On trouve dans le Traité du Catarrhe utérir
360 PHLEGMASIES DES MEMBRÂNES MUQUEUSES.
de M. Blatin une observation bien propre à donnes une idée des modificauons infinies dont cette maladie -est susceptible. Une femme âgée de dix-neuf ans, dont le père et la mère étaient bien constitués , eut , dès son bas âge , des flueurs blanches peu incom- - modes. La disetie de 1795 et 1796 ne diminua rien de son embonpoint , de sa vivacnté ,‘et ne flétrit point ses couleurs , quoiqu'elle n’en füt pas plus à labri que d’autres. L'écoulement leucorrhoïque s'acerut prodigieusement six mois avant la menstruation , qui parut à treize ans , avec de vives douleurs aux lombes, aux cuisses ; AUX hypochondres et aux sems. ‘Les
mensirues ,' quoique très copieuses à la premiere
éruption, furent encore sollicitées par de larges boissons de thé, de vin sucré, de café et d PAR Une aménorrhée de sept mois suivit cette premicre appariuon. Les flueurs blanches angmentaient tous les mois aux époques qui correspondaent au retour des regles, et cette augmentation était accompagnée de hotte très-vives aux lombes et dans l’abdomen , de türaillemens d'estomac, de constriction spasmodique du vagin , et quelquefois d'un prurit et de cuis sons très =imcommodes , de gonflemens douloureux des seins , et d’une telle sensibilité des mamelons, que le contact des vêtemehs était insupportable. La malade maigrit, se décolora , devint triste ; ses jambes se refusaient aux promenades qu'on lui recommandait pour légayer. L'usage d’une infusion de marrube pendant plusieurs mois, une meilleure nourriture que permettaient d’autres circonstances , et de l’exercice, ramenérent les forces et la gaîté. Les règles reparurent, mais en petite quantité, Chaque période
LEUCORRHÉE. j 301 était annoncée par un flux excessif de flueurs blanches, avec altération remarquable dans les traits du visage, une débilité extrême, de fréquentes syncopes qui se prolongeaient pendant une demi-heure, et des coliques atroces auxquelles les parens ñé savaient opposer que de l'eau-de-vie, malgré que son usage eût été au moins inefficace. Par suite , les flueurs blanches furent moins abondantes : les menstrues, toujours irrégulières, devinrent très-copieuses , et coulaient pendant sept à huit jours. Cette femme à toujours été constipée. À quinze ans , elle eut une aménorrhée de trois mois, pendant lesquels les flueurs blanches suppléaient aux menstrues par leur augmentation aux époques des retours périodiques. La malade retomba dans l’état où elle avait déjà été. S'étant mariée à sezze ans, elle n’eut plus que rarement des flueurs blanches, et la débilité disparut insensiblement ; elle ressentait souvent aux seins un froid glacial , même en été , des douleurs vagues dans l'abdomen, et un sentiment d’ardeur dans le vagin. A dix-sept ans, elle devint grosse ; les flueurs blanches cessaient quelquefois de couler, et la jeune femme ressentait alors des oppressions de poitrine, un sentument de chaleur et de lacération sans changement de couleur à la peau , ni augmentation de douleur par la pression, entre les seins et “sous les hypochondres. Ces accidens se manifestérent surtout vers le cinquième mois de sa grossesse (il faisait une chaleur excessive ), et n’abandonnaiïent là poitrine que pour fire ressentir dans la matrice et le vagin des coliques atroces, des spasmes, qui plusieurs fois firent craindre l'avortement. Get état pénible et opiniâtre ne duminuait que lorsqu'une’sueur
spontanée ou sollicitée par des boissons chaudes et sudorifiques , des potions calmantes et des frictions sèches par tout le corps, commencait à humecter la peau. Un écoulement muqueux , grisâtre comme à
l'ordinaire suc ait ar la vulve, dissipait cette scène , P ? P
Ôrageuse et amenait un calme inexprimable. Tous les printemps, celte jeune femme avait des dartres farineuses volantes. Dès le commencement de sa grOSsesse , On aperçut une tumeur située sur l’urètre , de laquelle coulait un fluide blanc, sortant parfois assez abondamment des sillons qui la traversent, pour faire croire que c'était là le siége principal de la leu-
carrhée dans cette circonstance. Cette tumeur, qu'on
avait prise d'abord pour un polype du genre des vésiculeux, n'était qu'un boursoufllement du vagin, qui a disparu quelque temps après les couches. Les lo chies de cette femme ont été peu abondantes en blanc, presque nulles après ses couches. Elle a nourri son enfant , et mené une vie active. Les flueurs blanches ont presque. entiérement cessé de couler depuis cette époque ; elles ne reviennent que par intervalles et en petite quantité ; elles sont peu incommodes. On n’a jamais fait aucun remede pour les guérir.
