‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 3)Chapitre 28 sur 129 · IE · texte numérisé non relu

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114 PHLEGMASIES ,CUTANÉES.

tant progressivement jusqu'à un scrupule ; il fit porter

un bonnet rempli de ciguë cuite à l'eau , jour et nuit; 1l répéta des lotions à chaque renouvelleméni du cataplasme. Les croûtes d’abord se desséchérent , et: à la base des cheveux, il se forma de pettes ulcérations pleines de pus, et qui s'évacuaient quand on les pressait avec les doigts. Après environ deux mois de l'usage

externe et interne de la ciguë, de purgaüfs répétés,

et d’une grande propreté, Murray fit cesser les pilules, en insistant sur l'application topique. Il ne restait plus , quelque temps aprés, qu'une sorte de desquamation à la peau, et quelques verrues à la face et aux mains : mais ces excroissances tombérent par la ligature , et c'est ainsi que, par un moyen simple:, il parvint à guérir une teigne des plus invétérées et des plus rebelles. | | 119. Un autre auteur, cité par Desault dans son journal ( vol. IIT), s'élève aussi avec force contre le traitement de la téigne par l’arrachement des cheveux ; et persuadé que, pour guérir cette dégottante ma ladie, il suflit de dissoudre et d’évacuer les fluides stagnans dans les bulbes des cheveux et les réservoirs de la graisse, il propose , d’après sa propre expérience, le procédé suivant : couper les cheveux , amollir les croûtes en appliquant une substance grasse , comme le sain-doux ; les enlever, couvrir ensuite la tête de bandelettes de peau enduites, jusqu’à l'épaisseur d'une ligne, d’une dissolution de gomme ammoniaque dans le vinaigre, réduite , par l’évaporation de la chaleur, jusqu’à consistance d'emplâtre ; soutemir le tout avec un bonnet. Au bout de six semaines , on enlève l’emplâtre , et la guérison se trouve opérée, On cite six

TEIGNE. 115 observations en faveur de ce procédé. Mais comme on n’a rien déterminé ni sur l'espèce particulière de la teigne, nisur l’état des enfans qui en étaient attaqués, ces observations vont se perdre avec tant d'autres qui sont enfantées par une sorte d'empirisme, et regar— dées comme nulles pour les progrès de la science médicale. | |

120. La teigne est une maladie si hideuse et si rebelle aux remèdes ordinaires , le moyen local et routinier employé jusqu'ici , qui est (1) la dépilation produite par ce qu’on appelle / caloite, cause des douleurs si atroces et si souvent renouvelées » qu'on doit se faire un devoir de rappeler d’autres moyens de guérir plus doux, et qui promettent déjà , d’après certains essais, les avantages les plus marqués : on doit mettre de ce nombre la poudre de charbon mi néral, dont lés effets ont été rapportés dans la Bibliothèque germanique, médico-Chirurgicale , tom. VII, an 1802. Dans la premuére des cinq observations con signées à ce sujet dans ce journal , la considération des* causes et des circonstances qui avaient précédé cette maladie, engagea à la traiter simplement comme locale ; on commença par couper tous les cheveux , et vers le soir, on couvrit toute la partie de la tête qui était ulcérée ayec du charbon en poudre que l’on maintnt sur la peau au moyen d’un bandage conve-

Ro

(1) J'avais annoncé, dans la première édition de. ma Nosographie, que je me livrais à de nouveaux essais sur le vrai caractère et le traitement de la teigne ; mais les enfans de lhospice de la Salpétrière ayant été transportés ailleurs, et cet hospice étant devenu l’asile de la vieillesse infirme, je n'ai plus été dans une position favorable à ces recherches. 2

