‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 3)Chapitre 35 sur 129 · CALE · texte numérisé non relu

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forme et dans sa marche : de là ce qu’on appelle communément la gale miliaire et la gale boutonnée. La gale mihaire se disungue en ce que les pustules sont petites , souvent rapprochées les unes des autres, sans néanmoins être confluentes : la vésicule, une fois rompue, se dessèche et noircit. Le prurit est insupportable dans la gale boutonnée ; les pustules sont plus grosses , souvent rouges , confluentes ; la vésicule, après s'être rompue, ne se dessèche pas, mais conunue à laisser suinter une sérosité qui se dessèche , et forme une croûte sous laquelle s’'accumule le même fluide.

185. La gale ne prend aucune part dans les maladies fébriles ; elle n’a d'autre rapport avec elles qu’une simple coexistence. Cette affection est souvent à craindre lorsqu'elle est compliquée de maladies qui pro viennent de la suppression de la transpiration ; sa com plication avec les scrophules cause fréquemment , à quelques enfans et aux jeunes-gens , la gêne de la respiration , une toux sèche, surtout pendant le sommel. On a vu quelquefois Ja gale occasionner des altérations diverses de la peau, surtout quand elle est produite par la métastase de la teigne. Les objections qu'on a faites à l’éuologie de la gale , sur les dangers de sa rétropulsion et de la producuon des affections asthmatiques , des inflammations, des fièvres d’un mauvais caractère, peuvent être résolues par la seule considération que les cirons sont quelquefois trèsmuluplés à la surface du corps , au point que leur iritauon détermine alors un tel afflux d’humeurs, qu'en se bornant à de simples répercussifs , la suppression subite de cet état occasionne des lésions des

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viscères, de même que lorsqu'on supprime un exutoire. 180. Une dissertation particulière qui a été l’objet d’un acte public aux écoles de la Faculté de Médecime (Essai sur le diagnostic de la Gale, sur ses causes, cic., par M. Galés. Paris, 1812) renferme des détails curieux , non-seulement sur les divérs auieurs qui ont traité de cette maladie cutanée, mais encore sur son diagnostic, sur ses causes , et sur les inducuons médicales pratiques qu’il est naturel d’en tirer. | 187. « La forme et le siége des pustules de la gale, le prurit vif et ardent qui annonce et l'accompagne, sont, dit M. Galés, des signes auxquels un médecin exercé ne peut manquer de la reconnaître. Mais ce qui distingue essentiellement cette maladie de toutes celles qui ont avec elle quelque ressemblance, c’est ce caractère de persévérance en vertu duquel elle s’étend plus 1ôt ou plus tard, sans s’assujettir à des périodes déterminées ; c'est cette succession sans bornes d’éruptions semblables sur une surface toujours plus grande, que présente la même affection si elle n’est combattue, et qui dénote l’action répétée ou la reproduction d’une même cause ; c’est ce caractère local qui la cir— conscrit si manifestement au système de la peau , que les autres organes n’en sont que consécutivement et sympathiquemient affectés, et qui indique la nécessité d’un traitement local et de l'emploi des topiques; c’est enfin ce principe contagieux dont le transport , l’invasion et le développement, plus ou moins prompts, lui tent tout rang dans les maladies fébriles, et ne per- - mettent pas de la regarder comme le résultat d’une dépravation humorale sourdement et lentement préparée.

GALE. ‘ 167 Sous ces rapports , les considérations sur le diagnostic de la gale tiennent parüculièrement à l'exploration des causes de cette affection. »

188. M. Galés, après avoir rapporté les notions plus ou moins exactes que divers auteurs avaient don nées du ciron de la gale , ajoute : « Enfin Linné parut, et, le premier, il indiqua les caracteres d’après lesquels on pourrait, en tout temps et en tous lieux, reconnaître les insectes d’une manière certaine. L’insecte de la gale fut rangé par le célèbre Suédois dans la classe des aptères (aptera ), et dans le genre des mittes ou cirons ( acarus ). Il lui donna le nom d’acarus humanus subcutaneus , puis celui d’acarus scabiei ; mais postérieurement , ayant cru trouver une ressemblance complète entre celui-ci et la mitte ou ciron du fromage et de la farine , il les réunit comme variétés l’un de l’autre. Cette erreur, sur laquelle ce grand naturaliste ne revint pas , fut corrigée par Geoffroy , par De Geer, et par tous les entomologistes qui leur ont succédé. Voici la description que Linné a * donnée d’abord de ce ciron : « ILest, dit-il, tres-peut , » à peine de la grosseur d’une lente, de forme un peu. » arrondie : sa tête n’est presque pas visible ; la bouche » et les pattes sont rousses où jaunâtres ; le ventre est » ovale, de couleur aqueuse ; garni sur le dos d’une » double ligne en croissant, où de deux lignes cour- » bes brunes. — Il fait sa demeure sous la peau hu- » maine , Où il cause la gale. Dès qu'il a produit une » vésicule , il's’éloigne un peu en suivant les rides » de la peau ; il s'arrête de nouveau , et fait naître la » démangeaison. Un observateur exercé peut le dé- » couvrir à l'œil nu sous l’épiderme, et il est facile de

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». l’ôter avec une épingle. Quand on le place sur l'on- » gle , 1l ne se remue presque pas d’abord ; mais si on » le réchauffe avec l’haleine, il se met à courir avec » une extrême vitesse. ».…

M. Galés, après avoir fait connaître par quels pro- grés successifs les divers naturalistes sont parvenus à la détermination de cet insecte , expose ensuite le résultat de ses propres recherches. Je rapporterai ici ce passage curieux de sa dissertation.

