‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 3)Chapitre 52 sur 129 · Mais l’ophthalmie est aussi quelquefois chro · texte numérisé non relu

Mais l’ophthalmie est aussi quelquefois chro

nique ; la rougeur de l’œil est alors moins grande, et

l’impression de la douleur moins douloureuse : en

voici un exemple. Un homme ägé de trente-trois ans éprouve tous les symptômes d'une ophthalmie aiguë. La maladie, au heu de cesser à l'époque accoutumée, contünue au contraire, mais avec une intensité modé-

rée. La conjonctive n’est qu’un peu rougeätre; l'im-

pression de la lumière est peu douloureuse ; 1l y a, surtout pendant la nuit, écoulement d’un mucus blane, ñ

ne

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. tantôt opaque et tantôt limpide. Cet état continue pendant plusieurs mois, mais avec intermission irrégu— here, et en dc n gare sans cause connue. L' api cation d’un vésicatoire à la nuque , et d’une solution de sulfate de zinc sur l'œil font cesser tous ces symptômes, et la conjonctive reprend son état naturel.

D'autres exemples d’ ophthalmie sont consisgnés dansma

Médecine clinique : réunis à ceux-ci , ils doivent suf-

fire pour donner une idée claire de cetie affecuon. S IL. Description générale de l Ophthalmie.

241. Prédispositions et causes occasionnelles. L’ophthalmie peut être produite par tout ce qui irrite directement la COPIRARINE : tels sont des coups, des chutes, des piqûres , la présence de corps étrangers , par exemple, de grains de sable, de parcelles dé fer , de brins de taillé , etc.; le renversement des cils, l'accroissement des poils sur la caroncule lacrymale, des vapeurs acides et ammomiacales, la fumée, la poussière de toute espèce, l'exposition continuelle aux rayons solaires , à une flamme vive et aux venis du nord ; le séjour prolongé dans des lieux qui réfléchissent une couleur blanche , tels que ceux dont le terrein est calcaire ou recouvert de neige , la lecture trop assidue, ou l’habitude de fixer continuellement de trés-peuis objets. Elle peut être provoquée par la suppression de diverses affections locales ou d'évacuations habituelles, par exemple, par la suppression subite de la goutte, des dartres , de la blennorrhagie urétrale , d’une sueur habituelle, d’un vieil ulcere , d'une exosiose, d’hémorrhagie nasale, des mens-

irues , etc. On la voit quelquefois être eniretenue par la carie d’une dent, par des vers intestinaux , par un .… embarras gastrique, etc. Elle attaque souvent les ouyriers en verrerie , les forgerons , les serruriers, les

meüniers , les Rte les nd , les. vi

dangeurs , etc.

242. Cette affection est assez ordinairement sporadique ; néanmoins elle est aussi quelquefois épidémique. On en a observé une épidémie à Paris pendant l'hiver de 1805. Elle est endémique en Egypte, etc.

243. Symptômes. On éprouve d’abord un senument local de tension et de chaleur ; survient ensuite une douleur piquante , souvent accompagnée de prurit; la conjoncüve présente des stries rouges-jaunäfont quelquefois elle est entièrement rouge. La lu-

mière augmente la douleur et force à tenir les pau.

piéres rapprochées. La sécrétion des larmes et du mucus de la conjonctive est supprimée ou augmentée : dans le premier cas, qui est le plus ordinaire, on éprouye un sentiment de frottement au moindre mouvement des paupicres ; dans le second , il s’écoule un liquide limpide, incolore , très-abondant , lequel est quelquefois si âcre qu'il excorie les parues sur lesquelles 1l tombe. Du deuxième au troisième jour, la rougeur et le gonflement de la conjoncuve augmentent , la douleur est plus intense , le larmoïement est RL I va quelquefois céphalalgie accompagnée de fièvre. Vers le neuvième jour environ, on aper- çoit la diminution et la disparition successives de la chaleur, de la rougeur, de la douleur , du gonfle-

ment et du larmoiement ; la matière de l'écoulement

OPHTHALMIE.. 221 devient opaque , blanc-jaunâtre ; elle cesse d’être Âcre et d’excorier là partie sur laquelle elle tombe ; on peut plus ‘facilement entr'ouvrir les paupières. Ces Sy piômés peuvent ‘disparaître successivement , ‘ou persistér'à ce degré pendant un st Pi ou moins long. | à |

Ed L’ophthalmie n attaque pas toujours seuleinent la poruon de la conjoncuive qui recouvre la scléroüque ; ; elle‘s'étend que elquefôis jusqu'à l’intérieur dés paupières ét sur le cartilage tärse. Dans ce cas, les bords des paupières sont PTT et rouges; ‘1ls faissént suinter une taticre opaque! blanche-jaunêtre : - “Jai perte des cils et une -ulcération plus Ou Moins si “niâtrélen sont: quelquefois la suite.