364. Cette maladie semble quelquefois tenir à un état général de débilité de toute l'habitude du corps :
telle est la leucorrhée que Pison appelle américaine ;
les femmes qui en sont attaquées sont pâles, tristes , indiflérentes pour leur mari, dans un état habituel de langueur et d’anorexie : on a recours alors aux toniques internes et externes. Galien en a donné
aussi un exemple fameux dans la femme d’un grave
personnage de Rome , qu'il parvint à guérir par des
LEUCORRHÉE. 565 purgatifs répétés, des boissons stimulantes, des frictions sèches. À la Salpétrière y Ja souvent à traiter des femmes avancées en âge, usées par l'abus des liqueurs alcooliques , affaiblies par une nourriture peu substantielle , épuisées enfin par ces sortes d’écoulemens colliquatifs : la médecine peut-elle faire autre chose , sur une constitution ainsi détériorée et
dans l’âge de décadence, qu’amener un soulagement passager ?
S IL. Description générale de la Leucorrhée.
565. Prédispositions et causes occasionnelles. Vouloir rappeler tontes les circonstances qui peuvent concourir à exciter la leucorrhée , ce serait exposer toutes les fautes qu'on peut commettre contre les règles générales de l’hygiène. Des irritations fréquentes déterminées sur les organes génitaux , l'abus des plaisirs vénériens , quelque coup reçu dans la région de l'uté— rus , une manœuvre imprudente , peuvent la provoquer. Cette affection est souvent occasionnée par l'abus des bains , le dérangement des menstrues , la suppression de la transpiration, des ulcères anciens, des dartres, de la gale, d’hémorrhoïdes, d'un catarrhe pulmonaire , d'un coryza; par l’omission des saignées habituelles , par le défaut d'allaitement, une vie sédentaire ou des exercices trop pénibles, des excès dans le régime , l'abus d’eaux minérales , une température froide et humide’, l'habitation dans des lieux où cette température est continuelle , les chaufferettes , le virus syphilitique , le vice darireux.
366. Symptômes. 11 s'écoule par le vagin un liquide variable en couleur, en consistance et en quan
üté. On éprouve un prurit plus ou moins incommode dans l'organe utérin, un sentiment d'ardeur en uri= mant, une douleur gravatiré 2" L by pogastre , quis étend. quelquefois dans les aînes et à la partie interne des cuisses, au dos , aux hanches , au sacrum ; ces symptô+ mes réguliers et irréguliers sont suscepubles de divers degrés 4 intensité , et peuvent av oir une marche aiguë ‘ou chronique. rem le premier cas (eucorrhée aig guë)l les malades éprouvent d’abord un léger prurit qui var en croissant au point de devenir insupportable, se propageant dans le vagin, quelquefois jusque dans l’u-. térus : 1l y a envie fréquente d’uriner. Vers le troisième ou le quatrième jour, 1l paraît un écoulement clair , peu abondant, avec sentiment de chaleur dans les par ües où s’est fait senur le prurit ; la quantité de l’écoulement augmente; sa couleur est verte ou jaunâtre ; l'ardeur de l’urine est insupportable, et fait éprouver un sentiment de brûlure ; souvent alors la quantité de l'écoulement diminue ; on éprouve à l’hypogastre une douleur gravative, qui s'étend vers les fosses iliaques , les aînes , les grandes lèvres, le périné et la parue supérieure interne des cuisses ; il survient quelquefois un peu de fièvre : cet état se soutient pendant quelques jours. Âu neuvième ou dixième jour, les symptômes inflammatoires sont moins intenses; la matière prend une couleur jaunätre, elle devient épaisse, blanchit ; les ardeurs d'urine se dissipent, l'écoulement diminue graduellement. À une époque plusavancée, la matière est tamtot chaire, tantôt épaisse, plus abondante; elle disparaît quelquefois pendant plusieurs jours, revient ensuite, et s'arrête enfin tout-à-fait au trente-sixième ou quarantiéme jour.