189. « Muni d’un bon nucroscope, je commençai, dit-il , mes observations le 26 mai (an 1812), etje les ai continuées journellement depuis cette époque , profitant de la facilité que me donne pour cela mon séjour à l'hôpital Saint-Louis, où il entre tous les deux jours de nouveaux galeux. Dés le premier joùr, j'eus occasion de vérifier l'observation de Linne et de De Geer , qui disent que le ciron de la gale , ôté de dessous l’épiderme , reste d’abord sans mouvement. Je placai sous le microscope , dans un verre de montre, une petite goutte d’eau disullée, et dans laquelle je m’assurai préalablement qu'il n’y avait aucun animalcule visible ; je délayai dans cette eau , avec la pointe d’une lancette , le fluide exprimé d’un bouton de gale que je venais d'ouvrir : mais ce fut en vain que je scrutai de l’œil le plus attenuf toute l'étendue de la liqueur ; pendant plus de dix minutes je n'y pus découvrir que des ombres informes , et dont aucune ne ressemblait à quelque chose d’animé. Le.même peut appareil, préparé dans deux autres verres , ne m'offrit rien de plus. J’allais terminer la séance, presque re- .buté de mon peu de succès, quand l’idée me vint de . remettre sous le microscope et d'examiner de nouveau

GATE À 169 le fluide contenu dans le Brébus verre, qui, dep le moment que je l'avais retiré , était resté exposé à la chaleur du soleil. Je fus alors agréablement surpris de voir um* insecte vivant, qui remuait vivement les pattes , cherchait à se dégager de l’espèce de vase où 1 était embourbé , et qui bientôt, parvenu dans la partie limpide de la liqueur, montra si distinctement toutes ses formes, qu’un des témoins ‘de l'observation en dessina PU AE CRAN E la figure d’une manière trèsressemblante. Je présumai que, paralysé par la fraicheur de l’eau , le petit animal n'avait pu d’abord faire aucun mouvement pour sortir de la maüère purulente où 1l se trouvait plongé, et qu'il avait eu pour cela besoin d’être ranimé par lachaleur. Dèsce moment, j'aieu soin de faire tédir de vingt à vingt-quatre deg rés l’eau dont je me sers dans mes Fxpérences, L'usage de l’eau ainsi üédie est presque toujours nécessaire , sans COnsidérer si le fluide exprimé du bouton qu'on explore est tout-à-fait limpide ou plus où moins purulent; car la température de l'air atmosphérique est presque toujours de beaucoup moins élevée que celle dans laquelle

l'insecte vit habituellement sous l’épiderme.

» Une autre précaution à prendre pour trouver plus sûrement l'insecteest d'explorer préférablement les plus pets boutons , ceux dont la sérosité est la plus lim pide , et qui sont le siége de la démangeaison la plus vive. L'insecte s'éloigne de la vésicule peu de temps . apres l'avoir produite : 11 faut le surprendre avant sa retraite. Ce moment du premier développement des boutons est difficile à saisir ; 1l a le plus souvent lieu pendant la nuit : l’irritation extrême du derme, et l’acuon des ongles avec lesquels les galeux s’écorchent en

cédant au besoin irrésistible de se gratter , font passer rapidement les pustules de l’état séreux à l’état purulent ou croûteux. J’ai pourtant rencontré nombre de fois de ces insectes vivans dans des pustules tout-à-fait purulentes, et même dans des croûtes galeuses , quand le dessous était encore humide ; pulvérisées, elles ne présentent le plus souvent que l’image d’une agglomération de cadavres d'insectes, dont La forme quelquefois est encore aisée à reconnaître.

» Lenombre des individus cirons vivans que j'ai observés jusqu’à ce jour monte à beaucoup plus de trois cents. Tous m'ont constamment offert la même forme, à la grosseur prés, et à l'exception du nombre des pattes, qui est tantôt de six , et tantôt de huit : j'aurais été tenté de prendre cette dernière différence pour un indice de la différence de sexe, si les observations de Leuwenoek sur d’autres espèces , confirmées HUE par De Geer et d’autres sur cette derniére, ne m'’eussent ap pris que cette augmentation du Abbté des pattes dé- He du plus orand développement de l'individu. Ce n’est qe après en avoir observé cent quatre=vingt= trois que j'ai commencé à en rencontrer dans cet état de parfait accroissement. La différence de grosseur entre

le petit ciron et l'adulte est frappante. J’en ai vu un, ‘mais un seul, à neuf pattes bien distinctes, ce que je regarde comme une monstruosité. »

S LIT. Traitement de la Gale.

190. On trouve dans l’ouvrage de Lorry sur les maladies cutanées , tous les remédes compliqués employés par les anciens ét par quelques modernes pour

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