La péricardite chronique présente souvent de
grandes dificultés dans son diagnostic. Un potier de”
ierre âgé de soixante-deux ans, avait éprouvé dès son enfance une gêne habituelle dans la respiration , ui avait augmenté avec l’âge. Il était exposé par méer aux vicissitudes de la chaleur et du froid , se livrant iour-à-tour au pétrissage de la terre et au chauffage des fourneaux. Au mois de mars 18ot , cet one eut dans les lombes , et principalement du côté” gauche , des douleurs rhumatismales très. algues , qui augmentérent sensiblement la dyspnée dont :l était ANR er affecté. Forcé de pe le lit par la continuité de ses douleurs , il fut PRE à FE de la Charité, où il resta un mois sans éprouver de soulagement. De retour à ses occupations , ses dourat se calmérent un peu: mais au mois de juillet, ses jambes s’infiltrérent ; il survint une toux convulsive qui causait de vives douleurs dans la poitrine. Les symptômes se dissipérent pour reparaître ensuite avec plus de force ; l’infiltration était enfin devenue générale. Ce malade entra de nouveau à l'hôpital le 9
PÉRICARDITE. PMESS octobre. À cette époque , la figure était bouffie ; l'infiltration générale n’était pas très- considérable ; Ja poitrine résonnait bien dans toutes ses régions ; la respiration était courte, embarrassée , fréquente, et accompagnée d’un sentiment de pesanteur vers l’appendice xiphoïde. On remarquail beaucoup de variations dans les mouvemens du cœur et du pouls ; tantôt les battemens du cœur étaient assez réguliers , tantôt on sentait un frémissement obscur, une espece de bruissement ; le pouls, toujours fréquent , était tour-à-tour égal , régulier , inégal , irrégulier et trèsintermittent ; il n’y avait point de palpitations ; le sommeil était assez long, quoique souvent interrompu par des rêves. Le malade demeurait diflicilement couché sur le côté gauche , il se tenait plus volontiers étendu sur le dos : il resta dans un état à-peu-près semblable jusqu'au milieu d'octobre. Un jour quil ne paraissait pas être dans un état plus inquiétant que les jours précédens , il mourut cependant le soir, après une agonie accompagnée de beaucoup d’angoisses. Lors de l'ouverture du cadavre, les levres étaient violettes, la face pâle; la poitrine résonnait bien dans toutes les régions , excepté vers celle du cœur, où le son était un peu obtus ; dans cet endroit même , les deux poumons adhéraient à la plévre, et, quoique crépitans , étaient granuleux dans toute leur étendue ; le volume du cœur n’était point augmenté ; le péricarde contenait une petitequantité de liquide trouble. Cette membrane avait acquis de l'épaisseur ; : |” interne n’était point lisse et égale, comme dans l’état naturel ; le feuillet qui recouvre le cœur était de couleur grisâtre , épaissi, inégal, ridé, ra-
corni, et présentait des granulations dont le sommet paraissait ulcéré. Les deux oreillettes étaient rétrécies ei contractées. On trouva quelques peuts tubercules endurcis dans l’épaisseur des valvules mitrales. Les valvules tricuspides , un peu épaissies, avaient la consistance carulagimeuse ; la cmquième veriébre dorsale et la tête de la côte correspondante étaient affectées d'un commencement de carie.
S IT. Description générale de la Péricardite.
418. Prédispositions et causes occasionnelles. Ce sont une consututon sanguine , le refroidissement subit , la suppression d’une hémorrhagie nasale , d’un flux hémorrhoïdal, de l'évacuation menstruelle et de la transpiration ; les exercices immodérés du corps, les travaux forcés de l'esprit, l’usage des boissons à la glace en été, des liqueurs te ; la méiastase de la goutte, du rhumatsme , de la gale, etc. ; linflammation d'organes voisins ; des coups , des chutes sur la région mu cœur , elc.
419 Symptômes. Le malade éprouve d’abord un sentument de haie PE générale dans tout le côté gauche du thorax ; cette chaleur ne tarde pas à se concentrer dans la région du cœur ; elle est accompagnée d’une douleur vive et brülante. La respiration devient haute, génée et douloureuse ; le pouls est dur , fréquent et rarement irrégulier ; les deux pommettes, et la gauche surtout , sont colorées en rouge. Vers le troisième ou quatrième jour, les traits de la face s’altèren urés en haut ; le malade se plaint de beaucoup xiété ; 1l est trés-agité ; la respiration haute, pénible,
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entrecoupée ; le pouls peut, fréquent, dur , serré , concentré , souvent irrégulier ; les défaillances sont incomplètes et les palpitations légères. Aprés cette époque, les traits de la face s’aliérent de plus en plus ; la douleur cesse en tout ou en partie ; 1l y a des frissons fugaces, des défaillances longues et incomplètes , une anxiété insupportable ; il survient une infiltrauon générale , et la mort a lieu au moment où on Sy attend le moins. L’invasion de la péricardite aigué est brusque, sa marche rapide, sa terminaison presque subite. Celle qui est chronique débute ordinairement d’une manière insensible ; sa marche est souvent car chée. La péricardite est le plus souvent compliquée avec la pleurésie , la péripneumonie , la gasirite; et les.symptômes de ces dernières affections prédominent souvent sur ceux de inflammation du péricarde. L’adhérence du péricarde au cœur est assez fréquemment La suite de son inflammation ; dans le plus grand nombre de cas, il survient alors des rougeurs subites à Ja face ; le malade éprouve un sentiment pénible de tiraillement dans la région du cœur ; la respiration est haute, fréquente , oppressée après les moindres mouvemens ; il survient des défaillances ; le pouls est plus ‘ou moins irrégulier ; il n’y a pomt de palpitation ; les contractions du cœur sont promptes et irrégulières , sourdes , profondes , obscures et comme avoriées. Le diagnostic de ces adhérences est d'ailleurs itrès-difficile à établir.
S IL. Traitement de la Péricardite.
420. L’inflammation du péricarde n'exige pas d’autres moyens que ceux qu'on oppose à la pleurésie : dans la péricardite aiguë, on doit recourir plus
romptement à l'usage des saignées générales et. P P 5 5 =
locales ; l'application des vésicatoires sur le lieu cor
respondant au siége de l’inflammation est de la plus
grande utilité aprés l'emploi de la saignée. M. Corvisart assure qu'il ne saurait trop recommander ces moyens d'aprés les avantages qu'il en a constaniment reurés. On doit Joindre à ces préceptes celui qui a été donné au sujet d’une péricardite regardée comme épidémique (Journ. de Méd., décemb. 1755 ): c’est de mettre en usage les moyens actifs avec célérité , et surtout dés le premier jour de l'apparition des symptômes distincufs de cette phlegmasie.