À RER R RE
était annoncée par un flux excessif de flueurs blanches, avec altération remarquable dans les traits du visage ; une débilitéextrêéme, de fréquentes. syncopes qui se prolongeaent pendant une demi-heure, et des coliques atroces auxquelles les parens ne savaient opposer que de l’eau-de-vie, malgré que son usage eût. été au moins inefficace. Par suite , les flueurs blanches furent moins abondantes : les menstrues, toujours irrégulières, devinrent irès-copieuses , et .coulaient pendant sept à huit jours. Cetie femme a toujours été” consüpée.-A quinze ans , elle eut une aménorrhée de trois mois , pendant lesquels les flueurs blanches suppléaient aux menstrues par leur augmentation aux époques des retours périodiques. La malade retomba dans l’état où elle avait déjà été. S’étant mariée à seize ans, elle n’eut plus que rarement des flueurs blanches, et la débilité disparut insensiblement ; elle ressentait souvent aux seins un froid glacial , même en été , des douleurs vagues dans l'abdomen , ét un sentiment d’ardeur dans le vagin. A dix-sept ans, elle devint grosse ; les flueurs blanches cessaient quelquefois de couler , et la jeune femme resseniait alors des oppressions de poitrine , un sentument de chaleur et de lacération sans changement de couleur à la peau , ni augmentation de douleur par la pression , entre les seins et sous les hypochondres. Ces accidens se manifestèrent surtout vers le cinquième mois de sa grossesse (il faisait une chaleur excessive ), et n’abandonnaïent la poitrine que pour faire ressentir dans la matrice et le vagin des coliques atroces , des spasmes, qui plu sieurs fois firent craindre l’avortement. Cet état pénible « et opiniètre, ne diminuait que lorsqu'une sueur
spontanée ou sollicitée par des boissons chaudes et: sudorifiques , des potions calmantes et des frictions sèches par tout le corps, commençait à humecter la peau. Un écoulement muqueux , grisâtre comme à l'ordinaire, succédait par la vulve, dissipait cette scène orageuse et amenait un calme inexprimable. Tous les printemps , cette jeune femme avait des dartres farineuses volantes. Dès le commencement de sa grOos= sesse , On aperçut une tumeur située sur lurètre , de laquelle coulait un fluide blanc, sortant parfois assez abondamment des sillons qui la traversent, pour faire croire que c'était là le siége principal de la leucorrhée dans cette circonstance. Cette tumeur, qu’on avait prise d’abord pour un polype du genre des vésiculeux, n'était qu'un boursoufilement du vagin , qui a disparu quelque temps après les couches. Les lochies de cette femme ont été peu abondantes en blanc, presque nulles après ses couches. Elle a nourri son enfant , et mené une vie active. Les flueurs blanches ont presque éntiérement cessé de couler depuis cette époque ; elles ne reviennent que par intervalles et en petite quantité ; elles sont peu incommodes. On n’a jamais fait aucun remède pour les guérir.
364. Cette maladie semble quelquefois tenir à un état général de débilité de toute l'habitude du corps : telle est la leucorrhée que Pison appelle américaine ; les femmes qui en sont attaquées sont pales , tristes , indifférentes pour leur mari, dans un état habituel de langueur et d’anorexie : on a recours alors aux ioniques internes et externes. Galien en a donné aussi un exemple fameux dans la femme d’un grave
O ; CE e \ p + personnage de Rome , qu'il parvint à guérir par des
| LEUCORRHÉE. 365 purgatfs répétés, des hoiïssons stimulantes, des frictions sèches. À la Salpétrière , j'ai souvent à traiter des femmes avancées en âge, usées par l'abus des liqueurs alcooliques , affablies par une nourriture peu substantielle , épuisées enfin par ces sortes d’écoulemens colliquatifs : la médecine peut-elle faire autre chose, sur une constitution ainsi détériorée et
dans l’âge de décadence, qu’amener un soulagement passager ? |
S IL. Description générale de la Leucorrhée.
365. Prédispositions et causes occasionnelles. Vouloir rappeler toutes les circonstances qui peuvent concourir à exciter la leucorrhée, ce serait exposer toutes les fautes qu'on peut commettre contre les règles générales de l'hygiène. Des irritations fréquentes déterminées sur les organes génitaux , l'abus des plaisirs vénériens , quelque coup reçu dans la région de l’utérus , une manœuvre imprudente , peuvent la provoquer. Cette affection est souvent occasionnée par l'abus des bains , le dérangement des menstrues , la suppression de la transpiration, des ulcères anciens, des darires, de la gale, d’hémorrhoïdes , d’un catarrhe pulmonaire , d’un coryza ; par l’omission des saignées habituelles , par le défaut d'allaitement, une vie sédentaire ou des exercices trop pénibles, des excès dans le régime , l’abus d’eaux minérales , une température froide et humide , l’habitation dans des lieux où cette température est continuelle , les chaufterettes , le virus syphiitique , le vice dartreux.
