Bientôt ces boutons , d'où suinte une humeur
DARTRES. 143 ichoreuse, se convertissent en légères écailles farineuses, ou en larges exfoliations épidermoïques. Quelquefois ce sont dés croûtes épaisses qui couvrent le siége du mal ; quelquefois aussi la matière de la sup— purauon corrode les tégumens. Dans certains cas , . ce sont des pustules qui s'élèvent et se maintiennent avec leur forme primitive jusqu’à leur* entière dessiccation ; dans d’autres cas, ce sont des phlyctènes ou vésicules remplies d’un fluide séreux et transpa— rent, qui naissent et $’éteignent avec la rapidité de Vérysipéle. Enfin il est de ces affections dans lesquelles
la peau rougit, se tuméfie et simule tous les phéno« menes de l’érythème , etc.
198. La fièvre accompagne rarement ces exanthèmes , à moins qu’une irritation extraordinaire né survienne dans le système dermoïde : c’est ce qui fait que leurs périodes s'écoulent avec tant de lenteur: herpes affectus diuturnus ESL' Et longo {lempore $senescens , dit Hafenreffer. La fièvre survient souvent dans les deux dernières espèces de dartres que M, Alibert a décrites ; mais elle n’a pas constamment un caractére aigu ; elle se prolonge quelquefois pendant un temps tres-considérable.
159. Les dartres se dessinent ordinairement sur la peau par des plaques ou éruptions arrondies , et ce phénomène est digne de remarque ; les unes forment des cercles réguliers ; plusieurs sont ovales où sémilunaires ; enfin elles affectent mille formes variées. M. Alibert a vu une dartre furfuracée représenter des chiffres si bien imités , qu'ils faisaient une illusion complète à tous les regards.
1060. Un caractère frappant des différentes espèces
144 PHLEGMASIES CUTANÉES.
de dartres , est de s'étendre en exécutant un mouvement de reptation sur la périphérie du corps vivant : de là sont venues les dénominations : sig , Ser- | pigo serpentia ulcera, etc.
161. Par une suite nécessaire de leur caractère mobile et fagace , les dartres peuvent disparaître spontanément, pour se remontrer ensuite sur quelque autre parte : les furfuracées présentent surtout ce phénomène d’inconstance et de variabilité. Quoique la dartre rongeante ait, en général, plus de fixité que les autres espèces , on la voit néanmoins , dans quelques circonstances , parcourir en rampant la peau de la face, du cou , etc.
162. Souvent les ravages des dartres sont si étendus, que toute la peau se trouve infectée : quelquefois même elles font tomber les cheveux ou en altérent la couleur. Croira-t-on que les daritres se propagent, dans certains cas, jusque sous les ongles , et en provoquent la chute ? Dans cet envahissement universel des tégumens , le derme contracte un endurcissement qui provient de la perte totale des forces vitales ; dans d’autres circonstances , la peau devient d une ténuité extraordinaire , se resserre , et simuile , à s'y méprendre , les ravages de la brülure. La foncuon des exhalans est bientôt interrompue, et cet état, a nécessairement les suites les plus funestes.
163. Nous avons déjà dit que les dartres sont formées par. un assemblage de petits boutons prurigineux , d’où s'échappe une humeur ichoreu$e ou purulente. Cette humeur est quelquefois si abondante, que tous Îles linges dont les malades sont recouverts en: sont totalement imbibés , ei que tout le corps est,
DARTRES. 145 pour ainsi dire, dans une suppuration universelle. Cette suppuration est d’une odeur féude et nauséa— bonde , qui a beaucoup d’analogie avec celle du bois pourri et vermoulu. Tous les observateurs savent com bien 1l importe de ne point tarir trop vite la source de ce suimtement que la nature établit dans un but mamfestement salutaire. mi |
164. Les éruptions dartreuses excitent sur la peau des démangeaisons trés=variées, selon l'intensité de leurs effets , les époques et lés progrès de leur aceroissement. Ces démangeaisons sont trés-modérées ou trèsviolentes , selon le siége de l'affection, et selon que les nerfs sont distribués en plus où moins grande quantité dans Ti/partie quisen est affectée. C’est ainsi que , dans les dartres furfuracées, le prurit est presque nul, parce que les papilles de la peau y sont très-peu intéressées ; 1l est plus vif dans la dartre squameuse et la pustuleuse , parce que la peau S y trouve atteinte de plusieurs points particuliers d’inflammation > et parce que les tégumens sont arrosés d’une matière ichoreuse et acrimonieuse. Îl est plus obtus dans la dartre ron— geante , parce que le siége de la maladie est plus profondément situé, etc. Le prurit vient comme par accès dans certaines saisons ou dans certains momens de la ‘journée. Quelquefois il n’y à qu'une seule parue du corps qui soit en souffrance ; mais quelquefois aussi tout le système dermoïde est en proie à des cuissons dévorantes. Quelques malades ont la sensation d’un : brasier qui les consume ; d’autres éprouvent des élancemens semblables à ceux que produiraientdes aiguilles enfoncées dans les chairs; plusieurs se croient tour mentés par des insectes , etc. Tandis que la surface