2451 ophtlialmie présénte encore des différences oselom qu'ellerest légère ou forte. Dans la première ; 1l oyia rougeur de RO PR PERTE paupières et de la cornée sentiment de:chaleur''avec pesanteur * prürit, .picotement , commie si'un. corpuscule étranger s'était “introduitentre:les paupières et la conjonctive ;: dans

a: parie la plusssensible du globe de Pœil on’ remar- “que un peut faisceau de ‘vaisseaux plus'gorgés de sang; les paupières sont ént'ouvertes pour FETE MR ET ide lalumière: Erès-souvent 1l n’y a point de move siment:fébrile ;-mais:st le malade est très-sensible ; il y araccélérauon'du pouls avec sécheresse de la peau et frissons'passagers.: Au moyen d'untrañtement doux, on voit ordinairemient !se terminer en quatre où vinq | jours le stade inflammatoire de} ophthalmie aigué bénigne : le sentiment incommode d’ardeur dans Eu veux cesse ; 4l n'ya plus de: constricuon-ni de picotément ; on peut ouvrir les paupières et soutenir une lumière

modérée ; alors, quoique la rougeur ne soit pas enüeérement dissipée , il existe un relâchement des vaisseaux de la conjonctive et de la membrane interne des paupières ; ; de là la nécessité de recourir aux topiques astringens ou fortifians , pour empécher que l’ophthalmie nedevienne chronique.

246. Combien les à sont plus intenses dans l’'ophthalmie aiguë forte ! sentiment d’une ardeur brûlante dans les yeux , resserrement spasmodique de tout le globe de l'œil et du sourcil, impossibilité de soutenir Ja lumière la plis faible, larmoiement continuel, âcre et mêlé d’une mucosité gluante, fièvre, céphalalgie violente surtout rapportée à la nuque , insomnie opinitre, pupille resserrée , conjonctive teinte d’un

rouge foncé , tous les vaisseaux sanguins étant éga-

ment gonflés et accumulés, de manière à former une excroissance qui s'élève sur le globe de l'œil, avec une sorte de tendance à sortir des paupières. Par les progrés ultérieurs de l'ophthalmie, il se fait quelquefois, par une rupture de vaisseaux , un épanchement d’une -poruüon de sang dans le ussu Hire qui unit la conjonctive à l'hémisphère antérieur de l'œil : c’est ce qu’on appelle chemosis. Quelquefois les parties imternes sont plus fortement affectées que celles qui sont ‘extérieures , ce qui est mdiqué par l'extrême intensité des symptômes , quoique la:conjonctive ne paraisse point très-rouge. Îl est facile de prévoir les accidens que peut entraîner uneophthalmie aiguë forte, comme un état de suppuration , une effusion de lymphe con- -erescible , une dégénération en ophthalmie chronique rebelle, par l’excessive dilatation des vaisseaux.

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OPHTHALMIE. Li 223 S IT. Traitement de l'Ophthalmie.

247. Le traitement de l’ophthalmie lésère doit être presque entérement abandonné à la nature, en gardant le repos, en évitant l'impression de la lumiere, et en se bornant aux boissons délayantes. L’ophthalmie aiguë forte demande, outre les moyens généraux indiqués ci-dessus, un emploi des topiques sagement adapté aux divers stades de la maladie , maxime fondamentale qui s'applique au traitement de toutes les phlegmasies muqueuses : ainsi, dans le stade inflammatoire , on se bornera à l’usage des topiques doux et émolliens , comme le cataplasme de mie de pain et de lait, avec le safran, la pulpe de carotte ou de pomme cuite, etc., que l’on renouvelle de deux en deux heures. Pour calmer même l’ardeur excessive que le malade éprouve dans les yeux , on pourra introduire, avec le bout d’une sonde, entre les paupières et le bulbe , le blanc d'œuf frais, ou le mucilage des semences de psyllium préparé dans l’eau de guimauye ; on doit se tenir couché avec la tête élevée et dans un calme parfait ,.et enduire les bords des paupières d’un peu de cérat pour les empêcher de se coller, et prévenir le séjour des larmes äcres entre le bulbe de l’œ1l et les paupières. Ordinairement , du septième au onzième jour, le stade inflammatoire de l'ophthalmie aiguë forte cède, ce qu'on reconnaît à la cessation de la fièvre, de la chaleur brülante et des douleurs lancinantes des yeux, de l’affaissement des paupières , et au changement contracté par la matiére muqueuse, qui devient consistante et d’une qualité douce. Lors de l'apparition de ces signes, qui annoncent un état