366. Symptômes. Il s'écoule par le vagin un liquide variable en couleur, en consistance et en quan-
304 PHLEGMASIES DES MEMPBRANES MUQUEUSES.
üté.. On éprouve un prurit plus où moins iicommode dans l'organe utérin, un sentiment d’ardeur en urinant, une douleur Hievaurs a l hypogastre , qui s'étend quelquefois dans les aînes et à la parte interne des cuisses, au dos , aux hanches , au sacrum ; ces sympt0mes Lane et irréguliers sont suscepuibles de divers degrés d intensité , et peuvent avoir une marche aiguë ou oies Dans le premier cas (/eucorrhee aiguë), les malades ‘éprouvent d’abord un léger prurit qui va en croissant au point de devenir insupportable, se propageant dans le vagin, quelquefois jusque dansl’ùtérus : 1] y a envie fréquente d’uriner. Vers le troisième ou le quatrième jour, 1l paraît un écoulement clair , peu abondant, avec sentiment de chaleur dans les par tes où s’est fait sentir le prurit; la quantité de l’écoulement augmente; sa couleur est verte ou jaunâtre ; l’ardeur de l'urine est insupportable , et fait éprouver un sentiment de brûlure ; souvent alors la quantité de écoulement diminue; on éprouve à l’hypogastre une douleur gravative, qui s'étend vers les fosses ibaques, % les aînes , les grandes lèvres, le périné et la partie supérieure Interne des cuisses; 1l survient quelquefois un peu de fièvre : cet état se soutient pendant quelques jours. Âu neuvième ou dixième jour, les symptômes inflammatoires sont moins intenses; la matere prend une couleur jaunâtre, elle devient épaisse, blanchit ; les ardeurs d'urine se dissipent, l'écoulement diminue graduellement. AÀ-une spatue plusavancée, la matière est tantôt clatres tantôt épaisse, plus abondante; elle dispar aît quelquetoi pendant ne Jours, revient
ensuite, et S’arrête enfin tout-à-fait au trente-sixième eu quarantième jour.
LEUCORRHÉE. 565 567. Lorsque la leucorrhée est chronique , sa marche est très-irrégulière ; 1l y a absence absolue ou retour irrégulier de l’inflammation, nulle tendance vers la guérison , et durée illimitée. Get état s'accompagne le plus souvent d’une langueur et d’une paleur générale; on éprouve un sentiment de tiraillement dans l'estomac; 1l y a lenteur dans les mouvemens : ces phénomènes généraux ; joints à l’état local, consutuent la leucorrhée : à laquelle on donne ler nont né CONS= ditutionnelle. Mu HG 368. La léucorrhée se termine quelquefois par la prenuere menstruation, par les lochies , une hémorrhagié utérine ou intestinale, la diarrhée, le vomisse: ment, le ptyalisme, des Sueurs , eic.:on La voit souvent se changer en une autremaladie. Des affections variées de l'utérus peuventen être la suite ; F indifférence pour l'union des sexes, la stérilité ,énsontautantd'accidens ; où si la conception n’est point empéchée, 1l en résulte assez fréquemment desénfansrachitiques, aveugles, etc. La suppression subite d'utie leucorrhée abritent peut donner lieu à des accidens très-multipliés : : tels sont des inflimmations de:la vessie urinaire ou de l'utérus } des ulcères utérins, des hémorr hoïdes, des éxanthiemés , une fièvre muqueuse, l'hydr opisie , la diarrhée, l'entérite aiguë ou chronique, le diabétes , l'hystéñe ; ; des ardeurs de poitrine , des douleurs vagues de goutte, la phthisie, etc.
<,. II. Traitement de la Leucorrhée.
