‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 3)Chapitre 4 sur 129 · Schwilgué (Memoire lu à la Société de LV Ecole · texte numérisé non relu

Schwilgué (Memoire lu à la Société de LV Ecole

de Médecine) a procédé d’une manière plus rigoureuse , et. a obtenu des résultats plus certains. Pour parvenir à la connaissance des caractères distinctifs du pus, 1l a d’abord analysé le liquide que tous les médecins ont regardé jusqu'ici comme le pus par excellence, savoir, le produit de la suppuration du ussu cellulaire; il en a multiplié les analyses dans toutes les circonstances propres à modifier la suppuration. I à ensuite analysé successivement, avec le même soin et sous les mêmes rapports, le liquide opaque blanc-jaunätre qui setrouve dans les aréolesdestissus parenchymateux en suppuration, celui quisuinte des surfaces muqueuses et séreuses enflammées, etc. ; en un mot, le produit de la suppuration de tous les systèmes d'organes suscepubles de suppurer. Il a multiplié beaucoup ces analyses , en

les hant toujours à l'histoire particulière de la maladie. k

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C’est de là qu'il s’est élevé à la connaissance des pro priétés physiques et chimiques du pus, à celle de sa composition, de son mode de formation, de son analogie avec le sérum du sang, etc. Il a ensuite cherché à établir les caractères qui différencient le pus en général d'avec le lait, le sperme, le mucus , l’urine critique, et à découvrir les signes distinctifs des différens liquides qui se forment par l’effet de l’inflammation de chacun des systèmes organiques en particulier.

16. Voici, parmilesrésultatsobtenus par Schwilgué, ceux qu'il importe ici de connaître plus partüculierement. Le pusdutissu cellulaire est un liquide opaque, d’un blanc jaunâtre, coagulable par la chaleur, les acides et l’alcool , susceptible d’être dissous et rendu visqueux et filant par les alcalis et les carbonates alcalins sursaturés. À l'analyse, 1l fournit de l’albumine, une maüère extractive, une matière qui se rapproche beaucoup de l’adipocire, de la soude et de différens sels, parmi lesquels on remarque surtout du muriate de soude, du phosphate de chaux , etc. L’albumine contenue dans le pus est déjà dans un état de concréton : en effet , elle est opaque et de consistance de purée ; elle se Fra moins par la chaleur et les acides concentrés que ne le fait l’albumine Ordinaire; elle se dissout dans les alcalis, et repasse ainsi à l’état ohAE. naire de l’albumine.

17. La liqueur consistante, opaque, d’un blanc jaunâtre, qui suinte des membranes muqueuses enflammées , celle qui est exhalée dans le même cas par le système séreux, celle qui s'écoule de la plaie des vésicatoires , celle qui remplit les aréoles des organes pa-

renchymateux en suppuraüon, se rapprochent du pus

EN GÉNÉRAL: 15 du tissu cellulaire par leurs propriétés physiques et chimiques : elles donnent à l'analyse les mêmes produits. Ces différens liquides > ainsi que le conclut Schwilgué , doivent donc être désignés sous le nom de pus aussi-bien que le produit de la suppuration du üssu cellulaire; d’ailleurs, tout produit de la suppurauon de ce dernier tissu n’est pas constamment purulent, puisqu'il est quelquefois sanieux et ichoreux. Du reste, la suppuration ne suppose pas nécessairement la destruction des tissus, puisqu'elle consiste quelquefois dans une exhalation ayant lieu à la surface ou dans les aréoles des tissus organiques, et d’autres fois dans le ramollissement de concrétions albumineuses , comme cela s’observe dans les tubercules. L’humeur dite purulente des ussus séreux est donc un véritable pussset mérite le nom de pus du système séreux : celle qu’on appelle communément puriforme doit être désignée sous le nom de pus des membranes muqueuses , etc. S1 on leur a refusé ce nom, cela vient sans doute, d’une part, de ce que les inflammations des membranes muqueuses et séreuses avaient été regardées pendant long-temps comme de fausses inflammations , et de l’autre, de ce qu’on croyait que la destrucüon du tissu était une condition de la suppuration.

18. Les recherches de Schyilené démontrent la plus grande analogie entre le pus et le sérum du sang; les mêmes matériaux se trouvent dans l’un et l’auire : la principale différence paraît consister dans l’état de concréuon de l’albumine , dans une modification de la mauere extractive , etc.

gt. Le but principal que s'est proposé Schwilgué

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dans ce travail, est de rechercher s'il est possible de distinguer le pus d'avec les autres liquides animaux , et Surtout Si on peut reconnaître à quel organe appar= üent, et de quel mode de suppuration provient celui qui est rejeté au dehors. La solution du carbonate sursaturé de potasse ( huile de tartre par défaillance ) dans douze parues d’eau distillée forme avec le pus une liqueur filante et visqueuse qu’elle ne produit pas avec le sang, le lait, etc. Mais ce moyen ne peut servir à distinguer le pus des différens systèmes d'organes entre eux ; et quelque multipliées qu’aient été les recherches qu'a tentées Schwilgué , 11 n’a pu parvenir à découvrir des caractèrés spécifiques invariables : 11 a même trouvé défectueux et inconstans tous les prétendus signes indiqués successivement par Darwin, Home , etc. Le pus de chaque système d’organes -est susceptible d'éprouver tant de modifications par des circonstances accidentelles , qu'il sera probablement long-temps impossible de parvenir à ce résultat si desiré. -

20. On soupconne le passage à la gangrène lorsque les symptômes locaux, devenus intenses, disparaissent iout-à-coup , et que ce changement s'accompagne de la faiblesse du pouls, du froid des extrémités, d’une sueur froide, de lipothymie, etc. Ce passage se re connaît facilement lorsque l'organe enflammé est situé de manière à pouvoir tomber sous nos sens. La flaccidité, la noiïrceur, les phlyctènes et la féudité ; en sont des symptômes essentiels. RL de

Il est des phlegmasies qui, par leur nature , ont une

si grande tendance à la gangrène, qu’elles prennent de cette disposition un caractère tout particulier : telles

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