‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 84 sur 111 · On peut lire dansles écrits de Morgagni toutes · texte numérisé non relu

On peut lire dansles écrits de Morgagni toutes

les variétés que peut prendre le foie pour le volume, la position , les altérations de forme, les adhérences, la diversité des couleurs contractées, soit dans toute l’é-

wndue de ce viscère , soit dans certaines parties ; les

différences pour la dureté et la consistance , les altérations produites par divers degrés d’inflammation. On peut ajouter à ce que dit le même auteur sur l’état de sŒuirre qui peut affecter ce viscère en tout ou en parue, que, dans l'état actuel de nos connaissances, on doit resserrer dans des bornes plus étroites que ne l’ont fait Bocrhaave et ses disciples, la terminaison des inflammations en général par le squirre et le cancer, et ne point admettre avec eux que toute glande peut étre primitivement le siése de ces dernières affections.

Sœnmmering a fait voir en effet ( Biëlioth. germaniq. .

tom. V), en traitant des maladies des vaisseaux Jymphatiques, qu’il importait de bien distinguer le squirre de l’engorgement scrophuleux , et le cancer de l’uleère

scrophuleux ; que le squirre est une affection de quel-

que glande conglomérée ou sécrétoire ; que , dans cette

"HÉPATITE. 493 tumeur, les vaisseaux sanguins ou sécrétoires s’obstruent et se ferment complètement, au point qu’on ne peut la guérir que par Sa destruction ou son amputalion ; que le squirre dégénéréen cancer verse unichor trés-fluide, noirâtre, très-fétide , et tellement corrosif, qu'il ronge et ouvre les vaisseaux sanguins; que ce virus, pompé par les vaisseaux absorbans , peut pénétrer les glandes lymphatiques , et les rendre squirreuses par commu nicauon , comme on le voit quelquefois dans le cancer des mamelles. C’est sous un autre point de vue que les glandes maxillaires, les paroudes, le pancréas peuvent étre primitivement affectés d’une induration squirreuse.

483. Doit-on traiter de l'hépatite et des diverses espèces d’icière comme de deux maladies inséparables, ainsi que l'ont fait Boerhaave, et après lui Stoll ? ou bien doit-on les considérer séparément, comme l’ont fait Juncker, Hoffmann, etc. ? Il est vraique ces deux affections peuvent avoir des causes communes, telles qu'une boisson froide après un violent exercice , l’em— ploi brusque et prématuré du quinquina dans les fievres intermittentes, la suppression des menstrues ou du flux hémorrhoïdal, la métastase des affections arthritiques, etc. Mais aussi elles peuvent avoir des causes qui leur sont particulières : c'est amsi, par exemple , que l'hépatite peut être produite par une course rapide ou des efforis violens, des contusions, des plaies de tête, l'abus de la boisson , etc. ; tandis que l’ictére peut être séparément produit par des alimens grossiers, la répression d’un emportement de colère, l’action d’un éméuque, la présence d'un ou de plusieurs calculs dans’ la vésicule ou les conduits excréteurs de la bile. Je me

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borne donc ici à la considération de l'hépatite, qui peut offrir toutes les périodes et les diverses terminaisons des tumeurs phlegmoneuses ; maison ne doit point se dissimuler combien il est difficile de la disunguer

quelquefois d’une inflammation du poumon ou de la ! plèvre. Sa complication avec quelque autre inflanmauon ou afiection chronique peut encore augmenter | l'embarras : c'est amsi, par exemple, qu'il yaquelques |

années , une malade à qui je donnais des soins avait en

même temps un cancer au pylore, et un abcès dans la

partie gauche du foie; elle se plaignait d’une douleur obtuse dans l’hyÿpochondre gauche, et de douleurs extrémement vives dans la région du pylore. Cette dermère parue même était si sensible, qu'au moindre attouchement la malade poussait les hauts cris; les douleurs lancinantes qu'elle ressentait en tout temps redoublaient une demi-heure après qu’elle avait pris quelque boisson. Ces indices suflisaient pour reconnaître une ulcération ou un squirre au pylore ; mais comme 1l ny avait nulle trace de jaunisse, ce ne fut qu'à l'ouverture du corps que je fus pleinement convaincu de labces du foie. |