224 PHLEGMASIFS DES MEMBRANES MU QUEUSES.

de relâchement et de débilité dans les parues affectées ,

on fera succéder les topiques astr ingens , comme une

légere éolution dans l’eau de RO de quelques grains de sulfate de zinc (würiol blanc) , quelques gouttes d'espr it-de-vin camphré dans 16 mucilage de ‘Semences de éoing, etc. : on les insinue chaque del heures entre les paupires , ou on S'en sert pour : faire des lotions à Poœil'aflecté. Mais om ne saurait irop “répéter que de semblables topiques, qui sont si utiles dans le second état d une ophthalmie grave ou forte, “où dans celui qui dépend d’une faiblesse locale , sont ‘très-nuisibles si on les emploie dans lé premier temps de l'inflamimation ,'et avant lus age judicieux des moy cris généraux ‘proprés à la’füre cesser. On doit, ‘suivant Ta âce ou le tempérament du malade , » prauquer de fréquénies Sa19N6E6S ; ‘Appliquer des Sangsues dans le Yoï-

‘sinagé des yeux ‘et proche des paupières, principale-

‘mént sur a Veine ätigulaire , vers angle interne de

£ dell 15e sd sen est se et aiguë > si i celle-ci x à

rai

angtine a nez, ‘de l'utérus ou des re y ‘au lieu d HE les sangsucs autour' des paupières , als Sera plus utile, dans le prenuer cas, de les transporter. ‘au* ailes du nez; dans le deuxième , ‘aux lèvres de la Yulve; et dans le troisième, aux veinés| : émorrhoïdales. "Une ; jeune fille, dit Scarpa, âgée de dix-neuf ans, fut “atfiquée dr une ophihlmié forte aüx LAS yeux peu aprés Ja suppr ession subite de! $es ‘règles : : aprés des Saigniées répétées “du bras ‘les’ Paéties appliquées ‘dans l’intérieur dés lèvres Ê la “ge prôduisi ent un effesi si charqué, que dans vingt-quatré Heures l’ophthal- “mie se calma, avec là dimmution laplüs notable des

Pa CE LEP à TES Lin

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sy pioie Scarpa dit avoir vu plusieurs fois le même cas à l’occasion d’une ophthalmie aiguë grave, pro= duite par la suppression du flux hémorrhoïdal périodique , ou par la cessation d’une hémorrhagie nasale habituelle. ( Je renvoie à la médecine externe le procédé opératoire qu'exige le: chemosis. } Les laxatifs acidules seconderont d’ailleurs l'effet des autres moyens employés; et si l'embarras gastrique complique lophthalmie, on n’hésitera point d’avoir recours au tartrate de potasse antimonié , et les jours suivans à des borssons délayantes où on fera entrer le tartrate acidule de potasse.

248. Rien n’est plus ordinaire , dans Vlcspice de la Salpétrière , que d'observer au Ophthalmies chroniques parmi les femmes avancées en âge ; et les affections muqueuses de cette sorte ne peuvent qu'être

, d'une longue durée , quelques moyens qu’on puisse . mettre en usage. On commence d’abord par l'usage

des adoucissans internes et externes dans les prenners temps, surtout lorsqu'on observe un mouvement f6brile : mais il importe de passer ensuite : aux! légers

toniques et astringens ,. an les premiers quinze ou

vingt jours , et d'y revenir à différentes reprises , en variant et en prescrivant um régime convenable. Je m'abstiens d'entrer, sur cet objet, dans des détails ultérieurs, suscepubles de PUS de variétés , suivant un âge plus ou moins avancé ; une cônsütution saine ou déténiqé , ou des complications différentes.

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