LEUCORRHEÉEÉ. 565
367. Lorsque la leucorrhée est chronique , sa marche est très-irréeulière; 11 y a absence absolue ou retour irrégulier de linflammauon, nulle tendance vers la guérison , et durée illimitée. Cet état s'accompagne le plus souvent d'une langueur et d’une päleur géné rale; on éprouve un sentiment de tiraillement dans Vestomac; il y a lenteur dans les mouvemens : ces phénomènes généraux, . joints à l'état local, consutuent la leucorrhée à laquelle on donne le nom de conséitutionnelle.
368. La leucorrhée se termine quelquefois par la première menstruation, par les lochies, une hémorrhagie utérine ou intesunale, la diarrhée, le vomissement, le ptyalisme, des sueurs , etc. :on la voitsouvent se changer en une autre maladie. Des affections variées ‘de l'utérus peuventen être la suite ; l’indifférence pour l'union des sexes, la stérilité, ensontautantd’accidens ; ou si la conception n’est point empêchée, 1l en résulte assez fréquemment desenfans rachtiques, aveugles, etc. La suppression subite d’une leucorrhée habituelle peut donner lieu à des accidens très-mulupliés : tels sont des inflammations de la vessie urinaire ou de lutérus , des ulcères utérins, des hémorrhoïdes, des exanthemes, une fiévre muqueuse, lhydropisie , la diarrhée ; lentérite aiguë ou chronique, le diabétés, l’hystérie, des ardeursde poitrine, des douleurs vagues de goutte, la phthisie, etc.
S LL. Traitement de la Leucorrhée. |
569. On doit bien s'attendre que le traitement de Îa leucorrhée ne doit point seulement consister en moyens pharmaceutiques. Le régime doit varier selon que la
leucorrhée est aiguë ou chronique. Il est souvent nécessaire de déterminer un changement total dans la mamiére de vivre. Si elle est chronique, le traitement ne doit-il point consister à favoriser d’autres exCrétions, à forufier le vagin par des injections aromatiques, à respirer un air pur et salubre, à exercer fortement ses membres, et à mener une vie exempte de passions. tristes ? Dans les leucorrhées aiguës, il faut modérer la violence des symptômes ; dans les chroniques, on doit ranimer l’action des organes qui sont le siége de la maladie, sans trop s'inquiéter des symptômes : ce— pendant on est quelquefois aussi obligé de calmer l’ardeur de l'urine, le prurit, les douleurs bypogastriques, au moyen d'injecuons , de fomentations, de demibains, etc. La constipation doit être combattue par les laxaufs pris en lavement ou en pouon. Lorsqu'il y a faiblesse individuelle, on la combat par l’exercice, l'habitation des lieux secs et élevés, les toniques, etc. Non-seulement le dérangement des digestions dispose aux leucorrhées, mais il s'oppose même au succès du traitement. On réussit à rétablir les fonctions digestives en diminuant la quanuté des alimens, en les choisissant d'une facile digestion , et en donnant quelques purgaufS amers unis aux aromatiques, aux ferrugineux , etc. Il est essentiel d'éviter les lieux humides dont l’influence entretient opiniâtrement la maladie. Comme la suppression de la transpiration, de catarrhes babriuels, etc., peut déterminer la leucorrhée, il importe de faciliter ces évacuauons : ilen est de même du dérangement des menstrues, du défaut d'allaitement. Une vie laborieuse doit être opposée à la leucorrhée qui est la suite d’une vie sédentaire ; celle qui a été occasionnée
APHTHES. 367 par des affections morales tristes doit être combattue par des secours moraux. Ai-je besoin de dire qu'il faut favoriser les évacuations par lesqueiles se termine la leucorrhée ? La suppression subite de cette maladie exige qu'on en rappelle le flux lorsque la maladie qui lui succède est plus dangereuse que le flux Iui-méme. On ne doit rien opposer aux phénomènes qui succèdent à ces suppressions, lorsque ces phénomènes sont de simples accidens peuà craindre, etsurtout lorsqu'ils servent de voie d'évacuation, sans compromettre la vie
des malades.
