Lorsque la néphrite est calculeuse, la douleur
est très-vive et se déclare brusquement; l'urine est rendue goutte à goutte et avec un sentiment d’ardeur. La rémission de ces symptômes a lieu par intervalles ; mais 1ls se renouvellent et augmentent suivant la posiüon ou l'irritation produite par la présence du calcul. Si celui-ci est porté dans les uretères , il survient des mouvemens convulsifs de l'estomac, du diaphragme et
(1) Boerhaavii Aphorismi , de cognoscendis etcurandis morbis.
NÉPHRITE, 513 des muscles abdominaux. Enfin si le calcul est volumineux ou raboteux, et qu'il ne puisse être expulsé des reins, il occasionne des douleurs vives et profondes , avec un sentiment de constriction , de compression ou d’une sorte de vrille qui semble percer la substance même du rem, l'urine est mêlée de mucosités visqueuses et lois sanguinolentes. La marche de la maladie est chronique ; 1l survient de la suppuration , la destrucuon de lasubstancedes reins, la fièvre hectique, et la mort.
$ IL. Traitement de la Néphrite.
497. I est le plus souvent facile d'amener à une * heureuse solution les inflammations légères des reins : par des moyens doux, tels qu’une boisson lésèrement aromatique, nitrée, et édulcorée avec le miel ou le sucre, et par des clystères émolliens. Si la douleur est tres-vive, avec un sentiment d'ardeur dans la résion rénale , etqu'elle soit produite par des écarts dé régime, on sent la nécessité de recourir à la saignée du pied , ou à l’applicauon des sangsues à l'anus, surtout s’il y a uné disposition aux hémorrhoïdes ; 1l faut prodiguer eu même temps les boissons mucilagineuses ou émulsionnées, les nus prsmoiques » Pour prévenir le passage de l'état inflammatoire à la su: ppuration : : si ce dernier état a eu lieu, on propose l’usage du lait, du spetit-lait , avec des infusions, comme celles de fleurs d’hypéricum , la véronique , la scabieuse, le hierre terrestre, etc. Mais on ne peut point se dissimuler les bornes de l art de guérir dans de semblables lésions organiques ; Ou dans is ulcérations d’un viscère , puisque -souvent le mal fut de plus en plus des nrogrès, et 1 | 33
ES
Br 4 PHLECMASIES DES PARENCHYMES.
qu'il s'ensuit une fièvre lente ou hectique-qui finit par devenir funeste. Dansles affectionscalculeuses rénales, l'analyse chimique, en approïondissant la composition des concrétions rendues, et en les faisant considérer comme produites le plus ordinairement par l'acide urique, semble donner l'espoir, sinon de les dissoudre quand elles sont formées, du moins de prévenir leur formation ul térieure , en faisant prendre des substances alcalines ; mais peut-on se dissimuler combien l’action de ces subsiances doit être faible, quand on réfléchit sur la route que les boissons chargées d’alcalis ont à parcourir avant de parvenir à l'organe affecté? En général, c'est dans l’absunence des boissons fermentées
“ s È LL | > : : ‘ À v. à et l'usage habituel de l’eau, avec un régime trés-sobre,
qu'on doit chercher un préservatif des plus sûrs; les mucilagineux pris à l'intérieur ne peuvent aussi que produire des effets favorables, et c’est peut-être sous ce point de vue qu'est utile un remède vanté , savoir ,
la décocuon de*l’écorce intérieure du ülleul.
M ÉTRITE (1).
