HÉMOPTYSIE
certaines époques plus ou moins régulières : d’abord Päleur avec des horripilatons ou un sentiment de froid à la surface du corps et aux extrémités, douleurs au dos , lassitudes des membres, borborygmes, constipation , sentiment de pesanteur et de constriction dans la poitrine , difficulté de respirer , ensuite uullation dans l’arrière-bouche et le trajet de la trachée , peu après un sentiment d’ébullition ou d’ondulation , ce qui est suivi de la toux et d’un crache- -ment de sang plus ou moins abondant : je ne puis en citer peut-être un exemple mieux décrit que celui qui est rapporté dans le Collegium casuale de Stahl. Un jeune homme de vingt-trois ans ; d’un tempérament sanguin-nerveux , pléthorique, et sujet,
dans l’âge tendre et l'adolescence, à des hémorrhagies du nez fréquentes et provoquées par quelque : cause externe , livré antérieurement à un genre de vie acuf et dans la suite à un état sédentaire , exerçant seulement l'organe de la voix par des déclamations et des chants , avait été pris d’une toux vive qui avait duré quelques semaines l’automne précédent et l’hiver ; il avait aussi éprouvé , quelques années avant, une gale pour laquelle on avait chaque mois pratiqué des scarificauions qui ne furent répétées que deux ou trois fois les années postérieures : à cette époque, enrouement avec une toux sèche et le sentiment d’une tiüillation rapportée à l’intérieur du cou et à la trachée ;: la veille, légère palpitation du cœur , avec des anxiétés , et une petite toux suivie de l’excréuon par la bouche d’une certaine quantité de sang pur, ce qui avait duré un demi-quart d'heure avec une diminution progressivé ; la matière de l’expectoration fut ensuite plus où
598 nÉMORRHAGIES DES MEMBRANES MUQUEUSES.
moins mélée de sang , avec des retours » aprés quelques heures, d un crachement de sang pur : tel fut: le début de la Ar
24. L'hémoptysie, d'abord active , semble quelquefois dégénérer en passive, comme si cette derniere était un état chronique. Parmi quelques exemples qu ont élé recueillis à T'hospice de la Salpétriére ,. jen choisis un surtout qui est très-propre a faire voir comment diverses hémorrhagies peuvent se succéder suivant les périodes de la vie, alterner avec des dérangemens de la menstruation , et finir par devenir passives ct sans danger, aprés ayoir été actives. Une fille mulätre , âgée ke dix-neuf ans et d’une forte complexion , avait été sujette, avant la puberté , à des hemorrh iagies nasales fréquentes : érupuon des menstr ues à quinze ans , et- leur retour régulier tous les mois avec +k Sn fe ; en même emps ;, cessation des hémorrhagies du nez, etles années suivantes tous les attributs de la santé , si on en -excepte quelques ca tarrhes pulmonaires pendant Fhiver. Au printemps , à la suite d’un de ces catarrhes et d’une pleurodynie s qui, par sa violence , rendit nécessaire l'application . d’un yésicatoire, suppréssion de la menstruation , et des-lors hémoptysie ou crachement d’un sang tantôt . vermeil et écumeux.,, d’autres fois fluide et d’une couleur plus foncée ; retour ordinaire de cette affection le maün surtout, sans toux , sans chatouillement de la trachée , sans un refroidissement préliminaire de la surface du COrps : ses signes précurseurs étaient seulement un peu de difficulté de respirer, un sentiment de chaleur et de plénitude dans la poitrine | (saignée du pied sans un effet marqué). Continua-
MÉMOPTYSIE. 599
on de l'hémoptysie , et, par intervalles, retour des hémorrhagies avec dirai Lt de la céphalalgie ; application d’un vésicatoire au bras , avec cessation de la douleur du thorax, mais sans une influence marquée sur l’hémoptysie : des bols de quinquina, de nitre , décamphre , avec quelques bains tièdes , raretire lés menstrues, sans faire cesser cépendant lhémoptysie , qui n'était plus précédée d’un mouvement fébrile comme dans le commencement, et qui finit par disparaître après quelques mois. Cette fille se livre ensuite six mois au travail pénible de la buandérie, Sans altération de sa santé ; mais l’hémoptysie se renouvelle l'hiver de l’année suivante, avec la douleur de tête et d'estomac, et sans aucun dérangement dans la menstruation : mouvement fébrile le soir, et sueurs