APHTHES (1).
$ I. Considérations générales et Histoires particulières.
570. La formation des aphthes, quand on l’étudie avec soin dans ses différens degrés, est très-propre à répandre de nouvelles lumières sur la structure intime des membranes muqueuses , à cause du développe que cet état morbifique donne à leurs villosités. Sont-
nt -ce de petitesulcérationssuperficielles , comme Boerhaave, et, d'apres lui, Stoll, le donnent à entendre, ou bien des tubercules et des pustules, comme le prétend Ketelaer (2), qui a décrit le pus l’histoire des hihes avec une exactitude rare ? Comme jusqu'ici on n'a point assez observé à la loupe les changemens qu'éprouvent les membranes muqueuses par l'inflam-
() Srnonrure. Aphthæ , Bognnaave, KerELaEr , Sauvages, Linwæus, Cuiien, Sacar; Febris aphthosa, Vocet. (2) Commentarius de Aphihis nostratbus ; 10609.
368 PHLEGMASIES PES MEMBRANES MUQUEUSES, | mation , la solution de ces questions est peut-être prématurée, quoique Wagler ( de Morbo mucoso ) ait décritavecle plus grand soin, et fait dessiner les chan: gemens qu'éprouventles follicules muqueux de l’esto= mac ou des intesuns dans les aphthes. En ajournant donc à un autre temps les lumières que pourra fourni l'anatomie pathologique sur les aphihes, bornons-not $ à l’histoire simple de leur marche et de leur dévelon pement lorsqu'ils forment une maladie primitive ol phlegmasie simple des membranes muqueuses , écartons les considérations relauves aux aphthes ot symptomatiques , Ou critiques, comme cela arrive quelquefois dans les fièvres muqueuses.
571. Les enfans nouveau-nés rassemblés dans les hospices sont sujets aussi à une éruption aphtheuse qui leur est devenue souvent funeste, et qui a fixé l’ats | tention des administrateurs des hôpitaux , même à une époque antérieure à la révolution. Ce fut à cette mémé époque que la Société de Médecine, convaincue de l’'utuflisance des lumières précédemment acquises sur le caractere et le traitement de cette maladie, proposa; pour sujet d’un prix qui fut donné en 1787, de re: chercher quelles sont les causes de la maladie aphr theuse connue sous les noms de muguet, millet, blan= chet, à laquelle les enfans sont sujets, surtout lors= qu'ils sont réunis ‘qe les hôpitaux , etc. Un mémoiré de M. Auvity, membre du collége et de l’Académie“ de Chirurgie, qui partagea ce prix, est remarquable" par l’exacutude de la deseripuon historique de cette maladie , ainsi que par les détails du traitement métho: dique qu’elle exige. On trouve dans la dissertation d&
M. Tourette (Paris, 1803) quelques histoires partis
APHTHES,. 369
libres recueils à l’hospice de la Maternité, qui donnent une juste idée des aphthes chez les nouveäunés, et des deux caractères différens qu’ils présentent lorsqu'ils sont discrets et sans danger , ou lorsqu’étant confluens ils s’'accompagnent de symptômes graves, et se terminent d’une manière funeste. On peut encore consulter l’histoire générale que M. Gardien a donnée de la même affection dans son ouvrage sur les ac-
couchemens et sur les maladies des femmes et des enfans.