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nable. Le lendemain matin, le malade ayant bien dormi, on lui lava la tête avec de l’eau uède et du savon, ensuite on réitéra l’appheation de la poudre de charbon , et l'on continua le mêmettraitément jusqu'à l'entière guérison de la teigne. L'effet du charbon fut. si manifeste que, dès le troisième jour, la féudité ayant été dissipée , les ulcères ne donnaient plus qu'un pus de bonne qualité. Le cinquième jour, tous les ulcères étaient.cicatrisés et les tésumens dans l’état de santé, ce qui continua pour la suite. Mais il faut conver que, dans ce cas , l'espèce de teigne n'étant pas bien déterminée, ainsi que dans les autres cas rapportés dans le même ouvrage, il était important de tenter de nouveau, ou même de perfectionner ce pro— cédé: c'est ce qui a eu lieu à l'hôpital Saint-Louis , sous les yeux.de M: Albert ( Dissert: sur la Teigne, etc., par BL. S: Gallot. Paris, an 1803), et par M. Alibert lui-même: Parmi les neuf histoires particulières de teigne faveuse qui sont rapportées dans la dissertation que je cite, je rappellerai certaines eirconstances de la première, pour donner une idéé des principes de traitement qui ont été suivis: L'enfant atteint de cette maladie était à sa onzième année! et cette affection cutanée avait été contracitée depuis quatre ans; les glandes mguinales, mésentériques, axillaires + sous-maxillaires et cervicales, étaient engorgées et très-volumineuses ; divers endroits de la tête étarent recouverts de croûtes teigneuses ; d’autres tubercules isolés présentaient à leur sommet un enfoncement dans lé milieu , et leurs bords étaient relevés de manièré qu'ils formaient un godet dont le céntre était d’un jaune sale. Les croûtes étaient formées par l'aggré-

TEIGNE. 117 gatüon de plusieurs tubercules ; elles présentaient quelques godets bien distincts etde même forme que les précédens ; dans d’autres endroits de la tête on obsenväiss une grande quantité d’écailles furfuracées. On éommença par appliquer des cataplasmes épais de farine de graine de lin sur toute la tête, qui était tondue , et la démangeaison se dissipa : cette première application enleva une partie des croûtes , et le reste disparut par une seconde. La tête exhalait une odeur : insu pportable, fade, nauséeuse , et toute sa surface offrait | une rougeur analogue à celle qui environne les ulcères dartreux; on voyait suintér par certaines ulcérations ou enfoncemens une sérosité transparente , de consistance presque sirupeuse, qui, en se coagulant à l'air, formait une croûte dont le milieu était promptement desséché, et finissait par donner lieu à une dépression avec des bords relevés. Le sixième jour, à compter du premier topique émollient, toute la tête fut frottée avec la pommade suivante : charbon de bois pulvérisé, une once (30 grammes ); fleurs de soufre , deux onces (60 grammes ); cérat, cinq onces (un hectogramme et demi), mélés intimement pour en faire une pommade. Dès les premiers jours ,; SUIN-— tement d’un fluide blanc.très-abondant qu continue pendant sept à huit ,.en méme temps qu'on pratiquait des fricuons. À cette époque, diminution dela rougeur de la tête, point d’excoriation ni de démangeaison ; on voyaitseulement parsemés des boutons blanes de la grosseur d’un petit pois, renfermant du pus de la même couleur, ainsi qué de peuts points blancs à pee de la grosseur d’un grain de muillet, placés sous Y'épiderme ; et en soulevant ce dernier, on retirait de

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ces petits points blancs une trés-peute quantité de matière blanche, de consistance de suif et de nature albumineuse. Deux mois de traitement suflirent pour Ja guérison, quoique l'engorgement des glandes, qui avait beaucoup diminué, ne füt pas entièrement dissipé. L'auteur de la même dissertation rapporte aussi des exemples de la teigne rugueuse et de la teigne furfuracée , auxquels je dois renvoyer, en provoquant en même temps l’attention des vrais ébservateurs sur un objet aussi important et si digne de leurs recherches. Le soufre , seul, a paru opérer le même effet que lorsqu'il est mêlé avec le charbon. Il paraît que les essais qu'on a faits, à l’hôpital Saint-Louis, de la ciguë (conium maculatum , L.), ne sont parte favorables à ce médicament, et que les espérances qu'avait données Murray sur l'emploi de ce narcotique ne sesont point soutenues.