pendant la nuit; ce qui cessa peu à peu, et l’hémoptysie continua long-temps ensuite avec les caractères suivans qui semblent distinguer particulière merit les hémorrhagies passives : aucune irritation dans les bronches ou le larynx ne précède, point de dou- Teur de poitrine ni de sentimént de pesanteur ou d’oppression dans le poumon , nulle difficulté de respirer, toux fréquente > Surtout le soir > avec des crachats muqueux , rares et nullement teints de sang; point de douleur dans la gorge ni d altération dE la voix ; aucun malaise, aucuneanxiéié ne précèdent lex Nes | du sang, qui sort par une sorte de régurgitation et sans eflort; 1l n'en vient que quelques gorgées de suite et à différentes époques du jour , mais surtout le matin; le sang rendu est quelquefois fluide et délayé , d'au tres fois plus épais , un peu noir , ‘et il se coagule en grummeaux , où bien'il est un peu écumeux à la surface
et mélé de mucosités ; la malade a, comme dans les premiers temps de son affection, une douleur habituelle à lépigastre, qui n'augmente point après le re- * pas ni par Pattouchement ; jamais le sang craché n’a été mêlé d’alimens, ni les évacuations alvines teintes de Sang ; ct, dans quelques cas où un embarraSgastrique a nécessité. l'usage d’un émétique , les matières rejeiées par le vomissement n’ont point été sanguinolentes; point de trouble dans les fonctions digestives ni dans l'appéut, excepté un dégoût pour la viande et un desir parüculier pour le lait, le fruit et les légumes; le ventre est libre , Ja respiration n’est point génée , le pouls est naturel et développé, les sécrétions dans l’état ordinaire , si on excépte une. légère expectoration muqueuse ; les menstrues sont régulières et abondantes ; il survient seulement par intervalles des vertiges et des étourdissemens, suite d’une ancienne chute sur la tête (rourriture ordinaire aux personnes en santé, et pour.boisson la décoction de racine de consoude acidulée avec l'acide sulfurique , vésicatoire (1) au bras ). Quand l’'hémoptysie cesse ; le sentiment de plénitude dans la poitrine et la céphalalgie ne disparaissent cependant point. Quatre jours après, quelques légers retours de l’hémoptysie qui se reproduisent dans les deux mois suivans, à des époques éloignées, et qui ont fini par disparaître. | ;
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”" (1) Le docteur Mertens parait être un des premiers qui ont fait usage des vésicatoires dans lés hémorrhagies de la poitrine, cômme pour faire diversion par une irritation excitée dans une partie un peu éloignée. Fr = |
HÉMOPTYSIES Gor 3 ue | Au Ë $ IT. Description générale de l’Hémoptysie.
25. Prédispositions et causes occasionnelles. Elle attaque le plus ‘ordinairement les jeunes-cens et les adultes ; ceux qui ont la poitrime mal conformée , le cou long , les épaules élevées, qui sont maigres, su jets aux épistaxis, très-sensibles et irritables , et disposés aux emportemens de colère. Elle reconnaît souvent pour cause un régime trop restaurant , le défaut d'exercice, l’'amputation d’un membre , la diminuton, l'interruption et la cessation d’une autre hémorrhagie ou d’une saignée habituelle, l'impression de vapeurs irritantes sur les poumons, la compression et la gêne de la poitrine , des efforts violens et soutenus de chant ou de déclamation , le froid des extrémités à une nouvelle triste et inattendue DRE IE 4140 26. Symptômes. L'hémoptysie active est précédée par un léger refroidissement des mains et des pieds , et par des horripilations , la päleur de la peau, la toux , la difficulté de respirer , le sentiment de bouillonnement avec chaleur et pesanteur dans la poririne , la douleur de tête , la chaleur ét la rougeur des pommetles, etc. ; le sang est vermeil et écumeux ; il est rejeté en quantité plus ou moins grande. La durée de l’hémoptysie varie : cette hémorrhagie peut en effet être aiguë ou chronique” elle a une tendance à devemir périodique. Lorsqu’elle est passive , elle n’est point ordinairement précédée des phénomènes indiqués plus haut. L’hémopiysie constitutionnelle , ou qui dépend d'une disposition originaire, est suivie à la longue de dépérissement , de fièvre lente , et de tous les
phénomènes de la consomption.
