‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 88 sur 111 · PHLEGMASIES DES TISSUS MUSCULAIRE, FIBREUX ET SY NOV 14AL · texte numérisé non relu

PHLEGMASIES DES TISSUS MUSCULAIRE, FIBREUX ET SY NOV 14AL

$ EL. Considérations générales.

505. Ox est bien loin d’avoir acquis sur ces phlegmasies des connaissances aussi précises et aussi déterminces que sur celles des Ordres précédens, soit pour l'histoire des symptômes, soit pour les résultats des ouvertures des corps. Quelques recherches qu’aient faites les anatomistes modernes, et notamment Bichat ( Anui. génerale, 10m. HT) , quelques lunrières que ce dernier ait répandues sur les capsules fibreuses , Les gaines tendineuses , les aponévroses, sur leur tissu ; leurs changemens par gles réacufs chimiques , leur contraculité , leur sensibilité, etc., on ést encore loin d'avoir saisi une exacte correspondance entre un cer-

tain ordre déterminé de symptômes et les changemens

morbifiques produits dans la structure des parties. H

FIBREUXSET SYNOVIAL. * À Bar en est de AS. d du système musculaire , dont les prolongemens entrent si directement dans l'appareil arua Ps Les articulauons ne sont-elles pas d’ailleurs composées par le concours d’un grand nombre de parties disparates , comme les extrémités des os et les carulages qui les encroûtent, les capsules synoviales qui apparuennent au système séreux , les capsules fibreuses, les gaînes tendineuses et les tendons qui appartiennent au système fibreux ? De toutes ces parties quelles sont celles que la goutte affecte le plus essentiellement et le plus fortement ? sont-ce les fibres musculaires ou bien les aponévroses et les tendons qui sont le siése du rhumatisme? Le diaphragme, les tuniques musculaires du conduit alimentaire, dont la contraction est indépendante de la volonté ou qui appartiennent à la vie organique, ponr me servir des expressions de Bichat , doivent-ils être assimilés , dans leurs affections inflammatoires , aux muscles qui

sont du ressort de la vie animale? Quoiqu'il y ait encore beaucoup d’obscurités répandues sur plusieurs “Ge ces objets, il n'importe pas moins de rassembler dans un cadre déterminé ce qu'ont appris déjà lhistoire des maladies et l’autopsie cadavérique, pour s'en servir comme d'autant de données propres à préparer pour l'avenir un corps réouler de doctrine sur cet objet. | 506. Les organes fibreux, le périoste, la duremère, la sclérotique, l’albuginée, etc.; les capsules fibreuses , les gaînes tendineuses , les tendons, les aponévroses , paraissent , au premier coup d'œil , disséminés dans toute l'économie animale sans aucune dépendance ou union réciproque, mais, suivant les

Es D 922 * PHLEGMASIES DES TISSUS MUSCULAIRE , *. 4

belles considérations de Bichat, ils forment une sorte d'assemblage continu , clest-à-dire > Un système par— üuculer, comme le système vasculaire ou nerveux ; !| ou plutôt 1ls ont un centre commun d’où partent les | organes divers qui forment ses divisions. Ce centre commun paraît êtres le périoste , qui leur sert de moyen de communication , sans cependant qu'on puisse dire qu'il exerce, comme le cœur ou le cerveau , des irradiations sur les organes qui en‘partent.

Les observations suivantes , prises du même auteur, | n'en sont-elles pas là preuve ? « 1°. Parmi les mem ‘| » branes fibreuses , celle du Corps caverneux s’entre | » Jace avec le périoste au-dessous de l’ischion ; la ‘» dure-méêre se continue avec Jui à travers les trous » de la base du crâne ; en s’unissant par la lame qui » accompagne le nerf optique avec la sclérotique, » “elle joint à lui cette membrane et leur sert d’inter »'médiaire. :2°. Toutes les Capsules fibreuses s’entre- ‘» lacent ‘en haut et en bas de cette articulation avec de périoste. 3°. Par-tout où existent des gaînes » fibreuses ; leurs fibres s’entreméient Aux siennes. -» 4°: Foutes les aponévroses ; ‘soit d’enveloppe , soit » d'insertion , offrent un semblable entrelacement. -» 6°. Partout ies tendons en s'épanouissant se con— » fondent aussi avec cette membrane. 6°. Aux deux » extrémités des ligamens elle unit aussi $es fibres » aux leurs : il n’y a gucre que lalbuginée, 1e péri- » chondre du larynx , les membrane; de la rate et du » rein, qui fassent exception à cette règle générale. » Le système fibreux doit donc être concu d’une ma- » mière générale, c’est-à-dire se prolongeant par- » (out, apparteñant en même temps à une foule

# … à FIBREUX ET SŸINO VIAL." 5235 » d'appareils organiques » dstincis dans chacun par » Sa forme, mais se continuant dans lesplus g orand » nombre, et ayant Fe -tout des static » directes. Cette manière de l’envisager , ajoute Bi- » chat, paraîtra plus naturelle , Si On Mere que » le périoste, aboutissant général des diverses por- » tions de ce système, est lui-même par-tout continu , » et quà l'endroit où les articulations le séparent , » les capsules: fibreuses et les, ligamens servent de » moyens d'univn ». e | 5o7.. Tout organe fibreux a pour base une fibre d’une nature pardeulière , dure, un peu élastique ;: insensible , n'étant presque pas “édirattile ;. tantôt juxtaposée et parallèlement assemblée; comme dans les tendons , les ligamens ; tantôt entrecroisée en divers sens comme dans les membranes, les capsules , les sing fibreuses , etc. ; mais par-tout la même, par-tout ‘d’une couleur blanche ou grise, d’une résistance très-marquée. Le ussu cellulaire existe dans tous les organes fibreux ; mais il est plus ou moins abondant, suivant que ce fibres sont plus ou moins rapprochées. Dans cértains Jigamens , ifime aux faisceaux fibreux des gaînes analogues à celles des muscles ; on l'serecier avec peine dans les tendons et les aponévroses ; mais 1l devient trés-sensible par la macération et par des affections morbifiques , comme, par exemple, par les fongus de la dure-mère, par le carcinôme du testicule qui a envahi l’albuginée, par certains engorgemens du périoste. Le développement des vaisseaux varie dans le système fibreux : trésgrand dans certains organes , comme dans la duremére, le périoste etc, 4 l'est bien moins dans