121. La teigne n'étant pas toujours une affection locale, on conçoit facilement avec quelle réserve et quelle sagacité 1l faut, dans plusieurs cas, en diriger le traitement : aussi voit-on quelquefois succéder des maladies chroniques graves apres une prétendue guérison de cet exanthème. C’est dans ces cas qu'il est nécessaire de combiner le traitement interne avec l’application des topiques. Le traitement local doit d'alleurs être relauf à l’état des propriétés vitales. Tant qu'il existe beaucoup d'irritation dans l’organe affecté , c'est aux corps gras , aux mucilagineux qu'il convient de recourir; les excitans variés ne sont convenables que lorsque la douleur, la rougeur et la chaleur sont considérablement diminuées ; le soufre , les solutions de carbonate de potasse, de muriate de soude où

TEIGNE. 119 d’ammoniaque » Sont alors plus ou moins utiles : c’est dans ces cas surtout que les huiles volatiles , convenablement étendues, telles que la poix, sont indiquées. Il en est de même d’un grand nombre d’autres substances dont l’action se rapproche beaucoup de celle de ces dernières. (Voyez la Matière médicale de Schiwilgué. ) :

122. M. Alibert rapporte dans son ouvrage des exemples de teignes qui n’exigent que des moyens de propreté lorsqu'elles ne sont point parvenues à un grand dègré d'intensité , ou du moins qui cédent aux applications les plus simples; dans d’autres, dans celles surtout qui sont compliquées d’un vice scrophuleux ou d’un vice syphilitique héréditaire, tous les efforts qu'on peut faire paraissent absolument infructueux. Le même auteur ajoute que les maladies cutanées , et par conséquent les teignes , ont, comme les autres maladies , leurs périodes de début, d’accroissement et de déclin : souvent l'application des remèdes nedevient utle que dans cette dernière période, On sait que | Bordeu a insisté particulièrement sur l'analogie frap-

pante qui existe souvent entre les maladies aiguës et les maladies chroniques.

123. On doit en conclure, comme it dit M. Alibert, que les meilleures méthodes curatives sont celles qui n emploient que les moyens les plus doux. Tout se réduit à apaiser l’irritauion du. cuir chevelu , et à ramener cet organe à ses conditions naturelles. Il a essayé comparativement un grand nombre de remèdes à l’hôpital Saint-Louis. Pendant que plusieurs teioneux subissaient l’opérauon de la calotte , ou étaient frottés avec des onguens plus ou moins actifs, avec l’oxyde de

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manganèse, l’oxyde de mercure, éte., des enfans en

égal nombre et atteints de diverses teignes étaient simplement traités par le sain-doux , dans lequel on avait incorporé des fleurs de soufre. Ces derniers, en général, guérissaient aussi promptement que lesautres,

en portant surtout du soin dans les pansemens ; et lors même que la guérison traînait en longueur, elle était

au moms exempte de danger. C’est perfectionner le traitement de la teigne que de le simplifier.

PIITOUE.

$S I. Considérations générales et Histoire particulière.

124. Le nom de cette maladie vient de ce que les cheveux s’agglutinent et s’entortillent d’une manière inéxtricable , en formant des mèches, des queues, des

toufles ou des masses qu’il est impossible de déméler. C’est une affection endémique qu’on rencontre surtout en Pologne, en Lithuanie, en Russie, etc. : on ne la

trouve que très-rarement en France, et ce n’est même alors que parmi quelques quadrupèdes.

Je ne m'engagerai point dans des détails d’érudition relaüfs à cette maladie, exposés avec soin et discutés dans l'ouvrage de M. Alibert sur les maladies de la peau , en joignant ses propres observations à celles des médecins étrangers les plus dignes de confiance.