602 HÉMORRIACIES DES MEMEPRANES MUQUEUSES.
S$ HEL. Traitement de l’Hémopty sie.
27. I est facile de voir que, durant les attaques de lhémoptysie actüve et modérée , il faut, en général, se borner au repos et à la diête , à l’ usage des boissons émulsionnées , nitrées où Néant acidulées : et que, dans les intervalles des mêmes attaques , 1l faut se proposer un exercice modéré des facultés physiques et morales , ‘en même temps qu'un régime restaurant et analeptique. Le célèbre compositeur Grétry (Essai sur la Musique, Paris, 1789 ), attaqué par intervalles d’une hémoptysiecontractée d'abord par dés efforts de chant , et fomtentée ensuite par le travail de Ja composition , Conseïllait de ne point se faire saigner sans nécessité pendant lhémorrhagie ; il déclarait avoir rejeté quelquefois six à huit palettes de sang en diverses attaques, et il rapportait que tout BA par se rame, en gardant alors une position horizontale , un régime sévère, eten buvant une décoction dé graine de lin Res avec. du sirop d'orgeat. J'ai donné également des soins particuliers à un jeune homme de vingt-cinq ans , doué d’une extrême sensibilité , et qui avait éprouvé des chagrins profonds , soit par la perte d’une grande partie de sa fortune , soit par la mort de ses parens , victimes des événemens de la révolution. Dans la première attaque , à la suite d’un chagrin violent , refroidissement des extrémités , suivi d'un sentiment d'irritaton dans la poitrine, avec une ioux sèche et une expuüition copieuse d'un sang vermeil. Le calme, une position horizontale , une décocuüon de racine de consoude acidulée avec le sirop de limon ‘ou de vinaigre, et des bols.
ne
HÉMATÉMÈSE. : 603 composés avec: la conserve de rose et le nitrate de potasse ( celui-ci dans la proporüon d'un quart SR suffirent pour calmer, peu à peu. et faire cesser l’'hémorrhagie. Quinze jours après , il prit encore du sirop de quinquina dans une infusion de fleurs detilleul et de camomille ; ce qui fat.secondé par le séjour à la campagne , l'exercice du.cheval , l'usage du lait de vache , etc. : les attaques ,ont fini par devenir trèséloignées, avec beaucoup moins de perte de sang, .et le malade en a été depuis entièrement délivré. On sait l'avantage que Gilchrist a retiré des voyages de mer ( on the use of sea, voyages ). Mais la prescription de la saignée doit-elle s'étendre à d’autres cas marqués par un tempérament sanguin , un régime trop nour— rissant, le défaut d'exercice > la suspension ou la cessation d’une autre hémorrhagie où saignée habi-
tuelle , etc. ; en un mot, par tous les caractères d’une
pléthore générale ou locale ? C’est ici le cas d’appliquer un précepte qui s'étend à toutes les hémorrhagies en général , sur la nécessité de diriger le iraitement de l’hémoptysie suivant qu'elle sera constütutionnelle , accidentelle, symptomatique , eriique.,
ou succédanée d’une autre hémorrhagie. # HÉMATÉMÈSE (1).
SE. Considérations générales.
