‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 75 sur 111 · Prédispositions et causes occasionnelles. Les · texte numérisé non relu

Prédispositions et causes occasionnelles. Les

causes les plus ordinaires de la péritonite sont le tempérament sanguin, la pléthore, l’âge adulte, la compression des viscéres abdominaux , l'intempérance, les excès dans le boire et le manger, l'abus des liqueurs alcooliques, des passions vives et violentes, la tristesse , la suppression des évacuations de sang habituelles ou de la transpiration, et la rétrocession de la goutte sur l'abdomen:; l'habitation de lieux malsains, humides et froids ; le passage brusque d’une température chaude à une température froide. Comme les phlegmasies des autres üssus, celle du péritoine peut être déterminée par des causes générales et communes , surtout lorsque quelques circonstances en favorisent le développement, comme l'habitude d’avoir sans cesse le ventre et les parties inférieures exposés à l’acuon de la chaleur. Il en est de même dela suppression de certaines évacuations habituelles sanguines ou séreuses , comme le flux hémorrhoïdal et menstruel, l’exhalation cutanée , la diarrhée ; la rétrocession de quelque exanthème psorique , herpétique, ete. , oude quelque affection arthritique; des excès d’intempérance, des passions violentes, un exercice fatigant, une immersion brusque dans l'eau froide. M. le docteur Broussais a

à PÉRITONITE. 439 vu aussi Jes péritonites trés-fréquentes en Belgique , à la suite des fièvres intermittentes. Mais de combien de frivoles raisonnemens on a ensuite étayé ces faits ! et doit-on admettre avec cet auteur , Malgré les raisonnemens subtils dont il appuie ses opinions, que la péri tonite puerpérale puisse être secondaire à la suppression du lait et des lochies , et être dûe à la métastase de ces liquides , agissant comme des irritans chimiques ? (Voyez Dissertation sur la péritonite, 1817, présentée à la Faculté, par M. Porcheret.)

Les causes propres à développer ou à exciter la péritonite puerpérale sont des écarts répétés de régime durant la grossesse, une constitution irritable ou pléthorique, la vie sédentaire avec l'habitude de la bonne chère, ou bien une mauvaise nourriture la négligence des objets de propreté, les chagrins domestiques : pendant l'accouchement , un travail long et pémible, ou, d’un autre côté, une confiance extrême inspirée par unaccouchementtrès-heureux ; après l'accouchement, un libre accés et des entretiens suivis avec ses proches ou ses anus, les commotions de la joie ou une entière sécurité, des contrariétés ou des affections morales tristes, rendues beaucoup plus dangereuses par la sensibilité vive de l’accouchée ou son extrême susceptibilité ; des écarts quelconques de régime, l’imprudence de ne point observer une diète sévère, de se lever trop tôt de son lit, de s’exposer à un air froid et humide, etc. Une cause trés-générale de la péritonite puerpérale dans les hôpitaux, est la respiration d’un air insalubre et corrompu, ce qui semble la rendre comme épidémique dans ces anciens asiles des infirmités humaines. :

4AO PHLEGMASIES DES MEMBRANES SÉPEUSES.

427. Symptômes. La péritonite débute par des horripiguions vagues ou un frisson général, accompagné de malaise ou de tremblement , avec engourdissement des membres ; le frisson dure quelquefois un, deux ou trois jours, Où se renouvelle pendant cet intervalle ; succède nne chaleur plus où moins forte ; l'abdomen devient douloureux, souvent au point que la pius lé-

gère pression est insupportable. Ces douleurs vives et

aiguës sont fixes ou vagues, accompagnées d'une. sensation de chaleur brülante; le decubitus a leu sur

le dos ; les hypochondres sont tendus ; on remarque

une sorte de tumeur oblongue et rénitente dans la ré. gion abdominale qui répond aux circonvolutions des

intestins; l'abdomen se ballonne ou se météorise ; 1} survient des hoquets, des nausées, des vomissemens et de l'anxiété; la respiration est fréquente et pémble , surtout dans l'inspiration. Fly à diarrhée ou constipaton , le pouls est tantôt dur et serré et presque toujours

fréquent; la malade se plaint de céphalalgie ; la face est pâle, décolorée, couverte d’une sueur froide ; les.

traits semblent être ürés en laut et portés vers le front; d’autres fois le visage est animé, le regard fixe et audacieux ; il y a de l’agitation ; et par intervalle des convulsions et des mouvemens brusques de la tête, de l'insomnie et de la soif, etc.