Je me bornerai à quelques simples extraits de ce qu'il

a écrit sur cette affection aussi singulière que rare. Au milieu de tant d'opinions contradictoires qu’on à émises dans ces derniers temps, dit cet auteur , ne devançons pas l’expérience, et attendons de nouveaux

faits, avant detransiger sur les différens points de cette doctrine. ( |

125. Entre autres observations rapportées par M. Alibert, je n’en citerai qu'une, ürée d’une Disser— tation inaugurale sur Ja plique par le docteur Jean- Mathias Cordaly. «Un ouvrier dela partie de la Pologne qui est voisine de la Silésie, âgé de quarante-deux ans , était atteint d’un gonflement œdémateux des pieds et de douleurs vagues dans tout le corps, particulière ment dans les membres. Il éprouvait des céphalalgies contunuelles , et six mois s'étaient à peine écoulés, que ses cheveux étaient déjà agglutinés en petites cordes tournées en spirale , de figure et de forme différentes. Cette maladie était héréditaire en lui, puisque son pêre et sa mére en avaient été affectés pendant toute leur vie. L’individu même dont il s'agit avait ressenti quelques accidens de la plique dans son enfance. Dans cette seconde invasion , comme le pouls était dur et fébrile lesoir, et que les souffrances étaient plus vives , on admMimistrait quelques remèdes tempérans. Le maün, au’ contraire, comme le pouls était naturel, on faisait prendre jusqu’à trente gouttes alcalines martiales , mélées avec du savon de térébenthine, et cette dose était réitérée quatre fois. On y joignait une décoction de bois de gaïac, de racines d’oseille, de réglisse, de salsepareille et de sommités de houblon; on avait aussi recours à la saponaire, aux feuilles du cochléaria et du ményanthe. Tous les cinq jours, on donnait de la manne ou de la rhubarbe. Après deux mois de traitement, le malade entra en convalescence : ses cheveux étaient encore plus contournés qu'auparavant. On lui prodigua les médicamens balsamiques et ioniques. On

Fn PHLEGMASIES CUTANÉES.

eut soin de couper avec des ciseaux les cheveux pliqués, à l'endroit où l’on avait apercu une quantité considérable de squamosités. Tous les symptômes diminuaient de plus en plus; mais bientôt il se Manifesta une tumeur inguinale , accompagnée d’une certaine douleur et de bheletes mouvemens fébriles. On la fit mürir par des cataplasmes émolliens ; on l’ouvrit ensuite avecune lancette , et 1l en sortit une matière jaunâtre , ichoreuse et d’une grande fétidité. Ce qui est véritablement digne de remarqué, c’est qu'à l’aide de cet ulcére, les chéveux se purgérent de la matière visqueuse qui les tenait agglutinés , et qu'ils se déroulérent. La nouvelle plaie fut pansée d’après les procédés ordinaires, et cet homme recouvra entièrement sa santé. Les poils du pubis restèrent seuls pliqués : on n’osa point en opérer la section. » ;:

S IL. Description générale de la Plique.

126. Voici à-peu-près l’état de nos connaissances sur cette affection cutanée. « L’invasion des différentes espèces de plique commence ordinairement par un abattement universel, un engourdissement dans tous les membres ; des douleurs vagues se font d’abord ressenur dans les articulations des pieds et des mains, gagnent ensuite les omoplates , l’épine du dos, et s’étendent bientôt à la région postérieure du cou et de la tête. Le soir, 11 se manifeste un accés fébrile qui se prolonge très-avant dans la nuit, et se termine par une sueur visqueuse , gluante et excessivement féude. Le matin, le pouls est naturel : 11 y a une sorte de rémission dans les symptômes que je viens d'indiquer.