28. La justice qu'on doit rendre à l’école de Stahl sur la doctrine des hémorrhagies né doit point faire hé Mr RC EN-anRe nee ee eue LERSSONIEEE EI LE RER EURE EN
(x) Srnonrmrs. Haæmatemesis, Sauvaces, Livnæus ; Vo-
GEL; Fomilus cruentus, Horrmanx.
faire dissimuler que ses csciples ont donné une extension extrême à ses principes , en regardant toujours ces affections comme des efforts pes de la nature pour se débarrasser d’une surabondance de sang imcommode. C’est ainsi que Juncker fait entrer cette iniention directe du principe vital dans sa définiion du vomissement de sang , tandis que ce vomissement , souvent le résultat des affections vives de l’âme , de la suppression du flux menstruel et hémorrhoïdal, etc. , entraîne un grand danger quand il est extrême.
29. L’hématémèse est sans doute moins fréquente que l’hémoptysie ; mais l’origine en est analogue, et, d'après les recherches modernes de l'anatomie sur les divers systèmes, on ne peut méconnaître que dans l'organe pulmonaire , comme dans les voies alimentaires , il y a un nombre prodigieux de vaisseaux qui forment un réseau dont les branches très-mulüpliées, après s'être ramifiées dans les membranes muqueuses de ces parties , viennent s'épanouir en se divisant à l'infini à leur surface pour y former une partie du sysième exhalant et laisser transsuder la matière d’une sorte de perspiration , et, dans quelques cas, par une augmentation des forces vitales, un sang plus ou moins abondant, On trouve plusieurs exemples d’hématémèse dans les Æphémérides des Curieux de la Nature , les écrits de Bonet ( Meédec. Sept. Jde Félix Plater , le Recueil d'observations par Henricus-ab- Heerz, la médecine systématique d'Hoffimann, les” ouvrages de Stahl, etc. Quelquefois l’hématémèse devient une hémorrhagie supplémentaire , comme dans l'exemple que j'airapporté dans mes lecons publiques, d’une jeune veuve qui éprouva une suppression des
à HÉMATÉMÈSE. 605 menstrues , et se plaignit peu après de douleurs d’estomac , de nausées, et finit par avoir un vomissement de sang des plus copieux : quelques remèdes simples rappelerent les menstrues , et l’hématémèse fut terminée. Un autre exemple pris des Ephémérides des Curieux de la Nature ( Decur. À, an 8 ) donne une juste idée de l’hématémèse regardée comme une hémorrhagie active. Un homme de trente ans éprouve une douleur gravative et un sentiment de chaleur dans les hypochondres avec difficulté de respirer : des lavemens et quelques saignées produisent un changement favorable. Etant sorti deux jours de sa maison, il a, sans cause cônnue, et aprés une sorte d’horripilauon, un vomissement de sang des plus copieux et sans toux : dés-lors pouls faible et fréquent, syncope, extrémités froides ; ce qui fait recourir à des saignées , à l'usage des poudresstyptiques, des préparations d’opium : rénussion de quelques heures ; mais les symptômes se renouvellent avec plus de violence , l'hématémèse devient excessive , et est suivie d’un épuisement total et d’une mort CITE Hoffmann fut plus heureux dans le traitement d’une hématémèese accidentelle. Un ; Jeune homme de qua- : torze ans , maigre et d’une constitution très-irritable 5 se met en colère etvomit une grande quantité de sang : la même affection se renouvelle par intervalles , avec un sentiment de pression dans l'estomac et une douleur pongiuve au côté gauche. On donne imprudemment un émétique ;, et dès-lors exacerbation des douleurs , anxiétés , céphalalgie, et rois jours après vo— missement violent de sang, froid des extrémnés, perte
de l’usage dela parole, syncope, constipation, dE
interne , soif. Hoffmann prescrivit un verre d’eau nitrée avec quinze gouttes d’éther sulfurique alcoolisé , à prendre de deux heures en deux heures , ce qui fut secondé par des clystères émolliens : RNA marqué, mais toujours nausées avec expulsion de matières. muqueuses. On ajoute à ces moyens des boissons émulsionnées et édulcorées avec le sirop de diacode , et pour topique sur l’épigastre un sachet de menthe et de fleurs de sureau : les symptômes finissent par disparaitre.
