On sait que tout muscle > Soit dans un animal
vivant, soit immédiatement apres la mort, peut être
irrité avec efficacité par une aspersion de sel, lap-
phcaton de l'alcool, l'impression du froid ou de la chaleur, une piqüre ow l’éuncelle électrique : la force propre au muscle est réveillée À l'instant du contact ; et peut continuer quelque temps par une alternative de contraction et de relâchement. Mais qu'ont de commun ces faits avec les circonstances
propres à déterminer ou à caractériser > par exem-.
ple , le rhumatisme ? disposition à le contracter, tempérament sanguin , adolescence, âge adulte , habitude de s’exposer aux injures de l'air, et de se livrer à des travaux pénibles , bonne chère » excès d’intempérance ; Suppression de certaines hémorrhagies , impression brusque d’un air froid quand on est échauffé par l'exercice ou de toute autre manière. Comme les tendons des muscles et les CXpansions aponévro-
tiques qui les recouvrent sont peu éloignés de la
surface extérieure des tégumens , on doit peu s’étonner que l’acuon du froid détermine plus souvent le rhumatisme dans ces parties ; quelquefois aussi il se porte sur les parties musculeuses, avec chaleur > Tou—
sgeur et tumeur. Un des caractères particuliers de
cette maladie est une sorte de mobilité de l'affecuo inflammatoire qui se porte alternativement dans di-
verses parues, quelquefois avec la rapidité de l'éclair,
comme Storck ( Annus, medicus 2“) en donne un exemple des plus frappans - le malade eut d'abord les arüculations des mains et des pieds attaquées , puis :1 s'éleva les douleurs les plus vives dans toute l'habitude du corps, et une sorte de roideur tétanique ; la mâchoire inférieure resta seulement hbre ; les yeux
étaient devenus rouges et CcOmIme protubérans hors
des orbites ; les larmes laissaient des traces d'érosion
sur les joues; la poitrine fut ensuite attaquée , avec une respiration irés-gênée et danger de suffocauon. Onappliqua des sinapismes aux articulations des mains et des pieds ; et, aprés, une demi-heure , une forte douleur s’empara des.genoux et des carpes, ce qui fit disparaître le danger de la suffocation : la douleur la plus vive se fixa subitement autour de l'ombilic ;
mais une évacuation de matières dures, par un clys-
ière , fit tout dissiper. Les aînes et ensuite les tesucules furent atteints de la même affection avec tant de ViOlence, qu'il s’ensuivit des convulsions, une syncope pendant environ cinq minutes ; la chaleur revint aux extrémités, ainsi que le pouls ; 1l succéda un sommeil tranquille, avec une sueur continue ; la tumeur des genoux et des carpes devint plus molle et moins douloureuse; et le huitième jour, à laide, d’une, infusion de fleurs de sureau avec du petit- lait, Ja santé se rétablit aprés une abondanie excrétion. d'urine. | PS 514. Le rhumatsme se termine rarement par Suppuration , mais quelquefois par une sorte. de. résolu-.
RHUMATISME MUSCULAIRE. 533 tion, comme cela arriva chez une jeune personne dont parle le commentateur de Boerhaave ( Rhumatismus, p. 653). Elle avait d'abord éprouvé une douleur vers la crête des os des iles du côté droit ; le Tendemaïn , én sé baïssant à terre, elle fut tout-à-coup prise d’une douleur atroce dans tout le côté droit, ainsi qu’à la cuisse et aux bras, douleur qui se renouvelait au moindre mouvement : uné saignée fit réta- -blir lés menstrues. Le quatrième jour , l'urine déposa un sédiment épais et copieux , ainsi que le jour sui- ‘vant. Le sixième jour, l’urine fut naturelle ; ei le septième jour , la douleur disparut entièrement. J'ai vu un exemple analogue sur un jeune voyageur qui, par un temps froid , avait passé plusieurs nuits dans une chaise de poste mal fermée : la terminaison eut aussi lieu le septièmé. jour par des sueurs et une urine critique ; mais aucune saignée ne fut pratiquée. » Quelquefois aussi le rhumatisme , aprés avoir duré long-temps , finit par une extrême débilité dans les membres, ou plutôt par une sorte de paralysie. 515. Je ne puis donner d’ailleurs une idée plus precise des différentes terminaisons que peut affecter le rhumatisme , qu'en renvoyant aux exemples nonbreux que j'ai donnés de cette maladie ( Méd. clinig.) aiguë ou chronique, simple ou compliquée avec des affections arthritiques variées. Je puis citer aussi l'ou- ” vrage de M. Rodamel sur le rhumatisme chronique , Lyon; 1818; ainsi que la thèse de M. Chomel, Paris, 1813. :
