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CORFYZA (1).
S I. Considerations générales.
249. Les anciens croyaient que le coryza était une fluxion d’une humeur crue et iénue du cerveau , tombant dans la bouche, quelquefois sur la poitrme par la trachée-artère et les bronches. Sauvages ne voit dans le coryza qu’un écoulement, qui se fait goutte à goutte par les narines, d’une humeur très-limpide ou visqueuse ; il n’est pas étonnant d’après cela qu'il ait réuni sous cette dénomination la phlegmasie et l’ulcération de la membrane muqueuse des narines. Cullen a placé le coryza parmi les flux ; d’ailleurs 1l l’a rapproché du catarrhe pulmonaire, puisqu'il désigne l’un et l’autre sous la dénomination générique de catarrhe.
250. Il en est du coryza comme de toutes les phlesmasies muqueuses ; 1l peut, selon son degré d’intensité , être accompagné ou non de mouvement fébrile. Il est inutile sans doute de tracer des histoires particulières d’une affection qui est si simple, aussi me bornerai-je à en rapporter une observation propre a faire présumer les variétés dont cette maladie est suscepüble ; elle est extraite du Journal de Médecine de Fandermonde, XLVT. Un homme âgé de trente ans, d’un tempérament lymphatique , éprouvait un écoulement qui avait lieu par le nez, et qui revenait régulièrement tous les jours : 1l commençait vers le
(1) SrwonruiIEe. Coryza, Hiprocrare; Gravedo des Lains; Catarrhus narium , Febris catarrhalis des ArLemanns.
| CORSA AA" 227 déclin de la nuit, tantôt plus tôt, tantôt plus tard , et cessait vers onze heures où midi ; la tête devenait enflée et douloureuse ; les yeux » les sinus frontaux et le nez étaient trés-embarrassés ; le pouls était très
lent : ces symptômes étaient accompagnés de douleurs
cuisantes , et il sortait une quantité abondante d’une sérosité âcre et limpide. Le reste de la Journée se passait tranquillement , et le pouls revenait à son état ordinaire. Le malade se tint chaudement ; 1] fit usage de légers diaphorétiques ; mais son état ne changea point. Des purgatifs légers furent ensuite employés ; On y associa le quinquina , et la guérison ne tarda pas à suivre. Il n’est pas rare de voir des Coryza si rebelles qu'ils résistent aux moyens qu'on emploie pour les combattre. La dissertation de M. Deschamps (Maladies des fosses nasales et de leurs sinus > Paris, 1804 ) nous en offre un exemple. Un homme âgé de vingt-cinq ans, d’un tempérament bilioso-sanguin , est aflecté, dans le courant du mois de décembre , d'un état de sécheresse de la membrane muqueuse qui tapisse les fosses nasales et les SiNUS : pesanteur et douleur de ces parües , avec un léger sentiment de froid dans toute l'habitude du Corps, suivi de chaleur et de la fréquence du pouls. Ces Symptômes paraissaient entre sept à huit heures du soir, et se dissi— paient à midi ; le malade mouchait dans les intervalles une matière visqueuse trés-abondante. Cet état dura pendant environ quinze Jours avec la même intensité ; et continua jusqu’au mois d'avril avec beaucoup moins de force. Les beaux Jours du commencement de ce MOIS firent preSqu'entiérement disparaître cetté maladie ; mais la température froide et pluvieuse qui ré
gna depuis la fin d'avril jusqu'à la fin de mai , OCCA# sionna le retour de cette affection , quoiqu’avec mois d'intensité. Il y avait toujours embarras , sécheresse , douleur dans la région des sinus; suppression du mucus pendant l’accés , lequel se manifestait à l'approche de la nuit et durait jusqu’au lendemain maun. La sécrétion ne se rétablit que dans les intervalles. Cet état se prolongea malgré l'emploi des fumigations émollientes , des diaphorétiques légers, du quinquina, et des substances amères et aromatiques.
& IL. Description genérale du Coryza.
251. Prédispositions et causes occasionnelles. \Elles sont les mêmes que celles des phlegmasies muqueuses en général ; les plus ordinaires sont le refroidissement subit, la suppression de la transpirauon, celle d’une ophthalmie ou d’une otite habituelles, etc. 252. Symptômes. Le coryza est ordinairement précédé de sécheresse des narines, de céphalalgie frontale, d’un sentiment de prurit, de pesanteur dans les sinus ; surviennent en même temps des éternuemens plus ou moins répétés et le larmoiement, la sécré— tion du mucus nasal est d’abord diminuée , elle devient ensuite trés-abondante , visqueuse et limpide, puis opaque , d'un blanc jaunâtre, et exhale une odeur parüculière. Cet état peut s'accompagner de fièvre, s’il est très-intense ; il se connue pendant un temps plus ou moins long, le plus ordinairement 1l cesse au bout de quelques jours ; on lui voit quel-
| quefois parcourir une marche chronique et indéterminée : dans ce cas , la fièvre est souvent intermittente,
HCCORVIZT. 229 et reparait à des périodes régulières. Le coryza , de même que toutes les phlegmasies muqueuses , se termine par résolution ; 1l passe quelquefois à à l’état de catarrhe chronique : ] peut aussi occasionner l’ulcération de la membrane muqueuse des fosses nasales , et passer à l’état de gangrène ; mais cette terminaison de l’inflammation de la membrane nasèle est éxtrêmement rare. £