30. Melæna. Doit-on considérer autrement que coñme une hématémese ce qu'on a tour-à-tour désigné par melæna, morbus niger , nigræ dejectiones , où maladie noire, et sur laquelle les modernes se sont exprimés d’une manière bien plus exacte que les anciens, à cause des progrès qu’on a faits dans l'anatomie pathologique ? Mais quelle variété d'opinions ne trouvé-t-on point sur cette doctrine dans les écrits de Bonet, Hoffer, Bartholin, Vedelius, Blancard, Craanen , Ettmuller, Warton x etc., dont chacun a souvent pris pour la véritable cause de la maladie quelque changement particulier dans la structure ou le volume des parties internes de l'abdomen ! Les résultats des observations et de lautopsie cada— vérique publiés sur cet objet par le professeur Portal (1) sont beaucoup plus précis, et se rapprochent bien davantage de l’idée générale qu'on se forme maintenant des hémorrhagies par exhalation , et par conséquent de l’hématémèse, considérées comme pro-
(1) Mémoires sur la nature et le traitement de plusieurs ma- Ladies , etc. , 2 vol. Paris, 1800.
| HÉMATÉMÈSE. 6o7 duites par les vaisseaux exhalans: Dans la deuxième observation rapportée par l’auteur, il remarque que, lors de l’examen. cadavérique , ilavait trouvé l'artère gastrique fourmie. par la coœliaque extrêmement dilatée, et il en conchu que c’est par cette artère que le sang s’est porté à l'estomac, d'autant plus qu'ayant injecté de l’eau colorée dans l'artère gastrique supérieure. du même cadavre , il avait vu la liqueur sé panchér dans. l'estomac ;: tandis qu'en comprimant les. veines remplies: de sang, Où n'avait jamais pu déterminer l'écoulement de ce liquidé dans lé même viscère. Quelquefois les: déjectuions noires sont une sorté. d'évacuation critique d’une maladie, comme dans un des exemples rapportés däns l'ouvrage déjà clé. Un:militaire était atteint d’une fièvre continue depuis une vingtaine de jours , avec des paroxysmes violens , forts, irréguliers et marqués par le délire. À cette époque il ‘rendit par ‘les selles une grande’ quantité de matières noires et fuligimeuses qui SurNa— geaient dans l’eau, et ressémblaient en tout aux exéréuons noires qu’on rend dans le melæna, soit par. les vomissemens , soit par les déjections.” A près cette évacuation, relâchement niarqué dans le pouls, abdomen plus souple; et diminution du délire: il ÿ eut même des intervalles d’un retour à la raison, etil s'étabht des déjections bilieuses qui terminérent la maladie. Ontrouve ‘encore dés observations précises sur cette maladie, insérées parle docteur Bfieude dans:le Recueil de la Société de Santé de Paris ( veritose an 5, où mars 1797). Elle appartient plus à ” la; vieillesse qu'aux autres époques de la vie; et péutêtre n’y a-t-il point encore de: signe clair et évident
qui.apprenne à distinguer dans son cours une crise salutaire de celle qui est mortelle. Un exemple parüculier donnera une idée de sa marche. Un bomme âgé de trente-six ans, et doué d’une extrême sensibilité, eut un chagrin très-vif; pour se distraire, il se retira à la campagne, où il prit les bains et le petit-lait. En sortant du sixième bain » trés-forte défaillance et vomissement d’une quantité considé= rable d’un sang caillé , noir et fétide ; les défaillinces contnuérent les jours suivans, avec deux ou trois selles de même nature que le vomissement. A son arrivée à Paris, pouls à peine sensible quoique fréquent, visage pâle et décomposé (boissons acides et mucilagineuses ; par intervalles quelques cuillerées de vin d'Espagne , lavemens laxatifs) ; il vomit encore quelquefois des matières noires: c'était du sang ; les selles devinrent vertes et jaunes dès. le quatrième jour, ce qui est toujours d’un bon augure (purgatifs salins à plusieurs reprises) ; guérison le vingt-unième
jour. Pendant six mois il a vécu de végétaux farineux * et mucilagineux; sa santé s’est pleinement rétablie ;
il n’a éprouvé aucune rechute.