516. On a désigné sous les différens noms de sérosité visqueuse , de fluide lymphatique , d’Aumeur gélatineuse concrète, de gelée épaisse , etc.,
2 LA ri
des couches d’une matière plus où moins fluide ou épaisse , trouvée sur les membranes des muscles qui avaient été affectés de rhumatisme , où dans leurs gaines tendineuses; mais ces dénonrinations sont regardées comme vagues jusqu'a ce que la chimie soit parvenue à déterminer avec précision la nature de cette matuère. Ce qui est encore moins connu, et ce qui mérite de nouvelles recherches, c’est un amas de matière purulente qu’on a trouvée diversement répandue dans les interstices des muscles à la suite d'un rhumatisme chronique, comme lindique une observation faite à l'Hôtel-Dieu, et qui m'a clé communiquée. Un cultivateur âgé de quarante ans, qui, dix ans auparavant, avait éprouvé des douleurs rhumatismales dans les membres, se rendit à cet hôpital avec des doûleurs très-profondes , tres-intenses dans le genou droit, qui était très-gonflé , sans aucun changement marqué de la couleur des tégumens (le malade avait d'ailleurs un hydro-thorax à la suite d’une affection chronique du poumon ). Le sixième jour, augmentation de la douleur, gon- ‘lement de la cuisse et de la jambe , et le lendemain difficulté extrême de respirer, prostration des forces 4 et la mort. Æutopsie cadavérique. Depuis l'aîne jusqu'au genou du membre affecté, entre le muscle droit antérieur et le crural, foyer purulent, ainsi qu'entre le triceps erural et le fémur. Tous les autres intersiuces musculaires offraient des foyers purulens plus ou moins étendus, avec une communication libre entre eux par la destruction du üssu cellulaire. Le corps des muscles indiqués ci-dessus eontenait des foyers plus grands que ceux qui étaient distribués
RHUMATISME MUSCULAIRE. 535 dans les faisceaux charnus, dont les'üns étaient déchirés, et les autres écartés et d’un rouge trés-vif, en sorte qu on remarquait une sorte d'infiltration presque totale de ces muscles divisés en petits foyers. Les aponévroses et les tendons étaient intacts ; mais les tendons des muscles de la cuisse qui s’insérent au tibia offraient au-dessous d’eux divers foyers puru-
Jens qui communiquaient entre eux et avec la cuisse ;
deux s’ouvraient dans l'articulation : l’intérieur de cette dernière était rempli d’une matitre purulente plus liquide que celle qu'on avait trouvée dans la cuisse, de couleur grisâtre, et semblable À un mélange de synovie et du pus des museles. La membrane synoviale, peu altérée sur les surfaces articulaires ; était d’un rouge livide dans la portion qui tapisse la capsule fibreuse, et au pourtour des surfaces articulares ; dans ces mêmes endroits, elle était plus épaisse, moins dense et plus facile à détacher que dans l’état ordinaire. Il en était de même de l’arüculaton du tibia avec le péroné : la matière purulente (1) renfermée dans les muscles était consistante, sans odeur marquée; sa couleur était variée, grise , jaunâtre , rouillée , etc. ; dans un endroit, on ne trouvait que du sang noir ; l’autopsie d’ailleurs confirma Phydro-thorax qui avait été indiqué par le caractère partüculier des symptômes. | a D NE M EI Via Meter VER PUR (x) Tissot, en parlant des différentes terminaisons du rhumaüsme, remarque qu'il finit quelquefois par un abcès ; soit dans la partie affectée, soit dans le voisinage. Il dit avoir vu un /umbago se terminer par un abcès énorme dans la parie supérieure de la cuisse.
