‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 86 sur 111 · On ne peut que déplorer une sorte de fatalité · texte numérisé non relu

On ne peut que déplorer une sorte de fatalité

attachée à la médecine : rien n’est plus important,

pour faire faire des progres à la pathologie interne, que l’histoire exacte des Symptômes des maladies , éclairée par l’autopsie cadavérique, et cependant rien n'est plus rare. Là, l'exposition de la marche de la maladie est mutlée et incomplète , soit par inattenüon où par précipitation du Jugement, soit pour donner plus de valeur aux moyens qu'on à em— ployés ; ici, on altère les faits observés ,» eton les fait paraître sous un faux jour , pour donner lieu à quelque conclusion générale et brillante ; ailleurs, on donne un air de merveilleux au traitement qu'on à suivi, et il semble que c’est par manière de jeu qu'on est parvenu à guérir des affections rebelles et les plus invétérées : c’est ce qu'on peut reprocher aux auteurs de tant d’écrits volumineux qui existent en médecine. Et pourquoi l’érudit et infatigable Hoffmann , qui a d’ailleurs pris tant de soin d'éclairer la doctrine médicale par des histoires particulières des maladies , est-il tombé si souvent dans cet écueil ? En traitant de la néphrite (de Febre nephriticä), 1 parle d’une personne accoutumée depuis quelques années à faire des excès dans la boisson du vin ou des liqueurs alcoolisées, en ÿ joignant par intervalles un usage abondant du thé : aprés s'être fortement échauffée par l'exercice , elle éprouva une douleur vive au dos et à l'hypochondre gauche, avec frisson » fievre, anxiélés, constipation, fixation de la douleur dans la

NÉPHRITE. 5or région du rein gauche , rémission des souffrances dans la journée , et exacerbation vers la nuit, en même temps que lurme était ténue et limpide. Vers le onzieme jour ; la douleur fut beaucoup plus légere, et l'urine sédimenteuse : c’est à cette époque que des émulsions et des poudres tempéranites , secondées par des fomentations émollientes et camphrées, ont, SU vant ce médeein , empêché les progres de l’ulcération , et amené sa cicatrisation : on seconda leur effet par des infusions de plantes vulnéraires. Mais ne peut-on point demander sur quel signe et sur quelle circonstance de la maladie Hoffmann se fonde pour croire à une ulcération, rénale? et peut-on croire que si cette ulcération avait existé, il aurait été si facile de la guérir? Peut-on méconnaître, dans une semblable histoire, la marche naturelle d'une néphrite terminée par résolution ? et n’eût-il pas été plus honorable pour ce médecm de reconnaître dans ce cas l'influence puissante des efforts conservateurs de la nature ? s

493. Rien n'est plus propre x donner une idée exacte et précise de la néphrite et de ses diversriés, qu'une suite de faits observés qui établissent une sorte d'échelle de graduation , en commençant d’abord par une suppression d'urine qui vient d’une affection rénale, en passant aprés celarà une hématurie qui a son origine dans le même viscère, en S'é— levant ensuite à une néphrite commençante , puis en exposant les symptômes d'une affection caleuleuse des reins qui ne fait que se déclarer , et enfin en terminant par les symptômes qui accompagnent la présence du calcul des reins. C’est ce qu'on trouve dans

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un recueil précieux où Stahl nous a transmis des descripuons caractéristiques des maladies ( Collegum casuale sic dictum minus }, quoiqu'il se soit borné à les faire disünguer par leurs signes exté-

rieurs sans les conduire à leur terme. Un homme

d’une constitution pléthorique fait un voyage à cheval par un temps très-chaud, et aprés avoir bu quelques verres de vin en chemin et à son arrivée, il se couche apres souper : suppression de l’urine le soir et pendant la nuit, et le lendemain, sentiment de tension et de pesanteur dans la région interne des Jombes, avec des picotemens et une ardeur brûlante ; la suppression d’urine continue pendant le Jour, sans

aucune irritation pour la rendre. I} est facile de voir

qu'un mal semblable doit céder aux boissons émulsionnées et nitrées, à des clysières répétés, à des fomentations émollientes. Y avait-il d’autres moyens à proposer pour un homme âgé de soixante-deux ans, accoutumé à des excès de boisson, d’une consutution pléthorique , habitué à Ja saignée , sujet, en automne, à des douleurs lancinantes du genou et de la cuisse gauche , et qui, après avoir parcouru pres de trois milles en voiture, et avoir bu avec excés d'un vin généreux, éprouvait aussi un sentiment de constricüon dans la poitrine , et une suppression passagere de lurine ? Le cas était plus grave, et pouvalt-on méconnaître une néphrite commencante sur un jeune homme de vingt-huit ans, d’un tempérament sanguin , accoutumé à la bonne chère , et par intervalle à des excès de boisson ? Il avait éprouvé, au printemps et en automne, un sentiment de pesanteur dans les épaules et les bras, ce qui durait

