PHLECGMASIES CUTANÉES
ce pas en fumigations ? J'en ai fait l'épreuve avec succés. Le: 2 juin, deux malades furent pour cela confiés à mes soins à l'hôpital Saint-Louis. Le premier était horriblement infecté. de gale, continuellement tourmentié d’une démangeaison ardente qui lui ôtait le sommeil, et par conséquent tombé dans un état éffrayant de maigreur : il avait, depuis dix-huitmois,
épuisé Sans succès toutes les recettes qu'on Jui avait indiquées. Chez le second , la maladie était beaucoup moins ancienne, d’ailleurs très-intense , et de plus compliquée de jaunisse. Sûr de l’innocuité du procédé , je Jappliquai avéc confiance à ces deux sujets.
Je fis chauffer le lit avec une bassinoire , sur le feu de laquelle. j'avais jeté une demi-once de soufre mélé
avec deux gros de nitrate de potasse, Le malade se
coucha nu , et fut. calfeutré avec ses couvertures au
tour du cou, et au-dessus des épaules , de manière que la tête seule resta libre : le: lit: fut: tout autout
exactement bordé : le corps se trouvait ainsi tout entier exposé à l’acuüon de l'acide sulfureux » dont les poumons étaient en même temps garantis. L'effet de la
première fumigation, sur les deux malades , fut de leur rendre le sommeil , dont le premier était,depuis
long-tems privé: endormis à huit heures du soir j
ils n'étaient pas encore réveillés le lendemain matin
à pareille heure : le moment de leur plus grand tourment avait été pour eux. celui d’un parfait repos, ce
que j'attribuai à l'asphyxie dont le plus grand nombre des insectes durent être simultanément frappés: Je fus bien plus amplement confirmé dans cette idée-par
la diminution notable qu'offrirent dès le lendemain
l’éruption et le prurit, diminution qui dés ce momen:
: GALE. ; ï 75 fut si rapide , qu'après sept fumigations , ces deux symptômes étaient devenus LANGE nuls. Les malades alors se regardaient comme parfaitement g OUÉ— ris ; néanmoins, dons la crainte que l’action du soufre n’eût fait périr que les cirons vivans, et que les germes déposés dans les cavités du derme, vénant à éclore, ne renouvelassent le mal , j'ai poussé le traitement jusqu'à douze fumigations pour lun, et à quimze pour l'autre. À la fin du traitement, il:ne restait d’autres traces de la maladie qu'un peu de rougeur sur les par- ties de la peau qui avaient été le plus profondément ülcéréés. Le malade affecté de jaumisse fit usage de tisane de patience émétisée pendant: tout le temps que durèrent les fumigations : quand: je les fis cesser, lictère avait presque entièrement disparu.
108: » Encouragé par ce premier essai , j'ai appliqué” le même traitement à quinze autres galeux d'age Ë de sexe, et de téhpérament différens : tous ont été radicalement guéris dans Fespace de sept à quatorze jours : dans tous, comme dans les premiers , le rétablissement de la santé s’est mamifesté par l'amélioration du teint et le retour du sommeil ; de l’appéut et de la gaîté. :: : ep cobtedeepe taie
109. » Les : Murs produites ‘par les fiesta diminuaient graduellement d’elles-mêmes dans la même proportion que la maladie : je m'en suis assuré par l'observation la plus assidue et par le témoignage des malades. Ce procédé paraît donc porter avec luimême le moyen de prévenir les accidens qui peuvent résultér des phlegmasies de la Fe trop brusquement supprimées. »
176 PHLEGMASIES CUTANLES,
PEMPHIGUS OU MALADIE FÉSICULAIRE, À $ I. Considérations générales:
200. Les auteurs ont long temps ‘confondu Jes phlyctènes gangreneuses etles vésicules qui surviennent sur les parties œdématiées avec le pémphigus proprement dit ; mais MS. F. Gilibert:a tracé les :ca2 ractères de cette mäladie ( 1). 11 distingue dans’le pemphigus les quatre affections élémentaires suivantes.
1. 4fjection cutanée: Vésicules:séreuses disséniiz nées sur la peau ;: reposant sur des: plaques rouges , précédées et accompagnées detuméfaction , de cha Jeur et de douleur; ; se: terminant ; après quelques jours de durée ; par leffusion ‘du fluide qu'ellesteontiennent , ét par la dessiccation de leurs bases dénue dées. — La. tuméfiction 3 la chaleur; là douleur, la rubéfaction set. ila dessiccation sont :lés'traits dise tncufs qui appartiennent à chaque vésicule. — Quelle que soit l'époque de Jéur durée, ce sont toujours des vésiculés transparentes ; jaunâtres , sous forme d'un demui-sphéroïde plus ou moins aplati ; soulevées , pleines et tendues pendant: leur accnissement ; elles s'aplaussent inécalement, en formant, vers la’ partie la plus déclive, üne espèce de pioche: pendante où s’accumule le fluide contenu : leur volume varié beau coup , depuis celui d’un lobe! de pois où d'amande jusqu'à celui d’un œuf de poule ou même davantage: