C'est par les seules forces de la nature ; et par
une suite de ses efforts conservateurs , que le phleg-
mon parcourt en général ses périodes, suivant Ja terminaison qu'il semble affecter ; et si sa marche est ré-
FHLEGMON. 1 RSS
guhere et les sympiômes modérés, il suffit de remédier aux autres affections concomitantes, comme la chaleur, la soif, et donner des boissons délayantes et lécérement acidulées. La résolution peut s’opérer du quatrième ou sixième jour , et c’est alors la terminaison la plus favorable; ou bienle phlegmon passe à l’état desuppuration, ce qui est encore une issue heureuse lorsque le phleomon est externe ; mais s’il est interne, et qu'on se propose d’en diminuer l'intensité autant qu'il est possikle , et d’en prévenir les suites, on a recours aux moyens indiqués dans le 396° aphorisme de Boerhaave , et développés par son commentateur : saignée , usage des purgatifs, sorte de révulsion produite dans d’autres parties par des ventouses , des frictions , des épispastiques , des bains, l'application d'an cautère , un séton ; pour favoriser d’ailleurs les efforts salutaires de la nature, etéloigner les obstacles qui peuvent entraver Sa marche , on a recours aux règles ordinaires que suggère l'hygiène : l'impression d’un air frais , des affections morales douces, le repos et l’éloignement de tout objet bruyant , des alimens légers et hquides , des boissons tempéranies et délayantes. La
violence extrême des symptômes peut demander quelquefois l'usage des topiques froids ou même des réper- Cussifs , en les combinant même avec les narcoliques , lorsque la douleur est un des principaux symptômes de l’affecuon inflammatoire. L’embarras gastrique qui peut compliquer le phlegmon , se dissipe facilement par des moyens connus; et si des circonstances accessoires ou des dispositions individuelles avaient amené une fièvre inflammatoire propre à donner un nouveau degré d'intensité au phlegmon , 1l est facile de voir
que la saignée , répétée Loujours avec réserve, pourrait produire une détente favorable, conjointement avec la diète et les boissons acidulées. La crainte d’une dégénérauon gangreneuse , et la complication avec la fièvre adynamique , indiquent si naturellement l'usage des toniques et des autres médicamens appropriés à cette fièvre, qu'il est superilu de le rappeler ici à la
mémoire.
OREILLONS (1)*# S Ie. Considérations générales.
444. Les oreillons sont une maladie dont on n'avait donné qu'une très-faible idée dans le premier volume des Essais de Médecine d Edimbourg. L'histoire générale qu’en donne M. Hanulton est une des plus exactes et des mieux détaillées. +
445. Quelques jours avant que le gonflement Ca= ractéristique de cette maladie se manifeste, on éprouve une grande lassitude et une agitation générale très— incommode. El se déclare ensuite des frissons et un peu
“de fièvre, avec une douleur obtuse qu'on rapporte à Vune des articulations de la mâchoire inférieure ou aux deux ensemble, ce qui rend la mastication très-2ènée, où même l'empêche enuèrement ; 1l se manifeste Je lendemain , dans ces parties, un gonflement qui s'étend promptement aux glandes parotdes , à la peau voisine et au tissu cellulaire. La maladie s'arrête quel. quefois là sans colorer la peau, et en conservant les D Lui es rl lu nd em at diet DE
(1) SrwonwruiE. Cynanche parotidea SAUVAGES , CULLEN; Angina maxillaris, oct ; Anginaexterna ; RussEL.
ORFILLONS. 457 parües dans un état moyen de chaleur : le malade er est souvent délivré sans médecin ; mais d’autres fois les parues affectées deviennent rouges , la tumeur s’étend jusqu'aux glandes salivaires et au ussu cellulure des environs ; et lorsque les deux côtés sont attaqués, le visage est d’un volume monstrueux, en même temps
: que la déglutition devient fort génée. La douleur n’est pas vive, mais la fièvre peut être forte ; la tumeur est d'une couleur foncée , et les glandes parotides et maxillaires sont dures.
