ET DES ORGANES PARENCHYMATEUX
distendu et volumineux par l'embonpoint; il est susceptible de divers degrés de ténuité et de mollesse , ou bien de dureté et d'épaisseur, changemens qu'on
observe dans toutes les parties du corps qu’il concourt
former. « On aperçoit à peine , dit Thiéry Eu), quelque vice dans les viscères lors de l’autopsie cadavérique, qu'on ne trouve un changement dans leur tissu cellulaire, devenu plus où moins volumineux , dur ou épais. D'ailleurs, les connexions contre nature de diverses parties ont presque toujours lieu par des vices du tissu cellulaire, qui manque quelquefois, comme dans la suppuration, qui devient dur et calleux , ou qui éprouve d’autres affections d’une nature quelconque. Ce sont presque toujours les suites d’une inflammation qui a été mal jugée. Si la nature ou l’art, ajoute le même auteur, n'ouvre point une issue à la matière purulente déjà formée , elle pénètre dans les cellules voisines, et, en faisant des progrès successifs, elle vient à former des ulcères , des’sinus , des fistules ; qui laissent quelquefois à nu les fibres musculaires ; sans leur causer aucune lésion ; il peut arriver que , par la continuité du trajet de la matière purulente , ses amas soient éloignés de leur source primiuve. Survient-il des métastases de cette matière, elle finit par aboutir dans la partie la plus déclive, et dans laquelle le tissu cellulaire abonde le plus : delà vient que ces mêmes métastases sont plus fréquentes aux lombes, aux aînes, sous les aponévroses , aux
(1) An in ceélluloso textu frequentiès morbi et morborum mutationes.
» aisselles , autour des parotides : c’est ainsi que l’é- » piploon, le mésentere et le foie, sont plus suscep- » übles de recevoir la matière purulente qui s’est for- » mée ailleurs. Le tissu cellulaire peut aussi s’affecter » sympathiquement, et devenir le siége d’une inflam- » mation et de foyers purulens, à la suite des maladies » aiguës du poumon, de l'estomac, des intesuns, etc. » Quelquefois le système cellulaire, commele remarque Bichat, exerce une influence sympathique sur les autre organes. Dans les phlegmons tres-intenses, on voit souvent se mamifester des dérangemens dans les fonctions du cerveau, du cœur , du foie , de l’estomac, et survenir un état de délire, un embarras gastrique!, ou quelque fièvre concomitante plusou moins grave. C’est en imitant la nature que l’art se sert de cette influence sympathique dans les maladies invétérées des yeux, en donnant la préférence à un séton pour obtenir un effet dont l’applicauon d’un vésicatoire n'est pas susceptible.
433. On sait avec quelle sagacité Fanton a rapproché les opinions de divers anatomistes sur la structure du foie, de la raté , du pancréas, des reins tn . Fantoni Observationes anatomicæ ), en y joignant le fruit de ses propres recherches. Les injections les plus fines , les préparations anatomiques les plus délicates , ont donné l'avantage aux opinions de fuisch » et on ne peut g suere nier que les viscères desunés à à quelque sécrétion , et surtout leurs follicules glanduleux , ainsi que les glandes conglomérées ; ne soient formés d’un simple entrelacement de vaisseaux soutenus par le ussu cellulaire. L’idenuté des symplômes qui caractérisent les phlegmasies de ces parties
ET DES ORGANES PARENCHYMATEUX . 447 ajoute de nouvelles preuves à ces traits de resseni— blance dans la structure organique : gonflement , rénitence \extrême , sensibilité , formation graduée d’une -congestion inflammatoire, chaleur » douleur pulsatuve >» avec production d’une maticre purulente con- -nmue par ses Caractères distinctifs et par ses propriétés chimiques ; enfin diminution graduée des symptômes, expulsion, soit artificielle, soit naturelle » de cette même matière, et formation de la cicatrice. On peut suivre , pour ainsi dire, à l’œil ces changemens suc- -cessifs dans un phleomon extérieur ; dans une grande plaie. Avant donc de parler de linflammation interne, la méthode analytique demande une exposition exacte êt précise des symptômes qui caractérisent un phlegmon à l'extérieur ; et ce n’est pas là le seul exemple de points de contact de la médecine externe et interne , et de la nécessité de posséder les principes de l’une et de l'autre , si on veut éviter d'avoir dés idées fausses et incomplètes.
454. Plusieurs histoirés de tumeurs phlegmoneuses, recueillies avec soin au Hit des malades > et leurs sym- -piômes rapprochés de ceux d’une inflammation interne, d'une péripneumonie , d’une hépatite, etc. , aménent en quelque sorte à la Connaissance des signés disuncufs de ces dernières. D'abord Ia Congestion inflammatoire est annoncée par la lésion des foncuons du viscére affecté , par la difficulté de la TESpIration, la douleur gravatite de la poitriné, la toux avec expectoration, etc. , si C’est une péripneumonie ; où bien par la constipation, la tension douloureuse de l’hypochondre droit, une toux sèche, etc. , si le foie est frappé d'inflammation. Les autres symptômes
tiennent à la fièvre générale excitée par suite de l'affection locale : pouls dur et fréquent, chaleur intense , soif vive, etc. Il y a aussi certains symptômes qui dépendent des connexions sympathiques du viscère affecté ayec d’autres parties déterminées , comme douleurs de iête, rougeur des joues , dans la péripneumonie ; stupeur de la jambe, rétraction du testicule, convulsions , dans l’inflammation du rein. Des indices analogues annoncent et la résolution bégne d’une inflammation interne , et celle d’une tumeur phlegmoneuse extérieure: diminution graduée de la douleur , de la chaleur et de la fièvre à une
ni
époque déterminée. Mais la terminaison par la suppurauon , qui est si favorable dans un phlegmon, peut devenir funeste dans une inflammation interne , où amener une autre maladie chronique , suivant que l'épanchement de la matiére purulente se fait à l'intérieur ou se porte au dehors. La cessation brusque de la douleur , la faiblesse et la dépression du pouls, la prostrauon des forces , etc. , accompagnent Éga— lement la gangrène interne comme celle d’un phlesmon, et sont les présages certains d’une mort prompte. “Pour pousser encore plus loin le parallèle , je ferai remarquer que le phleomon abouut à un ulcère purulent d’une nature plus ou moins bénigné , ce qui forme une sorte d'affection chronique qui succède à la marche de l'inflammatien primitive. Or, les Fraités de médecine sont remplis de faits analogues qui prouvent que l'inflammation d’un viscère peut finir par un état ulcéreux , qui quelquefois parvient à se consolider , et qui d’autres fois dégénère en un état de consomption et de phthisie.