6 IE: Description générale de l Hépatite.

484. Prédispositions et causes occasionnelles. Plusicurs causes peuvent disposer à une hépaute ou la déterminer, comme une exposition prolongée sous un ciel brülant, une atmosphère variable, des fatigues conunuelles , la présence des concrétions biliaires dans

‘la vésicule du fiel, la suppression des hémorrhoïdes ou des menstrues, des travaux constans du cabinet, une

HÉPATITE, | 495 vie inactive, un tempérament mélancolique, des passions vives et contrariées. D’autres caüses sont plus directes, comme un coup violent sur la région du foie, une chute sur cetie partie, ou, par une sorte de commotion générale, une chute sur les pieds , les genoux ou les fesses, les plaies de la tête, les fractures du crâne, une course rapide, une marche longue dans un pays aride et sous un ciel brûlant, l'immersion dans l’eau froide, l'abus des liqueurs alcoolisées, celui des drastiques et des émétiques, l’usage prématuré ou l'abus du quinquina dans les fièvres intermittentes, la répercussion brusque de quelque éruption cutanée.

485. Sympiômes. Quelle que soit la cause de l’hépatte, lorsque l’inflammaton affecté profondément le parenchyme du foie, lessymptômes qui l’accompagnent sont : une douleur sourde etprofonde dans l’hypochondre droitet dans l’épigasire, unsentimentde pesanteur, quelquefois une toux rare, d’autres fois des vomissemens bilieux, souvent une teinte jaunâtre des yeux où de la peau , la consupation oudes selles blânches, une urine jaune (1). Si l'inflammation occupe plus paruüculièrement la parte concave , fl ÿea douleur à l’hypochondre droit, qui n’augmente point par la pression extérieure ; le malade se plaint de nausées, d’envies de vomir, d’une soif ardente; la langue est recouverte Rd M RE ES À hegr ei ppeier

(1) L’urine commence à étre jaune et à teindre en jaune le linge et le papier avant que la sclérotique et la péau offrent la même couleur ; elle cesse d’être jaune et de teindre le linge avant que la peau et la conjonctive aient repris leur eu

naturelle. (Mémoire sur la couleur jaune des ictériques , by J. Clarion.)

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d’un enduit verdâtre. Lorsque l'inflammatuon a son siége dans la parue convexe du foie, la douleur est plus superficielle ; elle augmente par la pression etpar la toux, elle se propage au cou, à la clavicule, à l’épaule; l’hypochondre droit est tuméfié, le decubitus sur ce côté est impossible, la respiration difhicile et accompagnée de toux. L'hépatite peut être aiguë ou chronique : dans ce dernier cas, elle est souvent très-

difficile à reconnaître; on n’en peut même quelquefois

soupconner l’existence que par les causes qui ont précédé, par le sentiment de plénitude et de pesanteur que le malade éprouve dans l'hypochondre droit, par les douleurs plus ou moins poignantes, qui augmentent . par la pression, par le decubitus sur le côté gauche, et par la fièvre légère qui accompagne ces symptômes. La terminaison à lieu quelquefois par résolution vers le sepuème jour. Une hémorrhagie du nez par la narine droite, une urine abondante, une sueur favorable, une diarrhée modérée, peuvent être le présage d’une heureuse résolution, lorsque l’inflammation se borne à la parue convexe du foie. Occupe-t-elle sa face concave, des déjecuons bilieuses, des sueurs , quelquefois même des vomissemens annoncent la même terminaison. La résolution tent souvent à l'usage des remèdes

ropres à calmer les symptômes lorsqu'ils sont trop ina. ,ctonne doit Se Rae dans la ie nesse ou l’âge adulte; car, apres cette époque de la vie, le calme et la rémission qui surviennent sont de peu de durée. Il se déclare d’autres symptômes qui annoncent la marche de la suppuration, comme une chaleur incommode et un sentiment de pesanteur dans Fhypochondre , la gène de la respiration, des alternatives de

| HÉPATITE, | 497 sueurs et de frissons , des exacerbations vers le soir , la chaleur de la paume des mains, un sommeil agité. Si l'inflammation réside dans la partie convexe du foie, l’abces peutse manifesterau dehorsdans l’hypochondre, avec un gonflement œdémateux des iégumens qui le recouvrent (4cad. de Chir. tom. IV) ; d’autres foisil se fait jour soit dans la cavité de la poitrine , soit dans les poumons, soit dans l’abdomen , et quelquefois dans l'estomac , les intesüns. L’hé patite peut se terminer par. gangrène ; mais le squirre du foie est-il toujours Ja ter minaison d’une inflammation aiguë , les suites d’une inflammation chronique ? ou bien est-il produit par quelque contusion ou une dégénération spontanée ? L’hépatite peut d’ailleurs se compliquer avec les fièvres ou les phlegmasies. |

S II. Traitement de l Hépatite.