446. Dans plusieurs individus , c’est là que se termine la maladie , car le quatrième jour, vers le matin , 1l s'établit une espèce écoulement derricre les orcilles ; une doucesueur , souvent en grosses gouttes, s'échappe de la surface étendue de la tumeur ; tout le corps est aussi en sueur si le malade garde le lit ; Vinflammauon se calme, le gonflement s’affaisse par degrés ; la fièvre disparaît à l’époque de ces circon- Stances favorables , et la maladie est dissipée le sixième jour , si la nature n’est point troublée dans sa marche. Mais si la tumeur s’affaisse subitement vers le quatrième jour , et qu'un des testicules ou les deux ensemble commencent à se gonfler , la chaleur et une inflammation douloureuse se déclarent avec de nouveaux frissons et une augmentation de fièvre, ce qui demande beaucoup de circonspecüon dans la méthode du traitement ; car les moyens employés par la nature pour procurer la résolution des testicules sont exactement semblables à ceux qui ont lieu pour la face : 1l se forme un suintement spontané à la peau des parties affectées; et sl est copieux, continu et accompagné d’une hbre transpiration de toute fa sur-
face du corps, cette seconde maladie se termine heureusement sans aucun autre accident ; mais si cette exsudation critique est peu ne de , qu'elle soit parüelle ou interrompue par néon d'un froid accidentel où par un traitement imprudent , les tumeurs des testicules s’affaissent promptement , le malade devient agité, la fièvre se rallume , la tête est prise , le HE se déclare avec des convulsions et d’autres symptômes funestes qui font succomber le malade.
447. L'âge où , d'aprés les observations d'Hamilton, les oreillons surviennent le plus souvent, est depuis la puberté Jusque vers trente ans : il les a rarement observés entre trente et quarante ans , et au-dessous de l’âge de puberté. Cette maladie parut comme épidémique à Linn en 1758 , etse manifesta ensuite pendant plusieurs années. Elle régna d’une manière trésmarquéeen 1761 : il y avait alors plusieurs compagnies en garnison à Edimbourg, et les soldats furent plus attaqués en même proportion que les autres habitans ; elle commença à décliner , mais se mamifesta plus ou moins en étéet enautomne durantles années suivantes.
448. M. Murat a réuni dans sa Dissertation inaugurale (la Glande parotide envisagée sous ses rapports anatomiques , physiologiques et pathologiques ) tout ce que la science posséde de plus exact sur cette maladie , et particulièrement sur les métastases qui la terminent le plus ordinairement. Laghi a tracé une histoire exacte de la métastase des oreillons sur les tesucules. Rochard a donné la description d’une affecuon de cette nature, qui paraît être endémique à Belle-fsle-sur-mer, Saucerotte a eu occasion de l’ob-
OREILLONS. | 459 server dans l’hiver de 1785 et 1786, etc. Ravaton a vu fréquemment le gonflement des parotides disparaître du soir au mat , se porter au scrotum , le gonflér , et y causer une gangrène prompte.
S I. Description générale des Oreillons.
449. Prédispositions et causes occasionnelles. Les oreillons attaquent tous les âges, mais cependant plus parüculièrement l'enfance et la jeunesse ; ils sont souvent occasionnés par lexposition au froid et à l’humidité ; ils affectent rarement deux fois le même individu ; ils régnent souvent épidémiquement.
450. Sy mpiômes. Les oreillons sont ordinairement précédés par des frissons et un état fébrile ; 11 y à une tuméfaction plus ou moins considérable sous l’une et quelquefois sous les deux oreilles, laquelle peut être accompagnée de chaleur , de douleur et de tension ; elle se propage quelquefois sur les parues Jatérales du cou et de la face. Cet étai augmente jusqu'au quatrième jour ; 1l diminue ensuite, et disparait enüérement les jours suivans. La fièvre qui accompagne les oreillons est ordinairement légére , et disparaît avec le gonflement du cou. Cette inflammation peut se terminer par résolution ; 1l survient alors une sueur locale ou générale. Elle passe quelquefois à l'état de suppuration : celle-ci est annoncée par la durée et l'intensité des symptômes , la rougeur de la peau, une douleur pulsative et lancinante , une pesanteur mcom= mode , et la fluctuation. L'indurauon en est quelquefois la suite, surtout par l’applicaion.imprudente du froid et des répercussifs ; mais la métastase est la ter
minaison la plus ordinaire de cette affection. À me- ci sure que le gonflement de la gorge diminue, il survient :
une tuméfaction plus où moins douloureuse des testicules chez l’homme , et des seins chez la femme , OÙ bien du prurit aux organes génitaux et des douleurs aux lombes , surtout à l'approche de la menstruation. L’affecuon des testicules et des seins peut aussi se supprimer , et être suivie de métastase vers le cou , le cerveau, etc. ; 1l n’est même pas rare d'observer plusieurs fois de suite l'affection alternative du cou et des testicules ou des seins.