524 PHLPOMASIES DES TISSUSyMUSCULAIRE ; .

d'autres, comme dans les aponévroses ; il parait nul dans certains » Comme dans les tendons : de là vient Peut-être que l’inflammation et les tumeurs du périoste et de la dure-mère sont plus fréquentes. que celles des tendons ou des aponévroses. Un des caractéres particuliers de la sensibilité animale dans les organes fibreux , est de n'être mise en Jeu per aucun des irritans chimiques ou mécaniques , puisque les tendons, les aponévroses, les membranes fibreuses ; les ligamens , mis à Ps. les expériences sur les animaux, et agacés de différentes manières ÿ ne font éprouver aucune douleur 3 mais elle $e manifeste au plus haut degré par une distension violente et subite |, ou par un mouvement de torsion qu’on communique aux organes fibreux. C’est à ce mode de sensibilité, sans cesse mise en évidence par des expériences faites sur les animaux » qu'on doit apporter les douleurs vives produites dans les luxations , celles qu'on fait éprouver aux malades dans les efforts faits pour réduire les parties luxées : lé sentiment pénible ou les souffrances qui sont l'effet d’une entorse ou d'une distension forcée des ligamens de la colonne épinière (r), la douleur aiguë qu'éprouvent ceux qui se rompent un tendon, et qui cesse si cette rupture LD PO ee RUE UU VS TES SONORE POULET 2 (1) Je ne ferai point de remarques particulières sur le Système fibro-cartilagineux , soit des membranes fibro-cartilagineuses , comme celle des oreilles , des ailes du nez , de la trachéeartère, elc., soit des substances interarticulaires qui occupent l'intervalle des articulations mobiles et des vertèbres, ou enfin des fibro-cartilages des gaines tendineuses , puisqu'on a três-

peu de données sur leurs propriétés vitales et sur leur état im flammatoire.

e$ FIBREUX ET SYNOVIAL. 555 est complète ; enfin ces douleurs atroces qu'on ressent | Drsque, dans un engorgement subjacent à à une aponévrose , celle-ci ne pouvant se prêter, se trouve trèsfortement soulevée. Le système fibreux est, en général, disposé à devenir le siége d’un état mflammatoire, comme le prouvent les rhumatismes aigus qui affectent surtout les parties fibreuses des grandes articulations, de l’aisselle, de la hanche , du genou, du coude , etc. Il est aussi digne de remarque que ces affections douloureuses ont une grande mobilité , et qu'elles passent avec une promptütude étonnante d’un endroit à l'autre. Un autre caractère de ces inflammations est-1l de ne jamais donner lieu à une formation de maüëre purulente : " Quelques faits , quete rares , semblent attester le contraire ; mais ce qu'on prenait autrefois pour une suppuration de la dure-mère dans les plaies de tête , est évidemment un suintement purulent de l’arachnoïde analogue à celui de toutes les membranes séreuses.

508. La doetrme connue des phlegmasies des muscles soumis au mouvement volontaire , me dispense de faire 1e1 des remarques particulières sur leurs formes, leur ussu, leurs propriétés physiques, Jeur contractilité dépendante de Pinfluence cérébrale , leurs changemens par l'impression des agens clumiques ou mécamques, eic. : je rappeberai lents la propriété qu'ont ces organes du mouvement de perdre leur contractilité autant par des efforts excessifs et trop prolongés , que-par leur repos et leur relâchement habituel’, le malaise général qui vient à la suite d’une longue An d’un effort soutenu , d’une course longue ; ou bien, indépendamment d'une con-

“tracuon forte et soutenue , les lassitudes spontanées qui sont les précurseurs d’une maladie aiguë, la perte de tonicité qui a lieu dans certaines maladies, comme dans le scorbut , la fièvre adynamique ; Ja peste ; ou l’exaltation excessive de cette force tonique des mus-

cles , etleur sensibilité exquise dans un état inflamma *

toire , au point que le moindre contact , la plus légère secousse et lé moindre effort de contraction sont suivis des douleurs les plus vives. Tous les phénomênes observés indiquent que les muscles sont doués d'une activité vitale plus facile à étre mise en jeu que celle des autres systèmes; leurs affections sont beau coup plus promptes et plus rapidement portées à un excés extrême ; tandis que leurs lésions de struciure sont trèés-rares ; puisque lautopsié cadavérique Ja plus répétée manifeste À peine d'autre changement dans leur üssi qu’une altération de cohésion , de densité ou°de couleur. Le caratère distineu£ de leur inflammation , marqué, comme je viens de Je dire, par une extrême sensibilité et par une douleur des

plus vives aux moindres efforts de contraction , se.

manifesté encore par la nature parüculière de ses terminaisons , dont là plus fréquente est une résolution

Page 1