486. Il en est de la saignée dans le traitement de l'hépatite, comme dans sis de beaucoup d’autres phlegmasies ; on ne doit la pratiquer que lorsque les symptômes sont trop intenses : l'application des sangsues à l'anus, surtout lorsqu'il y a suppression du flux hémorrhoïdal , est souvent suivie de succès. On ne doit point arrêter le vomissement bilieux qui ac— compagne cette maladie ; il est même convenable de le seconder. Les boissons ordinaires doivent être acidulées , telle que l’eau d'orge oxymellée : ces moyens et une diète rigoureuse suffisent le plus souvent pour amener la résolution. N’est-l pas quelquefois dangereux de qu les efforts de la nature en Ale pliant les saignées et les purgatifs , à moins que des

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498 PHLEGMASIES DES PARENCHYMES.

circonstances particulières ,; comme dans l'exemple rapporté par Bianchi (ist. Hep., pars 2) ne rendent ces moyens nécessaires ? Lorsque la suppuration à heu , et que labcés fait saillie à l’hypochondre droit ou à l’épigastre, on doit l’ouvrir sans différer : c’est dans des cas semblables que le médecin habile tent un juste milieu , pour modérer les symptômes sans trop affaiblir le malade. Mais le pus ne peut pas toujours être évacué par cette voie ; il se fraye quelque= fois une route à travers le diaphragme , pénètre dans la poitrine , et s'y épanche ; ou bien il glisse sous la plèvre , envoie des fusées de l’un et de Pautre côté, et se fait jour au dehors entre les côtes : des fistules sont souvent la suite de ces abcès, et l’art est loin de pouvoir toujours parvenir à les tarir. Le cas est encore plus funeste lorsque l’abcés existe à la surface concave du foie , car le pus ne se fraye pas toujours une route par le canal hépatique ; il ne se forme pas constamment de ces adhérences qui lui permettent de s'ouvrir un passage dans les intestins , et même des fistules incurables surviennent quelquefois ; dans ce cas la guérison est au-dessus.des ressources de l'art : on ne peut que prescrire une diète convenable , des alhimens légers, des boissons délayantes , de doux pur-

gatifs, soit en potion, soit en lavemens , et des bains

üédes. Si l'hépatite tend à la gangrène , c’est aux toniques qu'il est urgent de recourir. Lorsque le squirre qui succède quelquefois à l’inflammation du foie n’est encore que commençant , on recommande l'usage des eaux minérales , comme les eaux de Spa , de Barèges, un air pur et serein , une température égale , un exereice modéré, des alimens faciles à digérer , des fruus

SPLÉNITE. 499 bien mürs. Dans le Journal de Médecine de Londres, année 1789, On trouve l'exemple d'une hépatite traitée avec le muriate mercuriel doux donné à l'intérieur, et des fricuons mercurielles sur la région du foie ; le succès qu'on à obtenu est-il dû à l'action du remède, ou bien est-ce une terminaison spontanée de l’hépa-

tite caractérisée par une évacuation par l'anus de la matière purulente ? C’est ce qu'on n'ose décider quand ou lit l'observation avec un esprit non prévenu , et qu'on connaît bien l’histoire de la maladie : mais

l'auteur ne manque pas d'admirer la toute-puissance de son remède.

SPLÉNITE (1).