PLIQUÉ. 129

127. » Aux douleurs arthritiques , qui constituent presque toujours le début de cette affecuon, viennent …se joindre des mouvemens convulsifs dans les muscles, des soubresauts dansles tendons, un tintement d’oreille pénible, une céphalalgie atroce que le malade cherche vainement à calmer par des médicamens sédatifs ou narcotiques , des vertiges, une pesanteur autour des orbites, des picotemens, et une sensation très-incommode de resserrement dans la partie postérieure du cuir

chevelu.

14 | 128. » Bientôt un phénomène externe, surprenant

pour le physiolosisie observateur , se déclare. Les cheveux se mêlent, s’entortillent , s'agglutinent, se séparent en faisceaux; on les voit s'arranger en petites cordes tournées en spirale , en sorte que la tête paraît environnée d'un amas de couleuvres effrayantes qui rappellent l’image affreux d’une Gorgone. On les voit aussi s’allonger comme des queues traïnantes qui atteignent les jarrets , et quelquefois pendent jusqu’à terre ; on les voit enfin se hérisser comme les poils d’une bête fauve, ou comme les soies qui se dressent le long du cou des pourceaux ; enfin il arrive quelquefois que les cheveux s’entassent en globes où en masses informes À qui deviennent de lourds fardeaux pour ceux qui les portent. Les pouls fourmillent au milieu de ces touffes villeuses , etse muluplient avec une promptitude qu'on ne peutexprimer. À la base de ces touffes, on voit une grande quanuié d’écailles furfuracées.

129. » La plique n’atiaque pas seulement le cuir chevelu; elle se manifeste aussi dans les autres parties du corps humain qui sont pourvues de poils. Le virus trichomatique s’introduit souvent jusque dans les on-

124 PHLEGMASIES .CUTANÉES.

gles des mains et des pieds, particulièrement chez les individus qui sont chauves. L'analogie de structure de ces organes avec les cheveux explique facilement. cette dégénération hideuse. Tantôt ils prennent un accroissement prodigieux ; tantôt ils s’épaississent et offrent beaucoup d’aspérités au toucher ; ils deviennent jaunâtres , livides, noirs comme.la corne d’un ‘bouc, ou quelquefois même ils sont crochus comme la griffe des quadrupédes carnassiers. On observe , du reste, que l’altération des ongles n'arrive que long-temps aprés l’altération des cheveux ou des poils.

130. » Toutes ces déformations physiques et extérieures que nous venons de signaler sont causées et entretenues par la sécrétion -extraordinairement abondante qui suinte des parties couvertes de villosités , et qui constitue la plique proprement dite. Cette excrétion , qui afflue surtout vers la tête , ne s'échappe pas uniquement des pores de la peau du crâne , mais encore des cheveux eux-mêmes , ainsi que l'ont constaté des observations microscopiques. On a vu, en.effet, que les extrémités des canaux capillaires exhalaient une espèce de vapeur qui se déposait et se condensait ensuite dans leursinterstices. Quelques auteurs assurent que cette mauëére est d’une nature ichoreuse et sanguinolente : mais on a heaucoup exagéré les idées sur cet objet. Si le dépôt qui s’en fait dans les cheveux est si copieux que ceux-ci ne puissent le contenir , alors ils se rompent dans leur milieu , et la matière s'écoule au “dehors en très-grande quantité ; elle exhale une odeur sui generis, qui est très-repoussante. Cette odeur a beaucoup de rapport avec celle de la graisse :rancie : il est vrai qu’elle varie dans quelques circon-

stances. M. le docteur Nisgkouski à vu, chez une jeune demoiselle, une plique des aisselles qui était trèsaromatique, et qui Sur res le PAPA de l’ambre. 151. » Jusqu'ici je n'ai retracé, dit M. Alibert,

que les accidens ordinaires de la née mas cette maladie acquiert souvent le plus grand degré d’in- tensité ; elle revêt une multitude de physionomies , et dès-lors le caractère de ses symptômes paraît entièrement subordonné à la direction que prend la ma-

tière trichomatique dans l’économie animale. Fat-elle

son irruption vers l'organe cérébral', des accès épileptiques se déclarent. Souvent les malades sont foudroyés par l’apoplexie ; quelquefois ils sont ent proie à des transports maniaques. Stabel cite l’éxemple d’une femme qui avait éprouvé une violente phrénésie avec

fièvre aiguë, une aliénation marquée de Pesprit et un

délire furieux. Ces désordres ne cesserent que lorsque les cheveux commencèrent à se phquer.

