C’est ainsi qu’en rapprochant ces divers Ordres
S | DES PIHLEGMASIES
eten ne faisant attention qu'à leur point de conformité, on s’élévera à la notion vraie ét abstraite, ou plutôt à la détermination des traits disunctifs de cette Classe des maladies. On peut seulement dire ici par anücipaüon , quesi une cause quelconque irritante , intèrne ouexierne , agit assez Vivement sur une parte de la surface du corps, sur une membrane AUTOUR OU SÉ— reuse , sur le parenchyme d’un viscére, sur le tissu d’un muscle ou une surface aruculaire, î se produit dans la parte irritée une affection marquée par une douleur plus ou moins vive, une tension, ou intumescence locale , un sentiment plus ou moins intense de chaleur; et, si le siége en est extérieur, une rougeur plus ou moins vive. Cet état d’ailleurs, lorsqu'il consitue proprement une maladie > passe aussi, aprés certains préludes , par deux périodes distinctes , celle d’irritation où d’acrisie, étcelle de déclin ou de coction. Il est aussi suscepuble , suivant les divers Genres , de certaines terminaisons favorables ou dangereuses , ou même d’un passage à l’état chronique. Il peut enfin se compliquer , dans divers cas , avec quelqu’une des fièvres primitives ou d’autres maladies. Que de variétés d’ailleurs suivant l’âge , le sexe, le climat, la maniere de vivre , une consütuuon forte ou une santé détériorée ! 9. Les périodes de développement progressif et de déclin ne sont nulle part marquées avec plus de’ préc sion dans les végétaux que dans les phlegmasies éruptives : d’abord > pour préliminaires, frissons , chaleur, sueur ,. puis érupuon de petites taches qui rs des boutons plus où moins saillans , et qui finissent par se dessécher .et tomber en BI Ces phlegmasies sont tantôt simples et nullement graves, d’autres fois
EN GÉNÉRAL. | 9 compliquées avec quelqu'une des fiévres primitives etaccompagnées d’accidens les plus formidables. Aussi ces maladies ont-elles entre ellés les affinités les plus marquéés, que presque tous les nosologistes se sont fait un devoir de respecter. Les autres phlegmasies cutanées, quoiqu'offrant moins de points de contact et moins de ressemblances entre elles et avec les précédentes , ont été comprises dans le même Ordre, parce qu’elles occupent le même siége que les premières, qu’elles peuvent en être une suite, qu’ellés peuvent détruire , dans certaines parties, le tissu cellulaire de la peau, et y produire les changemens les plus difformes : elles sont saus doute souvent chroniques et dépendantes de quelque vice interne. Mais n’importe-t-il point , en faveur de la méthode et ‘de la facilité de la mémotre , de mulüplier le moins possible le nombre des Ordres ?
10. L'idée de considérer toutes les membranes muqueuses comme un système unique de parties similaires , quel que soit leur siége, la tête, la poitrine, l'abdomen , et comme douées d’une même structure organique et destinées aux mêmes fonctions , est peutêtre un des plus heureux exemples de l'influence que peuvent exercer sur la distribution méthodique des | maladies, l'étude ét lés récherches de l'anatomie. Nulle part aussi on ne trouve un Ordre plus naturel de maladies , et des Genres nombreux plus Fig dé | rapprochemens plus immédiats , soit qu'on considère le caractère particulier de certains symptômes et la conformité générale de plusieurs autres , soit qu'on étudie la marche régulière de ces phlegmasies dans les cas simples, leurs variétés, leur terminaison ou leur passage à un état chronique. Ce que jen expose dans
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cet Ordre de phleogmasies est loin de se réduire à un simple effort de classification arbitraire que produit une pure compilation ; c’est un progrès réel de l’observation et de la description graphique des maladies aiguës , faites dans un des hospices les plus nombreux, et répétées plusieurs années sur des malades de tous les âges et de toutes les constitutions , en y joignant des exemples sans nombre de complications avec quelqu’une des fiévres primitives plus ou moins graves , telles qu’elles sont décrites dans ma Médecine clinique (1). ;
11. Un Ordre de phleogmasies non moins naturel que le précédent, et non moins fécond en rapprochemens variés pour les Genres, est celui des membranes séreuses , où aboutit une foule innombrable de vaisseaux exhalans et de vaisseaux absorbans , et qui d’ailleurs, douées d’une sensibilité exquise dans l’état inflammatoire, peuvent donner lieu aux symptômes les plus graves ; elles forment des cavités disséminées dans différentes parties du corps, l'abdomen , la tête, la poitrine; et privées d'un avantage qu'ont les membranes
(1) Je dois faire remarquer ici , pour l'exactitude des faits, que le Traité des Membranes de Bichat parut pour la première fois en 1799, et que la première édition de ma Nosographie date de l’année 1797. Cet auteur est sans doute entré dans des détails ultérieurs sur les membranes muqueuses et séreuses , et s’est livré à des recherches très-curieuses sur leur structure anatomique et leurs affections ; mais il avoue lui-même avec candeur , dans sa préface , que la lecture de mon ouvrage lui a fait naître l’idée de celui qu’il a composé, et qu’il s’est ainsi élevé à de nouveaux résultats , en examinant plus particulièrement cette partie de la Nosographie.
EN GÉNÉRAL. 11 muqueuses , elles n’ont point d’issue au dehors pour se débarrasser des produits étrangers qui peuvent s’y accumuler, comme des épanchemens d’un fluide lymphatique ou des concrétions albumineuses avec des adhérences plus ou moins difliciles à vaincre. Les maladies chroniques qui en peuvent provenir , et qui varient suivant la position et la connexion de ces mem-. branes, ne peuvent être bien connues qu’en remontant au caractère des phlegmasies aiguës qui leur ont donné naissance et forment avec elles une connexion immédiate , quoiqu’elles puissent appartenir à d’autres branches d’une classification méthodique.
12. Les phlegmasies du tissu cellulaire , des glandes et des viscéres, ont été si anciennement connues , ainsi que leurs conformités générales pour la marche de linflammation etsa terminaison la plus ordinaire , qu’il est peu nécessaire d'anticiper sur ce qui sera exposé ciaprés dans l’histoire des caractères de cet Ordre ; je me burnerai ici à des remarques d’analyse chimique de la mauëre de la suppuration qui en résulte , et à sa comparaison avec d’autres produits des phlegmasies dont je viens de parler.
13. Le passage à la suppurauon n’est pas toujours facile à reconnaître lorsque l’organe enflammé est situé profondément et qu'il ne communique point directement au dehors. Les signes propres à indiquer ce pas-, sage manquent quelquefois » quoique ce dermier ait lieu ; d’autres fois 1ls existent sans qu'il y ait suppuraa On suppose cette dernière lorsque l’inflammation se continue au-delà de son terme ordinaire, et sans qu'il se manifeste des signes de résolution , n1 des phénomènes critiques généraux. Des frissons irrégu-