487. I serait superflu de parler des travaux et des recherches faites en divers temps sur la rate considérée dans son état physiologique ou pathologique ; je suppose ces objets connus : mais je ne dois point omettre de tracer ici quelques noces d’un nouveau travail publié sur ce viscère , dans une Dissertation qui a paru aux écoles de médecine (2). Il résulte des faits consignés dans cet écrit, que les cellules décrites par Malpighi n'existent point ; que le sang splénique qui ne circule point dans les vaisseaux sanguins est renfermé dans des capillaires très-nom breux ; que c’est dans leur intérieur qu’est contenu

Op oo En |

(1) Srnonrure. Splenitis, Sauvaces, Linnæus, Vocez , Juxcrer, Sacar, Cuzren, etc.; Lienis inflammatio , Boxr- HAAVE.

(2) Recherches sur La Rate , etc. ; par Assolant, Paris, 1802.

500 PHLEGMASIES DES PARENCHYMES.

le sang qui colore cet organe ; que le système capillire qu'il forme est suscepüble d'en admettre des quantités variées ; que de là naissent probablement les états divers et les principales différences qu'offre le tissu de la rate; que c’est encore probablement par ce système que s'opérent les foncuons de cet organe ; qu’enfin ce système , plus développé dans la rate que par-tout ailleurs , est rempli de sang au heu de liquides séreux , comme dans les membranes et les tendons , etc. , et que c’est là sans doute Porigne de ses propriétés disuncuves. Îl résulte aussi des expériences chimiques faites sur la rate , qu’elle contient : 1°, une grande quantité d’albumine ; 2°. une petite quantité de fibrine”; 3°. une petite quanuté de maüière colorante semblable à celle du sang; 4°. une petite quantité de gélatine, ou au moins une matére qui lui ressemble beaucoup ; 5°. une autre matère animale soluble dans l'alcool, dont 1l n’a pas été permis d'examiner assez les propriétés pour en déterminér exactement la nature; 6°. du muriate de soude, da muriate ammoniacal , de la soude et du phosphate de potasse. On doit enfin remarquer , relativement à la structure particulière de la rate de l'homme , 1°. quelle est couverte d’une membrane perspirable empruntée du péritome ; 2°. qu'elle à une enveloppe fibreuse particulière , dont les prolongemens s’enfoncent ensuite dans son ussu pour environner le tronc de ses vaisseaux ou servir de soutien à leurs peutes divisions ; 5°. qu’elle conuent un système vasculaire sanguin plus développé que celui de la plupart des autres organes ; 4°. qu'elle est d’ailleurs pourvue de tissu cellulaire et de Iympha-

à SPLÉNITE. 5ot ques, dont les quantités ne paraissent nullement proporüonnées entre elles ; 5°. qu'elle a en outre dans son intérieur des corpuscules d’une nature organique indéterminée, et qui sont étrangers aux autres organes ; 6°, qu'elle contient du sang artériel et veineux , semblable, en apparence | à celui de toutes les autres parties du corps, et enfin une autre sorte de sang renfermé uniquement dans les capillaires qui servent d’intermède ou de moyen de communication entre les artères et les veines, et qui est peut-être d’une nature paruculhère.

488. On ne peut point sans doute se refuser d’admettre des inflammations superficielles de la rate, c'est-à-dire , qui affectent la partie du péritoine qui la recouvre (Dissert. déjà citée); mais le tissu même de cet organe peut-il être affecté d’un véritable phlesmon, comme le foie ou les reins, et ce phlegmon peut-il passer à la suppuration ? En supposant même cette affection aiguë , est-elle démontrée par une auiopsie cadavérique non équivoque, et connaît-on la série successive des symptômes qui l’'accompagnent ? Ce sont là des objets sur lesquels je pense que l’observation n'a point encore prononcé de manière à lever toute espèce de doute, ou du moins les écrits qu'on à publiés jusqu’à ce jour sont encore loin de faire cesser toutes les incertitudes , quoique la structure intime de la rate semble la rendre sujette aux mêmes inflammations que les autres viscères, puisqu'il entre dans sa composition des vaisseaux sanguins et capillaires, et du ussu cellulaire. Cette lacune en médecine, qui ne peut être bien remplie que par une série nombreuse de faits, et par une disuinc-

Fat

5o2 PHLECMASIES DES PARENCHYMES.

tion des inflammations aiguës et chroniques de ce viscère , exige un médecin observateur trés-exact , et favorisé par une position locale qui donne lieu à suivre la marche d’un grand nombre de fièvres imtermittentes avec des gonflemens consécutifs de la rate. Il serait nécessaire en outre que , dans des cas funestes , l'autopsie cadavérique püt faire ajouter le dernier degré de complément à l’histoire de la maladie.