152: » Si la métastase s'opère vers le système respiratoire , elle détermine l'asthme , l’hydro-thorax , les crachemens de sang, la phthisie pulmonaire, le catarrhe suffocant : les palpitations suivent les attemtes du système circulatoiré. Enfin, quand le virus de la plique affecte l'estomac , les intestins où les autres vis-

céres contenus dans la cavité abdominale, on voit ar-'

river le flux dysentérique , la diarrhée , les coliques, l’hypochondrie , la mélancolie ; etc. ; la faculté diges-

tive est pervertie. On a vu survenir, chez certains individus , non-seulement un penchant irrésistible pour

les boissons spiritueuses , mais aussi des goûts bizarres, dépravés, en un mot, de vrais pica. On a vu naître

linflammation ou l’ulcération du foie, etc. Quant aux

EL

126 PHLEGMASIES CÜTANÉES,

femmes, la menstruation est troublée ou interrompue, et communément elle ne reprend son cours régulier et périodique que lorsque la plique vient se manifes= ter à la tête. |

133. » Stabel à particulièrement observé que les effets du virus trichomatique différent suivant les systèmes organiques dans lesquels il pénètre en pre mier lieu. C'est ainsi que, lorsqu'il s’introduit dans le système lymphatique , il donne naissance à des ENgor= gemens glanduleux très-rebelles aux moyens curatifs. Il se forme des nodosités et des tubercules dans les aruculations , des squirrhes , etc. ; la peau se décolore et acquiert une couleur terreuse. Il n’est pas trés-rare de voir cette maladie produire la carie des os, pénéirer même jusqu'à la moelle de ces parties, qu’elle rend friables.

154. » Quelquefois la plique se déclare sans aucun accident précurseur, et sans la moindre sensation dou loureuse. Tantôt elle se forme lentement et successivement ; tantôt elle se manifeste avec une rapidité. inconcevable ; l'événement le plus léger suffit quelquefois pour provoquer son développement. Il n’est pas rare aussi qu'elle survienne sans cause apparente . et d’une mamiére subite. On peut également assurer, d'aprés des observations très-exactes , que le virus'tri= chomatique peut se communiquer par la génération , et qu'après la naissance, 1l peut rester caché un grand nombre d'années dans l’économie animale, sans pro— duire aucun effet nuisible, principalement lorsqu'on mêne une vie révulière et sobre, et qu'on évite tout ce qui porte atteinte à la santé. Mais si quelques personnes n'en ressentent aucune inçommodité notable ,

æÆ

PLIQUE 127 d’autres LU ri la proie des accidens les plus funestes. » ; |

135. Tous les caractères extérieurs des pliques, du moins ceux qui sont les plus : fondamentaux , semblent se rapporter à trois formes principales. Dans la premicre, les cheveux s 'agglutinent en se réunissant par mèches séparées ; dans la deuxième , 1ls s’allongent en queues et prennent un accroissement excessif ; dans la troisième enfin, 1ls s’agglutinent par touffes , per masses où par pelotons. Ces trois formes primitives ont déterminé M. Albert à n’admettre que trois Espèces de plique, qui se modifient néanmoins, et compr ennent chacune quelques Variétés.

Espèce 1°. Plique muluforme, plica caput Medusce.

Plique dans laquelle les hou ou les poils se mêlent et s’'agglutinent par mèches séparées plus OU moins grosses , plus ou moins longues , plus ou moins {lexueuses , ce qui les fait ressembler à des cordes , et les a fait comparer à des serpens.