$S HI. Traitement des Oreillons.
451. Hamilton avoue avec ingénuité que la première fois qu'il fut chargé du traitement desoreillons ,il resta en suspens sur la méthode qu'il devaitadopter, d'autant plus que les auteurs ne fournissaient aucune lumière sur cette maladie , et que Gooch n’en avait parlé, dans
ses Observations de chirurgie, que d’une manière
incomplète et défectueuse. Ses propres observations
lui apprirent que le régime dit anti-phlogistique était non-seulement insuffisant, mais même nuisible , et que de grandes évacuations produites dans la vue de hâter la résolution des tumeurs faisaient plus de mal que de bien. D'ailleurs, les promptes métastases qui avaient lieu, dans les cas les plus graves, des glandes salivaires aux testicules et de ceux-ci au cerveau , paraissaient plus fréquentes et plus dangereuses lorsque les évacuations étaient abondantes. |
* 452. Pour déterminer donc la méthode dutraitement ; Hamilton résout d'étudier avec soin le caractère de la
OREILLONS. | 467 maladie, de tächer d’imiter la manière d’agir de la nature pour la terminaison, et c’est ainsi qu'il eut la satisfacuon de voir rétablir les malades. Comme la méthode dite anti-phlogistique avait été sans succés, il évita Ja saignée, à moins qu’elle ne füt puissamment indiquée par un pouls très-dur et très-pleim, et que linflammation nefû t forte et douloureuse, et même alors 1l faisait pratiquer une saignée peu copieuse ; il maintenait le ventre libre au moyen de clystères, ou il se bornait tout au plus à un léger cathartique. Comme le suintement derrière les oreilles , et la sueur qui se déclarait à lasurface de la tumeur, paraissaientindiquer que c’étaient là les principales ressources que la nature se ménageait pour terminer la maladie, 1l favorisait ces efforts avec soin , en recouvrant ces parties de flanelle ; et si ces exsndations venaient à s'arrêter ou à diminuer avec un accroissement de symptômes fébriles, 1l faisait appliquer les vésicatoires dernére les oreilles, et sur toute la surface üe la tumeur.
453. Qüelquefois, après l’affaissement des glandes salivaires qui ont été trés-gonflées, elles s’enflent de nouvean et deviennent douloureuses : lorsque cette alternative a lieu, les tumeurs des testicules deviennent moins douloureuses, plus relichées, et diminuent de volume , pendant que le cerveau reste en même temps libretde toute affecuon. Lorsque le cerveau paraîtaflecté aprés une diminution soudaine du gonflement des, testicules , 1 ces derniers deviennent de nouveau erilés et douloureux , le cerveau se dégage enticrement.
Hamilion voyant lPaputude qu'a cette maladie à se conserver dans unesorte de fluctnation, recourait avec avantage à l’applicauon des vésicatoires sur les tumeurs
462 PHLEGMASIES DES PARENCHYMES.
avant que le gonflement des glandes salivaires fût arrivé au dernier terme, et avant qu'aucune exsudation eût lieu. Dans ces casil n’a jamais remarqué aucun exemple du gonflement des testicules , ni des suites dangereuses qu'il pourrait entrainer.
C'ÉSRASAOL IT Er).
454. On a recherché si la substance même du cerveau étut susceptible de passer successivement à l’état . d’inflammauonet desuppuraton ; Horstius, Forestus, Dodonæus, etc., se sont-appliqués à résoudre cette question avec plusou moins de succés , et l'ont appuyée sur des observations plus où moins complètes : pour qu elles fussent bien concluantes, il aurait été néces-
saire que la substance dü cerveau fût seule lésée, et
indépendamment des méninges; que cette lésion füt constatée par une autopsie cadavérique exacte, et qu’en fin on y eüt joint une exposition fidèle des Symptômes , surtout des changemens survenus dans les foncüons de l’entendement. Mais que d’observauons incomplètes offrent les auteurs de médecine sous ces divers rapports! P. Abrecht a publié, dans les Ephémérides germaniques (Dec. IE, an VI), un fait de cette sorte (de Insigni Cerebri suppurati Quantitate ex naribus affluente). Une jeune fille de onze ans se plaignait dépuis long-temps d’une vive céphalalgie; on employa en vain divers moyens internes et externes : augmentalioiL progressive de la fièvre et des douleurs de tête, délire 5 fureur , affection carotique profonde ; les yeux étaient
(1) SYNONrMrE. Cephalitis ; Savvaces ; Sphacclismus , Linvnzæcus.
