‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 3)Chapitre 42 sur 129 · Les auteurs qui ont, en général , traité de la · texte numérisé non relu

Les auteurs qui ont, en général , traité de la

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gangrène , se sont bornés à la considérer dans ses caractères extérieurs, ét ils n’ont point assez donné leur attention à celle qui tent à une influence nuisible, et qui rêgne quelquefois d’une manière épidémique dans les hôpitaux. Les maisons où un grand nombre d’honimes malades sont soumis aux mêmes impres— sions , soit physiques, soit morales , offrent cependant le tableau de cette maladie sous toutes ses formes : les ulcères , les plaies et autres solutions de conunuité, sont le siége le plus ordinaire de cette affection. On conçoit en effet que les miasmes septiques qui forment son essence trouvent sur les plaies ou les ulcères des surfaces très-propres pour s’y fixer et s’y établir, surtout lorsqu'une constitution détériorée expose à l’influence des épidémies gangreneuses. Elles impriment inopinément aux ulcères une marche lente et rétrograde, et le médecin voit bientôt diminuer ou s’évanouir tout espoir de guérison, si, par les efforts de l'art ou de la nature , le mal ne borne ses progrès. 215. En rapprochant ce qu'on voit plus ou moins fréquemment dans les hôpitaux de ce qui a été écrit sur cette sorte de gangrène par divers auteurs, Pouteau, Quesnai, Dussaussoi, Vigaroux, etc., on reconnaît que les causes les plus ordinaires sont : le contact de l'air et son impureté, le voisinage d’un malade attaqué de gangrène,:une consutution paru culière de l'atmosphère A position topographique du lieu, les passions tristes , le régime et l'abus des médicamens débilitans. \ 216., Les symptômes de la gangrène des hôpitaux se réduisent, en général, à l’ordre et à la succession des symptômes suiyans : d’abord chaleur insolite aux

190 PHLEGMASIES CUTANÉES GANGRÉNEUSES. , environs de la plaie où de l'uleère, et les chars , qui étaient d’abord rouges, dobientient päles et fn À ce mg une où plusieurs taches grisdires paraissent à la surface de Pulcère ; boursoufllemént des chairs :

; picotemens ; perte ‘du nee et de’ Tappétit,! pus visqueux et épais ; les taches déviennént noires ét fé: tides , les bords de l’ulcère se tendént et s'entourént d'un cercle d’un rouge pâle; bientôt aprés, si on n'arrête les progrès du mal, les tachés noires se réue nissent et s'étendent en largeur et en profondeur, avec une odeur très-désagréable. Le cercle rougé devient toujours plus étendu ; sans prendre une ‘couleur plus vive ;. accroissement de la douleur, fièvre plus forte, Ce div, pouls plus fréquent et plus déprimé ; paroxysmes à des heures irr égulières ; j quelquefois diarrhée, à moims que les symptômes ne cédent aux moyens du traitement. Enfin, les progrès les plus alarmans sont annoncés par une sorte de fonte des tissus cellulaire et graisseux en une sérosité noirâtre et. abondante, avec l'odeur la plus fétide ; la sensibilité locale s'éteint ; le‘inembre se couvre ‘de phlyctènes remplies d'un liquide ichoreux ét jaunâtre , et devient hvide; le pouls est peut. et insensible ; la langue est sèche';itremblante et noirâtre ; la voix se pérd, et la vie. finit par s'éteindre: Cette aflection!, en devenant générale, se com plique ordinairement avée HhsEN Ton une des fièvres primitives. | eus LOU, EP

| 217. Je n’entrerai point 18 duns les détails relatifs aux moyens locaux que la che don mettre en usage pour arrêter les progrès dela gangrèné d’hôpitabiset qui demandent souvent beatcoüp d’art ét d häz bete ; je me borneraï àfaire remarquer, d’une mar

PILEGMASIES CUTANÉES GANCRENEUSES. 191 mière générale, que dans ce cas on à employé les astringens , les toniques et les amers résineux. On connaît la belle suite d’ DhSTREeE qu'a faites le doc-. teur Pringle sur ce qu’on appelle les anti-septiques , pris en it des substances astringentes. Les acides ‘qu'on met le plus souvent en usage à ce titre sont l'acide acéteux , le citrique et le sulfurique : on les emploie seuls, ou mélés à quelque louon aromatique , avec laquelle on fomente les ulcères gangreneux. On peut modifier encore ur action par l'addition du camphre ou du muriate d d'ammoniaque. Il est aussi trés-utule de les employer à à l’intérieur, mélés avec quelque boisson amère, ls à un degré convenable d'acidité. On sait qu'on n’a que trop multiplié les formules compliquées des toniques , des amers résineux et des balsamiques > avant que la chimie eût simplifié la matière médicale ; et on sait aussi que ces remedes sont tombés en + PATES mais 1l est facile de les remplacer par des co disuns simples , et qu'on peut se procurer dans tous les temps et dans tous les lieux , sous diverses formes, de teinture, de mixture, de poudre, etc. (1). On ne doit point omettre surtout le quinguina rouge , qu'on peut administrer a l'extérieur ou à l'intérieur, sous toutes sortes de formes , en poudre , en infusion à froid, en décoction n

(1) I faut avoir soin de purifier l'air au moyen de l'appareil de Guyton-Morveau : c'est-à-dire, en dégageant du gaz acide inuriatique oxygéné obtenu par un mélange de sel commun , d'oxyde de manganèse et d'acide sulfurique. ( Traité des Hans de désinfécier l'air, de prévenir la contagion et d'en arréter des progrès ).

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quelquefois aussi avec une addition de laudanum ow de quelque acide. On peut le prescrire depuis un gros jusqu’à une once, dans les vingt-quatre heures. Comme dans des cas semblables on a besoin de connaître les anti-septiques qu'on est par-tout à poriée de se pro curer, il est bon de savoir que la poudre de charbon a été employée, en Angleterre et en France , comme topique anti-septique d’une trés-grande efficacité.

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