GALE
la guérison de la gale. Il est facile de voir que, lorsqu'elle est récente , on peut négliger les moyens in-
ternes, et se borner à des frictions propres à faire périr
les insectes qui propagent cette maladie. Les différens onguens où entre le soufre ou le mercure , des abluuons ouù,des bains avec des eaux alcalines , de simples ablutions avec la décoction de tabac , etc. , peuvent
alors produire la guérison la plus complète. Parmi les
traitemens les mieux constatés de la gale, on ne peut que rappeler celui dont les essais ont été faris à Saint- Denis , et dont le résultat est consigné dans les Mémoires de la Société royale de Médecine ; année
1786. La méthode en avait été proposée par Quiret,
et elle consiste à faire des frictions avec une pommade où entre le soufre sublimé, combiné par la coction avec
un jaune d'œuf. Le rapport des Commissaires nommés
par la Société fut rédigé par M. Hallé. La marche
expérimentale qu'on à suivie dans ces essais est digne
de servir de modèle.
“Or. Lorsque la gale était simple ,; Guldner ne presgrivait que des remèdes extérieurs , et il ne faisait faire que des frictions ayec la pommade de soufre : par ce seul moyen, cette affection cutanée était guérié dans l’espace de sept à vingt-un jours. Ceux qui avaient la langue chargée , la bouche amére , un défaut d’appéut , et d’autres signes d’embarras gastrique, prenaient d’abord un vomitif, et immédiatement aprés on recourait à l’usage des frictions avec longuent de soufre. |
192. Toutes les préparations qu'on recommande ordinairement pour disposer à la cure radicale de la gale sont, comme l’observe Guldner , inutiles et per-
nicieuses ; elles ne sont communément autre chose que des purgatifs qui fatiguent plus ou moins. En général , tant que le malade , à l’éruption près , reste dans le même état où 1l était avant la contagion , on ne doit considérer la gale que comme une affection lo= cale , et alors on peut, sans inconvénient , ne faire usage que des remèdes extérieurs. Mais si, après que l'érupuon s'est manifestée , on aperçoit des signes de lésions internes , il est alors nécessaire de joindre à ces remèdes l’usage des moyens internes appropriés à l’état: général de l’individu. Ce n’est aussi qu'avec prudence que lon cherche à guérir la gale lorsqu'elle est ancienne , quoiqu'elle soit alors locale.
195. M. Galés, après avoir fait les réflexions les plus judicieuses sur les anti-psoriques les plus connus, comme les lotions de tabac, les onguens mercuriels , le liniment ammoniacal , l’eau de Goulard , la quintescence antu-psorique de M. Meitemberg , la décoction anü-psorique de M. Ranque, etc. , passe à l’exposition de la méthode de traitement qu'il a cru deveir adopter , et qui est confirmée par les expériences les plus répétées à l'hôpital Saint-Louis. Le soufre , qui, depuis un temps immémorial , a été employé contre cette affection , et qui réunit au degré le plus éminent l’efficacté et linnocuité , est la base de ce traitement. |
194. « Les formes différentes sous lesquelles le soufre s'admunistre sont, dit-1l, peu nombreuses. Sa grande expansibilité fait qu'il peut produire l'effet desiré , lors même qu'on ne l’applique que sur quelques parties de la peau. M. le professeur Chaussier se borne à faire frotter la paume des mains avec une pincée
| GALE. 173 de poudre très-fine, où, sur quatre parües de fleurs de soufre, il entre pareille quantité d’acétate de plomb sec (litharge) porphyrisé , et moitié de sulfate de zinc { vitriol blanc). Le plus souvent le soufre fait la base des onguens dans téquels on lui associe quelque autre substance propre à en rendre les effets plus certains et plus prompts. C’est ainsi que, dans la pommade de Quiret, on le combine par la coction avec le jaune d'œuf, et que, dans d’autres, on lui adjoint le muriate de soude décrépité , ou , comme le preserte M. le professeur Richerand, le muriate suroxygéné de mercure.
195. » Aux frictions sulfureuses on joint quelquefois l'usage interne-du soufre, «non pas, dit Pringle, » dans la vue de purifier le sang, mais pour en ré- ». pandre plus.sûrement les vapeurs à travers la peau , » puisqu'on doit être porté à croire que les animal- » cules sont quelquefois si profondément enraci- » nés, qu'on ne peut les détruire totalement par des » frottemens externes. » L’odeur que le soufre , pris intérieurement , donne à la sueur prouve qu'il agit à là mamière indiquée par Pringle. Quand on l’'adnuinistre ainsi à l'intérieur, on doit se garder de lui donner pour véhicule les alcooliques : c'est une pratique dangereuse , dont Morgagni cite de tristes ef- {ets (Ep. 55).
196. » Tous les onguens soufrés ont linconvémient de tacher le linge, et de rebuter par la mauvaise odeur et la oo qui en accompag agnent inévitablement l'usage.
197. » Puisque le soufre en vapeurs ne guérit la gale qu’en détruisant l’insecté qui la produit, la manière la plus efficace de ladmimistrer ne serait