‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 64 sur 111 · ER RS · texte numérisé non relu

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(1) Traité de la Gonorrhée virulente et de ia maladie vénérienne, par Benjamin Bell, eic.; traduit par M. Bosquillon, professeur de langue grecque au collége de France; etc. 2 vol. in-8. Paris , 1800.

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inoculée n’a jamais produit de chancres, et récipro= | quement. Le même auteur distingue quatre degrés, | dans la même maladie, suivant qu’elle est bornée à la membrane muqueuse de lPurétre, ou qu’elle s'étend | eux glandes de Cowper, à la prostate ou même à la vessie, et il indique ensuite les signes propres à faire connaître ces différens degrés. Mais que doit-on penser + du traitement qu’il propose dans la première espèce, “ C'est-à-dire de l’usage des injections astringentes, quand M on a vu si souvent en France les malheureux eflets de . cetopique , quand on réfléchit sur la marche qui caractérise en général les phlegmasies de la membrane mu- « queuse , et quand on peut produire des exemples sans nombre d’une guérison solide opérée par le simple Î régime et la méthode de l’expectation ? D'un autre. côté, on ne peut révoquer en doute les succés obtenus. par les injections astringentes employées, soit apres un commerce impur, soit dans les premiers temps de » l'écoulement. En attendant les résultats ultérieurs

d’une expérience exempte de prévention, n’y a-t-1l M pas une régle fondamentale à établir dans le traitement de toutes les maladies qui guérissent en général par un développement plus ou moins régulier des eflorts con- a servateurs de la nature , et cette règle ne porte-t-elle Là pas à respecter cette marche, à modérer simplement # l'irritation et les symptômes inflammatoires, et à re médier directement à certains symptômes accessoires qui peuvent survenir et troubler la marche de la na= ë ture ? On doit done , à l’époque de l'irritation, comme dans le traitement des autres phlegmasies des membranes muqueuses, faire un usage modéré de bois= 5 sons mucilagineuses , comme de la dissolution de

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BLENNORRHMAGIE URÉTRALE 368 gamme arabique, d’une infusion de graine de lin ou de guimauve , d’une émulsion ou de lait d'amandes etc. s mais on ne doit pas moins craindre d’abuser de ces boissons , de trop débiliter l'estomac, d'adopter un rédime trop sévére et propre à contrarier la marche de la nature. Au moment même où l'irritation com mence à décliner, ne doit-on pas adopter par degrés un régime restaurant, faire un exercice modéré , et rentrer ainsi peu à peu dans son ancienne manière de vivre, pour que la sécrétion morbifique de la mem brane muqueuse de Purètre parcoure avec liberté ses diverses périodes ? Voilà les vues générales ; mais que de modifications à introduire , lorsque la personne est douée à l'excès d’un tempérament sanguin , nerveux ou lymphatique, à cause de la prédominance que prennent certains symptômes ! Que de détails d’ailleurs où je ne puis entrer, sur plusieurs affections secondaires qui peuvent survenir à la suite de la blennorrhagie , comme sur le traitement de la blennorrhagie cordée, la suppuration des glandes de l’urètre À l'affection consécutive de la vessie , le gonflement des tesuicules , la diminution progressive et la terminaison. de l'écoulement , détails dont l'exposition appartient proprement aux monographies sur la maladie. syphilique , comme celles de J. Hunter, de M. Swédiaur, de Nisbet, de B. Bell, etc., qu'on doit consulter pour obtenir des développemens plus étendus! Les blennorrhagies urétrales qu üennent à un stimulant chimique , à l’usage interne de cantharides , de diuréiques âcres, de purgatifs drastiques , de quelques spèces de bières, etc., disparaissent pour la plupart ans aucun moyen curauf, et on cherche seulement

à soulager en donnant à l’intérieur des mucilagimeux, Celles qui doivent leur origine à quelque maladie interne , comme la goutte, le virus dartreux , le gonlement et l'irritation des vaisseaux hémorrhoïdaux , occasionnant un écoulement muqueux par la vessie ou l’urètre, sont également de peu dedurée, ou du moins, dans ce dernier cas, elles doivent être traitées suivant d’autres principes.

LEUCORRHÉE (1).

S I". Considérations générales et Histoires particulières.

359. Veut-on établir une barrière éternelle entre l’aveugle empirisme et l'exercice éclairé de la médecine, lé moyen est facile et sûr : c’est de prendre pour fondement des observations exactes et rigoureuses, ou bien des connaissances précises , soit de l'anatomie , soit des affections organiques des parties. Tout le monde parle avec un ton d'assurance des fluears blanches; on fourmille de secrets et de recettes pour les guérir, ou plutôt pour leur substituer d’autres maux plus à craindre. Mais quel est le vrai siége de cette maladie, à quelles autres aflecuons peut-on l'assimiler ? Baillou a bien saisi le vrai caractère des flueurs blanches, en leur donnant le nom de rhumes de la matrice {rheumata ). Un autre au-

(1) Srnonrure. Fluxus muliebris , Hiwpocrate ; Profluvium muliebre , Gaixen ; Rheumata uteri, Baizrou; Menstrug, alba ,Senxenr ; Leucorrhæa , TrxkA, SAUVAGES , etc. ; Menorrhagia alba , Cuire ; Blennorrhagie et Blennorrhée de l'utérus et du vagin, Gatarrhe utérin , etc.