0 LA « F 4 7. L S L*. Considérations géncrales.
L (e 498. On a exposé, surtout dans l’art des accouchemens, des notons plus ou moins précises sur l’inflam-
mauon de l'utérus ou la métrite soit sur la simple dis-
position mflanimatoire lorsqu'on use .de moyens trop ® violens pour extraire le placenta, soït sur une inflami-
: : Es
(4) 8rnonruie. Metritis, Savvaces, Stéati Mysteritis Laxwæus, Vocez, Ouirex ; Anflammatio et Mebris uterina, HorFuanx. : uni. 2f
Ca
MÉTROTE. o 515
mation vraie qui parcourt toutes ses périodes et se
termine par la résolution, soit enfin sur celte rême aflecuon qui finit par la formation d’un abcés ; COmme on en voit des exemples dans les divers Ouvrages sur les accouchemens, ceux de, Mauriceau » Pujos, Levret, Baudelocque , Gardien , etc. Les Commentaires dé Van-Swiéten sur les Aphorismes de Boerliaate è tome [V L nous Ont transmis l'exemple singulier d’une inflammation-de la matrice terminée -par la suppuraüon , et devenue. comme chronique J puisqu'après avoir duré plus de vingt MOIS, l'issue que s'était frayée la matière: purulente finit par former une sorté de fistule. Dans un autre exemple pris des Ouvrages de Lamotte et rapporté par le méme auteur ; les lochies d’une:nouvelle accouchée furent supprimées à la snite d’une frayeur , avec tension de l'abdomen et une douleur très-vive. Des fomentations émollientes, des cl YS— tères, des saignées du bras dimivuérent l'intensité des duuleurs sans cependant les faire cesser : la tuméfacuon de l’abdomen étaiténorme. Versle quarantième jour de l’accident, les douleurs augmentérent , et il se forma, à côté de Fombilic, une ouverture spontanée avec écoulement d’une très-grande quantité de matière purulente. La position de Fabcès dans le tissu de la matrice peut varier, et l’observation prouve qu'il peut quelquelois s'ouvrir dans le vagin ou bien dans le eonduit intestinal : la nature peut aussi quelquefois se débarrasser de ces mêmes amas par des routes insol tes. 499: La matrice, soit par les dérangemens de écoulement menstruel , par des fausses=couclies ou par les suites d’un accouchement laborieux > SOit par l'abus des-plaïsirs vénériens ou les progrès de linfee-
616 PHLEGMASIES DES PARENCHYMES.
tion syphilitique, est exposée à une inflammation chronique dont les suites sont un état d’ulcérätion qu'on doit mettre au nombre des affections les plus déplorables dont l’espèce humaine soit afligée.
500. Une femme (Size, Observations de médecine clinique ) âgée de trente-quatre ans, qui avait été déjà délivrée dans deux accouchemens laborieux par les secours de l’art, le fut de nouveau dans un troisième accouchement , à cause d’une hémorragie , de la posiuon de l'enfant et du placenta. Quelque temps après , douleurs dans tout le bassin et particulièrement à la hanche gauche, pouls peu fébrile , écoulement abondant des lochies ( anti-spasmodiques et rafraichissans ), augmentauon de la fièvre, pouls fréquent et peut, point de sécrétion du lat. Le troisième jour , augmentation de tous les accidens, pouls plus dur (saignée, application de vésicatoires aux mollets), respiration de plus en plus difficile , douleurs plus cuisantes , pouls faible , mouvemens convulsifs ; mort le même jour. Autopsie cadavérique. Point d’épanchement dans l'abdomen, vaisseaux sperma-— tiques gorgés de sang , utérus contracté , meurtri et enflanimé à sa face postérieure, rupture d’une portion assez étendue de l'utérus et du vagin. Une femme âgée de trente-sept ans ( Observation du même audur ) avait eu quatre accouchemens näturels; le cinquième fut laborieux ; elle était au terme de sa sixième grossesse ; les eaux, commencèrent à s’'écouler lentement le soir; mais les douleurs n'ayant pu ni
changer la mauvaise position. de l'enfant , ni opérer :
l'ouverture de l'utérus , on eut, le lendemain matin,
recours au forceps pour opérer l'accouchement. Le,
MÉTRITE. 517
premier jour, douleurs très-intenses vers le sacrum , écoulement peu abondant des lochies, fièvre légère (frictions et fomentations
ur l'abdomen , lavemens émolliens, r'afraichissemenset anti-spasmodiques). Le
troisième jour, douleurs plus intenses à l'hypogastre,
céphalalgie , odeur féude des lochies, pouls tendu } abdomen tuméfié , point de sécrétion du lait (saignée
copieuse). Le quatrième jour, agmentation des sym-
ptômes, pouls très-tenduet plein, respiration extrême-
mentdifficile (saignée et rafraichissans) ; diminution
légère des symptômes. Le cinquième jour , augmen-
tation trés-grande des douleurs ( saignée), pouls tout-à-coup affaibli, augmentation de la dyspnée ,
perte de connaissance; mort dans la nuit du cinquième au sixième jour. Autopsie cadavérique. Tous les viscéères de la tête, de la poitrine et de l’abdomen dans l’état naturel; intestins dilatés, plexus des vaisseaux spermatiques distendus par du sang, utérus
contracté et très-enflammé à la face postérieure , rup— ture du vagin et de l’orifice utérin. Ces deux inflam-— mations de la matrice occasionnées par des lésions mécaniques , peuvent , dit Selle, servir d'exemple de
la véritable métrite, puisqu'on est sûr qu'il n’y avait aucune autre cause existante capable de changer la nature et les phénomènes de la maladie.