Cette espèce comprend plusieurs variétés, parmi

lequelles on distingue surtout :

. 1°. La plique muluforme en lanières , plica caput Medusæ laciniata.— Dans cette variété, les cheveux sont divisés par mèches ; mais leurs touffes paraissent comme déchirées.

. La plique multiforme en le plica caput pi cirrhata. Cette plique prend son nom de l'extrémité des mèches , qui se roulent et s’entortillent à la manicre des vrilles ITR observe dans certains végétaux. + Les cheveux sont Re et agglutinés en me-

120 PHLEGMASIES CUTANÉES.

ches distinctes les unes des aütres , qui consérvent, en s'allongeant, la roideur et la consistance des cables les plus forts, ou forment des inflexions , des ondulations analogues ? à celles des serpens ; où enfin présentent de distance en distance des renflemens ou nodosités considérables. Dans quelques cas, les mèches vont en diminuant de calibre ; dans d’autres élles augmentent de volume;.tantôt elles sont cylindifués! tantôt elles sont aplaties. On à cité dans quelques ouvrages Pexemple d’ un individu qui portait plus de soixante pliques immenses : ces queues descendaïent ] Jésqu au one Skummovius prétend les avoir coupées. A

, Sr la maladie est grave , les cheveux sont pliqués jusqu'à leurs racines ; si elle est peu intense, ils ne sont collés que par Dr extrémité. Souvent aussi ils sont divisés vers le milieu dé leur trajet, et sont fortement agglutinés vefs leur base ou vers leur pointe. Il n'est pas rare dé voir, lorsque les symptômes de la plique multiforme diminuent , des cheveux sains remplacer des chéveux malades, SET s'isolent. et se séparent de la tête; | quélquefois enfin on aperçoit les cheveux sains au travers des cheveux malades , et F œil exercé les disüingue aisément.

Les pliques peuvent tomber et se remplacer suc— cessivement ; mais les secondes ne se forment que lorsque les’ premières commencent à se séparer, et lorsque des cheveux nouveaux ont paru. Le journal de médecine publié jadis par Vandermonde fait mention de lépouse, d'un bourgeois de Biche qui, parvenue à sa soixante - deuxième année, était affectée de la quatrième phique depuis âgée de seize ans. Cette plique

À PE PL 6 A UK pp 129 s'était tellement amincie à la partie supérieure de l’eccipital, lieu de son insertion » qu'ilen’était pas difficile de prévoir sa chute prochaine. Une cinquième | plique, d'environ trois pouces de longueur, croissait à côté pour lui succéder. On assure que celle qui était sur le point de tomber était longue de quatre pieds, et que sa circonférence , qui était de deux pouces , présentait trois ou quatre nœuds fort larges.

IL paraît que la plique multiforme est plus fréquente chez les hommes que chez les. femmes. On l’a observée quelquefois chez les nouveau-nés : ce cas, du reste, est excessivement rare, puisque M. Delafontaine n’a pu remarquer qu’un seul fait de ce genre. L'enfant était né avec trente peutes pliques ; sa mére et sa grand’mère avaient été atteintes de la même affection ; 1l avait eu cinq frères qui tous étaient pareillement venus au monde avec les cheveux pliqués. |

» Espèce n°. Plique à queue ou solitaire, plica longicauda. | ‘he

Plique dans laquelle les cheveux ou les poils ne se divisent point, comme dans la précédente, en mêches distinctes et nombreuses > Mais se réunissent pour acquérir un allongement excessif qui la fait ressem- -bler à une queue de cheval. .

Parnu les variétés de la plique à queue ou solitaire } on peut noter celles qui suivent :

1°. La plique à queue ou solitaire latérale, plica longicauda lateralis. — Souvent il en paraît une de chaque côté des tempes; d’autres fois il uen, paraît qu'une d’un seul côté. rach

2°. La plique à queue ou solitaire fusiforme , plica longicauda fusifor mis.

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