5r7. Une des variétés très-remarquables du rhumatisme est le lumbago (1) où la rhumatalgie ; soit aiguë , SOit chronique , des lombes , qui rend trèspénible et trés- douloureux le redressement de la colonne épinière sur le bassin, et qui affecte plus par= ticulièrement ses muscles extérieurs. Cette maladie est spécialement déterminée par l'habitude de rester penché en avant, comme dans le travail pénible de Vagriculture, surtout quand on reste exposé aux impressions d’un froid humide ; elle peut être aussi contrac-
tée par la posiuon du corps que demandent des efforts |
soutenus pour porter ou paur soulever des masses trespesantes. L/exemple particulier que je vais jomdre 1c1 est trés-propre à en donner une juste idée , et 1l intéresse d'autant plus qu'il rappelle un des hommes les plus célébres dont les annales de la médecine aient conservé la mémoire. Boerhaavé semblait avoir acquis des sa jeunesse cette constitution saine et robuste qui dispose tant aux affections inflammatoires. Son père , qui avait une famille nombreuse et une fortune trés-médiocre , avait senti tout le désavantage et les effets énervans d’une vie uniquement consacrée à l'étude ; et en même tempsqu'il enseignait à son fils les langues anciennes , 1l avait soin de forüufier son corps par l’agriculture. Vers l’âge de.la puberté , le jeune homme fut attaqué d’un ulcère à la cuisse , et tourmenté pendant près de quatre ans par le mal et des remèdes sans nombre qui lui avaient été conseillés : 1l parvint enfin à se guérir lui-même. Cette longue maladie ne nuisit presque pas au cours de ses études , et
DR OP SR Re EEE ES DC ONDES ONG 2 1220 EE Ù TT ES
(à) SrnowrmiE. Lumbago, Sauvaces, Vocrt , SaGar.
RHUMATISME MUSCULAIRE. 537 il continua ensuite de se livrer aux sciences avéc l’actuivité la plus infatigable. La médecine ; la chinuie , la botanique qui l’'oecuperent tour-à=tour dans la maturité de l’âge, et dont àl a de bien loin reculé les Himites, suflisaient à peine à son activité bouillante. Comme il fut nommé professeur de botañique à l'age de trente-neuf ans , le jardin des plantes ouvrit un vaste champ à ses recherches sur cette science , et le rendit à son goût primiuf pour l'agriculture. Rien ne convenait mieux, comme le remarque Fontenelle, et À sa santé et à son amour pour la vie simple, que le soin d’un jardin et l'exercice corporel qu'il démandaït : aussi, dans l’espace de one années , le nombre des plantes du jardin de Leyde fut porté de trois mille à six mille. Cependant le rhumatismé des lombes dont il fut affecté avac tant de violence , ne fut-il pas déterminé par ce genre d’occupations ? Exposé à la fraicheur et à la rosée du inatin durant les saisons de printemps , d'été et d'automne , au moment où il sor< tait de son lit, il était dans une activité conunuellé afin de tout disposer pour sa leçon académique du matin. Dès l’année 1721, C'est-à-dire, à l’âge de cinquante-trois ans , il éprouva une légère douleur aux muscles ou aux articulations des vertèbres du cou, ainsi qu'à l’omoplaie, douleur qui se reproduisit l'année suivante avec la plus grande intensité en changeant de place. Vers le 15 d'août, occupé dés les quatre heures du matin à faire des observations dans le jardin de botanique , il sentit soudain une douleur comme. néphrétique qui l’étonna. Cette douleur parut parur du rein gauche, suivre la direction de lurétre (7) PR RE
(1) Ce symptôme singulier de l'invasion du rhumatisme des
jusqu’au pubis, et se propager avec une elle violence, qu'il lattribua à la descente d’un calcul rénal dans læ
vessie ; il se manifestait en même temps des nausées
(usage très-abondant d'une décoction de graine de lin): ténesme toujours trés-violent , toujours sentiment d’un calcul qui semblait vouloir se frayer une
issue , et dont lé malade cherchait à faciliter le cours |
par des relâchans et des lubrifians. I] prit en même temps quelques gouttes d’un extrait alcoolisé de safran : la douleur : cessa ; mais elle se déclara le lendemain avec la plus grande véhémence dans les lombes , et continua trois mois entiers avec plus ou moins d’intensité. C’est au milieu de ces cruelles souffrances , et d'un état d’insomnie des plus opiniâtres, qu'il chercha un objet de diversion et une sorte de soulagement dans des études profondes et une contention d'esprit des plus fortes. Îl.passa ces trois mois entiers dans son lit avec des alternatives de rémission. de ces douleurs atroces,; Ce qui finit par une sorte de paralysie passagere des membres abdominaux , avec perte de senüment et de mouvement : il en recouyra peu à peu l'usage dans sa convalescence. Ce fut en 1722 qu'al éprouva cette attaque violente de rhumatisme ; dont il se rétablit completement, puisqu'il continua tou- Jours de mener une vie trés-laborieuse , qu'il faisait
habituellement de l'exercice » Soit à pied , soit à che- |
val; et lorsqu'il ne pouvait sortir de chez lui, il
lombes avait été déjà décrit par l’'illustre Sydenham : £'st et alia hujus morbi species queæ lumbago rhumatica aptissimè dicitur ; rinanis dolor tdemque fixus circa lumborum r'ESLOnem Ipsunque ad os sacrum se demiitens > PArTOXYSINUM ne : phriticum mnentitur, ele.