NÉPHRITE. 50g quelques jours, puis depuis deux années, dans les lombes. Quelques gouttes d'huile volatile de térébenthine , qu'il prit imprudemment dans une boisson pendant trois jours , exaspérérent à un point. extrême cette douleur, qui devint profonde, lancinante, avec le sentiment d’une ardeur brûlante : urine qu'il rendait excitait le même sentiment d’ardeur, avec une constipation opiniitre. Lorsque la néphrite est due à des affections calculeuses du rein dans leur commencement , elle a encore d’autres. caractèéres que Stahl a eu soin d'indiquer. Un homme de trente-six ans, d’un tempérament sanguin , livré dans sa jeunesse aux plaisirs de l'amour , mettant depuis trois années une interrupuon à des saignées habituelles, plongé dans une vie sédentaire et inactive, avec des alternatives rares d’un mouvement rude et violent en voiture, sujet enfin, depuis quelque temps, à des excès extrêmes d’intempérance, commença à éprouver des douleurs gravatives des lombes, rares et de peu de durée ; elles se renouvellent avec plus ou moins de vivacité, ét comme si on lui enfonçait un coin, lorsqu'il est agité par quelque affection morale; l'urine est fréquente mais limpide, et rendue en petite quantité. Frappé au mois d'août d’une terreur subite avec des anxiétés et une émouon prafonde , il boit un verre de vin pour écarter toute inquiétude, et 1} éprouve , avec un sentiment de langueur et de lassitude générale, une douleur aiguë et pénétrante dans la région lombaire gauche; cette douleur , en prenant peu à peu de laccroissement , devient enfin intolérable. Des boissons prises contre cette affecuon calculeuse produisent à peme quelque change-

LE r

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ment dans la continuité et l'intensité des douleurs ce qui, après avoir duré quatre jours, finit peu à peu par une rémission remarquable. La douleur se renouvelle encore quatorze jours apres, en paraissant s'éendre davantage ves l'os des ïles; une boisson abondante de thé finit par entraîner un peut calcul dont la surface offrait plusieurs aspérités. Stahl donne enfin l’exemple d’une affection calculeuse rénale invétérée avec des retours périodiques. Le malade était âgé de quarante-quatre ans, sujet à des hémorrhoïdes héréditaires , et doué d’une constitution détériorée par l'abus des médicamens. Il commença d’abord par se plaindre de douleurs des lombes, puis , dans le côté auche, d’une douleur profonde , avec un sentiment de constriction , de compression , et comme si on lui eùt enfoncé une épine dans cette partie, ce qui se calmait par le repos, et se renouvelait par le mouvement , en s'étendant à la région de l'os des iles. L'urine , qui était de temps en temps plus ou moins copieuse , était rendue le plus souvent avec douleur , et entraînait, tantôt des mucosités visqueuses , tantôt de petits calculs avec un soulagement marqué. Le retour des paroxysmes était joint souvent avec la suppression de l'urine, la stupeur de la cuisse et la rétraction du testicule gauche. |

S IL. Description générale de la Néphrite.

494. Prédispositions et causes occasionnelles. Elles sont en partie les mêmes que celles des autres inflammations de cet Ordre; les principales sont un effort considérable du corps, lhabitude de rester long-temps

| NÉPHRITE. Bir couché, ladanse, uneéquitation longue et violente , les promenades en voiture sur un chemin raboteux , la pléthore, les diurétiques âcres, des excès de boisson , une vie sédentaire et inactive, la cessation ou 1: suppression d’une hémorrbagie habituelle , l’origine de parens arthritiques ou sujets à des affections calculeuses, des calculs , une plaie, une contusion.

495. Symptômes. On reconnait que les reins sont attaqués d’une inflammation à une douleur pongitive forte dans la région d’un ou, des deux reins , avec une ardeur brülante, un sentiment de pesanteur. Ces symptômes sont précédés de frisson, et quelquefois du refroidissement des pieds et des mains; ils sont accompagnés de nausées, de vomissemens bilieux, de rots perpétuels et d’une fièvre aiguë ; l'urine est peu abondante , rendue souventeten petite quantité chaque fois ; elleesttres-rougeetenflammée , ou aqueuse quand le mal est extrême ; et quelquelois entièrement supprimée , et 1l y a engourdissement de la cuisse correspondante, surtout quand le mal s'étend au bassinet du rein, aux uretéres et à la vessie; douleur à l’aîne et au testicule du même côté. Les symptômes sont portés au plüs haut point vers le quatrième ou le cmquième jour; ensuite, si la maladie se termine par résolution , leur diminution a heu d’une manière graduée ; il survient un flux abondant d’une urine rousse et épaisse avant le septième ou le quatorzième jour. Si la résolution n’a point lieu, que la maladie se prolonge au-delà du dixseptième jour, la suppuration est à craindre : on connaît qu'elle est sur le point d’avoir lieu par la rémission de la douleur, qui devient pulsative, un frisson qui revient souvent, la pesanteur et l’engourdissement de

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la parue. On reconnait qu’elle est formée quand les symptômes décrits ont précédé, qu'il y a battement ; chaleur, tension dans l'organe affecté, et que le malade rend une urine purulente et féüde. Mais si cette suppurauon dure long-temps, elle occasionne une consomption rénale. Quelquefois l’abcès fait saillie au

dehors et s'ouvre spontanément où par le secours de |

l’art ; l'ulcère demeure ordinairement fistuleux. "Frèsrarement le pus se fait une issue par la partie du colon quiluiest contiguë. S'il se forme un squirre , il en résulte ou une paralysie de la cuisse, ou la claudication

du même côté, etce mal incurable amène souvent une consompüon lente, l’hydropisie, ete. La néphrite se termine aussi quelquefois par gangrène , ce que l’on

reconnaît à la violence des causes et des symptômes, au

défaut de soulagement par les remèdes, à la rémission subite de la douleur qui a lieu sans cause , à la sueur

froide , au pouls faible, intermittent, au hoquet , à la

suppression de l'urine ou à l’excrétiond’uneurinelivide, noire , filamenteuse, féude , età l’absencesubite ettotale

des forces Ci

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