitente , et l'abdomen, qui était d’abord contracté, prend une sorte d’intumescence; il y a soif, vomissemens, constipation; le pouls est dur et déprimé, la respiration fréquente, l'urine fortement colorée; 1l y a hoquet, anxiétés, prostration des forces , et, par intervalles , mouvemens con- vulsifs, sentiment de stupeur et quelquefois de froid aux exirémités. L’entérite peut être aiguë ou chronique; les signes d’un funeste présage sont un senument de froid qui succède à une chaleur intense, la cessauon de la douleur , un pouls faible et intermitient, l'affaissement des traits de la face, etc. ee peut se terminer par résolution , passer à l'état de gangrène, de suppuration, ou produire l'induration. Souvent enfin l'inflammation des intestins passe à l'état chronique : alors la douleur est fixe, semblable à la morsure ou au déchirement des entrail=
Jés ; la chaleur est profonde. Ces symptômes peuvent être à peine sensibles ou tres-violens , et leur intensité est ordinairement modifiée par lés périodes de la digesuon. Îl y a constipation’ ou diarrhée , et ces deux phénomènes peuvent alterner : ainsi les matières rendues sont très-dures et douloureuses à expulser , ‘ou elles sont au contraire liquides et comme séreuses, quelquefois purulentes , sanguinolentes , et le sang peut être rendu sans mélange. Le ventre est dur, resserré, dans certains cas balonné par des gaz. La fièvre estnulle, ou légere , ou erratique. Onest étonné ‘dé voir quelquefois les digestions à peine troublées, et les forces se soutenir, âvec des désorganisations “vraiment effrayantes ; le plus ordinairement cependant les fonctions digestives sont aliérées ; souvent les ali- “mens les plus légers ne peuvent passer ; une faiblesse extrème et le marasmme surviennent enfin. Le malade peut succomber au moment où on devrait le moins s’y attendre, ou après une augmentation subite dans les symptômes, des déjecuons noirâtres, des vomisse- ‘mens et des convulsions. |
527. inflammation lente de la membrane muqueuse des intestins grêles (1) peut occasionner un “engorgement modéré ou considérable qui obstrue le canal alimentaire, ou enfin des ulcérations. Ces trois circonstances donnent lieu à autant de symptômes différens. Quand la membrane muqueuse des intesuns grêles n’est que modérément gonflée, au lieu de la constipation , le malade éprouve une diarrhée re-
(1) Dissertation sur l'Entérite chronique ; par C. A. Perroteau. Paris, 1801.
ENTÉRITE. .. 315 belle ; l'abdomen est affaissé , et quelquefois distendu par des flatuosités : la respiration n'est point génée a moins que la tympanite ne soit portée à un baui degré; et, dans -cé dernier cas » la Situation élevée de la poitrine ‘est déterminée par la dyspnée : Paltération des traits de la face à lieu plus promptement.
Quelquefois linflimmation donne lieu à un engor-
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gement considérable qui rétrécit l'intesün et ferme le passage aux aliens ; alors , au lieu de la diarrhée, 1l y a un vomissémént opiniâtre : quelquelois, en touchant l'abdomen’, on reconnaît à travers ses parois des tumeurs ét des ‘duretés ; la douleur est souvent trés-obtuse. Le malade traîne plus ou moins longtemps, Suivant que Ja paré affectée est plus ou moins voisifie de l'estomäc, suivant qu'elle est plus ou moins étendue ; la mort succède enfin à l'épuisement. Quand l'engorgement est suivi d’ulcération , le malade éprouve des douleurs plus vivés et une diarrhée séreuse et brû- Jante. Quelquefois > aprés que l'erigorgement a été porté au point de boucher le canal alimentaire , lirte tesuin s’ulcère, diminue de volume dans l'endroit engorgé, et permet Je passage des alimens : alors au vomissement et à Ja COnstipauon succède une diarrhée rebelle, séreuse et brûlante. L'époque de ce Changement de la constipation et du Voimissement est marquée par dès douleurs: Opiniâtrés, vives et déchirantes , qui se font sentir vers l’ombilie. Ces douleurs cruellés persévérent jusqu'à la mort.
S II. Traitement de l'Entérite.
520. Le traitement de l’entérite présente la plus grande analogie avec celui de la gastrite ; il faut,
316 PHLEGMASIES DES MEMBRANES MTIQUEUSES.
dans chacun de ces cas, diminuer l'irritation lorsqu'elle est trop intense. Des boissons et des potons mucilagineuses, des lavemens émolliens, des bains ou des fomentations üèdes, sont en grande parte les seuls moyens qu'il soit convenable. d’employer ; l’opium ne saurait être uule que lorsque Pinflammation est suffisamment apaisée. Celle-ci est quelquefois d’une telle intensité , qu’on a besoin de pratiquer des saignées , soit générales soit locales. Dans le cas de constipation opiniâtre, on a encore recours à de doux laxatifs, tels que la manne, les huiles fixes non rances, et entre autres l'huile de ricim, Comme le vomissement est un des symptômes fréquens de l’entérite, il faut avoir soin de ne pas gorger l'estomac de liquides: tièdes , qui sont si propres à le provoquer. Le traitement de l’entérite chronique présente beaucoup de difheultés : on peut également craindre de trop exciter et de trop débiliter. On se contente , -en général , de combattre les symptômes les plus urgens. |