6 IL. Description générale des Aphihes.
372. Prédispositions et causes occasionnelles. Les aphthes ont leur siége sur les lèvres, les gencives, dans l’intérieur de la bouche , sur la langue, le palus, les amygdales, dans l’œsophage, et même dans l'estomac et les intestins. On:les observe fréquemment parmi les peuples septentrionaux qui habitent des lieux marécageux, surtout durant une saison chaude et pliieuse” : les enfans et les vieillards sont plus sujets à les contracter : un air non FOR une nourriture malsaine contribuent aussi à des pro= duire.
375. Symptômes. APHTHES DES ADULTES. On peut, en général , considérer les aphthes comme des amas plus ou moi agslomérés ou isolés de tubercules blanchâtres, supérficiels , ronds, et chacun environ de la grosseur d’un grain de millet ou de chanvre : ce ne sont que des follicules muqueux aplaus, et qui . paraissent avoir au milieu d’eux une petite ouverture , comme l’a démontré Wagler (ouvrage déjà cité). Ces tubercules rendent une humeur séreuse , tombent
370 PHLEGMASIES DES MEMBRANES MUQUEUSES. | en écailles par le détachement de la pellicule qui couvre la membrane muqueuse, et s'étendent progressive.
même dans le reste du conduit alimentaire , comme la Ÿ fait voir l’autopsie cadavérique. Ils sont quelquefois ‘1 disséminés en pustules solitaires; d’abord sur la lan gue, les angles des lèvres ou l’arrière-bouche , avec un caractère de bénignité ; mais d’autres fois 1ls s'éten-M dent et paraissent se propager de l’intérieur de l'œso- FA phage, se porter à l’arriére-bouche en formant une 4 sorte de croûte blanche, dense, luisante et tres adhérente. Ces derniers sont dangereux par leur complication avec une fièvre adynamique ou ataxique ; car il en est de cette éruption comme de tont autre exanthème , dont le danger üent à la fièvre primitive concomitante. Les tubercules aphtheux varient pour la couleur : quelquefois ils sont transparens , d’autres & fois blancs, avec une sorte de densité ; 1ls peuvent aussi prendre une couleur jaune foncée , livide ou 4 noire ; ce qui indique üne graduauon dans la pravné du danger. Après avoir persisté plus ou moins de temps , ils finissent par se détacher , tomber en me |
occupés, quelquefois pour se a albstrel 574. APHTHES DES ENFANS Où MUGUET. Les signes” ; précurseurs sont un sommeil profond$Slagitation des muscles de la face et des levres, respiration , la prostration des forces, Ja faiblesse du pouls, , le vomissement. Le muguet “race est. carae- | térisé par des boutons blancs, superficiels, séparés 4 les uns des autres, et dont les interstices ne sont ni" rouges ni enflammés ; le fond de la bouche est alors
APHTHES. 12 peu aliéré dans sa couleur ; la Dh. y est modérée ; il n'existe point ‘de gêne dans la déglutition ; l'enfint peut prendre le sein de sa nourrice ; le dia est presque naturel , la diarrhée est Fe Les boutons ; dans les premiers jours , conservent leur blancheur et leur transparence , ensuite ils jaunissent un peu, s’exfolient par pellicules , et se dissipent entièrement vers le neuvième ou dixième jour , surtout quand l'enfant a une nourrice. Le muguet confluent ou gan— greneux a d’autres caractères : on remarque de petites pustules serrées et presque contigués les unes aux autres, répandues non-seulement sur les lèvres, les gencives, la langue et l’intérieur des joues ; mais on en voit encore au fond de la gorge, qui tombent pour faire place à de nouvelles encore plus rebelles. La bouche de l'enfant est brülante; ses lèvres ne S ‘appliquent que difficilement sur le teton » qui s'excorie quelquefois par leur contact; la délit est tres-gênée ; les boissons les plus adoucissantes , données en peute quantité et avec précaution, ne parviennent. qu avec peine dans lesiomac; le dévoiement est veatre et continuel, et les rougeurs à l'anus sont tres-vives ; l'enfant est ec latle > ASSOUPI ; ses yeux sont abattus, ses cris languissans; tout l'intérieur de la bouche , depuis les lèvres jusqu'au
gosier, est tapissé d’une couche épaisse , blanchéèm semblable à du lait coagulé ; cette couche jaunit ensuite et forme une escarre dot Ja chute laisse voir des ulcères gangreneux d’un jaune brun; insomnie , une agitation violente et continuelle, la tension du bas-ventre, un dévoiement immodéré de matières âcres et verdâtres , des rougeurs vives à l'anus et qui
dégénerent souvent en escarres gangreneuses , com= plètent le tableau déchirant de cette maladie , accompagnée des douleurs les plus intolérables.