428. La péritonite parcourt ordinairement ses périodes avec beaucoup de rapidité ; sa durée est ordi= nairement de cinq à dix Jours; quelquefois elle est chronique : elle peut se terminer par résolution , par suppuration et par gangrène. On doit présumer que Ja suppurauon a lieu lorsqu’après le huiuème ou neuvième jour, la malade éprouve un sentiment de pe=

| PÉRITONITE. 44 santeur dans la partie, que le pouls continue d’être fréquent, et présente une sorte de mollesse. Cette | exsudation purulente s'offre sous la forme d’une séro-’ sité dont l’aspect varie , mais qui est toujours plus ou moins mélée de flocons où pärcelles d'albumine à demiconcrète. C'est cétie matière qui, quand la maladie se termine heureusement, est en partie résorbée, et le reste se transforme en tissu cellulaire, en brides de méme nature, tantôt plates , tantôt arrondies. N'estce pas encore à cetté même matière qu'est. dû la formation des granulations à la surface du péritome, dont j'ai déja srlé dans la première édition de cet ouvrage ?

429: La gangrène se marque par un froid qui succède à une chaleur intense, par la cessation brusque de la douleur , un pouls fable et intermittent, l'affaissement destraits de la face. Dans la pérnionite puerpérale, qui se déclare le plus ordinairement du deuxieme au troisième jour, et peut même survenir à toute époque de l'allaitement, on remarque, outre les symptômes indiqués plus haut , l’affaissement des mamelles, la suppression des RAA d’autres fois cependant la sé- crétion du lait et 'éoélemhiertt des lochies ont lieu éonmime à l'ordinaire. Nulle phlegmasie des membranes séreuses n’est plus susceptible de se compliquer avec quelques-unes des fièvres primitives, et surlout avec les fièvres bilieuse , adynamique ‘et ataxique.

$ I. Traitement de la Péritonite.

430. Les principes généraux du traitement de la périonite rentrent dans ceux du traitement des phleg-

masies des autres membranes séreuses. — Saignées

générales s'il y a pléthore ; application de sangsues à

l'anus s’il y a suppression d’hémorrhoïdes, à la vulve

s'il ÿ a suppression des menstrues ; bains tièdes, bois sons mucilagineuses ; boissons et lavemens laxatifs s’il ÿ à consüpation : tels sont les moyens qu'il est le plus souvent nécessaire d'employer. On a aussi quelquefois

appliqué avec succès un vésicatoire sur la région abdo- -

minale. (Foy. la Thèse citée ci-dessus » Sur la péritonite). Les bains tièdes sont recommandés par M. Hallé (Dictionnaire des Sciences Médicales, art. Bains), et l’uulité de cette pratique est constatée par l'observation journalière. Les bains de vapeurs sont employés avec succes à la Maternité par le professeur Chaussier. On sait qu'au contraire, souvent dans de pareils cas , M. Broussais emploie les bains froids. On imagine combien il est urgent, dés le début de la péritonite puerpérale * d'éloigner tous les objets d'insalubrité que peuvent agir sur l’accouchée, de chercher à réchauffer les extrémités des membres au moment des frissons ; de donner ensuite, en boisson » l'eau de gruau, le peüt-lait; de favoriser une sueur spontanée au mOYETE

d'une chaleur modérée et de petites doses d'ipéca-

cuanha , moyen utile pour débarrasser en même temps les premières voies. Si la malade est constipée , ou qu'elle éprouve des ténesmes, des vomissemens ” on aura recours à des clystéres répétés, à des fomentations sur l'abdomen , à l'anti-émétique de Rivière (ur scrupule ou un gramme environ de carbonate de potasse mêlé dans une cuillerée de suc de limon )s à quelque boisson acidulée. Si le dévoiement est trop violent, on administrera, par intervalles et à peutes

PHLECMASIES DU TISSU CELLULAIRE , etc. 443

doses, un mélange de quelque poudre amère avec un

$el laxatif, ou bien quelques grains de rhubarbe entremélée avec un calmant (1).

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