489. ‘La rate est suscepuble de diverses altérauons dont on peut voir des exemples dans les Ephémérides des Curieux de la Nature. Sa membrane extérieure peut devenir cartilagineuse , son Ussu renfermer des calculs ; elle peut être double, divisée en divers lobes, ou d’un volume extraordinaire ; des concrétions osseuses peuvent s’y former à l'intérieur ; elle peut aussi acquérir un endureissement extréme, ou tomber dans ‘un état de sphacéle. On sait enfin , et c’est un objet trés-connu , qu'elle acquiert souvent un grand développement à la suite de fièvres rebelles. Mais est-elle susceptüble de devenir le foyer d’un abcès , ou de dégénérer en une tumeur squirreuse ? c’est ce qui peut devenir un sujet de doute , d'autant plus que, dans quelques cas , elle a paru reprendre sa forme naturelle après avoir manifesté toutes les apparences d’une dégénération semblable : l'ouvrage périodique dont Je parle*en donne un exemple frappant. Une jeune personne avait éprouvé pendant long-temps diverses affections hypochondriaques, des tensions abdominales souvent renouvelées , un état de constipation , des palpitations , des vomissemens d’une matiére acide ; elle fit usage de divers médicamens , et il lui survint une douleur très-vive dans la région de la rate, ce qui fut suivi

SPLÉNITE. 503 d'une tumeur qui avait toutes les apparences d’un squirre : la douleur disparut, mais l’hypochondre gauche conserva une dureté et une rénitence peu ordinaires. On fit usage sans succès de plusieurs moyens internes et externes , de fomentations , de linimens : des emplâtres , des bains , etc. Ce prétendu squirre semblait occuper la moitié de l'abdomen, et sé iendre même jusqu’à la région de l'utérus, ce qui n'empéchait point d’ailleurs la jeune personne de se livrer à la danse et à tout autre exercice de corps sans éprouver aucune gêne dans la respiration. On craignait pour elle le mariage, à cause du peu d'espace qui semblait rester dans l'abdomen pour le développement de l'utérus dans un cas de grossesse ; mais comme elle fut fort recherchée à cause de sa beauté, le mariage eut lieu ; elle devint enceinte , et elle eut beaucoup à souffrir dans les premiers temps , tourà-tour tourmentée par une perte d’appéut , des nausées , des vomissemens , des palpitations de cœur , des défaillances, symptômes qui cédérent peu à peu. Vers le terme de la grossesse , il se déclara des anxictés, une chaleur vive, des syncopes, une fièvre conunue, un ictère , etc., et on craignait pour sa vie : cependant ses couches furent heureuses, et elle mit au monde un fœtus bien sain et bien conformé ; ses maux se dissipérent , ses lochies furent très-abonflantes , et on soupconna même que cet excès d’écoulement était entretenu par une autre cause que l’état de la matrice, comme l’indiqua la détumescence de la rate, qui ne conserva plus la moindre trace de son volume et de son induration antérieure ; affection qu'on doit attribuer , dans ce cas comme dans beau-

504 PHLEGMASIES DES PARENCHYMES.

coup d’autres, plutôt à une congestion sanguine qu’à toute autre cause.

490. Le gonflement de la rate survient assez fréquemment durant le cours et à la suite de fiévres inter- : mittentes. Une jeune femme d’une constitution same et robuste , vint habiter la ville de Mées , département

des Basses-Alpes (Journ. de Mél., mai 1806), et ne.

tarda pas à être attaquée d’une fiévre intermittente double-tierce , maladie commune dans ces contrées. Ceue fievre fut assez longue, mais avec des interrupüuons à différentes reprises, Après un certain laps de temps, päleur, bouflissure, gonflement de labdomen , et notamment de la rate, qui avait acquis un volume très-considérable , suffocations , anorexie complète, borborygmes fatigans , sommeil inquiet et troublé , fiévre erratique qui menace de dégénérer en hectique : telle fut la série des maux qui se ma+

nifestérent successivement : ils disparurent pendant

l'emploi du geum urbanum.

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