369. On doit bien s'attendre que le traitement de la leucorrhée ne doit point seulement consister en moyens pharmaceutiques. Le régime doit varier selon que Ja
deucorrhée est aiguë ou chronique. Il est souvent nécessaire de déterminer un changement total dans la manière de vivre. Si elle est chronique, le traitement ne doit-1l point consister à favoriser d’autres excrétions, à forufier le vagin par des injections aromatiques , à respirer un air pur et salubre, à exercer fortement ses membres, et à mener une vie exempte de passions tristes ? Dans les leucorrhées aiguës, il faut modérer la violence des symptômes ; dans les chroniques, on doit ranimer l’action des organes qui sont le siége de la maladie, sans top s'inquiéter des symptômes : cependant on est quelquefois aussi obligé de calmer l’ardeur de l'urine, le prurit, les douleurs hypogastriques, au moyen d'injections , de fomentations, de demibains, etc. La constipation dait être combattue par les laxatifs pris en lavement ou en potion. Lorsqu'il ya faiblesse individuelle, on la combat par l'exercice, l'habitation des lieux secs et élevés, les toniques , etc. Non-seulement le dérangement des digestions dispose aux leucorrhées, mais il s'oppose même au succes du traitement. On réussit à rétablir les fonctions digestives en diminuant la quantité des alimens, en les choisissant d’une facile digestion, et en donnant quelques purga- UfS amers unis aux aromatiques, aux ferrugineux , etc. Il est essentiel d'éviter les lieux humides dont l’influence entretient opiniâtrement la maladie. Comme la suppression de la transpiration, de catarrheshabituels, etc., peut déterminer la leucorrbée, il importe de faciliter ces évacuations : il en est de même du dérangement des mensirues, du défaut d'allaitement. Une vie laborieuse doit être opposée à la leucorrhée qui est la suite d’une vie sédentaire ; celle qui a été occasionnée
APATHES, 36% ‘par des affections morales tristes do étre combattue par des secours moraux. Ai-je besoin de dire qu'il faut favoriser les évacuations par lesquelles se termine la leucorrhée ? La suppression subite de cette maladie exige qu'on en rappelle le flux lorsque la maladie qui lui succède est plus dangereuse que le flux lui-même. On ne doit rien opposer aux phénomènes qui succèdent à ces suppressions, lorsque ces phénomènes sont de simples accidens peuà craindre, etsurtout lorsqu'ils
servent de voie d'évacuation, sans compromettre la vie des malades.
APHTHES (\).
$ I. Considérations générales et Histoires | particulières.
370. La formation des aphthes, quarid on l’étudie avec soin dans ses différens degrés, est trés-propre à répandre de nouvelles lumiéres sur la structureintime des membranes muqueuses, à cause du développement que cet état morbifique donne à leurs villosités. Sont-ce de petites ulcérationssuperficielles , comme Boerhaave j et, d'apres lui, Stoll, le donnent à entendre ; ou bien des tubercules et des pustules, comme -le prétend Ketelaer (2), qui a décrit le premier l’histoire des aphthes avec une exactitude rare ? Comme jusqu'ici on n'a point assez observé à la loupe les changemens qu'éprouvent les membranes muqueuses par linflam-
. GY Srwonrutrs. Aphthæ , Bornnaave, Kereraën , Sauva- #ss, Livnæus, Cuzzen, Sacar ; Febris aphthosa, Voczt. (2) .Commentarius de Aphthis nostratibus ; 1669.
mation , la soluuon de ces questions est peut-être prématurée, quoique Wagler ( de Morbo mucoso }) ait
décritavecle plus grand soin, et fait dessiner les changemens qu'épr ouvent les follicules muqueux de l esto— mac ou des iniesuns dans les aphthes. En ajournant doné à un autre temps les lumières que pourra fournir
l'anatomie pathologique sur les aphthes, bornons-nous à J’histoire simple de leur marche et de leur développement lorsqu'ils forment une maladie primitive où phlegmasie simple des membranes muqueuses, et écartons les considérations relatives aux aphihes ou symptomatiques , Où critiques, comme cela arrive quelquefois dans les fièvres muqueuses.
571. Les enfans nouveau-nés rassemblés dans les hospices sont sujets, aussi à une, éruption aphtheuse qui leur est devenue souvent funeste, et quia fixé l’attention des administrateurs des hôpitaux", même à une Sprane antérieure à la révolution. Ce fut à cette même époque que la Société de Médecine, convaincue de l'insuffisance des lumières précédemment acquises sur le caractère et le traitement de cette maladie, proposa, pour sujet d’un prix qui fut donné en 1787, de rechercher quelles sont les causes de la maladie aphtheuse connue sous lesnoms de muguet, millet, blanchet, à laquelle les enfans sont sujets , surtout lors= qu'ils sont réunis dans les hôpitaux ; etc. Un mémoire de M. Auvity, membre du collége et de l’Acadéniié de Chirurgie , qui partagea ce prix, est remarquable par l'exactitude de la FANS historique de cette maladie, ainsi que par les détails du traitement méthodique qu’elle exige. On trouve dans la dissertation de M. Tourette (Paris, 1805) quelques histoires parti
APATHES 569 œulières recteillies à l'hospice de la Maternité, qui donnent une juste idée des aphthes chez les nouveaunés, et des déux caractères différens qu’ils présentent lorsqu'ils sont discrets et sans danger, ou lorsqu’étant confluens ils s'accompagnent de symptômes graves, et se terminent d’une manière funeste. On peut encore consulter l’histoire générale que M. Gardien a donnée de la même affection dans son ouvrage sur les ac-
couchemens et sur les maladies des femmes et des enfans,
$ Il, Description générale des Aphthes.