LEUCORRHÉE. 357 teur très-exact ( Lælius-à-Fonte) les dénomme distillatio uteri. L'exemple rapporté dans les Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1700, d’un écoulement de sérosité qui venait d’un abcès dans l'ovaire, est très-rare. C’est l’utérus Iui-même, comme le démontre Morgagni ( Epist: XLIT), qui est la source des flueurs blanches de diverse nature. Si l'écoulement est simple ou de diverses couleurs , 1l üre son origine, dit le même auteur, de la matrice, dont la membrane interne, de même que celle des narines dans le coryza, est affectée d’une sorte de rhume. Il a lui-même rendu sensible cette source des flueurs blanches dans un cas parüculier , en faisant sortir par la compression une matére blanche et muqueuse de la partie inférieure et de l’orifice de la matrice.

360. Il ne faut point imiter Sauvages, qui; dans l’article de la leucorrhée , ne considère que des écoulemens étrangers à une affection catarrhale, c’est-àdire des symptômes secondaires de quelque ulcere fongueux , vénérien ou cancéreux de la matrice, d'un squirre , d’une rupture de l’ammios dans la grossesse ; mais on doit se borner à la lésion des fonctions sécrétoires de la membrane muqueuse de l’utérus et du vagin. Trnka, Raulim, et plusieurs autres ont trané ex professo de cette affection.

361. M. Blatin a exposé dans une monographie sur cette matière (1) une foule de recherches sur la leucorrhée, qu'il considère d’abord comme aiguë avec une marche régulière et une succession de sym-

(1) Du Catarrhe utérin ou des Fleurs blanches; par 3. Bla tin, Paris ; 1802. :

358 PHLECMASIES DES MEMPRANES MUQUEUSES.

ptômes si rapide, qu'elle se déclare, augmente, décroît et se guérit le plus souvent d'elle-même au bout de trente-six à quarante jours. Il donne ensuite les caractères de la leucorrhée chronique , dont linvasion est ignorée, la durée illimitée, et sans aucune tendance à une guérison spontanée. Le même auteur insiste avec raison sur la nature des causes prédisposantes comme propres à éclairer le traitement, et 1l passe en revue les influences diverses et combinées de l’âge, de la consütution , d’une transmission héréditaire , des saisons, des lieux , de l'atmosphère, de l’état des excrétions et des sécrétions, et des affections morales. Il n’est pas moins curieux de voir, dans le même ouvrage, les voies que l'art ou la nature peut prendre pour terminer cette maladie. Henricus-ab-Heéers donne une observation de leucorrhée qui est digne de remarque. Une dame âgée de trente ans, bien menstruée, et jouissant d’une bonne santé, eut tout-à-coup , après six mois de mariage, une perte considérable, qui dura une semaine : depuis cette époque, ses menstrues furent très-irrégulieres. L’abdomen se tuméfia un peu, et la malade se erut enceinte ; ses menstrues coulèrent néanmoins pendant deux mois , aux époques accoutumées ; elle eut ensuite des pertes abondantes, et l'abdomen s’affaissa ; les seins étaient trés-conflés ; la malade éprouvait une vive douleur à la tête, aux épaules et aux lombes ; elle avait perdu l’appéut, se plaignait de douleurs d’estomac, qui ne se dissipaient que par des vomissemens d’un fluide aqueux, surtout apres le repas. Lorsqu'elle buvait du vin, elle éprouvait un sentiment de froid aux seins, quoiqu'on füt au mois

LEUCORRHÉE. 359 de juin ; elle fut ensuite nueux réglée , mais en moindre quantité. L’abdomen se tuméfia de nouveau, etla malade éprouva des douleurs lombaires qui lui firent croire plusieurs fois qu’elle était enceinte. Les seins sécrétaient du lait, et 1l y avait un écoulement blanc ires-abondant par la vulve : la malade croyait sentir les mouvemens du fœtus. Elle fit usage des eaux de Spa : au bout de deux mois, 1l n’y avait aucun changement en mieux ; au contraire, dyspnée, sensibilité de l'abdomen, borborygmes, douleurs aux extrémités inférieures ; du reste coloration de la face, point de fievre , point de soif, point d’amaigrissement : au toucher, on sentait de la dureté et de la pesanteur dans la matrice. La percussion de l'abdomen nerendait point de son, et ne pr'sentait point de fluctuation ; les menstrues étaient assez régulières. Le coït ne faisait point éprouver de douleur, les seins fournissaient beaucoup de lait (usage répété de purgatifs , petite saïgnée a chaque bras, répétée dix jours après la menstruation ). Guérison au bout d’un mois.

562. Raymond { Maladies qu’il est dangereux de guérir) a vu une fille âgée de vingt-cinq ans, à l'abri de tout soupçon, maigre et boiteuse depuis sa naïssance , qui était sujette depuis quatre à cinq ans à un flux jaune, quelquefois vert, continuel, assez copieux, accompagné d’une chaleur ardente et de cuisson; les autres foncuons étaient en bon état. Elle observait un régime rafraîchissant et adoucissant. Elle se maria dans cet état, devint encemte ; l'écoulement continua pendant tout le temps de la grossesse ; l'accouchement fut à terme et l'enfant bien portant.

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