CÉPHALITE. 465 fermés ; si on la pinçait, elle paraissait insensible ; enfin, 1l survint des convulsions, un écoulement abondant d’un pus blanchâtre par les narines, et au milieu de cette matière purulente on croyait voir, de petits Jambeaux du cerveau tombés dans une sorte de colliquation. La jeune malade expira; mais les parens ne voulurent point permettre l'ouverture du cräne, de sorte qu'on ne put point constater l’état des parties aprés la mort. On ne peut douter que, dans des plaies de tête, la chirurgie n’ait pleinement constaté l’état successif d’'inflammation et de suppuration du cerveau: aussi la médecine interne a besoin de l'appeler à son secours pour répandre quelques lumières sur les phlegmasies de l'organe encéphalique.
455. Quelques notes que j'ai recueillies autrefois durant mes leçons de clinique, m'ont fait connaître di. verses lésions ou altérations de la substance du cerveau ; qui semblent supposer qu’il avait existé antérieurement une phlegmasie de cet organe aiguë ou chronique. Üne femme, vers les derniers jours d’une fièvre adynamique, éprouva une affection carotique profonde., avec perte de l’usage des sens et des fonctions de l’entendement , ainsi que de la parole; on trouva, à l’ouverture du corps À les ventricules latéraux du cerveau remplis d’un fluide lymphatique ; on apercut en même temps une autre lésion singulière du cerveau > qui consistait dans la dégénération des couches des nerfs optiques des deux côtés, formant une masse solide et comme squirreuse , avec des adhérences à la selle turcique et aux environs de cette éminence. La personne était aveugle ; mais elle n'avait jamais manifesté aucun signe d'égarement de la raison.
PY
464 PHLECMASIES DES PARENCHYMES. û
456. Une femme se rendit à l'infirmerie en 1800, à la suite d’une chute sur la partie droite du coronal : à l'instant même de cette chute, hémiplégie du côté droit, perte des fonctions de l’entendement, suspension de l'usage de Ja parole pendant deux jours, puis son retour, imats propos décousus et insignifrans. Elle reste huit jours dans cet état, mange et boit, et meurt subitement au moment où on venait de la lever. A l'ouverture ducorps, on remarqua un liquide roussâtre au-dessous de la pie-mére, à la parue postérieure et latérale du lobe gauche du cerveau , une légére ecchymose d'environ cinq lignes de longueur , et une dégé- nération de la substance corucale du cerveau, devenue roussätre à la profondeur de cmq à six lignes dans toute la partie postérieure ei latérale.
457. Une autre femme , qui était hémiplégique de» puis long-temps, et qui avait fait une chute sur la tête. | depuis deux mois, fut transférée à l'infirmerie ; elle se | plaignait constamment d’une douleur de tête et restait. | toujours couchée. On appliqua vainement les vésica= | toires, et on les. fit suppurer long-temps d’abord à la nuque, puissur latête ; on n’obtintaucun soulagement, | toujours plaintesde la douleor de tête , mais point d'affecuon : soporeuse, point de délire ; la tête restaitseule- | ment tournée du côté droit ; la le n'avait point le. visage enflammeé ,-elle conservaitl'usage de ses sens ; mais elle éprouvait une débilné Progressive ; ; une ving= |
taine de jours avant sa mort, l'appétit s'éteignit aussi par degrés, le pouls devint L plus en plus fible. et Ja NES ES expira. À l'ouverture du corps, je remarqual dans l'intérieur du cerveau une tumeur stéatoma use de la grosseur d’un œuf de poule, et qui proé-
CÉPHALITE. 465 minait en parle dans le ventricule latéral droit.
458. Je puis ajouter à ces observations qui me sont propres » d'autres faits puisés dans le recueil des Ephémérides germaniques (tom. VI, Dec. If°).
459. .Un soldat âgé de trente ans, et sujet à des ex cés de boisson, fat trois chutes successives sur la tête : un mois après 1l se plaint d’une cépbalalgie vive , eton remarque en lui une certaine stupeur. On emploie en vain divers médicamens ; 1l meurt dansles convulsions.