S IIT. 7raitement des Aphthes.
375. On imagine sans peine les causes qui con- 4 courent, dans les hospices publics , à la production du muguet, comme le défaut d'allaitement mater- « nel, une nourriture peu saine, la malpropreté, un « air non renouvelé , etc. Les moyens préservatifs sont M des-lors faciles à déduire. On parvient à faire cesser « le muguet bénin lorsqu'il est déclaré, en donnant « à l'enfant une bonne nourrice; ou, si l'enfant a été sevré en naissant, on lui donne des boissons fréquentes et douces , comme l’eau de riz, l’eau sucrée, et le lait d'animaux coupé aux deux tiers de petit-lait « préparé sans acide , et édulcoré avec un peu de sucre @ ou de sirôp; on étuve en même temps, cinq à SIXM fois par jour , les parties affectées avec un pinceau de t charpie ou de peut linge trempé danssune décocuon M d'orge avec addition de miel rosat et de quelques gouttes d'acide sulfurique. Il n’est pas aussi facile de remédier au muguet confluent, à cause des acci 1
ns graves qui l’accompagnent ; et tout ce que Ja 1 permet de tenter se réduit à l'usage des boissons douces et mucilagineuses , comme du petitlait pur et préparé sans acide , du bouillon de veau. ou de poulet; à la prescription de la magnésie caleinée, à la dose de six ou huit grains (30 à 40 centiz grammes), donnés trois fois par jour et mêlés aux boissons de l'enfant. S'il est très-faible, on cherche
APATHES. ; 373
à le ranimer par des cordiaux, comme quelque eau distillée et édulcorée avee le sirop d’œillet ou celui d'écorce d'orange , etc. Il est facile de voir que les ulcères gangreneux qui s'élèvent dans le fond de la bouche doivent être lavés et bassinés avec un mélange d’eau de chaux, de décoction d'orge avec le miel rosat ; ou bien la décoction de guimauve avec le sirop de quinquina, le tout acidulé avec quelques gouttes d'acide sulfurique. M. Auvity finit son mémoire par un projet de réglement (x) propre à être adopté dans les hospices pour prévenir le muguet des nouveau-nés, maladie qui leur devient si souvent funeste.
NGNRNS RQ URSS RER EEE ER Sn re men
(x) Il estbon de faire connaître , pour lerégime des nouveau nés privés de l'allaitement maternel, l'usage avantageux qu’on à fait dans l'hôpital d’Aix de la crême de pain, qu’on peut sub stituer à celle de riz. On prend des tranches de pain de froment qu'on fait secher au four ; on les fait ensuite tremper dans l’eau l’espace de six heures, on les presse dans un linge , on les met dans un pot, on les fait bouillir avec une suffisante quantité d’eau pendant huit heures, ayant soin de remuer le tout de temps en temps avec une cuiller, et d'y verser de l’eau chaude à mesure qu'il s’'épaissit. Sur la fin, on y ajoute une pincée d’anis. et un peu de sucre, dans la proportion d'un gros d’anis et d’une once de sucre par livre de pain; on passe ensuite le tout à travers un tamis de crin. Cette crême se conserve facilement vingt-quatre-heures , en la tenant dans un lieu fais.
374 PHLECGMASIES