Sor. A ces observations prises de Selle, je vais:en jomdre une trés-simple, recueillie à l’infirmerie.de la Salpêtrière par M. Landré-Beauvais. Une fille âgée de vingt-huit ans, d’un tempérament nerveux » est attaquée, sans cause connue , de douleurs dans l’hypogastre. Le lendemain , douleur vive dans la région de l'utérus qui s'étend aux lombes, aux aînes et aux
” & > * ‘ 518 PHLIGMASIES DES PARENCHYMES.
cuisses, pouls dur et fréquent (sdignee. ar bras , lavemens ; fomentationsStémollientes sur l TC boissons r'afraichis S ); soulagement de quelques heures. Le quatrième jour au matin, même état , quelques vomissemens , pouls moins dur { application de dix sangsues aux parties génitales , suivie d'un écoulement abondant de sang ); le soir, diminution de Ja douleur, cessation du vomissement pendant quelques jours , douleurs moins intenses, peu de fièvre; terminaison vers la fin du second septénaire.
S I. Description générale de la Métrite.
502. Prédispositions et causes occasionnelles. Les causes les plus ordinaires sont des manœuvres impru-
-dentes durant un accouchement JTaborieux , la sup-
pression brusque des menstrues, Tabus des plaisirs vénériens , l'infecuon syphilitique , la cessation de la mensiruation , Fopération césarienne, etc.
503. Symptômes. L'invasion a lieu d’une manière subiie, ou bien elle est précédée de frisson et de chaleur ;,puus sentiment d’ardeur, douleur, pesañteur et tension dans l’hypogastre; les traits de la face sont ahérés, le pouls est faible et dur, la débilité trèsmarquée. À .ces:symptômes 6e joignent des douleurs aux seins , de la céphalalgie , la suppression des menstrues où des locies, ou bien leur altération notable ,
et UN eos le vomissement , un léger délire ou
upe sorte de révasserie , le: hoquet l'écoulement d’un Jiquide rougeâtre par les parues sexuelles , le ténesme, renii de l’urine, ou l'évacuation de ce liquide dikicile et accompagnée de chaleur. Les symptômes
MÉTRITE. 519 présentent quelques variations, selon le siége plus particulier de cette maladie. Lorsque le fond de l’utérus ést enflammé , on observe une tumeur douloureuse dans la région du pubis. Si c’est orifice utérin
“qui est plus directement affecté, alors l'orifice de la matrice est tres-sensble au moindre contact, dur, ferme et retiré sur lui-même ; il y a strangurie et ténesme. La métrite peut être aiguë ou chronique ; elle se termine par résolution , par suppuration, par gangrène et par induration : celle-ci peut passer à l’état de cancer. Cette inflammation constitue quelquefois, lorsqu'elle est aiguë , ce qu’on appelle communément Jievre puerpérale ; elle peut d’ailleurs se compliquer
* avec les fièvres primitives , et notamment avec les fievres adynamique et ataxique ; elle existe aussi quelquefois avec la péritonite.
S IIL. Traitement de la Métrite.
504. Le but que le médecin doit se proposer dans le traitement de la métrite , c’est de favoriser la résoluuon : pour l'obtenir , il faut que les moyens généraux qu'on emploie soient subordonnés à l’âge et à la constijution de l'individu , à lintensité et aux complications de la maladie. La saignée est souventnécessaire au début de la métrite, ‘quoique le pouls soit alors peut ; les sangsues appliquées à la vulve peuvent être très-utiles ; les fomentationse émollientes sur la région du pubis, et les lavemens analogues conviennent par-
ticulièrement , ainsi que des bains üièdes , même chez les femmes nouvellement accouchées. Quant aux mé- -dicamens internes, 1l faut employer, les premiers
jours, les délayans et les mucilagineux , et entre
autres le peut-lait, l’eau de poulet , etc. : les bains de
vapeurs pourront être aussi mis en usage. L’intensité
trop grande de la douleur force quelquefois à recourir
à l'emploi de l'extrait aqueux d’opium , de l’éther , etc.” Pendant l'usage de ces moyens , 1l est nécessaire que la malade garde le repos le plus absolu , qu’on re-
nouvelle fréquemment l'air, et qu'on l’entretienne à
une douce température,