: À l'ouverture, on trouva un abcès de la grosseur d’un œuf d’oie dans le lobe droit du cerveau et dans la
| parte correspondante à l'os temporal droit ; on en trouva aussi un autre de la grosseur d’un œuf de pigeon, et rempli d’une maüére purulente verdâtre et tres-fétide. : |
460. On peut joindreà cetexemple celui d’un homme de quarante ans qui, pendanttrois années , s'était plaint d'une céphalalgie vive qui avait résisté à tous les re médes. Aprés avoir resté neuf mois couché dans son
di, il périt aussi dans les convulsions. A l'ouverture du corps, et aprés avoir enlevé le crâne, on trouva dans le lobe gauche du cerveau, et à la partie antérieure, un abcès du volumeetde la forme d’un œuf de poule, qui contenait une matière purulente, épaisse, consistante, et d’une qualité si corrosive, que le crâne lui même en avait eu sa structure altérée. Le malade déclara quelques jours avant sa mort qu’il avait fait autrefois une chute de cheval ; et en effet, on apercevait une dépression du crâne dans la partie correspondante au siége de l’abcès. | 461. Je me borne à rapporter des faits propres à établir que la substance pulpeuse du cerveau , et in- Il. 30
466 PHLEGMASIES DES PARENCHYMES.
dépendamment même des lésions des méninges, à pu éprouver des phlegmasies , soit aiguës soit chroniques , qui ont dégénéré en abcès; mais l’histoire
des symptômes ou lésions de léntendement qui COr=
respondent à ces dérangemens physiques , n’est point encore assez complète pour pouvoir s'élever à une description générale de lencéphalite; et en attendant qu’on ait acquis de nouvelles connaissances sur ces objets, il est prudent de s’en tenir à l’exposiuon simple de quelques faits constatés, et qui peuvent tendre à éclaircir une matière aussi obscure. Les causes prédisposantes et ôccasionnelles sont souvent les mêmes que celles de la phrénésie; quant aux caractères qui distinguent la céphalite de la phrénésie, je les ai déjà exposés en décrivant cette dérmière (page 410). Je renvoie aussi au même arücle tout ce qui concerne le traitement de cette maladie.
PÉRIPNEUMONIE (1).
À 4 & 1°". Considérations générales et Histoires particulières.
462. On doit peu s'étonner que le pére de la médecine ait conservé une différence dans les dénominations de la pleurésie et de la péripneumonie , sans cependant assig cune de ces deux maladies, et sans cesser de croire qu'elles pouvaient se terminer également par l’expec-
G:) Srwonrmre. Peripneumonia , Sauvaces, Lanxnæus, VoceL, Sacan, Bognnaave, Juncker; Febris peripneumonica, K 4 - . - Horpmann, Macsripe ; Pneumonia , CuLLEN.
w; 4 mama mmmmmmommmmmmmmmmnnnnl
oner les symptômes particuliers à cha=
PÉRIPNEUMONIE. 467 toration ou par une vomque: Il n’était guère possible d'aller plus loin à une époque où rue des maladies pouvait à peme être perfectionnée ou rectifiée De les lumières de Panatomie pataglogique ; ; et cé n'est que dans ces derniers temps, et après un ie nombre d'ouvertures de corps, qu'on est parvenu à mettre une disuncüon plus ou moins exacte entre ces deux maladies inflammatoires. Morgaeni et Valsalva ont rassemblé un grand nombre d'observations qui montrent que la plèvre peut n'être point affectée, mais seulement les poumons, quoique les malades aient éprouvé une vive douleur au côté. Les mêmes auteurs se sont aussi convaincus qu'on trouve quelquefois la plèvre aliérée en même temps que les poumons , et ils pensent qu 1lest très-rare que cette membrane soit seule le siése de l’état inflammatoire. Haller, Triller , et ee autres médecins célebres, ne croient point qu'il puisse exister de vraie pleurésie aiguë sans péripneumonie. Des observaüons réitérées , et telles que peut l'offrir un grand hospice, m'ont due pour faire cette distincuüon, des facilités qui ont manqué à d’autres médecins, et Je renvoie sur cet objet à mon ouvrage sur la Médecine clinique. à
465. I est rare de trouver une péripneumonie inflammatoire et simple aussi caractérisée par ses causes évidentes, son invasion et sa marche dès les premiers jours , que dans un exemple que Stahl nous à transmis dans son Collegium casuale. Un jeune homme de vingt ans, d’un tempérament sanguin , Sujet autrefois à d fréquentes hémorrhagies du nez, et menant une vie sédentaire , se Hivra, vers le mois de mars, à