572. Prédispositions et causes occasionnelles. Les aphthes ont leur siège sur les lèvres, les gencives , dans l'intérieur de la bouche , sur la lanvue, le pa lais, les amygdales, dans l’œsophage, et même dans l'estomac et les intestins. On les observe fréquemment parmi les peuples septentrionaux qui habitent des lieux marécageux, surtout durant une saison chaude et pluvieuse : les enfans et les vieillards sont plus sujets à les contracter : un air non renouvelé ? une nourriture malsaine contribuent aussi à les produire. APE
573. Symptômes. Arirrues Dés ADULTES. On peut, en général , considérer les aphthes comme des amas plus ou moins agslomérés ou isolés de tubercules blan= châtres, superficiels , ronds, et chacun environ de la grosseur d’un grain de millet ou de chanvre : ce ne sont que des follicules muqueux aplatis, et qui paraissent avoir au milieu d'eux une petite ouverture, comme l’a démontré Wagler (ouvrage déjà Cité).
Ces tubercules rendent une huraeur séreuse , tombent
ft, 24
370 PHLEGMASIES DES MEMBRÂNES MUQUEUSES.
en écailles par le détachement de la pellicule qui couvre la membrane muqueuse, et s'étendent progressivement dans différentes parues de la bouche, quelquefois. même dans le reste du conduit alimentaire ; comme Va fait voir l’autopsie cadavérique. Ils sont quelquefois . disséminés en pustules solitaires , d’abord sur la langue, les angles des lèvres ou l’arrière-bouche , avec un caractère de bénignité ; mais d'autres fois 1ls s’étendent et paraissent se propager de l’intérieur de l’œsophage, se porter à l’arrière-bouche en formant une sorte de croûte blanche, dense, luisante et tresadhérente. Ces derniers sont dangereux par leur complication avec une fièvre adynamique ou ataxique ; car ilen est de cette éruption comme de tout autre ‘exanthème , dont le danger tient à la fièvre primitive concomitante. Les tubercules aphtheux varient pour la couleur : quelquefois 1ls sont transparens , d’autres fois blancs, avec une sorte de densité ; 1ls peuvent aussi prendre une couleur jaune foncée , hvide ou noire ; ce qui indique une graduation dans la gravité du danger. Après avoir persisté plus ou moins de temps , ils finissent par se détacher , tomber en petits fragmens ; et abandonner les endroits qu'ils avaient occupés , quelquefois pour se reproduire ailleurs. 374. APHTHES DES ENFANS OU MUGUET. Les signes récurseurs sont un sommeil profond , l'agitation des muscles de la face et des lèvres, la difficulté de Ja respiration , la prostraion des forces, la faiblesse du pouls, le vomissement. Le muguet béni est caractérisé par des boutons blancs, superficiels, séparés les uns des autres, et dont les interstices ne sont ni rouges ni enflammés ; le fond de la bouche est alors ot
peu altéré dans sa Aya la chaleur y est modérée ; il n'existe point de gêne de la dégluution ; ÉPentas peut prendre le sein de sa nourrice ; le nes] est presque naturel , la diarrhée est PR Les boutons,
dans les premiers jours, conservent leur RATES et leur transparence , ensuite ils ; jaunissent un peu, s'exfolient par pellicules ; et se dissipent entièrement vers le neuvième ou dixième jour, surtout quand l'enfant a une nourrice. Lemuguet confluent où gan— greneux a d’autres caractères : on remarque de petites pustules serrées et. presque contiguës les unes aux autres, répandues non-seulement sur les lèvres, les gencives, la langue et l’intérieur des joues ; mais on en voit encore au fond de la’ gorge, qui tombent pour faire place à denouvelles encore plus rebelles. La bouche de l'enfant est brûlante; ses lèvres ne s'appliquent que difficilement sur le teton , qui s’excorie quelquefois par leur contact ; la dégluution est tres-génée ; ; les boissons les plus adoucissantes , données en patte quantité et avec précaution, ne par : viennent qu'avec peine dans l'estomac; le dévoiement est verdâtre et conunuel, et les rougeurs à l'anus sont trés-vives ; l'enfant est très-faible , assoupi ; ses yeux sont abattus , Ses cris languissans ; tout l'intérieur de la bouche , depuis les lèvres jusqu'au gosier, est tapissé d’une couche épaisse , blanche et semblable à du lait coagulé ; cette couche jaunit ensuite et forme uné escarre dont la chute: laisse voir des ulcères gangreneux d’un jaune brun ; l’imsomnie, une agitation violente et continuelle , la tension du ane , un dévoiement or de matières âcres et verdâtres , des rougeurs vives à l’anus et qui
ne .
542 PHLEGMASIES DES MEMBRANES MUQUEUSÉS:
dégénérent souvent en escarres gangreneuses , co» plètent le tableau déchirant de cette maladie , accom pagnée des douleurs les plus intolérables.
S HI, Traitement des Aphihes.