408 PILEGMASIES DES PARENCHYMES.
un violent exercice de corps, s’échauffa beaucoup, et s’exposa avec imprudence à un refroidissement subit ; il portait d’ailleurs des vêtemens légers , et 1l entra bientôt après dans une chambre chaude : deslors malaise, anxiétés , vertige, sentiment de froid avec horripilauon. Il survient ,une gêne de la respiration d'abord lécère , puis plus incommode, mais sans expectoration. La tête est douloureuse ; un sentiment de lassitude est remplacé par une chaleur vielente, avec un ou deux vomissemens des matières prises au déjeüner, Îl se déclare aussitôt une douleur lancinante au côté droit de la poitrine , au-dessous de la mamelle ; la toux , toujours sèche , devient plus vive, et connue d’être telle le lendemain et Le troisième jour, qui fut l'époque d'une expectoration mélée de sang , ainsi que le jour suivant. L'urimne fut alors citrine , et déposa, par le refroidissement, un sédiment rosacé et abondant , mais un peu léger.
& IE. Description générale de la Péripneumonie.
464. Prédispositions et causes occasionnelles. Ce sont des exercices violens du poumon, la course, la lutte, des efforts véhémens, le chant, des cris forcés , une équitation rapide contre la direcuon du vent, des émotions vives de l’âme, une angine avec oppression de la portrine , l'impression brusque d’uu air froid avec un violent exercice, une boisson froide lorsqu’on est échaufté.
465. Symptômes. On éprouve d’abord un frisson suivi de chaleur , avec pouls fréquent et dur ,.senüment d'ardeur dans la poitrine, douleur latérale
PÉRIPNEUMONIE. 469 pongitive, profonde, plus ou moins vive, gène plus ou moins forte de la respiration , toux > expectoration d’abord muqueuse et plus ou moins sanguino— lente, rougeur vive des pommettes du côté du poumon ct, Au bout de quelques jours, ces symptômes sont portés au plus haut degré de développement ; les paroxysmes du soir sont très-intenses ; ; le pouls est devenu fort, fréquent et développé , et la face est animée. une est-elle intense et générale, débilité extrême dés les premuers jours , out mou , déprimé et inégal ; respiration petite, fréquente, jù Liciles ; toux on baleine chaude, rouseur de la face , des yeux , de l’arrière-bouche, des ne ; sentiment de suffocation avec des anxiétés Mes probe : délire, mort prompte et inévitable. On peut concevoir de l'espoir si une partie du poumon est seulement, aflectée ; et que la cause ne soit pas très-forte. De là des variétés dans la durée de la péripneumonie , et sa terminaison par le rétablissement de la santé, une nouvelle maladie ou la mort. Une résolution bénigne est caractérisée » 1°. par une expectoration hätive,
hbre, copieuse , mêlée de peu de sang, assez con- .
sistante , hlanche , douce et opaque, avec diminution de la douleur, changement favorable de la respiration,
pouls plein et développé ; ; 2°. par un flux de ventre qu subit progressivement des altérations analogues à celles des crachats ; 3°. par une urine copieuse , épaisse, avec Échos des symptômes, et sédiment d’abord rouge, puis devenu par degré blanchätre avant le sepüème jour ; la respiration devient alors facile , la fièvre légère, avec cessation de la soif et une chaleur douce uniformément répandue. La péripneu-
470 PHLEGMASIES DES PARENCHYMES.
monie peut dégénérer en une autre maladie dépendant de létat mflammatoire, qui est la suppurauon : elle est annoncée par la violence modérée des sympiômes , l'absence des signes d’une résolution bénigne,
la prolongation de la maladie avec un pouls mou et
ondoyant. L'état suppuratoire* commencant est indiqué par des horripilations légères, vagues , souvent répéiées, et sans cause manifeste; la douleur diminue, la difficulté de respirer subsiste avec rougeur des joues et des lèvres, soif, paroxysmes de fièvre hectique , surtout le soir, pouls mou et faible. Les caractères d’une suppuration formée sont , outre les signes précédens , «une toux opiniätre et seche, qui augmente apres le repas et l'exercice ; les malades se plaignent d'horripilations vagues et d’un sentiment de pesanteur dans le côté affecté, sur lequel le decubitus devient moins gênant. La fièvre , devenue modérée, contmue au-delà de quinze jours avec des paroxysmes. Après lintroducüon des alimens ét des boissons dans l’estomac, et après l’exercice , rougeur des joues et des lèvres, anorexie , SOIF vive, sueurs nocturnes, surtout au front et à Ja